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4/11 : Les Etats-limites… encore !

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Nous vous proposons un numéro qui se veut le plus complet possible sur les « états limites ». Bien que de nombreux textes et plusieurs revues aient été publiés sur ce sujet ces derniers temps, nous avons souhaité ajouter notre contribution à la connaissance d’une pathologie protéiforme qui se révèle difficile et si délicate à traiter. Le psychanalyste américain Otto Kernberg, un de ceux qui a aidé à la meilleure connaissance des pathologies « border line », de passage à Paris il y a de nombreuses années, nous avait montré des consultations et des traitements filmés en vidéo.

N° 4/11 : Les Etats-limites... encore !

EDITORIAL

Yves MANELA

Nous vous proposons un numéro qui se veut le plus complet possible sur les « états limites ». Bien que de nombreux textes et plusieurs revues aient été publiés sur ce sujet ces derniers temps, nous avons souhaité ajouter notre contribution à la connaissance d'une pathologie protéiforme qui se révèle difficile et si délicate à traiter. Le psychanalyste américain Otto Kernberg, un de ceux qui a aidé à la meilleure connaissance des pathologies « border line », de passage à Paris il y a de nombreuses années, nous avait montré des consultations et des traitements filmés en vidéo. Nous avions assisté à ces projections en étant très impressionnés par ra tension qui se dégageait de ces entretiens : la fragilité du lien relationnel, la labilité transférentielle, la rapidité des oscillations projectives, les sentiments d'infériorité et les menaces d'agirs plus ou moins graves produisaient un affrontement quasi incessant. Il faut dire qu'Otto Kernberg déployait une activité de liaisons très sthénique et répondait du tac au tac dans son style bien à lui. Ce faisant, il nous avait alerté sur la fragilité narcissique de ces patients qui pouvaient présenter une pathologie d'allure névrotique sans cesse débordée par une quête de puissance phallique oscillant avec une recherche de fusion nostalgique et protectrice. De plus il nous avait, en quelque sorte, mis en garde à propos de f importance de l'analyse des positions masochiques et sur le risque de passage à l'acte grave et de réaction thérapeutique négative.

Dès la fin des années 60 nombreux ont été ceux qui ont rapidement accepté de reconnaître la spécificité de cette pathologie entre névrose et psychose, comme « maladie » du narcissisme secondaire avec une difficulté à vivre les relations objectales adultes dans une triangulation déployée. D'abord sous des dénominations différentes, puis dans une unification pour nommer cette pathologie « état limite », J. Bergeret, PC. Racamier, E. et J. Kestemberg, JL. Donnet, A. Green, et bien d'autres que j'oublie ici injustement ont petit à petit développé une clinique et une thérapeutique plus spécifique de ces organisations.

Protéiforme dans son expression, très mobile dans ses symptômes la pathologie limite montre des signes qui évoquent les difficultés des adolescents. Il y a, c'est sûr, une analogie quand on pense aux enjeux narcissiques, à l'utilisation de l'actuel contre le passé et à Ia rapidité des passages à l'acte.

La ressemblance s'arrête là. L'économie psychique des adolescents états limite montre les aspects insupportables de l'angoisse de castration et toutes les modalités défensives mises en place pour échapper à la différence des sexes. La dépression y est constante et rarement reconnue par l'adolescent qui met en place des défenses caractérielles. Le traitement à cet âge est très important et peut permettre le retour à une formule plus ou moins névrotique, d'autant que le risque psychotique est loin d'être exclu. La prévisibilité est difficile et nécessite de notre part de la modestie. Dirigeant un hôpital de jour pour adolescents, je cherche depuis longtemps les éléments de repérage qui indiqueraient un traitement relationnel fructueux de ces patients (individuel ou groupal ou par le psychodrame). Je me suis toujours appuyé sur les capacités dépressives n'engageant pas de réactions violentes-et sur les modalités d'aménagement de l'angoisse de castration dans la relation. Je me suis souvent trompé ! Non pas dans les situations de traitement impossible mais dans celles dont j'étais à peu près sûr de nos possibilités. J'ai souvent rencontré au décours du traitement un renforcement des réactions négatives et une fuite dans une toute puissance phallique et dans l'agir servant de défense et de lutte contre un risque et une peur de l'effondrement. Comme toujours on ne sait qu’à la fin de la prise en charge.

En pleine préparation de ce volume, nous avons appris le décès d'André Green. Sur ce thème et bien d'autres nous lui devons beaucoup. Aussi nous avons décidé de publier un article sur ses travaux. Ceci est bien modeste au regard de son œuvre sur laquelle beaucoup reviendront dans les mois qui viennent. Bonne lecture.

SOMMAIRE

  • Serge TISSERON : Curiosités de cabinet, p.3
  • Yves MANELA, Éditorial, p. 5
  • Eléana MYLONA, André Green et les états limites. Apprendre de l'expérience avec André Green, p.7
  • Marc HAYAT, L'homme limite et sa société. Sous l'angle d'une anthropologie psychanalytique, p.27
  • Claude JANIN, Traumatismes et états limites : problématiques croisées, p. 42
  • Isaac SALEM, Fonctionnements limites et psychodrame, p. 56
  • Gérard BAYLE, Diagnostic en Patchwork ou défenses coordonnées ? ; interviewé par Marc Hayat, p.73
  • Maurice CORCOS, Etats limites : l'homme en suspens, p.94
  • Éric CORBOBESSE, Laurent MULDWORF, Célébrité, identité et pathologie des limites, p.108
  • Brigitte KAMMERER, Limite, paradoxalité et transitionnalité en institution, p. 129
  • Dominique PAGE, Ueli KRAMER, Groupe thérapeutique de Gestion des Émotions : un territoire d'acquisition des compétences chez les patients avec trouble de la personnalité borderline, p.142

AINSI VA LE MONDE

  • La nouvelle de Pierre SULLIVAN - Chapitre XLV.

LE PSYCHOPOLITAIN

  • Shame de Steve McQueen, film analysé par Pierre SULLIVAN, p. 168
  • A dangerous method de David Cronenberg, film analysé par Pierre SULLIVAN, p. 170
  • L'épreuve perceptive du narrateur-homme de loi en ses jeux inconscients dans « Bartleby le Scribe, une histoire de Wall-Street » d’Herman Melville, par Laurent PEYRONNIE, p. 171
  • Moi, moi, moi, par Pierre SULLIVAN, p. 178

ENVIES DE LIRE

  • Empathie sous la direction de Alain Berthoz et Gérard Jorland, analysé par Gilbert DIELBOLD, p. 190
  • L'Homme qui se prenait pour Napoléon, pour une histoire politique de la folie de Laure Murat, analysé par Alain KSENSEE, p.194