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" Cent fois sur le métier "
et Bonne Année !" et (comme les enfants) retrouver cette capacité peu commune
de muer en terrain de jeu le pire désert. "
Michel LEIRISChristian VASSEUR
La psychiatrie est née du désir de rencontre et de dialogue avec lInsensé : elle ne vit et ne vivra quen se maintenant dans cette exigence de qualité soignante, lhumanisme médical. Notre désir à lAFP est de rester une Agora ouverte à tous les psychiatres et à tous les soignants, un lieu de rencontre pour le débat scientifique.
Alors, en ces temps qui nen finissent pas dêtre inquiétants, je souhaite à chacun suffisamment damitié, damour et de réalisations personnelles pour oser le risque de confronter ses théories et ses pratiques, confrontation sans laquelle toutes nos actions, sociétés savantes et syndicats confondus, resteront aléatoires.
En effet, le temps est venu de rassembler les "États généraux de la Psychiatrie en France".
Nous avons connu, en 1999, les états généraux de la Santé où nous avons été entendus comme témoins-accusés par des tables citoyennes ; à la dérobée ! Il ny eut aucune confrontation. Lesprit de la rencontre paraissait dominé par des défenses que la brièveté du temps na pas permis de dépasser.
Or, depuis des années, SPF et AFP ensemble, nous cherchons (et nous ne sommes ni les premiers, ni les seuls) à étoffer nos relations avec la Société : pouvoirs publics, hommes politiques, associations des amis et des familles de patients, dex-patients, etc... Ces nouveaux états généraux, organisés par des psychiatres, nous permettront de déposer un "cahier de doléances" devant lÉtat :
- Membres de la Société, nous sommes des témoins particuliers, parfois et malheureusement privilégiés ; à lextrême, des fusibles. Nous devons évoluer avec elle, mais rien ne nous contraint à évoluer comme elle. Lhumanisme médical a aussi un coût. Si nous ne pouvons pas être à nous seuls les sauveurs éperdus de Psyché, nous nen serons pas les fossoyeurs.
- Médecins, les découvertes en neurosciences sur lappareil cérébral notamment nous intéressent, mais attention au scientisme ! Que dexécutions sommaires de Psyché sous couvert dactualités et de novations !
- Psychiatres, nous avons beaucoup progressé dans la connaissance de notre ignorance et dans nos inépuisables capacités à nous illusionner. Mais nous avons préservé quelques acquis et appris aussi à mieux comprendre lappareil psychique individuel et groupal.
Dès lors, en quoi aurions-nous failli et quest-ce qui justifierait que lon se taise au moment où, à travers des mouvements de Société hexagonaux, européens et mondiaux, la psychiatrie est fortement sollicitée par le souci de tous : la Santé mentale ?
Oui, le temps est venu. Depuis quelques semaines, après dautres pays européens, la France sest dotée dun Plan de Santé mentale. Après les craintes suscitées par les projets préliminaires qui étaient marqués par les illusions antipsychiatriques (cf. Basaglia), les utopies freudo-marxistes et le négationnisme des potentialités psychodynamiques (cf. LLPF N° 110, p. 1-2, 11-13), nous découvrons, non pas un nouvel outil de travail ni un projet davenir irréaliste ou autre miroir aux alouettes, mais une base de réflexion. Nous avons à y travailler, et les états généraux en seront dautant plus le lieu que la Commission Européenne de Santé reconnaît à chaque pays, et même à chaque région, le droit (car la nécessité) de définir sa politique de Santé mentale : peut-être pouvons-nous, sans être abusifs, donner notre avis de psychiatres sur cette question en France !
Notre cahier de doléances ne sera pas une liste de plaintes, mais un cahier "des charges" et non "à charge". Cest la raison dêtre détats généraux : une re-fondation. Celle-ci nécessite la participation de toutes les sociétés savantes et scientifiques, des pouvoirs publics, des familles, des patients, des soignants et, au premier chef, du Ministère de la Santé. Lidée nest pas originale, mais sa mise en acte est devenue nécessaire. Ainsi, jen ai fait part au Conseil dadministration de la F.FP qui sest montré dautant plus intéressé que ses travaux pour le Livre Blanc sont très avancés et quils sintègreront naturellement dans ce projet.
Le langage poétique de Paul Valéry nous rappelle que : "LÉtat est un être énorme, terrible, débile. Cyclope dune puissance et dune maladresse insignes, enfant monstrueux de la Force et du Droit, qui lont engendré de leurs contradictions. Il ne vit que par une foule de petits hommes qui en font mouvoir gauchement les mains et les pieds inertes, et son gros il de verre ne voit que des centimes ou des milliards." Nous sommes de ces petits hommes aussi ; mais sans plus !
Notre fil rouge sera le fait psychopathologique, sa compréhension et sa prise en charge aujourdhui afin de dégager des perspectives davenir à proposer aux décideurs.
En lien avec cet important projet, la Commission scientifique de lAFP travaille Autour de la psychose, sujet fondamental de notre discipline. Cest ainsi que :
- la Provinciale de Reims, en mars : La schizophrénie dans tous ses états, en sera la première étape ;
- la Provinciale de Saint-Étienne (véritable séminaire de recherche depuis trois ans), en avril : Penser la psychose "avec" ..., en poursuivra létude ;
- lEuropéenne de Bruxelles, co-organisée avec lUnion Internationale dAide à la Santé Mentale, en novembre : Penser la psychose... accompagner le psychotique, le consolidera en mobilisant les pouvoirs publics européens ;
- les Nationales, en janvier 2003 : Soigne-t-on encore les psychotiques ? en seront le point dorgue.
Bien sûr, cet ensemble dactivités scientifiques a aussi vocation à faire entendre à lÉtat les besoins de la psychiatrie en France.
Utopies ? Non, juste des projets de pères de famille, en toute ordinaire inquiétude et raisonnable espoir pour leur progéniture.
Alors, oui :
" Cent fois sur le métier... "
et Bonne Année !C. V.
Président AFP
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Application large du D.E.
En raison du blocage des honoraires des consultations depuis maintenant plus de six ans, lUMESPE branche spécialiste de la CSMF à laquelle nous adhérons lance un mot dordre de "large application du D.E." pour les médecins du secteur 1.
Nous rappelons que le D.E., prévu par le règlement minimal conventionnel, est un dépassement dhonoraires qui peut être appliqué en réponse à des exigences particulières de temps et de lieu de la part du patient, notamment en cas de demande :
- de rendez-vous avant 9 H ou après 18 H (application des 35 heures), ou en cas dexigence dun horaire ou dun moment dans la semaine, de façon précise ;
- de rendez-vous dans un lieu particulier autre que le cabinet ;
- de télétransmission, en sappuyant sur largument que les médecins sont conventionnellement tenus "doffrir" la télétransmission, mais pas obligés de la "donner" (un dépassement dun euro est alors conseillé).
Nous savons que lessentiel des D.E. demandés par les psychiatres représente davantage un moyen de faire participer financièrement les patients à leur travail psychothérapique que daugmenter les honoraires (ce qui nest pas sans poser problème puisquil ne sagit plus alors dune exigence de la part du patient mais bien de celle du médecin !).
Cest pour cette raison que toutes les situations offrant théoriquement cette possibilité ne paraissent pas pour autant applicables telles quelles ni automatiquement dans le cadre de notre pratique particulière : le D.E. doit être appliqué avec tact et discernement, en tenant compte de chaque situation individuelle.
Claude MANDRY
Secrétaire Général SPFPierre STAËL
Président SPF
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UNICITÉ DU CNPsy ?
DOSSIER
Nous publions ci-dessous trois textes destinés à nourrir nos réflexions sur les discussions en cours (dans le cadre de la refonte de la Nomenclature(1)) à propos de léclatement ou non de lacte CNPsy, chacun des auteurs sexprimant en son nom personnel.
1. LA COTATION CNPsy RESTE-T-ELLE VIABLE ?
POUR UNE ADAPTATION DES HONORAIRES PSYCHIATRIQUES AUX BESOINS DES PSYCHIATRES ET DE LEURS PATIENTSDE LA NOMENCLATURE
Coter et hiérarchiser les actes médicaux est devenu une nécessité dès lapparition des premiers organismes dassurance maladie, la mise en place de tarifs "opposables" garantissant aux patients laccès aux soins quels que soient leurs moyens financiers. La première "Convention" en France a été publiée au J.O. du 08.08.30, mentionnant une nomenclature publiée un an plus tard où figuraient déjà le C, le V, et le K. Il sagissait à lépoque de sauvegarder le paiement à lacte et déchapper (déjà !) à la "capitation", sous la pression de la jeune CSMF.
La nomenclature générale des actes médicaux telle quelle existe maintenant date de lordonnance de Gaulle du 04.10.45 ; le CS et le CNPsy ont été ajoutés en 1960, puis une importante refonte a eu lieu en 1972. Il ny a eu depuis que peu de modifications, ce qui explique la présence de nombreux actes obsolètes (quoique parfois pratiqués) et la non-prise en charge de techniques plus récentes. La fixation des tarifs médicaux peut être basée sur plusieurs principes :
- la valeur thérapeutique de lacte pour le malade, mais sauver une vie serait hors de prix !
- la loi de loffre et de la demande, inacceptable pour une assurance ;
- le coût de production de lacte par le professionnel qui doit tirer un revenu convenable de la pratique de son art.
Cest le troisième critère qui a prévalu. La hiérarchisation des tarifs des actes doit aussi permettre une certaine justice entre les différentes spécialités. Enfin une nomenclature doit être "neutre", notion très importante qui signifie que le médecin doit pouvoir, devant des méthodes thérapeutiques diverses, choisir celle qui convient au malade sans préjudice pour lui-même, médecin, cest-à-dire quil ne soit pas tenté dopter pour celle qui lui conviendrait mieux au plan économique mais priverait éventuellement le malade dune chance.
LA CONSULTATION NEURO-PSYCHIATRIQUE
Créé dans la foulée du CS grâce à un travail de lobbying actif, le CNPsy (qui valait 3C, au départ) concernait essentiellement les neuropsychiatres hospitaliers, souvent neurologues, et les neuropsychiatres de ville, quelques centaines à lépoque. Sa valeur, plus forte que celle du CS (qui valait alors 2C), avait été négociée pour tenir compte de la longueur de lexamen neurologique et psychiatrique. Sa définition : " Consultation au cabinet par le médecin neuro-psychiatre qualifié ", élargie par la suite à " psychiatre qualifié, ou neurologue qualifié " ne fait mention ni du contenu de ladite consultation ni de sa durée. Après la séparation de la neurologie et de la psychiatrie en 1968, le nombre des psychiatres utilisant le CNPsy a crû régulièrement : médecins du cadre des hôpitaux psychiatriques ayant demandé leur qualification et surtout nombreux titulaires de la spécialité formés entre 1970 et 1990, le nombre des psychiatres utilisant la lettre clef étant ainsi passé de quelques centaines à plus de 6 000. Le contenu de ces consultations évoluera aussi, allant de la consultation unique ou rare de diagnostic à des prises en charge globales avec des processus de moyenne ou de longue durée, générant donc des consultations fréquemment répétées.
Au cours de cette période, les arguments de défense syndicale de la valeur de lacte ont évolué : dun acte de diagnostic relativement rare mais de haute valeur technique, on passa à un acte diagnostique et thérapeutique dont la valeur était justifiée par sa longueur, son bénéfice thérapeutique propre et un investissement particulièrement important du thérapeute. On chercha à prouver que la psychothérapie était peut-être onéreuse en nombre de consultations, mais aussi génératrice déconomies par une moindre prescription de médicaments ou dhospitalisations.
ÉVOLUTION DE LA VALEUR DU CNPsy
Au cours des quarante dernières années, la valeur du CNPsy a baissé régulièrement, non en pouvoir dachat mais par rapport à la consultation du généraliste, passant des 3C initiaux à moins de 2 actuellement (et il en est de même pour le CS). On peut expliquer cette évolution de différentes manières :
- leffet Spécialistes : depuis la reconnaissance des spécialistes, les revenus de ces derniers se sont envolés par rapport à ceux des généralistes grâce à un meilleur rendement des actes techniques. Les syndicats horizontaux (les seuls à avoir accès aux négociations) ont donc essentiellement défendu les actes techniques, abandonnant plus ou moins à leur sort les actes de consultation. Lors des dernières négociations conventionnelles de 1995, une vigoureuse réaction du SPF, adossée à un dossier circonstancié, permit pour la première fois de renverser la vapeur et dobtenir une revalorisation du CNPsy double de celle du CS ; mais ce fut un chant du cygne, le plan Juppé frappant peu après ;
- limage des psychiatres aux yeux des autres médecins : au début, beaucoup de psychiatres avaient des occupations salariées complémentaires (souvent mal rémunérés) de leur activité libérale et dautres étaient censés pratiquer des psychanalyses "hors caisse". Comme, de surcroît, leur travail était réputé moins dur (pas de visites, pas de gardes...), leurs collègues syndiqués des autres spécialités n'avaient pas tendance à appuyer leurs revendications. Un patient travail syndical a inversé cette tendance, mais les rumeurs ont la vie dure !
