Editorial

Application du D.E.

Unicité du CNPsy ?

CASP : succès aux élections

AFP
- Tribune libre
- Aripiprazole
- La schizophrénie dans tous ses états
(Reims, mars)

- SISM 2002
- Penser la psychose avec B. Rosenberg
(Saint-Étienne, avril)

- Croyances et Identité (Nice)

Auteurs d’agressions sexuelles

Pas de discours sans lecture

À propos du PMSI

Revalorisation de certaines missions

Céleste

Psychiatrie en Europe

Expérience clinique

Index 2001

Psychiatricus

Chemins de la connaissance

 

" Cent fois sur le métier… "
et Bonne Année !

" … et (comme les enfants) retrouver cette capacité peu commune
de muer en terrain de jeu le pire désert
. "
Michel LEIRIS

Christian VASSEUR

La psychiatrie est née du désir de rencontre et de dialogue avec l’Insensé : elle ne vit et ne vivra qu’en se maintenant dans cette exigence de qualité soignante, l’humanisme médical. Notre désir à l’AFP est de rester une Agora ouverte à tous les psychiatres et à tous les soignants, un lieu de rencontre pour le débat scientifique.

Alors, en ces temps qui n’en finissent pas d’être inquiétants, je souhaite à chacun suffisamment d’amitié, d’amour et de réalisations personnelles pour oser le risque de confronter ses théories et ses pratiques, confrontation sans laquelle toutes nos actions, sociétés savantes et syndicats confondus, resteront aléatoires.

En effet, le temps est venu de rassembler les "États généraux de la Psychiatrie en France".

Nous avons connu, en 1999, les états généraux de la Santé où nous avons été entendus comme témoins-accusés par des tables citoyennes ; à la dérobée ! Il n’y eut aucune confrontation. L’esprit de la rencontre paraissait dominé par des défenses que la brièveté du temps n’a pas permis de dépasser.

Or, depuis des années, SPF et AFP ensemble, nous cherchons (et nous ne sommes ni les premiers, ni les seuls) à étoffer nos relations avec la Société : pouvoirs publics, hommes politiques, associations des amis et des familles de patients, d’ex-patients, etc... Ces nouveaux états généraux, organisés par des psychiatres, nous permettront de déposer un "cahier de doléances" devant l’État :

  • Membres de la Société, nous sommes des témoins particuliers, parfois et malheureusement privilégiés ; à l’extrême, des fusibles. Nous devons évoluer avec elle, mais rien ne nous contraint à évoluer comme elle. L’humanisme médical a aussi un coût. Si nous ne pouvons pas être à nous seuls les sauveurs éperdus de Psyché, nous n’en serons pas les fossoyeurs.
  • Médecins, les découvertes en neurosciences – sur l’appareil cérébral notamment – nous intéressent, mais attention au scientisme ! Que d’exécutions sommaires de Psyché sous couvert d’actualités et de novations !
  • Psychiatres, nous avons beaucoup progressé dans la connaissance de notre ignorance et dans nos inépuisables capacités à nous illusionner. Mais nous avons préservé quelques acquis et appris aussi à mieux comprendre l’appareil psychique individuel et groupal.

Dès lors, en quoi aurions-nous failli et qu’est-ce qui justifierait que l’on se taise au moment où, à travers des mouvements de Société hexagonaux, européens et mondiaux, la psychiatrie est fortement sollicitée par le souci de tous : la Santé mentale ?

Oui, le temps est venu. Depuis quelques semaines, après d’autres pays européens, la France s’est dotée d’un Plan de Santé mentale. Après les craintes suscitées par les projets préliminaires qui étaient marqués par les illusions antipsychiatriques (cf. Basaglia), les utopies freudo-marxistes et le négationnisme des potentialités psychodynamiques (cf. LLPF N° 110, p. 1-2, 11-13), nous découvrons, non pas un nouvel outil de travail ni un projet d’avenir irréaliste ou autre miroir aux alouettes, mais une base de réflexion. Nous avons à y travailler, et les états généraux en seront d’autant plus le lieu que la Commission Européenne de Santé reconnaît à chaque pays, et même à chaque région, le droit (car la nécessité) de définir sa politique de Santé mentale : peut-être pouvons-nous, sans être abusifs, donner notre avis de psychiatres sur cette question en France !

