LES MALTRAITANCES FAITES AUX ENFANTS
LA SCOLARISATION TROP PRECOCE ?
Christian VASSEUR
Dans notre numéro de mars (N° 133), Claire Brisset, Défenseure des Enfants, nous faisait part de certaines de ses inquiétudes et de ses espoirs. Dans l’éditorial d’avril, « Prendre un enfant par la main », J-D. Beigbeder lançait le dossier (qui se poursuit dans ce numéro) sur les maltraitances faites aux enfants. Déjà, lors de nos dernières Journées de janvier, Claire Brisset, venue assister à la remise du Prix Littéraire qui porte le nom de son père Charles Brisset, un de nos fondateurs, m’avait fait part de son souhait que l’AFP s’engage pour la cause des enfants. Pourquoi pas ? Une relance plus explicite nous a conduits à étudier l’objet et le cadre d’une collaboration :
- l’objet, c’est la loi du 10.07.89 autorisant l’entrée à l’école maternelle des enfants dès l’âge de 2 ans. Les conséquences de cette hypermaturation provoquée sont maintenant connues : elles influent sur tout le devenir psycho-affectif ; les déstructurations psychiques des étatslimites en témoignent, entre autres ; mais c’est sans compter les troubles de la symbolisation qui s’expriment à la suite de ceux de la conceptualisation et du langage. Dès le début de son exploration créatrice de la psychanalyse, en 1897, Freud déplorait que – pour ses recherches sur la formation de l’appareil psychique –
il ne puisse pas « passer plus de temps dans les nurseries ». Il a été entendu et, pour un pédopsychiatre, se mettre au niveau des bambins, sur le tapis, n’est éventuellement limité que par sa souplesse articulaire ! Aussi, aujourd’hui si le bon sens, l’empirisme, l’observation des besoins de l’enfant s’opposent naturellement à une scolarisation précoce, les recherches, les mises en perspective, les analyses et les connaissances sur le développement psychique, en expliquent les raisons. Chacun sait, ou sent, que, pour le développement psychique de l’enfant, brûler les étapes c’est en détruire définitivement des potentialités ; c’est une maltraitance ;- comme souvent, le législateur soucieux de faire vite et bien ne s’est pas entouré de conseillers spécifiquement compétents dans ce domaine. Avec Claire Brisset, nous avons donc décidé de nous associer pour rassembler les scientifiques concernés, informer les responsables politiques et alerter l’opinion publique sur les impacts de cette loi apparemment utile, simple et pratique, mais qui pourrait se révéler dangereuse et réductrice des besoins des enfants. Nous allons constituer un Conseil scientifique afin d’élaborer la stratégie et la tactique d’une campagne d’information pour intervenir en amont des troubles que nous soignons ; une vraie campagne de prévention.
La Lettre de Psychiatrie Française et le Bureau de l’AFP seront les moteurs de l’information et du recueil des données et des bonnes volontés que cette excellente cause des enfants suscitera. Bien sûr, le temps presse car cette maltraitance c’est ici, maintenant, et en toute légalité.
À suivre dans nos prochains numéros et sur notre site.
C. V.
Président AFP
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Nicole Horassius Jarié : Les maltraitances sexuelles,
Olivier Lehembre : L'expertise psychiatrique et sa dimension thérapeutique,
Carol Jonas : Les aspects juridiques
Maurice Berger, Hélène Pastrana : maltraitance des Tout-petits : les psychiatres doivent-ils rester à la place qui leur est assignée ?
Jean-Yves Hayez : La société et les institutions belges face à la maltraitance
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Françoise Hochart-Gille : Accueil des enfants maltraités. Expérience d'une équipe hsopitalière spécialisée
Yvonne Coinçon : La formation à la prise en charge des enfants maltraités
Didier Lauru : L'implication personnelle dans la maltraitance : peut-on rester indemne ?
Bernard Golse : L'enfant de la maltraitance : de quel enfant s'agit-il ?