- le splendide isolement : il faut ajouter que, très occupés à se définir dans un métier neuf et à en rechercher les spécificités, les psychiatres se sont longtemps peu investis dans la vie syndicale locale et nationale et que, lorsquils le faisaient, ils mettaient souvent en avant des critères éthiques, voire philosophiques, dans un langage réputé compliqué qui ne faisait quattiser le scepticisme de confrères plus pragmatiques.
LE DOGME DE LACTE UNIQUE
Au cours des trente dernières années, tous les syndicats de psychiatres sans exception ont défendu la notion dun acte unique, le CNPsy, qui identifie le travail du psychiatre quel que soit le contenu de la séance. Ce concept simple, parfois fétichisé par des théorisations hâtives, a eu de très gros avantages syndicaux mais aussi quelques inconvénients croissants.
Les avantages du CNPsy, acte unique :
- il est facile à mettre en uvre tant pour les Caisses que pour les praticiens : nul besoin dexplications sur le contenu, pas de contrôles ni dévaluations possibles, pas de références au temps passé ;
- il assure lidentité et la cohésion de la profession ; une demande de revalorisation du CNPsy entraîne ladhésion de tous les adhérents sans exception ;
- il évacue la difficile question des psychothérapies, ce qui est vraisemblablement son argument majeur. À la fois serpent de mer et cheval de Troie de la profession, la définition des psychothérapies, de leurs modalités de prise en charge, des risques de limitation et de contrôle par les Caisses, du risque de les partager avec dautres professionnels, a toujours été un sujet de passions et daffrontements. La position syndicale confondant acte de consultation psychiatrique et psychothérapie a eu le génie de permettre lapaisement des conflits et de tenir une ligne de défense efficace face aux Caisses, mais elle ne les a pas protégés de leur extinction progressive à cause de leur sous-cotation... ;
- il offre une justice apparente : tout en sachant quen médecine il y a des consultations courtes ou longues, plus ou moins difficiles, le forfait unique permet une sorte de justice dans le cadre dune péréquation annuelle des revenus. Cette compensation ne fonctionne toutefois que si tous les praticiens font, dans lensemble, le même travail : assumer les urgences, pratiquer des psychothérapies, prescrire des ordonnances, recevoir des familles... Or beaucoup de psychiatres se sont de fait spécialisés à la pédopsychiatrie, ou à la psychanalyse, ou à la relaxation, ou au comportementalisme, ou à la psychiatrie de liaison, toutes pratiques dévoreuses de temps qui mettent en question, lorsquelles sont prépondérantes, léquilibre financier du cabinet. Ainsi, certains collègues limitent leur activité dans le domaine même de leur excellence (les enfants, par exemple) car seule la psychiatrie "tout venant" leur permet de survivre.
Les inconvénients du CNPsy, acte unique :
Linconvénient principal de lacte unique est son absence de "neutralité", surtout depuis que sa valeur relative a chuté et va finir par se rapprocher de celle du futur CS commun aux généralistes et aux spécialistes. Le psychiatre de secteur 1 (près de 80 % des libéraux, et bien plus à lavenir) ne pourra plus appliquer lapproche quil estime la meilleure pour son patient. Comment pourrait-il proposer une séance de psychanalyse classique, une séance de Gestalt, un entretien familial, une séance dhypnose..., autrement que de manière très exceptionnelle ? Comment pourrait-il accepter une urgence qui risquerait de faire fuir les clients régulièrement inscrits sur rendez-vous, sans dédommagement ?
En fait, subrepticement, le tournant a déjà été pris. Deux exemples peuvent lillustrer :
- la prescription des psychotropes croît exponentiellement chez les psychiatres, alors que ceux-ci étaient jusqualors plutôt fiers de ne prescrire que très peu. Peut-on vraiment dire que les progrès de la pharmacopée sont seuls en cause ? Ou bien les psychiatres se découragent-ils devant la lourdeur non rétribuée des prises en charge en profondeur ?
- les psychiatres français ont " fait la fête " à une certaine lecture des travaux lacaniens justifiant les séances courtes. Sagit-il réellement dun choix théorique ou technique, ou plutôt dun choix de nécessité ? Souvenons-nous de cette universitaire analyste qui, dès 1970, conseillait de sexercer aux séances de vingt minutes pour tenir compte des tarifs de la Sécurité sociale !
Pour survivre, beaucoup de psychiatres sorientent vers les pratiques les moins inconfortables (prescriptions ou séances, rapprochées mais courtes, de patients connus) et nosent plus prendre en charge les cas demandant beaucoup de temps : appels de généralistes, urgences, patients lourds, enfants et adolescents... Tout un pan du champ de responsabilité naturelle de la psychiatrie libérale leur échappe au profit du secteur qui na plus totalement, pour sa part, les moyens de sy investir. Voilà où peut mener un blocage de la nomenclature.
VERS QUEL AVENIR ?
Quon le veuille ou non, les dépenses de santé évoluent dans le cadre denveloppes plus ou moins fermées. Deux solutions, apparemment faciles, sont cependant peu probables actuellement :
- laugmentation importante du budget de la santé, et de celui de la psychiatrie libérale en particulier ;
- la libération des tarifs par la réouverture du secteur 2, politiquement peu concevable.
Sauf à attendre une raréfaction des psychiatres qui serait suffisante pour que les tarifs puissent augmenter à nouveau, il nest possible despérer desserrer cet étau quen acceptant dutiliser les règles actuelles des négociations qui, pour lessentiel, tiennent en deux points :
- toute augmentation denveloppe ou de tarif doit saccompagner, en contrepartie, de "mesures structurantes en matière de santé publique ou dune amélioration du service rendu au patient" ;
- la nouvelle nomenclature (commune à lhôpital et au libéral, commune à tous les médecins considérés comme spécialistes) ne rétribuera plus des qualifications acquises mais des actes identifiés, effectués par nimporte quel médecin qui en aura acquis la compétence.
Une occasion de déblocage nous est donnée dans les propositions de rédaction de la nouvelle nomenclature auxquelles certains responsables du SPF ont participé sous légide de la Fédération Française de Psychiatre : les consultations psychiatriques pourront être réévaluées, mais pas toutes. Il faudra accepter de ne pas ou peu réévaluer certaines consultations courtes, simples, répétitives, semblables à celles dautres spécialistes, pour se concentrer sur les consultations qui sont réellement spécifiques de notre art et qui sont justement les plus nombreuses. Les partenaires sociaux sont prêts à les réévaluer lorsquelles seront mieux définies.
Le travail syndical ne consiste pas seulement à défendre les avantages acquis dune génération mais aussi à permettre les évolutions nécessaires au futur.
Michel EISELÉ
Mulhouse(1) Pour de plus amples informations sur la nouvelle " Classification commune des actes médicaux ", cf. Psychiatrie Française N° 2/01 : Quelles évaluations pour la psychiatrie infanto-juvénile ?, p. 83-88.
2. PARADOXES ET MÉANDRES DUNE NÉGOCIATION DE NOMENCLATURE OU LA NÉCESSAIRE PLURALITÉ DE LACTE UNIQUE : LETTRE AUX CONSEILLERS DU SPF
Cest à mon initiative, après accord de Pierre Staël et de Claude Mandry, que je vous adresse ce courrier, surpris et quelque peu dépité par le vote du Conseil du SPF du 10.11 qui sest soldé par un résultat nul, mais également par le constat dun défaut de communication entre les effecteurs du Syndicat et leurs conseillers. En outre, je sais dexpérience quune négociation de nomenclature est toujours difficile sur le plan tant de la responsabilité que de la charge conflictuelle. Cest pourquoi je souhaite, dune manière qui se voudrait éclairante, apporter mon plein soutien au projet actuel.
- En préambule, je rappellerai divers points qui me semblent pouvoir fixer un cadre à la réflexion :
- Une nomenclature a pour fonction première de décrire et hiérarchiser la pratique, puis de faire correspondre un prix à un acte en tentant de sadapter aux pratiques reconnues en vigueur, et non linverse. Notons cependant que, dans létat actuel, les psychiatres du secteur 1 sont obligés dadapter leur pratique à la nomenclature du fait du montant si dérisoire du CNPsy qui pousse à une dérégulation des pratiques.
Par ailleurs, une nomenclature na pas pour fonction de faire respecter une déontologie ou une éthique, ce rôle étant dévolu à dautres instruments institutionnels.
Du fait même quune nomenclature fixe un prix et qualifie un acte, toute négociation la concernant touche à des enjeux de pouvoir et danalité, naturellement susceptibles dentraîner des réactions violentes quil convient de pouvoir contrôler. Pour tout négociateur en la matière, il sagit surtout dune lourde charge.- Pour le secteur 2, à y regarder de près, lacte unique nexiste pas puisque le praticien a la possibilité de moduler son prix "avec tact et mesure".
- Pour le secteur 1, dans certaines conditions et dans certaines régions, cette modulation existe également, bien que dans une moindre mesure et de manière non superposable au secteur 2, par lintermédiaire du DE, tolérance qui reste à lappréciation des Caisses et dont la pérennité nest absolument pas garantie.
- La négociation en cours concerne un projet de lUMESPE, branche Spécialistes de la CSMF à laquelle SPF et SNPP adhèrent. On peut le regretter ou sen réjouir mais il nexiste actuellement pas dautre solution institutionnelle de correspondants ayant accès aux tables de négociation. Le regroupement de lensemble des spécialistes dans ce projet peut, nous le verrons, apparaître finalement comme un avantage pour nous les psychiatres car, du fait de notre retard actuel, cela entraînerait mécaniqueament une revalorisation substantielle de nos honoraires.
- Historiquement, la refonte en cours de la nomenclature sinscrit dans la logique du plan Juppé, et la CNAM sest tournée vers les Fédérations scientifiques pour en élaborer la trame. Cest ainsi que la FFP a envoyé trois experts : un pour la consultation (P. Staël) et deux pour les actes techniques (R. Misès et moi-même), tous trois membres de lAFP (qui adhère à la FFP, ce qui ne peut être le cas du SPF). La prévision du pôle Nomenclature de la CNAMTS était alors de 8 à 10 types de consultation par spécialité, nombre ramené ensuite à 6. En ce qui concerne les actes techniques, il ny a eu de modifications que pour les tests et, du fait même de la CNAM, il na jamais été question de reconnaître les psychothérapies comme un acte technique.
En ce qui concerne les consultations, toutes spécialités confondues, cest la CNAM qui, dans un souci gestionnaire évident, a demandé de subdiviser lacte de consultation. Lexpert de la FFP a réussi, non sans énergie ni difficulté, loin sen faut, à défendre une forte spécificité psychiatrique à trois actes, les autres spécialités nétant pas, au départ, acquises à ce principe. Il convient de noter que, sur le plan structurel, la CNAM a imposé que le cadre de cette élaboration se passe en interspécialités (aucune spécialité ne pouvant défendre seule sa position) afin de maintenir une équité de rémunération de lune à lautre. Ce travail des sociétés savantes est terminé depuis près dun an. Nous nen avons pas pu en rendre compte car il sagissait dun travail officiel de la FFP, et non de lAFP ni du SPF, mais la question a été débattue lors du Conseil du 30 juin (cf. LLPF N° 107) et du Bureau du 15 septembre (cf. LLPF N° 108).- Parallèlement, bien que plus tardivement, les Fédérations syndicales (au sein du G7 auquel adhère lUMESPE) élaborent leur projet de négociations globales sur les consultations dont laboutissement est prévu pour juin ou septembre 2002 :
Ce projet est un projet de négociation "en bloc", toutes spécialités confondues. Nous en sommes à la dernière étape de la hiérarchie des consultations qui ne sera plus négociable ensuite : il est impératif que les transactions avec lUMESPE se fassent maintenant puisque sa réunion de bilan est proche, en sachant que, là comme à la CNAM, chaque spécialité a des positions ambivalentes par rapport aux autres puisquil faut soctroyer les parts dun marché économiquement fermé ou, en tout cas, fortement contrôlé, notamment en période de récession et après les échéances électorales. Jinsiste cependant sur le fait que la date du monnayage définitif des lettres clefs ne se fera quen fin de parcours.