Notre cahier de doléances ne sera pas une liste de plaintes, mais un cahier "des charges" et non "à charge". C’est la raison d’être d’états généraux : une re-fondation. Celle-ci nécessite la participation de toutes les sociétés savantes et scientifiques, des pouvoirs publics, des familles, des patients, des soignants et, au premier chef, du Ministère de la Santé. L’idée n’est pas originale, mais sa mise en acte est devenue nécessaire. Ainsi, j’en ai fait part au Conseil d’administration de la F.FP qui s’est montré d’autant plus intéressé que ses travaux pour le Livre Blanc sont très avancés et qu’ils s’intègreront naturellement dans ce projet.

Le langage poétique de Paul Valéry nous rappelle que : "L’État est un être énorme, terrible, débile. Cyclope d’une puissance et d’une maladresse insignes, enfant monstrueux de la Force et du Droit, qui l’ont engendré de leurs contradictions. Il ne vit que par une foule de petits hommes qui en font mouvoir gauchement les mains et les pieds inertes, et son gros œil de verre ne voit que des centimes ou des milliards." Nous sommes de ces petits hommes aussi ; mais sans plus !

Notre fil rouge sera le fait psychopathologique, sa compréhension et sa prise en charge aujourd’hui afin de dégager des perspectives d’avenir à proposer aux décideurs.

En lien avec cet important projet, la Commission scientifique de l’AFP travaille Autour de la psychose, sujet fondamental de notre discipline. C’est ainsi que :

  • la Provinciale de Reims, en mars : La schizophrénie dans tous ses états, en sera la première étape ;
  • la Provinciale de Saint-Étienne (véritable séminaire de recherche depuis trois ans), en avril : Penser la psychose "avec" ..., en poursuivra l’étude ;
  • l’Européenne de Bruxelles, co-organisée avec l’Union Internationale d’Aide à la Santé Mentale, en novembre : Penser la psychose... accompagner le psychotique, le consolidera en mobilisant les pouvoirs publics européens ;
  • les Nationales, en janvier 2003 : Soigne-t-on encore les psychotiques ? en seront le point d’orgue.

Bien sûr, cet ensemble d’activités scientifiques a aussi vocation à faire entendre à l’État les besoins de la psychiatrie en France.

Utopies ? Non, juste des projets de pères de famille, en toute ordinaire inquiétude et raisonnable espoir pour leur progéniture.

Alors, oui :

" Cent fois sur le métier... "
et Bonne Année !

C. V.
Président AFP

 

 

 

 

Application large du D.E.

En raison du blocage des honoraires des consultations depuis maintenant plus de six ans, l’UMESPE – branche spécialiste de la CSMF à laquelle nous adhérons – lance un mot d’ordre de "large application du D.E." pour les médecins du secteur 1.

Nous rappelons que le D.E., prévu par le règlement minimal conventionnel, est un dépassement d’honoraires qui peut être appliqué en réponse à des exigences particulières de temps et de lieu de la part du patient, notamment en cas de demande :

  • de rendez-vous avant 9 H ou après 18 H (application des 35 heures), ou en cas d’exigence d’un horaire ou d’un moment dans la semaine, de façon précise ;
  • de rendez-vous dans un lieu particulier autre que le cabinet ;
  • de télétransmission, en s’appuyant sur l’argument que les médecins sont conventionnellement tenus "d’offrir" la télétransmission, mais pas obligés de la "donner" (un dépassement d’un euro est alors conseillé).

