PSYCHIATRIE FRANÇAISE
1/99 : Le psychiatre et son patient
Psychiatrie Française Vol. XXX, N° : 1, Mars 99
La citation est extraite du Paon, de Guillaume Apollinaire
Alain KSENSEE : ÉDITORIAL page 3
Serge TISSERON : B.D. pages 5-6
Édouard ZARIFIAN : L'ÉVACUATION DU PSYCHISME DANS LA CONSULTATION PSYCHIATRIQUE pages 7-11
Le rationalisme matérialiste des nord-américains a produit la plus belle machine à nier le psychisme : le " D.S.M. ". L'intersubjectivité de la relation humaine, la singularité du psychisme et le sens de sa souffrance ont fait place à l'illusion de l'objectif et du quantifiable. Les conséquences dans la consultation quotidienne seront envisagées dans leur différents aspects.Olivier CANCEIL : USAGE DU D.S.M. IV A L'HÔPITAL pages 12-17
A l'heure actuelle, le D.S.M. IV n'est surtout utilisé à l'hôpital que comme un outil de recherche ou de statistiques. Si certaines catégories ont pu intégrer le corpus nosographique utilisé dans la pratique, il n'a pas bouleversé outre mesure la relation du psychiatre et de son patient.Alban JEANNEAU : LE SENS DE LA PERSONNE PEUT-IL ÊTRE CONSIDÉRÉ COMME UNE DONNÉE PSYCHIATRIQUE ? pages 18-23
La consultation psychiatrique se doit de recueillir systématiquement les symptômes, de les analyser et de les classer selon la nosographie. Mais elle doit permettre également l'évaluation du sens de la personne.Arthur TATOSSIAN : LE SYMPTÔME EN PSYCHIATRIE, GRANDEUR ET SERVITUDES pages 23-30
En 1992, l'auteur précisait à nouveau sa conception du Symptôme et du Phénomène et mettait en évidence ce que le psychiatre peut (on ne doit pas) attendre lors de sa rencontre avec un patient ; il s'interrogeait ainsi sur le bienfondé et les limites des essais de classification en vue du diagnostic, même si, aujourd'hui, le D.S.M. IV a remplacé le D.S.M. III-R.Philippe NUSS : SAVOIRS ET RELATION THÉRAPEUTIQUE pages 31-36
La relation thérapeutique en psychiatrie, ou en médecine en général, peut être analysée comme résultant de la mise en action, au moment de la rencontre thérapeutique, de différents niveaux de savoir. Parmi ceux-ci, le savoir issu du fait même de cette rencontre, bien que fugitif, nous paraît indispensable à l'usage pertinent de tous ceux, plus classiquement décrits, détenus par le patient ou son thérapeute.Jean NAUDIN, Ingrid BANOVIC, Jean-Michel AZORIN : ASPECTS PHÉNOMÉNOLOGIQUES-EXISTENTIELS DE LA RELATION MÉDECIN-MALADE : LA NOTION DE MONDE pages 37-47
Les aspects phénoménologiques-existentiels de la relation médecin-malade sont décrits en termes de monde et de corps vécu. La comparaison des maladies somatiques (comme le cancer) et des maladies mentales chroniques (comme la schizophrénie) conduit à insister sur la notion de destruction du monde vécu et à proposer quelques suggestions quant à sa reconstruction dans la mise en récit.Jacques CHAZAUD : SUR QUOI TABLER pages 48-54
Partant des trois questions de Kant : Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? l'auteur trouve ici l'occasion de soutenir le préalable de la précision clinico-sémiologique et nosologique pour le choix thérapeutique. Ce dernier doit cependant rester ouvert et " opportuniste ", de même que les sémio-nosologies doivent être soumises périodiquement à révision, mais jamais à négation.Pierre FEDIDA : S'AGIT-IL DE REFONDER LA PSYCHIATRIE CLINIQUE ? pages 55-59
L'auteur met en évidence les incidences du phénomène de la dépression sur la pratique clinique en psychiatrie ainsi que sur la menace de disparition d'une psychopathologie. Comment aujourd'hui " refonder " la psychiatrie clinique ?Vassilis KAPSAMBELIS : LA PRESCRIPTION MÉDICAMENTEUSE DANS LA RELATION THÉRAPEUTIQUE pages 60-76