- projet dabandon du secteur 2 ;
- demande de fortes hausses des honoraires (mais ceux-ci ne seront fixés quen fin de négociation) pouvant entraîner cependant labandon par les Caisses du paiement dune partie des cotisations URSSAF du secteur 1 ;
- certaines spécialités auraient accepté jusquà douze consultations distinctes ; pour notre part, nous proposons dune part une consultation, théorique et rare (C2) et, dautre part, trois consultations courantes au même niveau de rémunération (C3) ;
- possibilités de fortes pressions sur les politiques, compte tenu des prochaines échéances présidentielles et des législatives.
- Dans ces conditions, lacte C2 (espéré à environ 60 €) devrait succéder au CS : il est lacte de référence interspécialités, élément transactionnel de base. La fréquence de la cotation de ces C2 par les psychiatres ne fait pas partie de la négociation mais, étant donné son libellé restrictif, celle-ci devrait être faible. Dans son libellé actuel, il sagit dun acte de suivi essentiellement prescriptif sans spécificité psychothérapique autre que celle de toute prescription médicale non psychiatrique. Si cet acte prescriptif peut être critiqué (car douteux sur le plan déontologique quand il ne saccompagne pas dune autre démarche psychothérapique ou médico-sociale), il est aussi reconnu par les Caisses et par les autres spécialités comme existant réellement dans les faits, et il convient ici de rappeler que la nomenclature na pas pour fonction de combattre ou de juger les modalités de pratique.
Par ailleurs, et sans que cela puisse paraître critiquable, cet acte pourrait avoir un intérêt non négligeable dans le cas des doubles prises en charge où la brièveté de lacte de prescription peut, parfois, être garante dune bonne pratique.
Enfin et surtout, la reconnaissance de ces actes brefs cotés C2 permet de faire reconnaître les trois autres cotés C3 (représentant en fait lacte unique) très majoritairement utilisés.
En bref, laccord sur le C2 est le passage obligé pour faire reconnaître les trois actes en C3 qui se justifient essentiellement par la longueur de la consultation. Lérosion actuelle de la valeur du CNPsy est lillustration de notre isolement par rapport aux actes de consultation des autres spécialités. Il nous a été pratiquement et épistémologiquement impossible de faire passer une dimension essentiellement subjective et qualitative dans une surcotation pour laquelle les payeurs exigeaient une justification quantitative et objectivable, voire de résultat. Certes, lidéal aurait été douvrir le secteur 2 à tous les psychiatres : espoir impossible sans révolution politique (plus quincertaine). Dans cette même recherche didéal, peut-être pourrait-on trouver une nouvelle voie pour un DE amélioré ?
Enfin, je préciserai que, outre les membres de notre bureau qui ont été informés au fur et à mesure de toutes les options prises, le SNPP et son association scientifique ont été associés à toutes ces démarches spécifiques du SPF, et quil nexiste pas de différence tactique ou stratégique entre eux et nous, sauf quils nont pas encore fait voter leur propre Conseil et que le dernier vote du nôtre, le 10.11 (dont ils ont été amplement informés par la FFP), les ennuie fortement.
Quant à la démarche qui consisterait à ne demander quun acte forfaitaire, majorable dans certaines conditions, elle sinscrirait à lopposé de toutes les transactions de lUMESPE mais elle reste possible : comme tout forfait décliné sans précision, il est vendu très cher par les Caisses, cest-à-dire comme un acte peu valorisé au plan financier (comme en témoigne le CNPsy actuel).Pour conclure, en espérant vous avoir éclairés, jinsisterai sur quatre points concernant ce choix décisif :
- il y va de lavenir de la pratique psychiatrique libérale ;
- il y va de lavenir du Syndicat, et les actings ne sont pas de mise ;
- la politique de "la chaise vide" signerait dautant plus notre perte quil y a très peu de personnes volontaires "au front" ;
- le C2 est lassise de notre futur "acte unique", le C3.
François KAMMERER
Vice-Président SPF3. OXYMORON OU ANNULATION
Mon cher Kammerer,
Laissez-moi tout dabord vous remercier : vous êtes le seul à avoir amené dans un débat qui samorce des éléments précis dinformation et de réflexion. Mais comment ne pas déplorer que ces informations naient pas été données à chacun dès votre désignation par la FFP ? Il nen reste pas moins quil est totalement incompréhensible que, membre de lAFP, vous ayez tenu ses conseillers à lécart des questions en cours, surtout lorsque l" expert " est désigné parce quil a des "responsabilités syndicales". Notre absence de formation politique se fait douloureusement ressentir puisque nous ne pouvons être entendus quau titre dune représentativité la plus large possible. Ce qui suppose encore une fois un débat dans lensemble de la profession.
Vous faites état du retard des psychiatres dans les négociations entre spécialistes au sein de lUMESPE, qui serait le seul espace de discussion entre spécialistes, dans lespoir que la CNAM en fera son interlocuteur : pourquoi avons-nous donc tant tardé, si ce nest faute dinformations ? Pour des questions aussi essentielles, il faut une large information, le temps de la réflexion collective, avant celui de conclure, le seul pourtant dont lurgence apparaisse aujourdhui. La revendication de revalorisation financière est légitime, ce pourquoi nous sommes responsables de son échec comme de son succès. Or une argumentation en elle-même contradictoire ne peut que porter atteinte au crédit dont nous espérons être honorés. Il ne me paraît pas possible et de proclamer que tout acte psychiatrique est nécessairement psychothérapique, et de prétendre à un acte minoré pour "évaluation détat clinique", aussitôt redémenti par lidée de "notion théorique dans le cadre de notre pratique". Je pense pour ma part quune nomenclature a essentiellement pour but de désigner un ensemble de termes classificateurs (cf. le Robert) ; que de ce fait elle est par essence destinée à codifier puis à chiffrer. Ceci est déjà, en soi, tout à fait idéologique. Elle suppose demblée lexistence dactes techniques distincts et par nature quantifiables. Il me semble que, dans notre pratique, seule la rédaction graphique dune ordonnance, ou la mesure de la tension artérielle, correspondent à une telle définition. Il me faut bien confesser que lusage "avec tact et mesure" dhonoraires différents (dont jai la pratique) ne vise pas à rétribuer des actes que jaurais jugés de natures différentes, mais à prendre en compte la disparité de revenu et de remboursement de chacun de mes patients, au regard de lunicité de lacte.
Quant au secteur 1, je vous rappelle que le DE est référé lui aussi au patient et non à lacte, par lintermédiaire de "ses exigences particulières" dont nous avons bien vu dans la discussion du 10 novembre quelle ne concernait en fait que les horaires. Que la CNAM demande la subdivision de lacte de consultation, peut ne pas troubler des médecins spécialistes qui se voient peut-être depuis longtemps autant référés à un organe que prestataires de service, et qui sont par ailleurs pourvus dun large plateau technique. Mais il faut bien que soit reconnue lindivision de lindividu, corps toujours possible à découper mais totalement humain dêtre affecté du langage. Ceci se traduit pour nous par la nécessité de faire reconnaître que notre acte est un colloque singulier dont lidentité est précisément lunité. Si on ne peut penser être compris de nos confrères, par ailleurs tous rivaux, peut-être est-il encore possible de soutenir que nous sommes à la fois impensables et indispensables. Linterspécialité ne pose probablement aucun problème particulier à nos confrères représentant chacun des organes du corps, qui ne manquent pas davoir entre eux bien des connexions. " Limposition structurelle " quen fait la CNAM constitue soit un problème théorique ardu connu sous le nom de psychosomatique, soit le déni positivé du psychisme.
Quant aux consultations proprement dites, jaimerais que soit explicitée leur place au regard de la question de la nomenclature et des actes et par exemple comprendre ce quil en est des douze consultations distinctes de certaines spécialités. Encore une fois, je ne peux admettre une consultation "théorique et rare" de valeur inférieure. Vous nous dites que les caisses et les autres spécialités ont reconnu pour nous un "acte de suivi essentiellement prescriptif sans spécificité psychothérapique autre que celle de toute prescription médicale non psychiatrique". Nest-ce pas déjà souligner le choix idéologique dune quantification objectalisante qui serait garante de léquité alors quelle nest que méconnaissance pseudoscientifique de ce qui ne peut se réduire au chiffre ? Par ailleurs, comme je lai déjà écrit à Pierre Staël, lacceptation dun acte minoré nest jamais la contrepartie de lobtention des trois actes majorés mais un ppcm pour ceux qui "exigent une justification quantitative et objectivable". Tout est là et il eût fallu en débattre dès le départ.
La folie, le propre de lhumain, a dabord trouvé à se loger dans la religion ; elle nest entrée dans la médecine quà partir de Pinel. Je vous rappelle que le mot même de "psychiatrie" est apparu dans la langue française quatre ans après la loi de 1838 et que cest seulement au début du XXe siècle que ce mot a pris le sens que nous lui connaissons par différenciation avec la psychanalyse. Cest seulement en 1968 que lUniversité, lHôpital et le Conseil de lOrdre ont entériné son autonomie. Et seule la CNAM na pas pris acte de la pratique qui est la nôtre, puisquelle a maintenu avec la neurologie lunicité des tarifs et des lettres clés. Pour elle, qui a en charge le coût des soins, la pure quantification lui paraît certainement résoudre tous ses problèmes et sinsérer dans lair du temps en utilisant à la fois le scientisme ambiant qui nest pas la science et loutil puissant quest lordinateur (qui, malgré toutes ses capacités, vous appelle probablement "Francois", bien quil écrive en "francais"). Les "7 100 actes hiérarchisés par 1 000 experts" (?) ne vous évoquent-ils pas, dans leur progression exponentielle, la multiplication iatrogène des TPM américains et leurs conséquences juridiques ? Dans la pratique, après lutilisation généralisée de la Carte Vitale 2, le médecin étant payé par la Caisse, les conflits à tous niveaux pourraient bien être légion. Comment le médecin sera-t-il payé sil y a contestation de la part dun des partenaires sur un échiquier aussi vaste (cf. les délais et les erreurs pour la CMU) ? La médecine na-t-elle pas le plus grand intérêt à maintenir en son sein une psychiatrie qui fait contrepoids à son morcellement même ? Elle ne répond plus par le colloque singulier de la nature de la question que lui pose le patient, le poussant ainsi vers lusage des charlatanismes qui, eux, la prennent en compte. On voit apparaître le problème des "psychothérapies".
La politique de la chaise vide est certes toujours la plus mauvaise. Et cest hélas à notre insu celle que nous avons appliquée, en manquant au niveau de lensemble de la profession le débat essentiel que pose la question de la nomenclature. Cest pourquoi je ne peux admettre que le travail des sociétés savantes soit "terminé depuis près dun an", sans quil nous en soit rendu compte réellement(1). Et cest bien parce que cest lavenir de la pratique psychiatrique libérale et des deux millions de patients quelle traite qui est en jeu quil nest pas possible descamoter un réel débat en assemblée générale.
Lextrême importance de ces questions néchappera pas à lUMESPE qui pourra toujours, vu la gravité de notre situation syndicale, reporter ou compléter sa réunion de bilan.
Bien confraternellement,
Françoise CORET
Strasbourg(1) Quelques demi-lignes sur les 29 pages de la Lettre 107 en septembre 2001 dernier et, dans la Lettre 108 doctobre, une allusion faisant état de " lobtention de quelques améliorations " dans les discussions avec lUMESPE.
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Comité d'Action Syndical en Psychiatrie (CASP)
Union Syndicale de la Psychiatrie - Syndicat des Psychiatres Français -
Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux - Syndicat National des Psychiatres Privés -
Syndicat des Médecins Psychiatres des Organismes Publics, Semi-Publics et Privés -
Syndicat Universitaire de PsychiatrieSUCCÈS AUX ÉLECTIONS !
Le renouvellement des représentants des PH à Temps partiel à la Commission Paritaire Régionale dÎle-de-France compétente pour les Praticiens Hospitaliers à Temps partiel a donné lieu à élection, le 7 décembre 2001. Cette Commission est sollicitée pour les nominations et les mutations, ainsi quen cas de demande de non-renouvellement quinquennal. Ce dernier point devient caduc du fait du vote par lAssemblée Nationale, le 6 décembre, de labrogation du quinquennat, obtenue de haute lutte par le mouvement des Temps partiel lancé au printemps 2000, à linitiative du CASP.
Pour ces élections :
- 475 praticiens étaient appelés à voter,
- 294 se sont exprimés, soit 62 %, dont 6 bulletins nuls.
Sur les 288 suffrages ainsi exprimés :
- 175, soit 60 % des voix, ont voté pour la liste du CASP menée par Paul Machto,
- 115 pour la liste de lIDEP menée par Hélène Demange-Pélissier.
Ainsi la liste CASP a obtenu 3 postes sur 4.
