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3/13 : Masculin, Féminin

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Nous publions, avec un peu de retard pour des problèmes techniques, un colloque très intéressant de l’Association Française de Psychiatrie sur « Masculin/Féminin[i] . Le sujet est extrêmement vaste et va de la prévalence de certaines pathologies en fonction du sexe aux questions culturelles et psychiques des différents sexes, du genre au moment où se vote une loi sur le mariage pour tous, tout en mettant de côté les questions de la procréation possible aujourd’hui.

[i] Qui a eu lieu le 21 juin 2013 à Paris. Il a été organisé par le Pr Michel BOTBOL, le Dr Jean-Louis GRIGUER, le Dr François KAMMERER et le Dr Lydia LIBERMAN-GOLDENBERG

N° 3/13 : Masculin, Féminin

ÉDITORIAL

Yves MANELA

Nous publions, avec un peu de retard pour des problèmes techniques, un colloque très intéressant de l’Association Française de Psychiatrie sur « Masculin/Féminin[i] . Le sujet est extrêmement vaste et va de la prévalence de certaines pathologies en fonction du sexe aux questions culturelles et psychiques des différents sexes, du genre au moment où se vote une loi sur le mariage pour tous, tout en mettant de côté les questions de la procréation possible aujourd’hui. Les différents auteurs, sans perdre de vue les changements sociaux et l’évolution de la société vont tous – et ce n’est pas un hasard – interroger la différence des sexes, l’altérité et le travail psychique qui les accompagne. Avec sagesse ils vont traiter la question par le biais de nos connaissances en montrant combien les principes qui chevillent la théorie psychanalytique nous permettent dans notre domaine, de sortir de la confusion qu’entraînent les débats passionnés autour de l’autorisation du mariage homosexuel. Michel Schneider s’attaque à la loi sur le mariage pour tous en critiquant l’utilisation du genre contre, – pour lui – la théorie de la différence des sexes dont il défend le caractère irréductible. Jacqueline Schaeffer lui répond sans qu’ils se soient concertés. Elle est d’accord pour mettre au cœur de son propos la différence des sexes et le conflit intrapsychique. La notion de genre est pour elle extérieure à la psychanalyse. Elle se centre plutôt sur le refus du féminin et sur la terreur profonde dans les deux sexes de la proximité du sexe de la mère dont nous sommes issus. Aussi la théorie phallique de l’instauration du père, nécessaire, n’explique-t-elle pas ce « refus du féminin », le statut des femmes n’étant que le miroir de la structure et de l’histoire d’une civilisation. Elle laisse, du coup, une conclusion plus ouverte que Schneider sur les lois actuelles. Jacques André écrit : « ce que la sexualité masculine a perdu en triomphe (avec ou sans gloire) elle l’a gagné en incertitude et en questions. Elle est de ce fait redevenue intéressante. D’autant plus que la dite “libération” ne s’est pas contentée de libérer la féminité des femmes, la féminité des hommes en a aussi profité. » Face aux changements considérables de la vie amoureuse et de la sexualité l’auteur en revient à la situation anthropologique fondamentale de Laplanche d’un adulte doté d’une sexualité inconsciente et d’un enfant tendu vers la satisfaction. Il développe deux exemples celui du rabaissement des femmes et celui des homosexualités. Sa conclusion est intéressante : le vieil adage de l’analyse atteignant le niveau de l’homosexualité inconsciente est renversé par nombre de patients décrivant la relation homosexuelle comme non conflictuelle. Philippe Gutton reprend ses développements théoriques sur le pubertaire est insiste sur l’importance de l’autre, objet de la construction de sa sexualité. Le partenaire est dépendant de son histoire d’où sa question sur les trames identitaires de l’Autre. Christophe Genin lui emboîte le pas sur le couple et lui aussi met au centre de son propos l’altérité. Il retourne aux grecs anciens pour poursuivre son propos et montrer que le couple le plus simple est « hétero ». L’altérité reste la clé y compris entre personnes du même sexe. Nadia Mammar interroge dans un long exposé l’écrasante majorité de filles candidates à l’anorexie mentale. Elle nous propose une série de remarques et termine sur l’opposition de l’image de « bimbo » et de l’image de l’anorexie. Monique Bydlowski termine et développe son texte en montrant les difficultés de la procréation dans la paternité comme dans la maternité.

Bonne lecture

[i] Qui a eu lieu le 21 juin 2013 à Paris. Il a été organisé par le Pr Michel BOTBOL, le Dr Jean-Louis GRIGUER, le Dr François KAMMERER et le Dr Lydia LIBERMAN-GOLDENBERG