Nous savons que l’essentiel des D.E. demandés par les psychiatres représente davantage un moyen de faire participer financièrement les patients à leur travail psychothérapique que d’augmenter les honoraires (ce qui n’est pas sans poser problème puisqu’il ne s’agit plus alors d’une exigence de la part du patient mais bien de celle du médecin !).

C’est pour cette raison que toutes les situations offrant théoriquement cette possibilité ne paraissent pas pour autant applicables telles quelles ni automatiquement dans le cadre de notre pratique particulière : le D.E. doit être appliqué avec tact et discernement, en tenant compte de chaque situation individuelle.

Claude MANDRY
Secrétaire Général SPF

Pierre STAËL
Président SPF

 

 

 

 

 

UNICITÉ DU CNPsy ?

DOSSIER

Nous publions ci-dessous trois textes destinés à nourrir nos réflexions sur les discussions en cours (dans le cadre de la refonte de la Nomenclature(1)) à propos de l’éclatement ou non de l’acte CNPsy, chacun des auteurs s’exprimant en son nom personnel.

1. LA COTATION CNPsy RESTE-T-ELLE VIABLE ?
POUR UNE ADAPTATION DES HONORAIRES PSYCHIATRIQUES AUX BESOINS DES PSYCHIATRES ET DE LEURS PATIENTS

DE LA NOMENCLATURE

Coter et hiérarchiser les actes médicaux est devenu une nécessité dès l’apparition des premiers organismes d’assurance maladie, la mise en place de tarifs "opposables" garantissant aux patients l’accès aux soins quels que soient leurs moyens financiers. La première "Convention" en France a été publiée au J.O. du 08.08.30, mentionnant une nomenclature publiée un an plus tard où figuraient déjà le C, le V, et le K. Il s’agissait à l’époque de sauvegarder le paiement à l’acte et d’échapper (déjà !) à la "capitation", sous la pression de la jeune CSMF.

La nomenclature générale des actes médicaux telle qu’elle existe maintenant date de l’ordonnance de Gaulle du 04.10.45 ; le CS et le CNPsy ont été ajoutés en 1960, puis une importante refonte a eu lieu en 1972. Il n’y a eu depuis que peu de modifications, ce qui explique la présence de nombreux actes obsolètes (quoique parfois pratiqués) et la non-prise en charge de techniques plus récentes. La fixation des tarifs médicaux peut être basée sur plusieurs principes :

  • la valeur thérapeutique de l’acte pour le malade, mais sauver une vie serait hors de prix !
  • la loi de l’offre et de la demande, inacceptable pour une assurance ;
  • le coût de production de l’acte par le professionnel qui doit tirer un revenu convenable de la pratique de son art.

C’est le troisième critère qui a prévalu. La hiérarchisation des tarifs des actes doit aussi permettre une certaine justice entre les différentes spécialités. Enfin une nomenclature doit être "neutre", notion très importante qui signifie que le médecin doit pouvoir, devant des méthodes thérapeutiques diverses, choisir celle qui convient au malade sans préjudice pour lui-même, médecin, c’est-à-dire qu’il ne soit pas tenté d’opter pour celle qui lui conviendrait mieux au plan économique mais priverait éventuellement le malade d’une chance.

LA CONSULTATION NEURO-PSYCHIATRIQUE

Créé dans la foulée du CS grâce à un travail de lobbying actif, le CNPsy (qui valait 3C, au départ) concernait essentiellement les neuropsychiatres hospitaliers, souvent neurologues, et les neuropsychiatres de ville, quelques centaines à l’époque. Sa valeur, plus forte que celle du CS (qui valait alors 2C), avait été négociée pour tenir compte de la longueur de l’examen neurologique et psychiatrique. Sa définition : " Consultation au cabinet par le médecin neuro-psychiatre qualifié ", élargie par la suite à " psychiatre qualifié, ou neurologue qualifié " ne fait mention ni du contenu de ladite consultation ni de sa durée. Après la séparation de la neurologie et de la psychiatrie en 1968, le nombre des psychiatres utilisant le CNPsy a crû régulièrement : médecins du cadre des hôpitaux psychiatriques ayant demandé leur qualification et surtout nombreux titulaires de la spécialité formés entre 1970 et 1990, le nombre des psychiatres utilisant la lettre clef étant ainsi passé de quelques centaines à plus de 6 000. Le contenu de ces consultations évoluera aussi, allant de la consultation unique ou rare de diagnostic à des prises en charge globales avec des processus de moyenne ou de longue durée, générant donc des consultations fréquemment répétées.