Vos représentants à la Commission Paritaire dIle-de-France sont donc :
Titulaires Suppléants USP/CASP : M. Dr Paul MACHTO (Ville-Évrard)
SPF/CASP : M. Dr Patrick SANANÈS (Coulommiers)
SPH/CASP : Mme Dr Bernadette DAGUET (Melun)
IDEP : Mme Dr Hélène DEMANGE-PÉLISSIER (Villejuif)M. Dr Vincent PERDIGON (Esquirol)
Mme Dr Sophie CHRISTOPHE (Villejuif)
Mme Dr Dominique SOYRIS (Montesson)
M. Dr Frédéric MICHEL (Gonesse)
Ce succès de la liste du CASP témoigne de la stratégie dunion syndicale soutenue par les collègues, mais aussi de la reconnaissance du travail efficace développé au cours des dernières années et de lengagement réel dans laction pour faire aboutir nos revendications.
- Ce succès va nous conforter dans notre représentativité auprès du ministère pour poursuivre la lutte, notamment sur :
- le calcul de notre rémunération au prorata temporis,
- lattribution de la prime dexercice public.
- Quant à :
qui ont été acquises, il nous faut rester vigilants jusquà leurs applications concrètes.
- labrogation du quinquennat,
- la reprise dancienneté pour les fonctions de vacataires de lextra-hospitalier,
- la protection sociale,
Cest avec grand plaisir que je remercie ici, au nom des collègues de notre liste, toutes celles et tous ceux qui nous ont soutenus.
Paul MACHTO
Ville-Évrard
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TRIBUNE LIBRE
André MONGEAU
Merci douvrir une Tribune libre. Sans doute serait-ce plus aux jeunes confrères quà moi de sexprimer (je suis près de la retraite). Ils ont plus de raisons de vouloir un rétablissement de la psychiatrie. Mais je tiens surtout à exprimer mon pessimisme. Dans le même numéro en effet où vous proposez cette liberté dexpression, les lecteurs sont fortement dissuadés dévaluer la théorie psychanalytique et la (les ?) pratique(s) de secteur. Quoi de mieux pour cela que de caricaturer les biologistes ? Mais eux au moins cherchent, remettent leurs résultats en question et proposent de nouvelles idées. On peut certes légitimement sinquiéter de ce qui pourrait se faire, ou de ce qui se fait déjà, au nom du progrès scientifique le plus dur, mais il faudrait aussi vouloir questionner labsence douverture.
Je rapporterai quant à moi cette (auto-)censure de la pullulation des DSM, QCM et autres questionnaires dévaluation. Pour être à-théoriques, à supposer quelles le soient, ces méthodes dapproche de la maladie mentale (ou de la souffrance psychique) sont surtout loccasion de ne pas réfléchir à la pensée et à la rencontre entre les hommes. Sans doute est-ce un fait social actuel et sans doute ne faut-il pas chercher dautres causes aux révoltes qui éclatent partout en ce moment. Le succès qui vous étonne de ces pratiques me semble être un effet de pouvoir, exercé à travers des machines plutôt que par le charisme des maîtres. Jen soupçonne dadopter de tels réductionnismes et dinvoquer en même temps les grandes figures du freudisme et de Saint-Alban, tout en sen remettant à dautres pour le plus difficile de notre profession : il ne vous a pas échappé comme à moi que la gravité des pathologies (ou des souffrances) est traitée en proportion inverse des compétences officielles ou des supposés-sachant.
Espérant que les remises en question de notre profession ne soient pas que des parades à lapproche des élections, je vous prie...
A. M.
Rochefort-sur-MerClaude LEROY
Je prends la suite de larticle de B. Jolivet sur le thème Psychiatrie ET santé mentale (cf. N° 110). Linfortune de la "santé mentale" en France provient du fait quil nexiste quun seul mot en français, santé, là où langlais distingue health et care. La prévention en santé mentale est évidemment laffaire de chaque citoyen. Pas plus que pour lenvironnement, il nest possible de définir une politique globale de santé mentale, puisquelle définit un état déquilibre (instable) entre le sujet et son milieu informationnel et affectif en fonction de ses gènes et de son histoire. Par contre, il est assez facile de définir les valeurs que doit soutenir une politique de santé mentale en marquant un point omega (utopique) dont devrait se rapprocher la société (tels la démocratie, la citoyenneté, la dignité, lidentité, le respect dautrui et la tolérance, entre autres), bref une société à référence anthropologique. Quil sagisse de léducation, du travail, du vieillissement, des migrations, de la famille ou des institutions..., il y faut une politique responsabilisant chaque sujet vis-à-vis dautrui. Mais, pour être un bon citoyen, il vaut mieux " être bien dans sa peau " et la boucle sociale peut alors fonctionner.
C. L.
Président dHonneur de la LFSM
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MISE SUR LE MARCHÉ DE L'ARIPIPRAZOLE
Bristol-Myers Squibb Company et Otsuka Pharmaceutical Company Ltd. viennent dannoncer la soumission dune demande dautorisation de mise sur le marché (AMM) auprès de lAgence Européenne du médicament (EMEA) pour laripiprazole, nouveau médicament en cours dévaluation dans le traitement de la schizophrénie. Sil est approuvé, il deviendra le chef de file de la prochaine génération " dantipsychotiques atypiques ".
Daprès des éléments fournis par BMS, le dossier denregistrement repose sur un vaste programme de développement clinique réalisé à léchelle mondiale. Dans les études déjà faites, laripiprazole a montré une amélioration des symptômes de la schizophrénie statistiquement significative comparée au placebo. Il est également soumis à des études pour déterminer son éventuelle utilité dans dautres troubles psychiatriques, notamment dans les troubles psychotiques de la maladie dAlzheimer et dans les troubles bipolaires. Laripiprazole semblerait être doté dun mécanisme daction différent de celui des antipsychotiques disponibles.
Je naurai quun commentaire qui concerne lensemble de la classe pharmaceutique : pourquoi diable les nommer "antipsychotiques" ? Nous navons rien contre les psychotiques ! Alors appelons ces médicaments ANTIPSYCHOSIQUES et, là, nous serons dans le vrai car cest bien contre la maladie que patients et soignants se battent et non contre les malades !
Alain AMAR
Lyon
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LA SCHIZOPHRÉNIE DANS TOUS SES ÉTATS
N° 11 75 250 40 75REIMS,
Jeudi 14, Vendredi 15, Samedi 16 Mars 2002
PROGRAMME
Jeudi 14 mars
9 H - 13 H AVANT-PROPOS, avec la collaboration de :
Jean DALLERY (Lyon), Christophe DHÔTE (Paris), Annie DOUCE (Reims), Jean GARRABE (Paris), Patrick MARTIN (Paris), Pierre-Olivier MATTEI (Paris), Charles PULL (Luxembourg), Frédéric ROUILLON (Paris), Gérard SCHMIT (Reims).14 H 30 - 18 H BIOLOGIE, avec la collaboration de :
Therry d’AMATO (Lyon), Jean-Michel AZORIN (Marseille), Maurice FERRERI (Paris), Gwenolé LOAS (Amiens), Philippe LOEFFEL (Reims), Philippe NUSS (Paris), Jean-Pol TASSIN (Paris).Vendredi 15 mars
9 H - 12 H PSYCHANALYSE, avec la collaboration de :
Jacques-Édouard BARBIER (Reims), Élisabeth CITTI-WARGNY (Reims), Marcel CZERMAK (Paris), Michel DEMANGEAT (Bordeaux), Jean-Richard FREYMANN (Strasbourg), Michel PATRIS (Strasbourg), Christian VASSEUR (Annecy).14 H - 17 H 30 ABORDS FAMILIAUX ET SYSTÉMIQUES, avec la collaboration de :
Jean-Claude BENOÎT (Versailles), Thierry DELCOURT (Reims), Jean-Michel HAVET (Reims), Jacques MIERMONT (Paris), Bernard PRIEUR (Paris), Mattéo SELVINI (Milan).Samedi 16 mars
9 H - 13 H COGNITIONS, avec la collaboration de :
Christine-Vanessa CUERVO (Reims), Jean-Marie DANION (Strasbourg), Marie-Christine HARDY-BAYLE (Paris), Daniel JACQUES (Châlons-en-Champagne), Roland JOUVENT (Paris), Charles-Siegfried PERETTI (Reims), Martial VAN DER LINDEN (Genève), Dawn VELLIGAN (Texas).14 H 30 - 17 H 30 COGNITIVO-COMPORTEMENTALISME, avec la collaboration de :
Jérôme FAVROT (Lausanne), Ovide FONTAINE (Liège), Philippe LEDOUX (Reims), Valentino POMINI (Suisse), Alain RIGAUD (Reims).RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS
Reims Champagne Congrès - Service Résa-Congrès
12 boulevard Général Leclerc - 51100 REIMS
Tél : 03 26 77 44 60 - Fax : 03 26 77 44 47
Comité scientifique : Jacques-Édouard BARBIER - Jean-Michel HAVET - Charles-Siegfried PERETTI - Christian VASSEUR
Comité d’Organisation : Philippe LEDOUX - Élisabeth CITTI-WARGNY
Colloque organisé par : L’Association Française de Psychiatrie (AFP) - L’Association de Recherche et de Soutien de Soins dans le Service de Psychiatrie Adultes du CHU de Reims (ARSPG) - La Société de Psychiatrie de Champagne-Ardenne (SPCA) - L’Association Régionale des Psychiatres pour la Formation (ARDPF) - La Revue « Les Actualités en Psychiatrie »
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« EN PARLER TÔT POUR EN PARLER À TEMPS »
SISM 2002, du 18 au 23 mars
Les membres du Comité dorganisation de la SISM sont heureux de remercier ceux dentre vous qui avez largement participé à la Semaine doctobre 2001. Même si nous navons pas le retour de chacune des 250 manifestions qui se sont tenues à travers la France, les comptes rendus parus dans la presse sont nombreux, et ces échos nous encouragent à poursuivre.
En 2002, la SISM reprend sa place au printemps : du 18 au 23 mars. Au lendemain de la présentation du Plan de santé mentale par le Ministre, et avant les échéances électorales du mois davril, il a paru nécessaire que cette treizième Semaine sinterroge et nous permette dinterroger les décideurs sur :
Le prix de la santé mentale
On a coutume de dire que la santé na pas de prix mais quelle a un coût.
Et la santé mentale ? Elle na pas de prix non seulement parce quelle concerne la qualité de vie de chacun, mais aussi parce quelle concourt à la qualité des relations de tous.
- La prévention ? Quels moyens se donne-t-on, à lécole, au travail, dans la cité, pour rester attentifs aux conséquences des souffrances psychiques ?
- Le soin ? Quels moyens se donne-t-on pour former et sensibiliser les professionnels à lécoute et à léchange ?
- Laccompagnement ? Quels moyens se donne-t-on pour accueillir et soutenir ceux que la souffrance conduit à lisolement, voire à lexclusion ?
Le prix de la santé mentale nous concerne tous : patients, familles, amis, professionnels, élus, décideurs.
Regard de la ligue française pour la santé mentale
De même que la guerre est une chose trop sérieuse pour être dirigée par des militaires, la santé mentale dune société ne peut être dirigée par des psychiatres, même si leur participation à la prévention est absolument nécessaire pour éviter divers pièges dangereux, telle la distinction entre un bien et un mal absolus (qui les définit ?). La démocratie nécessite la confrontation, les conflits et les arbitrages entre les groupes sociaux. Mais chaque conflit a un coût non seulement économique, mais aussi affectif, et des conséquences à court, moyen et long terme pour chaque sujet concerné. Ce sont ces coûts directs et indirects quil faut assumer et quune bonne politique de santé mentale publique pourrait minimiser sans pouvoir les abolir. Il y faut la volonté de chacun. Cest cette voie étroite que la SISM tente de mettre en évidence.
Claude LEROY
Président dHonneur de la LFSM
Comité dOrganisation : Association Française de Psychiatrie (AFP) Association Scientifique Française des Psychiatres du Service Public (AFPP) Centre Collaborateur OMS pour la recherche et la formation en Santé Mentale (CCOMS) Centre National Audiovisuel en Santé Mentale (CNASM) Fédération dAide à la Santé Mentale Croix-Marine (FASM Croix-Marine) Fédération Française de Psychiatrie (FFP) Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-Patients en Psychiatrie (FNAP-Psy) Fondation Santé des Étudiants de France (FSEF) Ligue Française pour la Santé Mentale (LFSM) Société Médicale Balint Union Nationale des Amis et Familles de Malades Mentaux (UNAFAM).
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LAssociation des Psychiatres Libéraux Stéphanois
et lAssociation Française de Psychiatriecoorganisent
le Samedi 27 Avril 2002
à SAINT-ÉTIENNE (Château de Saint-Victor-sur-Loire)une troisième Journée détudes sur le thème
PENSER LA PSYCHOSE " AVEC " :
VIOLENCE ET VIOLENCE PSYCHOTIQUENous sommes parfois confrontés, dans notre pratique clinique quotidienne, à la violence de nos patients. Quelle soit agie, verbalisée ou transférentielle, celle-ci ne laisse personne indifférent, ne serait-ce que par la paralysie des processus de pensée quelle induit.
