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L’ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE

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Colloque

le 25 novembre 2022 :

Ethologie et Psychiatrie : Folies et médiations animales

Intérêts psychopathologiques et thérapeutiques

ÉTHOLOGIE ET PSYCHIATRIE  :

FOLIES ET MÉDIATIONS ANIMALES

Intérêts psychopathologiques et thérapeutiques

L’ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE 

PROPOSE

un colloque  sur le thème 

ÉTHOLOGIE ET PSYCHIATRIE :

FOLIES ET MÉDIATIONS ANIMALES

le vendredi 25 novembre 2022, à PARIS

 

ARGUMENT :

 

Ce colloque s’inscrit dans le sillage de celui de 2018 « Animal parlé/Animal parlant »[1] qui, associé à la réédition dirigée par Patrice Belzeaux[2] de l’ouvrage de Henri Ey et Abel Brion « Psychiatrie Animale »[3] (1964), suscita de passionnants débats.

L’Animal fascine. Ne serait-ce que comme reviviscence de l’enfance avec sa fonction essentielle de miroir du vivant, et toute sa palette constructive de l’identité, alliant proximité et altérité jusqu’à sa radicalité sauvage déjouant les inévitables projections anthropomorphiques. Questions de fond, qui, à une autre échelle, sont au cœur de notre clinique quotidienne.

Henri Ey en témoignait :

« Que dire maintenant des « aberrations instinctives » (perversions sexuelles, cannibalisme, agressivité, etc.) ? …. Nous retrouvons ici la notion même de régression ou d’archaïsme phylogénétique des comportements pathologiques de l’homme par quoi il est « dégénéré ». Et c’est en effet à une conception naturaliste de la psychiatrie que ces échos d’une forme primitive de l’évolution – d’ailleurs toujours hypothétique – nous renvoient comme si, au-delà des facteurs culturels de sa condition psychopathologique, au-delà de de la « horde primitive » des structures barbares de sa préhistoire, l’homme en tombant dans la folie retrouvait les racines animales de son existence. »[4].

Et de conclure :« La psychopathologie humaine, en se réfractant dans le monde des animaux y peut donc emprunter comme un supplément d’information sur la nature même des maladies mentales. J’ai dit et répété que la Psychiatrie est la pathologie de la liberté. Elle ne peut s’interpréter que comme un corrélat des structures ontologiques qui permettent à un individu, quel qu’il soit, de sortir de l’instinct, du sommeil ou de l’automatisme machinal pour s’adapter individuellement aux conditions du milieu, comme elle ne peut se manifester que dans des structures de relation à autrui qui posent ces problèmes. C’est parce que les animaux disposent de moins de liberté et qu’il n’y a pas pour eux ni urgence ni même possibilité du problème social de la liberté, que la Psychiatrie animale n’apparait que dans une parcimonieuse et ambigüe réalité. Mais le peu que nous pouvons en saisir nous montre et nous démontre que si la Psychiatrie humaine fait partie des sciences de l’homme dans ses manifestations, elle est aussi du domaine de la nature par le déterminisme qui asservit sa liberté et le soustrait à une interprétation purement et essentiellement anthropologique de son existence psychopathologique. Si le Psychiatre doit être un anthropologue culturaliste, il doit être aussi, et par l’adéquation à l’objet particulier de sa science, un naturaliste. »[5]

Quelques lignes plus haut, à propos du débat général sur le réactionnel et l’endogène, Ey, dans un style prudent, évoque[6] un mode de pensée organiciste très actuel en inscrivant chez l’animal, et également pour partie chez l’homme, les accidents évolutifs de la vie de relation dans le domaine de l’organicité, …dans sa « nature » puisqu’il n’y a pas pour lui de « culture ». Nous sommes en 1964.

En 2021, Michel Kreutzer publie « Folies Animales »,[7] et nous offre avec un étonnant survol de nouvelles clés de pensées de l’altérité vivante. Qu’y lit-on à propos de la vie de relation des animaux ? « Au tournant des années 1970, les éthologues, les comportementalistes d’Oxford et de Cambridge, les primatologues japonais, ainsi que les psychologues comparatistes américains, élargissent les thèmes de comparaison entre l’homme et l’animal. Durant toute cette décennie, et la suivante, on découvre la richesse et la complexité de la communication, des apprentissages précoces et de la vie sociale des animaux.  … L’observation de groupe de primates poursuivie en nature pendant plusieurs années nous incite non seulement à modifier nos conceptions de leur vie sociale, mais encore nos idées sur les origines de la nôtre. » … Et il poursuit, toujours à propos d’études chez les primates, son évocation du monde animal et de ses « protocultures » où les conduites sont transmises, selon des règles, par imitation d’une génération à l’autre, et où les alliances peuvent se renverser en « trahison » ou en querelles suivies de réconciliations.