Au cours de cette période, les arguments de défense syndicale de la valeur de l’acte ont évolué : d’un acte de diagnostic relativement rare mais de haute valeur technique, on passa à un acte diagnostique et thérapeutique dont la valeur était justifiée par sa longueur, son bénéfice thérapeutique propre et un investissement particulièrement important du thérapeute. On chercha à prouver que la psychothérapie était peut-être onéreuse en nombre de consultations, mais aussi génératrice d’économies par une moindre prescription de médicaments ou d’hospitalisations.

ÉVOLUTION DE LA VALEUR DU CNPsy

Au cours des quarante dernières années, la valeur du CNPsy a baissé régulièrement, non en pouvoir d’achat mais par rapport à la consultation du généraliste, passant des 3C initiaux à moins de 2 actuellement (et il en est de même pour le CS). On peut expliquer cette évolution de différentes manières :

  • l’effet Spécialistes : depuis la reconnaissance des spécialistes, les revenus de ces derniers se sont envolés par rapport à ceux des généralistes grâce à un meilleur rendement des actes techniques. Les syndicats horizontaux (les seuls à avoir accès aux négociations) ont donc essentiellement défendu les actes techniques, abandonnant plus ou moins à leur sort les actes de consultation. Lors des dernières négociations conventionnelles de 1995, une vigoureuse réaction du SPF, adossée à un dossier circonstancié, permit pour la première fois de renverser la vapeur et d’obtenir une revalorisation du CNPsy double de celle du CS ; mais ce fut un chant du cygne, le plan Juppé frappant peu après ;
  • l’image des psychiatres aux yeux des autres médecins : au début, beaucoup de psychiatres avaient des occupations salariées complémentaires (souvent mal rémunérés) de leur activité libérale et d’autres étaient censés pratiquer des psychanalyses "hors caisse". Comme, de surcroît, leur travail était réputé moins dur (pas de visites, pas de gardes...), leurs collègues syndiqués des autres spécialités n'avaient pas tendance à appuyer leurs revendications. Un patient travail syndical a inversé cette tendance, mais les rumeurs ont la vie dure !
  • le splendide isolement : il faut ajouter que, très occupés à se définir dans un métier neuf et à en rechercher les spécificités, les psychiatres se sont longtemps peu investis dans la vie syndicale locale et nationale et que, lorsqu’ils le faisaient, ils mettaient souvent en avant des critères éthiques, voire philosophiques, dans un langage réputé compliqué qui ne faisait qu’attiser le scepticisme de confrères plus pragmatiques.

LE DOGME DE L’ACTE UNIQUE

Au cours des trente dernières années, tous les syndicats de psychiatres sans exception ont défendu la notion d’un acte unique, le CNPsy, qui identifie le travail du psychiatre quel que soit le contenu de la séance. Ce concept simple, parfois fétichisé par des théorisations hâtives, a eu de très gros avantages syndicaux mais aussi quelques inconvénients croissants.