Benno Rosenberg exposera les différences entre violence et violence psychotique, et tentera de nous aider à comprendre comment nous pouvons récupérer une fonction alpha afin de retrouver la capacité de penser en situation. La violence étant une énergie brute, comment la contenir, la transformer en mots ou la mettre en latence, afin quelle soit reprise dans la suite du traitement puis symbolisée dans laprès-coup ?
Pouvoir penser la violence est aussi indispensable au patient quau thérapeute, qui doit pouvoir résister à la diffraction psychique sans pour autant se voir contraint de passer à lacte, ce qui lui ferait perdre du même coup sa capacité contenante.
Comme dhabitude, cette 3e Journée de "Penser la Psychose..." fera appel à des intervenants de pratiques diverses, infirmiers, internes, psychiatres libéraux qui exposeront leur expérience clinique au contact de la violence dans différents cadres. À la lumière de celle-ci, Benno Rosenberg dira ses perspectives et son écoute de la violence dans la clinique.
Marie-Lise Roux, qui avait inauguré cette série de travaux en mai 2000 sous le titre "Penser la psychose avec Francis Pasche", nous fera à nouveau lhonneur et lamitié de sa présence.
9 H Accueil par le Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre, Présidente de lAPLS. 9 H 15 Allocution douverture par le Dr Christian VASSEUR,
psychiatre, psychanalyste SPP, Président de lAFP.9 H 30 Sous la présidence de Christian VASSEUR :
Exposé de Benno ROSENBERG, psychanalyste, membre titulaire de la SPP :
"Violence et violence psychotique"
Modérateur : Dr Christine LAMOTHE, psychiatre, psychanalyste SPP.11 H Pause 11 H 30 Table ronde et Discussion avec la salle, animées par B. ROSENBERG, C. LAMOTHE, C. VASSEUR. 12 H 30 Déjeuner sur place. 14 H 15 Exposés cliniques :
- "Violence chez une patiente état-limite dans linstitution"
- Dr Stéphane BOYER, psychiatre : " Violence de la première rencontre "
- Sophie DUPEYRAT, Nicole GRATALOUP, Marie VAUCHER, infirmières en psychiatrie :
"Destins de cette violence au cours de lhospitalisation"- "Confrontation à la violence psychotique en pratique libérale"
- Dr Françoise BOURGEOIS, psychiatre,
- Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre
15 H 15 Table ronde et Discussion avec la salle, animées par B. ROSENBERG, C. LAMOTHE, C. VASSEUR. 16 H 30 Clôture des travaux.
Comité dorganisation : Dr Christophe AIMO, Dr Chantal ARTINIAN, Dr Françoise BOURGEOIS, Dr Catherine DELEAGE, Dr Catherine GAUTHEY, Dr Danièle GUILLAUME, Dr Michel MARCON, Dr Philippe MERLEY.
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JOURNÉE DE NICE
CROYANCES ET IDENTITÉJean-Yves FEBEREY
La Provinciale de lAssociation Française de Psychiatrie, le 8 décembre à Nice, sinscrivait dans la continuité de celles de Valence (1997) et dAvignon (1998). Le sujet constituait un pari difficile puisquil interrogeait des notions à cheval sur la psychiatrie et la philosophie, ce que Jean-Pierre Rumen a magistralement évoqué en se référant à luvre de Jean-Toussaint Desanti. Ce philosophe, aussi discret quéminent, aimerait à fréquenter les psychiatres parce quils seraient à leur manière des andacciani di confina, des chemineaux des frontières. En ce qui le concerne, J-P. Rumen dénonce vigoureusement les dérives qui menacent le psychiatre : celle de devenir un officier de santé, celle aussi dêtre dépossédé de la question anthropologique de la folie, non bien sûr quil en soit le maître, mais en tout cas avec dautres le dépositaire et le garant.
"Je ne crois que ce que je pense pouvoir faire croire", la formule place toute la problématique de la croyance sous la dépendance de la figure de lAutre. On rejoint plus loin la psychologie de masse, à propos du militantisme au sein du PCF, lAutre où tu te rassembles, lAutre contre qui tu te rassembles. La notion de symbolico-charnel simpose comme poétique et féconde ; celui-ci nest reconnu que par ceux qui lhabitent et sont concernés par des chaînes de symbolisation. Au lieu du croire, lincroyable peut être cru, ce qui nest évidemment pas sans conséquences pour un parti politique, mais aussi pour une secte ou tout autre groupe. LAutre des racines, lAutre à qui lon sadresse et lAutre diffus sont les trois figures autour desquelles sarticule la croyance. Philosopher, cest empêcher la circularité toujours renaissante et briser les flèches de renforcement du champ symbolique devenues trop compactes. Dans son intervention, Dominique Pringuey a rappelé la place de la phénoménologie dans le champ de la psychiatrie, et ce mystère de la naissance de la philosophie en Grèce.
Christine Lamothe est revenue à la clinique psychanalytique. Du bébé qui hérite dun grand nombre de signes non verbaux qui constituent son noyau identitaire à ladolescent dont le remaniement de lidentité fait vaciller celle de ses parents, les occasions de bugs dans cette construction sont légion... La solidité des identifications primaires constitue les fondations de la "maison" et les événements historiques, familiaux, culturels et dappartenance groupale viendront renforcer lédifice identitaire.
Dans la psychothérapie, le couple patient/thérapeute est lui aussi porteur didentifications et de différenciations. Dans la mesure où personne néchappe aux idéaux collectifs et professionnels, on ne peut espérer purifier totalement cette relation de toute croyance, entendue là comme une défense. En être conscient facilite le décollement salutaire de la fin de la thérapie.
Dans une rencontre qui se voulait surtout orientée vers la pratique avec Joseph Ciccolini, avocat au barreau de Nice, les participants ont pu confronter leurs préoccupations de praticiens de la psychiatrie à celles dun praticien du droit. Souvent, les avocats nattendent quun élément ponctuel dinformation pour faire avancer une situation mais se voient opposer le secret professionnel et le respect de lespace thérapeutique, parfois au détriment des personnes elles-mêmes. Les médecins reconnaissent être sur la défensive, mais la judiciarisation croissante de la société nest pas pour les rassurer ni pour les inciter à prendre des risques, même salvateurs.
Daniel Lemler a présenté une très belle évocation de lexil. De Freud passant le Rhin à Kehl en 1938, à la Bible devenant acte notarial, lopposition entre lidentité par le texte et lidentité par le sol (voire le sang...) demeure fondamentale et pourrait devenir fondatrice, dès lors que le nationalisme serait enfin interprété comme résistance à la reconnaissance de la condition essentielle de lhumain : un exilé, un étranger, un être de passage...
Alain Bihr, philosophe et sociologue, a apporté de précieux éléments de réflexion pour notre pratique. Le traumatisme ordinaire est le résultat de la crise du sens ou de la dépression symbolique qui touchent nos sociétés. De puissants processus de démythification du monde sont à luvre, en même temps que sinstalle une "foire aux sens" où nous pouvons butiner à toutes les croyances et identités du monde... Deux types de personnalité émergent alors, lune "amorphe et fluide", qui saccommode de ce foisonnement et dun " nomadisme identitaire " tant quelle nest pas envahie par langoisse. Cest dailleurs pour sen défendre que dautres adoptent une attitude de crispation identitaire (religieuse, nationale, ethnique) aboutissant à la personnalité autoritaire, dont un des traits est lhétérophobie et ses corollaires de violence. Cette évolution incite le sociologue au pessimisme sur les événements politiques à venir.
Puis, le cinéaste niçois Thierry Lagalla a fait partager des morceaux choisis de son identité en forme de saynètes drôles et absurdes, où le défi spatial part en quenouille et le gentil lapin fuit le méchant chasseur... Autoportrait à la caméra, cette succession de clips revigorants aura été la carte postale signée de Pépina-la-Juste aux "Diables Bleus"*, lutopie en marche à Nice...
J-Y. F.
Nice* Collectif des Diables Bleus, 26, avenue des Diables-Bleus, 06300 Nice
Sites : www.diablesbleus.org
www.dangely.org
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AUTEURS DAGRESSIONS SEXUELLES
Arianne CASANOVA
Une nouvelle conférence de consensus sest tenue les 22 et 23 novembre 2001 à la Salpêtrière sur le thème : "Psychopathologie et traitements actuels des auteurs dagressions sexuelles". Elle était organisée par la Fédération Française de Psychiatrie (FFP) qui sétait donnée pour mission de suivre les directives et la méthodologie de lAgence Nationale dAccréditation et dÉvaluation de la Santé (ANAES), avec le soutien de la Direction Générale de la Santé (DGS) pour traiter de cette question complexe. Il sagit dune nouvelle preuve de lintérêt porté par la FFP aux problèmes de Santé publique liés, ici, au contexte actuel de la délinquance sexuelle.
Quelques chiffres :
- en 1998, 10 563 condamnations ont été prononcées pour agressions sexuelles (dont 1 636 pour viols) ;
- le nombre de détenus qui exécutent une peine pour agressions sexuelles ne cesse daugmenter, pour atteindre 7 101 en janvier 2001 alors quils nétaient quun millier il y a une vingtaine dannées.
Les différentes expertises demandées par les magistrats indiquent quun grand nombre de ces personnes peuvent bénéficier de soins. Ces études chiffrées nous concernent car elles traduisent le plus souvent le versant judiciarisé dune pathologie sous-jacente. Il est alors évident quen terme de santé publique, elles sont à relier aux études faites par certains de nos collègues : le rapport Balier en 95, le rapport Lempérière en 96. Ces travaux ont dailleurs été pris en compte par le législateur et ont permis, dans le cadre de la loi du 17 juin 1998, davancer des propositions, en particulier dans les dispositions relatives au suivi socio-judiciaire, et dans le décret dapplication du 18.05.00 qui concerne les médecins coordonnateurs.
Pour mémoire, le suivi socio-judiciaire concerne des "mesures de surveillance et dassistance destinées à prévenir la récidive ", et il " peut comprendre une injonction de soins", ce qui peut se lire de la manière suivante : désormais la dimension du soin peut être associée à la sanction qui prend en compte la psychopathologie du sujet et non plus uniquement sa dimension sociale. Le législateur a peut-être, ici, pris un pas davance sur la reconnaissance faite par les professionnels de santé.
Aussi, cette rencontre de consensus est très importante en ce quelle permet aux praticiens de sinformer, de se former, tout en poursuivant leffort de clarification de ce lien particulièrement complexe de la psychiatrie et de la justice, lien qui est de fait amorcé depuis plus dun siècle et demi avec la loi de 1838.
Les travaux de trente experts ont été présentés, portant témoignage dun état des lieux complet sur les connaissances françaises qui avaient été confrontées aux aspects cliniques reconnus par les collègues étrangers. Cette démarche, habituelle dans le cadre de lANAES, a été soutenue par des invités belges et canadiens qui ont fourni des données internationales, relayées par une immense recherche bibliographique.
Les recommandations élaborées par le jury seront publiées prochainement ainsi que (par la FFP) un ouvrage très complet qui permettra de retrouver les interventions et la bibliographie sur les cinq thèmes abordés :
- les champs et limites de la question, traités sous langle de données historiques, épistémologiques et précisant de surcroît la place et lévolution de lexpertise psychiatrique ;
- les caractéristiques des auteurs dagressions sexuelles ;
- le devenir de ces auteurs, et les risques de rechute ;
- les différentes méthodes thérapeutiques, et leur évaluation ;
- enfin, les questions liées aux aspects déontologiques, juridiques, administratifs, pratiques et éthiques contenus dans cette articulation de la justice et de la santé, que le patient soit prévenu, jugé, détenu ou sorti de prison.
Il ne faudrait pas que la psychiatrie passe à côté du traitement de cette souffrance du Sujet ni que, au décours de la mise en place de cette loi, ne se crée un nouveau morcellement de notre spécialité. Cette parcellisation de la psychiatrie risquerait ici de devenir un instrument social avec un risque pour le Sujet. Dans lavenir, il faudrait voir nos collègues investir le dispositif mis en place, avec le projet dy laisser une place prédominante à la clinique.
A. C.
Chilly-Mazarin
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IL NY A PAS DE DISCOURS SANS LECTURE
Ouvrages RÉCEMMENT PARUS
Le freudisme -
Paul-Laurent ASSOUN
PUF, 9 € (59,03 F)Diversité des systèmes de santé occidentaux : lharmonisation impossible ? -
Pierre BARBIER, Serge BONFILS (sous la dir.)