Le fondement de la relation thérapeutique réside dans le fait que le psychiatre se propose comme objet à son patient. La spécificité de cette relation consiste en ce que l'objet du psychiatre n'est pas le patient lui-même, mais le processus thérapeutique qui se développe en lui à partir de leur rencontre. Les médicaments psychotropes constituent un puissant moyen de mobilisation de ce processus thérapeutique, en bouleversant les ensembles rigides et répétitifs : mouvements corporels, représentations, affects, que forment les symptômes et les maladies mentales. La façon dont les effets des antidépresseurs s'intriquent avec la relation thérapeutique sert d'exemple pour montrer deux formes d'échec de ces traitements, la récidive et le traitement interminable.Simon-Daniel KIPMAN : LUI pages 77-81
A propos de la relation soignante, l'auteur définit les raisons de son évolution à partir de deux questions simples : " Qui a changé : les patients ou bien les psychiatres et la clinique ? "Michel EISELE : TRENTE ANS DE PSYCHIATRIE DE VILLE pages 82-93
L'exercice moderne de la psychiatrie de ville a environ trente ans en France. A partir de son expérience personnelle, l'auteur décrit les changements survenus dans sa pratique en fonction de l'évolution de la démographie des praticiens, des idées et des conditions économiques.Anne-Emmanuelle ROCHE : LE PSYCHIATRE ET LE PATIENT ATTEINT DE MALADIE ORGANIQUE GRAVE. LE CORPS DU PSYCHIATRE pages 94-103
La rencontre avec des patients atteints de maladies organiques graves est souvent déconcertante pour le psychiatre. Le contexte peu propice à l'expression d'une libre pensée, la difficulté psychique ou même physique pour le patient de parler, nécessitent une approche spécifique de ce type de prise en charge. Spécificité qui nécessite souvent l'implication physique et corporelle du psychiatre.Nikos CHRISTIDIS : L'ÉTHIQUE DANS LA RELATION THÉRAPEUTIQUE AVEC UN PATIENT PÉDOPHILE pages 104-117
A propos d'un patient éducateur qui avoue honteusement sa pédophilie (exercée sans violence auprès d'adolescents dont il a la charge), l'auteur propose une psychothérapie en face à face au cours de laquelle sont vivement débattus ses conflits d'idéalisme, de matérialisme, de morale, de religion et de souffrance.Jean-Yves FEBEREY : LA CONSULTATION A LA DEMANDE D'UN TIERS pages 118-122
Récemment, des personnes sont venues nous consulter pour un phénomène qui certes les concernait, puisqu'il s'agissait d'un enfant, mais d'un enfant "adulte jeune". Le contexte n'était pas celui d'une évolution schizophrénique, mais celui de conflits durables au sujet des études, de difficultés personnelles ou matérielles. Bref, le parent-patient en situation de tiers vient interroger le psychiatre "pour" son enfant, ce qui installe le praticien dans une situation délicate, celle de médiateur familial malgré lui.Jean de VERBIZIER : LA DIMENSION SOCIALE DE LA PRISE EN CHARGE EN PSYCHIATRIE pages 123-129
Plus que jamais, le psychiatre a à relever le défi d'intégrer dans sa pratique les dimensions sociales de ses prescriptions, à articuler les réalités psychiques des patients avec de nouvelles réalités sociales, dans un temps où s'érode la protection sociale et s'accroît la précarité des statuts.MULTIPLES
Jean-Yves FEBEREY - Une visite qui dérange page 130
Jean GILLIBERT - Festen page 131
Pierre SULLIVAN - Je, Nous, Eux, Lui page 134
Jean-Yves FEBEREY - Travelling avant page 135ENVIES DE LIRE
André BOURGUIGNON - Psychopathologie et épistémologie page 139
Nicolle KRESS-ROSEN - Du côté de l'hystérie page 141
Simone DECOBERT, François SACCO (sous la dir.) - Le dessin dans le travail psychanalytique avec l'enfant page 145
Taïsha ABELAR - Le passage des sorciers page 150
Rosine CRÉMIEUX, Pierre SULLIVAN - La traîne-sauvage page 151
Jean-Yves ROY - Le syndrome du berger page 153
Russel BANKS - Pourfendeur de nuages page 157
Giorgio AGAMBEN - Homo sacer page 159