Les avantages du CNPsy, acte unique :

  • il est facile à mettre en œuvre tant pour les Caisses que pour les praticiens : nul besoin d’explications sur le contenu, pas de contrôles ni d’évaluations possibles, pas de références au temps passé ;
  • il assure l’identité et la cohésion de la profession ; une demande de revalorisation du CNPsy entraîne l’adhésion de tous les adhérents sans exception ;
  • il évacue la difficile question des psychothérapies, ce qui est vraisemblablement son argument majeur. À la fois serpent de mer et cheval de Troie de la profession, la définition des psychothérapies, de leurs modalités de prise en charge, des risques de limitation et de contrôle par les Caisses, du risque de les partager avec d’autres professionnels, a toujours été un sujet de passions et d’affrontements. La position syndicale confondant acte de consultation psychiatrique et psychothérapie a eu le génie de permettre l’apaisement des conflits et de tenir une ligne de défense efficace face aux Caisses, mais elle ne les a pas protégés de leur extinction progressive à cause de leur sous-cotation... ;
  • il offre une justice apparente : tout en sachant qu’en médecine il y a des consultations courtes ou longues, plus ou moins difficiles, le forfait unique permet une sorte de justice dans le cadre d’une péréquation annuelle des revenus. Cette compensation ne fonctionne toutefois que si tous les praticiens font, dans l’ensemble, le même travail : assumer les urgences, pratiquer des psychothérapies, prescrire des ordonnances, recevoir des familles... Or beaucoup de psychiatres se sont – de fait – spécialisés à la pédopsychiatrie, ou à la psychanalyse, ou à la relaxation, ou au comportementalisme, ou à la psychiatrie de liaison, toutes pratiques dévoreuses de temps qui mettent en question, lorsqu’elles sont prépondérantes, l’équilibre financier du cabinet. Ainsi, certains collègues limitent leur activité dans le domaine même de leur excellence (les enfants, par exemple) car seule la psychiatrie "tout venant" leur permet de survivre.

Les inconvénients du CNPsy, acte unique :

L’inconvénient principal de l’acte unique est son absence de "neutralité", surtout depuis que sa valeur relative a chuté et va finir par se rapprocher de celle du futur CS commun aux généralistes et aux spécialistes. Le psychiatre de secteur 1 (près de 80 % des libéraux, et bien plus à l’avenir) ne pourra plus appliquer l’approche qu’il estime la meilleure pour son patient. Comment pourrait-il proposer une séance de psychanalyse classique, une séance de Gestalt, un entretien familial, une séance d’hypnose..., autrement que de manière très exceptionnelle ? Comment pourrait-il accepter une urgence qui risquerait de faire fuir les clients régulièrement inscrits sur rendez-vous, sans dédommagement ?

En fait, subrepticement, le tournant a déjà été pris. Deux exemples peuvent l’illustrer :

  • la prescription des psychotropes croît exponentiellement chez les psychiatres, alors que ceux-ci étaient jusqu’alors plutôt fiers de ne prescrire que très peu. Peut-on vraiment dire que les progrès de la pharmacopée sont seuls en cause ? Ou bien les psychiatres se découragent-ils devant la lourdeur non rétribuée des prises en charge en profondeur ?
  • les psychiatres français ont " fait la fête " à une certaine lecture des travaux lacaniens justifiant les séances courtes. S’agit-il réellement d’un choix théorique ou technique, ou plutôt d’un choix de nécessité ? Souvenons-nous de cette universitaire analyste qui, dès 1970, conseillait de s’exercer aux séances de vingt minutes pour tenir compte des tarifs de la Sécurité sociale !

Pour survivre, beaucoup de psychiatres s’orientent vers les pratiques les moins inconfortables (prescriptions ou séances, rapprochées mais courtes, de patients connus) et n’osent plus prendre en charge les cas demandant beaucoup de temps : appels de généralistes, urgences, patients lourds, enfants et adolescents... Tout un pan du champ de responsabilité naturelle de la psychiatrie libérale leur échappe au profit du secteur qui n’a plus totalement, pour sa part, les moyens de s’y investir. Voilà où peut mener un blocage de la nomenclature.

VERS QUEL AVENIR ?