John Libbey Eurotext, 27,44 € (180 F)Des sectes et des sociétés secrètes : reconnaître, se défendre et combattre -
Richard BESSIÈRE
Chiron, 16,77 € (110 F)Psychanalyse et psychiatrie. Demandes et réponses contemporaines -
Jean-Louis CHASSAING (sous la dir.)
Erès (Point hors ligne), 23 € (150,57 F)Lidentité narrative : perspectives critiques et cliniques de la pensée de Paul Ricoeur -
Muriel GILBERT
Labor et Fides, 22,87 € (150 F)Paul Ricoeur, litinéraire du sens -
Jean GREISCH
J. Millon, 32,01 € (209,97 F)Jürgen Habermas : une introduction -
Stéphane HABER
La Découverte (Pocket), 9,30 € (61 F)Les processus dauto-punition en psychologie des névroses et des psychoses, en psychologie criminelle et en pathologie générale -
Angelo HESNARD, René LAFORGUE
LHarmattan, 10,70 € (70,19 F)Psychologie phénoménologique -
Edmund HUSSERL
Vrin, 30 € (196,79 F) (réed.)Ectasy -
Miriam JOSEPH
Lézard, 12,20 € (80 F)La société pure : de Darwin à Hitler -
André PICHOT
Flammarion, 8,69 € (57 F)Le consentement et la recherche épidémiologique
Daniel N. WEISSTUB (sous la dir.)
Léthique de la recherche. 4
LHarmattan, 21,30 € (139,72 F)Anthologie, les grandes questions de la philosophie : de lAntiquité à nos jours -
Marie-Reine MORVILLE (sous la dir.)
Delagrave : Maisonneuve et Larose, 24,39 € (160 F)Les associations des espaces entre utopies et pragmatismes -
Jean-Claude GILLET (sous la dir.)
P. Univ. Bordeaux, 21,50 € (141,03 F)LA SEXUALITÉ INFANTILE ET SES MYTHES
Bergeret (J.), Houser (M.) et al., Dunod (coll. Psychismes), 256 p., 25,92 € (170 F)Monique BYDLOWSKI
Dans cet ouvrage dune grande actualité, les auteurs développent un regard original sur la sexualité infantile et sur les mythes dont elle fait lobjet. Ils adoptent bien le postulat freudien de son importance et de ses conséquences pour la vie affective de ladulte mais ajoutent que, au cours du développement de lenfant, la sexualité ne jouera son rôle organisateur efficient de la personnalité quaprès la nécessaire intégration de plans plus fondamentaux comme ceux du registre narcissique.
- En première partie, une introduction didactique traque au travers des textes de Freud (Les trois essais..., Les nouvelles conférences..., Le mot desprit..., etc.) et de façon exhaustive, le sens des mots sexualité et érotisme. Ensuite, tenant compte des hésitations de Freud lui-même et de ses contemporains, les auteurs arrêtent une définition de la génitalité : lorganisation génitale serait hétéro-érotique, objectale, car atteignant son but sexuel dans un objet sexuel étranger ; elle intégrerait cependant une organisation prégénitale, précédente, narcissique, car trouvant son objet dans le corps propre.
- La deuxième partie du livre est centrée sur une relecture du cas du petit Hans et de sa famille, enrichie de documents nouveaux, les auteurs montrant chez Hans le rôle joué par des fixations aux registres prégénital et narcissique.
- La troisième partie intitulée "Narcissisme et objectalité" reprend et développe des thèmes devenus familiers grâce à Jean Bergeret dont on sait la contribution essentielle à la clinique des états-limites et à celle des troubles narcissiques de la personnalité. Les notations pour la thérapeutique psychologique des dépressions seront particulièrement précieuses pour les praticiens.
Enfin ce nouveau livre de Jean Bergeret, écrit en collaboration avec Josiane Praz et Marcel Houser, sinscrit dans la suite des travaux qui montrent la vitalité de la pensée psychanalytique pour la compréhension de la clinique psychiatrique moderne.
M. B.
Paris
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QUOI DE NEUF DU CÔTÉ DU PMSI ?
Pour qui sonne le glas ? pour nos Pauvres Malades Sauvagement Informatisés ?Alain AMAR
Un dicton de la sagesse populaire affirme que "Quand on aime, on ne compte pas." Il est dès lors logique de déduire : "Quand on compte, on naime pas." Mais pourquoi parler daimer lorsquil est question dévaluer pour moins dépenser ?
Lorsquon compte toujours davantage, la place attribuée aux soins psychiatriques se réduit à vue dil, non sans la complicité avouée de certains dentre nous en mal de reconnaissance se livrant à de multiples expertises, rapports et conseils de tous ordres délivrés à nos gouvernants. Ainsi, certains voudraient voir disparaître la psychiatrie au profit dune vague notion de "santé mentale", concept flou qui confierait la conduite des soins, sous la responsabilité des psychiatres, à des soignants non-médecins. A-t-on déjà vu des centres de santé physique, des centres de santé cardiologique, pneumologique, dermatologique, rhumatologique, etc. ? Pourquoi craindre de nommer les choses par leur nom ? Est-ce ainsi quon rendra service à notre discipline et aux malades ? Le risque est grand de voir la psychiatrie devenir un "machin", comme disait de Gaulle à propos de lONU, un machin où on confondrait allègrement les vrais problèmes médicaux avec des problèmes réels de société pour lesquels nous ne sommes ni compétents ni en situation de pouvoir.
Une telle idéologie que je qualifierais de "munichoise" aboutit à des aberrations ou, pire, à la trahison de la seule cause défendable, celle des malades. Il en est ainsi quand on veut quantifier à tout prix, évaluer à tout prix. La situation devient tragique quand lobjet de la quantification est la souffrance psychique de lêtre humain. Certes, on nous propose des classifications, des échelles (scalomanie, quand tu nous tiens !), mais tout cet appareil supposé mesurer la qualité est tellement réducteur ! Le seul véritable argument en faveur dune évaluation " intelligente " serait déviter une trop grande disparité des moyens alloués à tel ou tel établissement.
La psychiatrie noccuperait-elle quun modeste strapontin dans lappareil de soins et dans lesprit de nos "brillants stratèges" ? En échange de quoi ceux-là mêmes qui se font parfois entendre des pouvoirs publics négligent-ils lintérêt même des patients ? Mon maître Georges Daumézon serait bien malheureux sil vivait encore, et il stigmatiserait de tels agissements avec sa vigueur peu commune.
Mais, gaudeamus ! Réjouissons-nous ! Puisque, à linstar dautres régions "bénies" proclamées pilotes, avec dautres petits "veinards", la région Rhône-Alpes est devenue une région pilote qui se voit infliger linsigne honneur (?) détrenner la nouvelle parure de "lillustre" outil quest le PMSI, habillé de neuf. Nous allons lappliquer avant les autres, quotidiennement pour chaque patient hospitalisé de jour, de nuit, à temps complet, partiel, en CMP, CATTP... Ce malheureux sera traqué dans les moindres recoins du dédale de son parcours thérapeutique..., parcours du combattant souffrant...
Le PMSI a fait peau neuve, il est " allégé " par rapport à la formule initialement expérimentée. Il faut signaler une innovation que je nhésite pas à qualifier dépoustouflante : le RIS-A (Résumé dInformation Standardisé Ambulatoire) devient RIS-E (Externe, au lieu dAmbulatoire) : linnovation est de taille, comme on peut le voir... ! Nous voilà rassurés ! Il est temps de fourbir nos armes pour proposer des innovations à notre tour ! En revanche, tel le canard célébré par Robert Lamoureux, le "bruit de fond institutionnel" est toujours vivant. En sera-t-il de même de loutil PMSI dont on nous dit quil sera appliqué en routine dès 2004 et quune exploitation de létude pilote sera faite en 2006 ou 2007... Quelle est ou quelle peut être la justification du PMSI, sinon la réduction des coûts sous le prétexte dune évaluation des soins ?
Encore une fois (je lavais demandé en dautres circonstances), combien a coûté lélaboration de loutil, combien coûtera létude pilote où chaque dossier sera rémunéré 25 F (je vous laisse faire le calcul en euros) ? Quid du coût de la généralisation programmée ?
O tempora ! O mores ! Tremblons ! Le PMSI nouveau est arrivé ! Où sera livresse ?
A. A.
Membre du Comité dEthique du CHU de Lyon
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REVALORISATION DE MISSIONS
POUR LE BON FONCTIONNEMENT DES SERVICES PUBLICSVoici ci-dessous copie dune demande adressée par le SPF au Ministre Bernard Kouchner, en août 2001 et renouvelée fin décembre car restée alors sans réponse
Denis HEISELBEC
Harald SONTAGMonsieur le Ministre,
À la demande de nombreux confrères libéraux qui constatent que leurs activités auprès des services publics de lEtat ou des collectivités locales (Comités médicaux départementaux, Expertises des fonctionnaires, Expertises judiciaires, Commissions daide sociale, Commission des permis de conduire, etc.) ne sont pas rémunérées comme des salaires mais comme des activités libérales, majorant de ce fait leurs cotisations sociales, nous vous demandons de mettre fin à ce type dinjustice que nous dénonçons depuis de nombreuses années, sans que rien nait jamais été fait malgré le décret N° 200-35 du 17.01.00 portant sur le rattachement de certaines activités au régime général de SS. De plus, le fisc et lUrssaf nappliquent pas non plus les termes de ce décret, ce qui entraîne de nombreux contentieux.
Par ailleurs, nous attirons aussi votre attention sur le montant particulièrement faible des rémunérations correspondantes. En effet, à une époque où le nombre des psychiatres est en voie de diminution, celles-ci ne contribuent pas à décider nos confrères à se consacrer à ces tâches pourtant si importantes pour le fonctionnement des services publics.
Nous vous demandons donc de prendre en compte à la fois la durée et la difficulté de leur travail et le nombre des dossiers traités (pour les Comités médicaux départementaux, par exemple).
Nous vous prions de recevoir...
D. H.
Marseille
H. S.
Strasbourg
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Carissima Céleste
CÉLESTE
Décidément la terrible épidémie qui nous décima et nous rendit, pour un temps, incomestibles, a eu cet effet étrange de nous faire nous préoccuper des psychiatres ; psychiatres qui, malgré le nom de cette terrible maladie, ne pouvaient évidemment rien pour nous. Ce qui nest pas une raison de penser que nous ne pouvons rien pour eux... Donc ta dernière lettre, qui me parle des démêlés de ces psychiatres avec la Caisse Nationale dAssurance Maladie et de la négociation quils ont avec elle sur le remboursement de leurs consultations aux malades, ma fait souvenir dune conversation que jai entendue.
Tu sais que, dans nos contrées, il arrive encore que le psychiatre parle au berger. Voici ce que lun deux contait à mon patron. Il y a bientôt trois décennies, comme tous les quinze jours, il avait vu ses trente malades dans la matinée, après avoir fait comme de coutume trois heures de route apéritives : ce quil fallait pour rejoindre Porto-Vecchio depuis Ajaccio en ce temps-là. Il en verrait autant à Bonifacio laprès- midi avant de repartir pour trois nouvelles heures. Tout cela lui valait la compassion de tous, sauf de son administration. Il avait donc été invité à déjeuner par lassistante sociale avec laquelle il travaillait, qui était comtesse et tenait aussi table dhôte : on voit des choses comme ça dans nos contrées ! Était aussi conviée une amie genevoise de la comtesse, belle femme qui déjeuna les seins nus (il est vrai que cétait en juin et que nous étions dans les îles). Or notre psychiatre se sentit manquer denthousiasme et crut devoir sen excuser auprès de la belle : il lui parla de sa matinée et de la fatigue, et sentendit alors répondre quelle avait un ami psychiatre dans leur capitale helvétique qui limitait le nombre de ses consultations car, commenta-t-elle : "largent nest pas tout". On pouvait la croire car, à considérer le peu quelle avait gardé sur elle, on mesurait quil y avait aussi lor et les diamants... Quant à ce confrère genevois, gageons quil nétait pas assujetti aux tarifs français du secteur 1.
Notre conteur neut pas le courage davouer quil ne percevait pour sa prestation quune fraction de salaire faible et invariante ni quil ne pouvait non plus limiter le nombre de ses consultants car, déjà, ceux-ci croyaient devoir se faire pistonner pour accéder "au docteur" et devoir lhonorer de charcuterie ou de farine de châtaigne, car ils savaient (ou devinaient) eux que, neût été la nécessité, ce mode de pratique avait quelque chose de déshonorant... Il y avait même des Sardes tentant déchapper à la vague basaglienne qui déferlait dans lîle voisine...
La comtesse non plus ne pipa mot. Sans doute était-elle également un peu fatiguée...
