ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
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Colloque à venir :
les 26 et 27 juin 2026, De l’intime à l’intimité
DE L’INTIME A L’INTIMITE
L’ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
PROPOSE
les Dixièmes Rencontres de Suze la Rousse
en présentiel
sur le thème
DE L’INTIME A L’INTIMITE
le vendredi 26 juin et samedi 27 juin 2026,
au Château de Massillan à UCHAUX (84)
ATTENTION CHANGEMENT DE LIEU
ARGUMENT
L’intime et l’intimité forment un couple en tension perpétuelle. L’intime, c’est ce lieu intérieur où se dépose l’expérience la plus singulière, où se tisse la continuité du sentiment d’exister. L’intimité, c’est le mouvement par lequel cet espace se met en jeu dans la rencontre. Entre les deux s’étend un espace fragile aux contours flous : celui où le sujet se constitue, se découvre, se protège, ou parfois se perd, mais dans lequel se construit le lien.
Ainsi, dans ce brouillage des limites, ces deux mots d’usage si courant échappent aux approches conceptuelles, noyés qu’ils sont dans les réflexions sur la conscience, sur les rapports entre la cognition, l’âme et le corps, ainsi que sur les croyances transcendantales.
Dans cette perspective, nous tenterons de circonscrire ces notions d’un point de vue :
-philosophique, notamment à travers l’idéalisme Bergsonien et les conceptions de la phénoménologie,
-anthropologique, notamment en interrogeant la part culturelle qui façonne l’intime,
-émotionnel à travers la révolution que représente l’attachement et son rapport aux émotions ainsi que les liens qu’entretiennent les émotions avec la conscience et la cognition (l’enjeu de la théorie de l’esprit).
-psychanalytique, avec notamment la question des enjeux projectifs.
Notre époque bouleverse profondément les équilibres en exposant les existences, en multipliant les connexions tout en rendant plus incertaines les expériences du lien et du partage. Les technologies de communication, les recompositions familiales et sociales, les nouvelles formes du travail et de la solitude redéfinissent sans cesse les frontières entre le dedans et le dehors.
Nous tenterons d’évaluer en quoi ces évolutions peuvent être sources de conflits et de dysharmonies, exacerbés par la double revendication d’une liberté absolue de l’individu et de celle d’une prise en charge collective de celui-ci tant socio-économique que sécuritaire.
Dans cette perspective nous pouvons aborder les questions :
-de l’évolutions actuelle des problématiques autour des identités sexuelles, du couple et du désir
– du développement d’une littérature de l’expérience de l’intime, qui résonne peut-être avec les littératures romantiques ou libertines, mais qui s’en différencie par l’importance donnée au consentement
– de la critique d’une société sécuritaire (livre Panorama de Lilia Hassaigne, prix Renaudot des lycéens)
-des impacts de ce que Pierre Rosanvallon définit comme l’individualisme de singularité,
Dans la clinique, on observe combien ces transformations impactent les trajectoires psychiques : des troubles du lien et de l’identité jusqu’aux formes de surexposition de soi. Les espaces de soin deviennent alors des lieux où se rejoue la possibilité même d’une intimité : celle d’un regard, d’une parole, d’un transfert, intimité qui fait alors écho à l’intime en convalescence.
Dans cette perspective, nous aborderons la question de ce qui « marche dans les psychothérapies ».
Comment la réappropriation de nos schémas de pensée inconscients modifie l’expérience que nous avons de notre intimité, mais aussi comment cette réappropriation ne serait pas possible sans la composante empathique et émotionnelle qui marque la tension permanente entre l’intime et l’intimité.
Ces différentes approches invitent à penser ce passage entre intériorité et ouverture. Elles interrogent les modalités du secret, du dévoilement, du désir et de la reconnaissance, de l’expérience vécue et aussi les normes et les dispositifs façonnant la possibilité même d’un rapport à soi et à l’autre.
Ces Rencontres proposent ainsi cette année d’explorer les multiples chemins du soin, de la parole, du corps, de la relation et du monde social le long desquels intime et intimité entrent en résonnance, ou pas.
Jean-Louis GRIGUER
COMITÉ SCIENTIFIQUE ET D’ORGANISATION :
Jean-Louis GRIGUER, Maurice BENSOUSSAN, Michel BOTBOL, Samuel LEPASTIER,
Antoine LESUR, Sylvie TORDJMAN