Ces observations sont d’autant plus saisissantes que cet ouvrage est armé d’une solide critique épistémologique cernant sans ménagement les mirages anthropomorphes au profit du respect intangible du sauvage. Distinguant la pathologie et son substrat organique de l’« anima demens », il conclut : « Si les humains et les sociétés ont besoin de ritualiser et de contrôler l’anima demens pour vivre ensemble, les animaux en nature lui donnent libre cours pour exister. » Pour autant cette conclusion vient-elle invalider celle, précitée, de Ey ?

Dès lors un colloque s’imposait sur deux versants : d’une part, au regard de notre culture, les folies animales et l’existence d’un appareil psychique chez les animaux supérieurs, et d’autre part l’apport des animaux dans les folies humaines avec les médiations animales dont, pour beaucoup, nous avons tout à apprendre. L’organisation de cette rencontre n’a été possible que grâce à Michel Kreutzer, qui ouvrira cette journée et à Thierry Bedossa qui inaugurera l’après-midi. Ils nous ont somptueusement damé la voie avec leur carnet d’adresses et leurs connaissances. Nous les remercions très vivement. La richesse de ce croisement entre l’éthologie et de la psychiatrie nous a forcé à faire des choix. Autant dire d’emblée que ce n’est que partie remise : nous envisageons un autre colloque au printemps 2023 sur psyché et environnement avec notamment la question de l’épigénèse !

[1] Dont les actes ont étés publiés dans Psychiatrie Française n°3/2019 qui a été suivi sur le même thème, hors colloque, par « Animal parlé, animal parlant 2 », psychiatrie Française n° 1/2020.

[2] Président du Cercle de Recherche et d’Édition Henri Ey (CREHEY).

[3] A. Brion, H.Ey, Psychiatrie Animale, Préface de Boris Cyrulnick, Cercle de Recherche et d’Edition Henri Ey, Réédition : Volume I (2018), Volume II (2019), 626 pages.

[4] H. Ey le concept de psychiatrie animale, in Psychiatrie animale, page 36.

[5] Ibid page 40.

[6] « .. il faut bien que nous saisissions chez l’homme quelque chose que nous observions chez l’animal pour être du domaine de l’organicité, c’est-à-dire les accidents évolutifs de la vie de relation, dans sa « nature » puisqu’il n’y a pas pour lui de «  culture ». Ibid page 40

[7] Michel Kreutzer : Folies Animales, Éditions Le Pommier, Août 2021, 227 pages.

AVEC LES INTERVENTIONS DE  : 

 

Paul-Laurent ASSOUN, Enora BADUEL (sous réserve), Thierry BEDOSSA, Patrice BELZEAUX, Florence BURGAT,

Florence GAUNET, Marine GRANDGEORGE, Sarah JEANNIN, Michel KREUTZER,

Cifre Angélique LAMONTAGNE, Delphine MORALI COURIVAUD

 

 

Lieu :  

AQNDC – Salle de Conférence Notre Dame – 92bis boulevard du Montparnasse – 75014 PARIS

Accès : 

Métro : Montparnasse-Bienvenüe (lignes 4, 6, 12, 13) – Vavin (ligne 4) – Edgar Quinet (ligne 6) – Notre-Dame-des-Champs (ligne 12)

Durée de la formation :  

9h00-12h30 et 14h00-18h00 (7h30)

Public concerné : 

Formation pour adultes. Tous professionnels médicaux en particulier de la psychiatrie et du champ de la santé mentale. Tous publics concernés ou intéressés par les questions de psychiatrie ou de santé mentale, à titre personnel ou professionnel

Accessibilité aux personnes en situation de handicap :

Pour savoir si nos formations sont accessibles en situation de handicap, contactez-nous au 01 42 71 41 11.

Pré-requis :  

Pas de pré-requis pour cette formation

 

Moyens :  

  • Moyens pédagogiques et techniques :
    • Salle avec vidéoprojecteur
    • Outils pédagogiques usuels
  • Modalités de contrôle des connaissances :
    • Évaluation à chaud par QCM
    • Feuille émargement par demi-journée

Annulation :  

    • Des frais de dossier de 40 euros seront retenus pour les annulations demandées avant le 9 novembre 2022
    • Aucun remboursement d’inscription ne sera possible après cette date.

COMITÉ SCIENTIFIQUE ET D’ORGANISATION :

Michel KREUTZER, Thierry BEDOSSA, Maurice BENSOUSSAN, Jean-Yves COZIC,

Jean-Louis GRIGUER, François KAMMERER,  Nicole KOECHLIN, Lydia LIBERMAN-GOLDENBERG, David SOFFER