Tu me dis quon parle, à la CNAM, de "consultations de réévaluation psychopathologique" où lon ferait un "renouvellement rapide dordonnances", des consultations de base, des "C2" ajoute-t-on. Rien de nouveau sous le soleil donc : cétait bien le type de pratique à laquelle était condamné notre psychiatre conteur mais il y a fort à parier que, après trente ans de lente dégénérescence, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la " Santé mentale " retourne à sa source misérablement charitable. En tout cas, et quoi quon en dise, cette "consultation de base" sera immanquablement létalon sur lequel on mesurera la pratique.
Que penserais-tu, carissima, si on jugeait de notre production sur un lait qui serait basique parce quon laurait mouillé ?
Ti mbraccio. A presto.
Anghjula-Maria
vacca corsa
P.S. : Le psychiatre conteur qui me lit par-dessus les cornes me souffle cet aphorisme quil extrait dun certain Lacan : "Ce quil en subira de contrainte nest pas tant de violence que de principe, la difficulté pour qui fait la sentence nétant pas de ly faire consentir que de la prononcer à sa place" (Kant avec Sade, Écrits, p. 171), car il pense quil pourrait être utile à ceux qui négocient avec la CNAM.
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UNION EUROPÉENNE
La Cour de Justice des Communautés Européennes réaffirme la primauté
du principe de libre prestation de service en matière médicaleDans un arrêté du 28.04.98, la Cour de Luxembourg avait été interpellée par des citoyens européens qui désiraient se faire soigner en dehors de leur État dorigine (Luxembourg) et elle avait décidé quil ny avait pas besoin dautorisation préalable pour que ces soins puissent être dispensés. Dans un arrêt du 12.07.01, la Cour estime que la mise en place dun système dautorisation préalable est une mesure nécessaire et raisonnable lorsquil sagit dune hospitalisation car, dit-elle, "sans cette garantie, tout leffort de planification hospitalière destiné à garantir une offre de soins rationalisée, stable, équilibrée et accessible, sen trouverait compromis". Lorsquil sagit de traitements non dispensés dans lÉtat daffiliation ou de traitements présentant le même degré defficacité mais ne pouvant être obtenus en temps opportun auprès dun établissement situé dans lÉtat daffiliation, elle estime que cette autorisation ne peut non plus être refusée. Elle en conclut quil existe, pour le moment, une obligation financière destinée à rendre effective la libre prestation de service qui serait payée par lassurance maladie de lÉtat dont relève lassuré. En cas de différence importante, celle-ci devrait être prise en charge par lassurance maladie de lassuré.
Cette disposition pourra permettre des prises en charge en psychiatrie, surtout dans les pays limitrophes où il existe un déficit de Centres de soins, comme pour lautisme dans le Nord de la France par rapport à la Belgique, ou pour les examens radiologiques en Allemagne (la France étant malheureusement le plus mauvais élève de la classe européenne, avec un taux de scanners égal à celui de la Grèce).
Harald SONTAG
Strasbourg
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EXPÉRIENCE CLINIQUE : LINDIVIDUEL DANS LE COLLECTIF
PSYCHODRAME PSYCHANALYTIQUE DE GROUPE
Le récit relatant les impressions et le vécu au quotidien dune participante tout au long dun séminaire de psychodrame analytique de groupe (résidentiel, sur cinq jours) organisé par le Ceffrap(1) na pas sa place ici ; on le trouvera dans le N° 4/2001 de PSYCHIATRIE FRANÇAISE : ÉCRITURES.
Ne sont rapportés que deux extraits de ce témoignage qui illustrent la manière dont on peut participer à de tels séminaires. Il sagit de deux moments forts de séance de groupe, artificiellement isolés pour les besoins den faire état ici, sans que ne soient relatés les échanges divers qui, dans le groupe, les avaient précédés ni les préalables qui avaient conduit les participants à mettre en place le jeu psychodramatique joué, pour le premier, avec une analyste-moniteur.
"[...] pour interpréter et communiquer ses propres rêves,
il faut se résigner à paraître lunique scélérat
parmi tant de belles natures qui peuplent la terre."
S. Freud, GW, II/III, 489[ ] Le quatrième jour me marqua particulièrement. Nous nous exprimions les uns et les autres de façon plus directe, et évoquions certains aspects, le plus souvent "graves", de nos vies personnelles. Lune parla de la maladie mortelle de sa fille adolescente. Une autre dit quelle avait été une enfant abandonnée. Un homme parla de ses difficultés de vie de couple ; un autre de sa peine à comprendre les femmes. Une raconta un attentat terroriste au cours duquel elle avait pu sauver son petit frère. Une autre ses difficultés avec sa mère qui avait été la (sa) maîtresse décole, unique, pour tous les enfants du village. Une exposa ses difficultés à prendre ici la parole, en raison de sa dépression. Une encore sa culpabilité que sa sur schizo se soit suicidée. Une enfin évoqua la façon dont, dans un pays lointain, elle avait pu adopter un petit garçon dont elle soccupait dans une crèche, en décidant de lemmener un soir, et de son souci permanent de savoir si elle était, ou non, une "bonne mère". Son insistance fut telle quà la fois elle fut remise en place, mais aussi que les moniteurs proposèrent den faire un scénario de psychodrame. Lélaboration fut difficile car elle voulut immédiatement jouer le rôle de la mère adoptive, ce qui fut refusé puisquune des règles est de ne pas transposer la réalité. Comme javais manifesté mon réel effroi que de telles conditions dadoption fussent possibles et que, ce faisant, je métais trouvée très critique, méchante et agressive, jacceptai de jouer le rôle de lenfant adoptif. Une autre mère se proposa mais, mystère, les choses navancèrent pas. Or, dans la réunion suivante, laprès-midi, on constata que nos moniteurs navaient encore participé à aucun de nos jeux de psychodrame. La monitrice proposa alors de reprendre le scénario imaginé le matin et de jouer le rôle de la mère adoptive ; elle me demanda si jétais toujours daccord pour être lenfant, et jacceptai. Je dis que javais 10 ans, que je mappelais Martin et lui demandai son nom à elle ; elle répondit "Maman". La scène se joua pour moi dans un état second ; je fus un petit garçon de 10 ans, malheureux, très râleur, agressif, furieux de sentendre traiter de "bâtard" par ses copains qui se moquaient de lui et, ne comprenant pas exactement le sens de linjure, reprochait le tout à sa mère. Celle-ci, attentive, disponible, "contenante" fit sexprimer Martin. À ma grande surprise, je pus avoir un discours denfant totalement désemparé, ne sachant où il en est : cest quoi un bâtard ? pourquoi ses copains se moquent-ils ? qui sont ses parents ? ses vrais parents ? pourquoi est-il différent des autres ? pourquoi a-t-il été abandonné ? parce quon ne laimait pas ? mais pourquoi ? parce que ses parents sont morts ? La mère, patiente, proche, répondit que Martin avait été mis à lorphelinat parce que ses parents qui laimaient navaient pu lélever et que, dans cet orphelinat où travaillaient alors ses parents adoptifs, il les avait en quelque sorte " choisis ", séveillant et manifestant un plaisir particulier lorsquils soccupaient de lui, ce qui les avait amenés à "répondre à sa demande" et à ladopter. Il était leur fils quils aimaient. Martin, partagé entre lincrédulité et un plaisir intense, ne peut y croire, continue à se plaindre de ses copains qui se moquent, qui sont trop méchants, et avec lesquels il ne veut plus jouer..., cela jusquà ce que sa mère lui réplique : "Mais, toi aussi, tu leur dis des vacheries !" Et le moniteur arrête le jeu.
Jai vécu là un moment dune rare intensité, démotion profonde, découvrant en moi un discours ignoré. Celle des participantes qui avait dit la veille avoir été abandonnée dans lenfance déclara que les questions de Martin avaient été les mêmes que les siennes autrefois...
Le cinquième et dernier jour connut dautres moments marquants, mais la journée abrégée, lattente et le désir du retour à nos vies "de tous les jours", limminente dispersion de tous, réduisaient notre implication et perturbaient notre investissement. Pourtant, un jeu me fit comprendre quelque chose de mon histoire : sa vie durant, javais trouvé que mon père homme de devoir sétait peu intéressé à la mienne ; or, peu avant sa mort, quand il eut 83 ans et que bien des épreuves nous avaient marqués lun et lautre, il put se montrer attentif et intéressé. Javais jusqualors pensé quil avait vraiment mis du temps à y réussir mais, là, dans le jeu, je pouvais aussi constater que je métais sans doute mise moi-même dans une position tellement défensive à cet égard quil avait fallu aussi que je sois enfin prête à lécouter... pour quil puisse me parler. Les responsabilités étaient donc partagées, différentes de ce que javais cru, en toute bonne foi. Ce fut pour moi une révélation. Je pus dire aussi comment il avait alors pu disparaître sans que ce fut dramatique pour moi. "Disparaître ?", demanda quelquun ; oui, disparaître seulement, car il restait présent pour moi, son image interne étant restaurée.
Après un recul de quelques mois et de nombreux échanges, je constate que jai pu faire là une expérience particulière de ce qua été mon rapport aux autres et, de façon privilégiée, à la souffrance de certains autres (et quelle part de moi sollicitaient ceux-là ?). Jai aussi découvert des aspects de moi que je ne soupçonnais pas clairement mais qui procédaient de mon histoire et que javais à considérer : quelle attente avais-je, de façon générale, de mes partenaires ? Quelle forme dautorité me faisait réagir dans tel ou tel sens ? Quel groupement de quelques-uns mattirait pour my intégrer ou me faisait méloigner et restreindre mes échanges ? Quel fonctionnement de groupe convenait à mon confort et calmait mon angoisse ? Dans quelle situation, au contraire, devais-je me replier ou réduire ma présence ? Quelle part de mon histoire, le récit de certains mobilisait-il en moi ? A quoi me renvoyait cette rencontre à plusieurs ? Que se passait-il là pour moi danalogue à ce que jai à vivre ordinairement, sans pouvoir y réfléchir ? Que ma donc fait revivre plus ou moins vivement cette pluralité de personnes rassemblées : ma famille, mon enfance, mon histoire ? Et que faisais-je auprès de certains, sinon de tenter de les réparer et de me réparer en même temps ? De massurer de mon droit dexister ? [...].
A. T.
(1) Séminaire de psychodrame analytique de groupe du Ceffrap (3, place Édouard-Renard 75012 Paris), dont voici largumentaire :
" Nos actions de thérapeutes sont avant tout relationnelles. Quelle que soit notre référence théorique, en tant que cliniciens nous sommes en lien avec lautre, le patient, avec ceux auxquels il est lié, avec les établissements et aussi avec les institutions familiales, groupales, institutionnelles qui sont les siens. Dans ces différentes circonstances, notre fonctionnement psychique est fonction, au-delà de notre savoir, de ce que la présence de lautre, des autres, des groupes, mobilise en chacun de nous. Et ces "mouvements" psychiques influent sur le travail clinique immédiat ou lointain. Nous ne leur prêtons pas toujours attention mais, pourtant, ils sont intéressants et utiles à découvrir. Ce travail, qui ne se fait pas spontanément, peut être réalisé dans des situations de recherche aménagées à cet effet.
Ainsi en est-il de certains séminaires résidentiels où des participants (soignants, psychologues, psychiatres, responsables dinstitutions, assistants sociaux) partagent pendant quelques jours une situation de "petit groupe". Là, chacun est mis en position de découvrir ce quil éprouve du fait des autres, du fait de chacun des autres, du fait de la présence dautres groupes en parallèle (comme dans les institutions), du fait aussi de la présence de deux analystes dans chaque "petit groupe".
Ceux-ci ont à poser et à maintenir la rigueur du cadre (lieux, horaires, règles de fonctionnement) et à intervenir pour éclairer quand nécessaire ce qui se passe au cours des séances et qui nest pas immédiatement perçu par les participants.
Dans ces séances sans thème préalable, chacun est invité à sexprimer aussi librement que possible, ce qui permet de découvrir certains des effets que génère la situation. "
Le Ceffrap
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INDEX 2001
I Actualité Professionnelle SPF
II Activités Scientifiques et Culturelles AFP
III Dossiers - Articles de référence Divers
INDEX DES AUTEURS
SA Sibel AGRALI RL Romain LIBERMAN AA Alain AMAR CLL Can-Liem LUONG
ANAES Agence Nationale dAccréditation et dÉvaluation de la Santé PM Paul MACHTO CC Chantal ARTINIAN CM Claude MANDRY JDA Jean-David ATTIA YM Yves MANELA JDB Jacques-David BEIGBEDER RM Roger MISÈS
PB Patrice BERTON AM André MISSENARD SB Sophie BIALEK RMP Robert-Michel PALEM OB Olivier BOITARD CPa Carlos PARADA AB André BROUSSELLE VP Vincent PERDIGON CO Comité dOrganisation RP Roland PFEFFERKORN YC Yannick CANN MP Michel POLAC FC Françoise CORET CPo Christian PORTELLI JYC Jean-Yves COZIC PR Philippe RAPPARD MD Michel DEMANGEAT DR Dominique REYDELLET JTD Jean-Toussaint DESANTI JPR Jean-Pierre RUMEN ME Michel EISELÉ RS Roger SALBREUX
JYF Jean-Yves FEBEREY HSo Harald SONTAG CG Christine GINTZ DS Dominique SOTTY NG Nathalie GISBERT HSt Hubert STOECKLIN DG Danièle GUILLAUME PS Pierre STAËL JMH Jean-Michel HAVET VS Vincent de SWARTE MY Marc HAYAT JT Jacques TEPHANY FH Françoise HÉRITIER ST Serge TISSERON AH Annette HUGUET MV Monique VANIN BJ Bernard JOLIVET CV Christian VASSEUR SDK Simon-Daniel KIPMAN HV Henri VERMOREL CL Christine LAMOTHE MY Michel YVONNEAU
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GRAINS DE SEL PSYCHIATRIQUE
Psychiatrius
Nous voici dotés dun Plan de Santé mentale ministériel. En soi, ce serait une bonne chose. Mais même si des médecins "experts" y ont contribué, cest un plan essentiellement administratif, pour ne pas dire technocratique.
Si le secteur na pas atteint tous ses objectifs, cest précisément parce que lon en a confié la gestion aux directions hospitalières dont les intérêts étaient divergents avec ceux du travail dans la communauté. On parle de façon vague de conseils locaux de santé mentale à mettre en place, mais lon supprime léchelon départemental et on ne parle pas du régional : cest pourtant au niveau des cantons pris en charge par un secteur, du département et de la région que les personnels de santé mentale peuvent envisager de travailler avec les élus. À défaut, si on ajoute les exigences de compatibilité posées entre tous les dispositifs existants, tout le pouvoir est entre les mains de lAgence régionale de lhospitalisation et des autres instances préfectorales. Les soignants ? Quant aux usagers et à leurs familles... Nos Semaines dinformation sur la Santé mentale ne sont pas mentionnées, alors que le Plan prévoit de faire de linformation... Il envisage la spécialisation en psychiatrie des infirmiers donnant des soins psychiatriques, sans dire qui la paiera ni si ceux-ci acquerront ainsi le statut dinfirmier spécialisé.
Les soignants de service public sont invités à cerner "les lieux où il leur faudrait être présents" et à réaliser "un assouplissement des délais de rendez-vous". Il faudrait avant tout déterminer les besoins... René Diatkine disait, il y a bien longtemps, quil était criminel de "dépister" un enfant qui ne pourrait pas être pris en charge dans un délai de moins de trois mois. Or, aujourdhui, les besoins déjà connus ne sont pas convenablement couverts dans la plupart des secteurs. Il ny a donc rien de moins urgent que de dépister les besoins encore latents dans la population, mais dont on sait quils existent dans cette période de crise générale de la société.
Enfin, gloire aux technocrates de la santé, le PMSI psychiatrique sera mis en uvre dans quatre régions pilotes (!). À ce sujet, le médecin-chef dune institution soumise au PMSI général depuis déjà deux ans déclarait : "On pourrait peut-être arrêter, maintenant quils connaissent ce quil en est de notre activité régulière !"
P.
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LES CHEMINS DE LA CONNAISSANCE VOUS CONDUIRONT...
RÉUNIONS ET COLLOQUES
EN FRANCE
FÉVRIER 2002
à NANTES, le 1er : Conférence de la Société Psychanalytique de Paris sur Freud, la part sociale. Renseignements : Dr M. Sanchez-Cardenas, 29 bis rue de la Chézine, 44100 NANTES - Tél & Fax : 02 40 73 50 18 - E.mail : drmsanchezcardenas@wanadoo.fr
à LYON, le 2 : Colloque du Groupe Lyonnais de Psychanalyse sur Psychanalyse dans la Cité, les adolescences et le psychanalyste. Renseignements : GLP, 25 rue Sala, 69002 LYON - Tél : 04 78 38 78 01 - Fax : 04 78 38 78 09
à PARIS, le 2 : Colloque de lAssociation Internationale dHistoire de la Psychanalyse sur La rencontre manquée Freud / Jung. Renseignements : AIHP, 8 rue du Commandant Mouchotte, 75014 PARIS
à PARIS, les 2 et 3 : Week-end de travail du GERPEN sur Lobservation du bébé selon la méthode dEsther Bick. Renseignements : GERPEN - Tél & Fax : 01 45 94 16 30
... MARS 2002
à BOULOGNE-SUR-MER, le 7 : 13e Journée Annuelle du Centre Hospitalier sur Psychiatrie, éthique et droits de lhomme. Renseignements : Dr B. Naili Douaouda - Tél : 03 21 99 30 36 - Fax : 03 21 99 30 58
à PARIS, le 11 : Soirée clinique du Groupe International du Rêve-Éveillé en Psychanalyse sur Transfert et Rêve-Éveillé. Renseignements : GIREP, 80 rue de Vaugirard, 75006 PARIS - Tél & Fax : 01 42 22 75 14 - E.mail : girep@girep.com
à REIMS, du 14 au 16 : LAFP, la Société de Psychiatrie de Champagne-Ardenne co-organisent avec dautres associations un Congrès sur La schizophrénie dans tous ses états. Renseignements : Reims Champagne Congrès, 12 bd Gal Leclerc, 51100 REIMS - Tél : 03 26 77 44 60 - Fax : 03 26 77 44 47 à PAU, les 15 et 16 : Rencontres de la Société Internationale de Psychopathologie de lExpression sur Art-thérapies et personnes âgées. Renseignements : Dr G. Roux, SIPE, 27 rue du Mal Joffre, 64000 PAU - Tél & Fax : 05 59 27 69 74 - E.mail : sipearther@aol.com
à PARIS, les 15 et 16 : XXes Journées dÉtude du Groupe de Recherche sur lAutisme et le Polyhandicap sur Autisme, polyhandicap. Renseignements : GRAP, HJ G. Vacola, 44 quai de la Loire, 75019 PARIS - Tél : 01 42 02 19 19 - Fax : 01 42 02 87 47 - E.mail : georges-vacola@wanadoo.fr
à LYON, le 16 : IIe Colloque de lAssociation Libres Cahiers pour la Psychanalyse sur De lauto-érotisme à luvre. Renseignements : Association LCPP, 2 ter rue Pr Calmette, 69008 LYON - Tél : 04 78 75 08 43
à TOURCOING, le 16 : 3e Colloque de lALEPH sur Effroi, peur, angoisse. Clinique des violences contemporaines. Renseignements : Dr E. Fleury - Tél : 03 20 92 58 42 - E.mail : efleury@libertysurf.fr
à PARIS, le 18 : Conférence de lHôtel de Lamoignon, Le langage des sourds, avec C. Cuxac. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
Partout en France, du 18 au 23 : Semaine dInformation sur la Santé Mentale sur " En parler tôt pour en parler à temps " : le prix de la santé mentale. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr à PARIS, le 21 : Journée dÉtude de lADEP, du CTNERHI sur Expérience subjective du handicap somatique. Renseignements : Mme R. Martinez, CTNERHI, 236 bis rue de Tolbiac, 75013 PARIS - Tél : 01 45 65 59 40 - E.mail : edition.ctn@wanadoo.fr
à PARIS, les 21 et 22 : Séminaires de Génétique. Renseignements : Gpe Hosp. Necker - Enf. Malades, Secteur orange porte 1, Tour Lavoisier, 149 rue de Sèvres, 75743 PARIS CEDEX 15 - Tél : 01 44 49 51 52 - Fax : 01 44 49 51 50
à PARIS, les 21 et 22 : Journées de Formation des Séminaires Psychan. de Paris sur Soulager le jeune de sa souffrance. Renseignements : Mme L. Bailly, Sém. Psychan. de Paris, Allée de Croisilles, 28210 SAINT-LAURENT-LA-GÂTINE - Tél : 01 46 47 66 04 - Fax : 01 46 47 60 66
à CERGY-PONTOISE, le 22 : Journée de la Fédération de Psychiatrie de lHôpital de Pontoise sur Le suicide, les tentatives de suicide et les stratégies de prévention. Renseignements : Dr M. Taleb - Tél : 01 30 75 43 25 - E.mail : taleb@ch-pontoise.fr
... AVRIL 2002
à PARIS, le 6 : Débat du Quatrième Groupe sur le livre de Patrick Miller Le psychanalyste pendant la séance. Renseignements : Dr G. Lévy, 4 rue Dante, 75005 PARIS - Tél : 01 46 34 59 74 - Fax : 01 43 54 31 45
à BÉZIERS, les 25 et 26 : 13es Rencontres Nationales de Périnatalité sur Au-delà de lamour maternel Renseignements : Mme Badiola Tél : 04 67 49 87 05
à SAINT-VICTOR-SUR-LOIRE, le 27 : Journée AFP/ Ass. des Psychiatres Libéraux Stéphanois sur Penser la psychose " avec " : violence et violence psychotique. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr ... MAI 2002
à STRASBOURG, les 3 et 4 : XXXVe Congrès National de lUNAFAM sur De lHôpital vers la cité, à la recherche des chaînons manquants. Renseignements : UNAFAM, Congrès 2002, 34 route de la Fédération, 67100 STRASBOURG - Tél & Fax : 03 88 65 96 40
à ANNECY, du 8 au 12 : 31es Journées franco-suisses pour médecins et soignants sur Formation à la relation soignant-soigné. Renseignements : Journées dAnnecy Ass. Franç. pour la Format. à la relation soignant-soigné, c/o Dr F. Berton, 33 rue Côtes Reverses, 78700 CONFLANS-SAINTE-HONORINE
À LÉTRANGER
FÉVRIER 2002
à MARRAKECH (Maroc), du 18 au 20 : 2es Rencontres Internationales de lAssociation Marocaine des Psychiatres dExercice Privé sur Psychiatries 2002 : nouvelles approches cliniques et transculturelles, réalités pratiques. Renseignements : AMPEP, 75 rue Taha Houcine, Casablanca, Maroc - Tél & Fax : 212-22 49 12 29 E.mail : ampep@psymaroc.ma - Site internet : www.psymaroc.ma
MARS 2002
à BUDAPEST (Hongrie), du 21 au 23 : Conférence Thématique de lAssociation Mondiale de Psychiatrie sur Conséquences psychologiques et psychiatriques de la violence. Renseignements : Blaguss-Volánbusz Congress Bureau, H-1365 BUDAPEST, P.O. Box 706, Hungary - Tél : +36-1 374 7030 - Fax : +36-1 312 1582 - E.mail : pappvid@congress.blavo.hu
MAI 2002
à STOCKHOLM (Suède), du 4 au 8 : 11es Congrès de lAss. Européenne de Psychiatrie sur Psychiatrie, science et humanité européennes dans les soins de santé. Renseignements : AEP, A. Khoury, Strandvejen 171, PO Box 41DK-2900 Hellerup, Copenhage, Danemark - Tél : +45 3946 0510 - Fax : +45 3946 0515 - E.mail : amal@ics.dk
à LA HAVANE (Cuba), du 5 au 8 : Rencontres franco-argentino-cubaines de Psychiatres du Monde et lHôpital psychiatrique de la Havane sur Les psychoses : approche psychiatrique, approche psychanalytique. Renseignements : Mme C. Magureanu - Tél : 01 43 74 74 40 - E.mail : corina.m@noos.fr
à DAMAS (Syrie), les 6 et 7 : VIIes Colloque International de psychosomatique sur Psychosomatique : nouvelles perspectives. Renseignements : CIPS, 56 av. Mozart, 75016 PARIS - Tél : 01 42 30 99 41 - Fax : 01 45 20 28 75 - E.mail : c.i.p.s@free.fr - http://cips.free.fr
La Lettre de Psychiatrie Française
147 rue Saint-Martin - 75003 Paris - Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.frEditeur : Association Française de Psychiatrie / Syndicat des Psychiatres Français (A.F.P. / S.P.F.)
Tirage 13.800 ex. - Dépôt légal Janvier 2002- Prix au n° 3 € - Commission Paritaire N° 72689.
Directeur de la publication : Jacques-David Beigbeder - Rédacteurs en chef : Jean-Yves Cozic, Jean-Yves Feberey
Comité de rédaction : Michel Eisele, Michel Gayda, Jean-Michel Havet, Jean-Jacques Kress, Romain Liberman, Claude Nachin, Madeleine Rivière, Pierre Staël, Christian Vasseur.
Secrétaire de rédaction et Régie publicitaire : Annie Triniac
Mise en pages : GRAPHIC WAY, 01 58 04 90 90 - Impression : SAG, Saverne