Qu’on le veuille ou non, les dépenses de santé évoluent dans le cadre d’enveloppes plus ou moins fermées. Deux solutions, apparemment faciles, sont cependant peu probables actuellement :

  • l’augmentation importante du budget de la santé, et de celui de la psychiatrie libérale en particulier ;
  • la libération des tarifs par la réouverture du secteur 2, politiquement peu concevable.

Sauf à attendre une raréfaction des psychiatres qui serait suffisante pour que les tarifs puissent augmenter à nouveau, il n’est possible d’espérer desserrer cet étau qu’en acceptant d’utiliser les règles actuelles des négociations qui, pour l’essentiel, tiennent en deux points :

  • toute augmentation d’enveloppe ou de tarif doit s’accompagner, en contrepartie, de "mesures structurantes en matière de santé publique ou d’une amélioration du service rendu au patient" ;
  • la nouvelle nomenclature (commune à l’hôpital et au libéral, commune à tous les médecins considérés comme spécialistes) ne rétribuera plus des qualifications acquises mais des actes identifiés, effectués par n’importe quel médecin qui en aura acquis la compétence.

Une occasion de déblocage nous est donnée dans les propositions de rédaction de la nouvelle nomenclature auxquelles certains responsables du SPF ont participé sous l’égide de la Fédération Française de Psychiatre : les consultations psychiatriques pourront être réévaluées, mais pas toutes. Il faudra accepter de ne pas ou peu réévaluer certaines consultations courtes, simples, répétitives, semblables à celles d’autres spécialistes, pour se concentrer sur les consultations qui sont réellement spécifiques de notre art et qui sont justement les plus nombreuses. Les partenaires sociaux sont prêts à les réévaluer lorsqu’elles seront mieux définies.

Le travail syndical ne consiste pas seulement à défendre les avantages acquis d’une génération mais aussi à permettre les évolutions nécessaires au futur.

Michel EISELÉ
Mulhouse

(1) Pour de plus amples informations sur la nouvelle " Classification commune des actes médicaux ", cf. Psychiatrie Française N° 2/01 : Quelles évaluations pour la psychiatrie infanto-juvénile ?, p. 83-88.retour texte

2. PARADOXES ET MÉANDRES D’UNE NÉGOCIATION DE NOMENCLATURE OU LA NÉCESSAIRE PLURALITÉ DE L’ACTE UNIQUE : LETTRE AUX CONSEILLERS DU SPF

C’est à mon initiative, après accord de Pierre Staël et de Claude Mandry, que je vous adresse ce courrier, surpris et quelque peu dépité par le vote du Conseil du SPF du 10.11 qui s’est soldé par un résultat nul, mais également par le constat d’un défaut de communication entre les effecteurs du Syndicat et leurs conseillers. En outre, je sais d’expérience qu’une négociation de nomenclature est toujours difficile sur le plan tant de la responsabilité que de la charge conflictuelle. C’est pourquoi je souhaite, d’une manière qui se voudrait éclairante, apporter mon plein soutien au projet actuel.

  1. En préambule, je rappellerai divers points qui me semblent pouvoir fixer un cadre à la réflexion :
    1. Une nomenclature a pour fonction première de décrire et hiérarchiser la pratique, puis de faire correspondre un prix à un acte en tentant de s’adapter aux pratiques reconnues en vigueur, et non l’inverse. Notons cependant que, dans l’état actuel, les psychiatres du secteur 1 sont obligés d’adapter leur pratique à la nomenclature du fait du montant si dérisoire du CNPsy qui pousse à une dérégulation des pratiques.
      Par ailleurs, une nomenclature n’a pas pour fonction de faire respecter une déontologie ou une éthique, ce rôle étant dévolu à d’autres instruments institutionnels.
      Du fait même qu’une nomenclature fixe un prix et qualifie un acte, toute négociation la concernant touche à des enjeux de pouvoir et d’analité, naturellement susceptibles d’entraîner des réactions violentes qu’il convient de pouvoir contrôler. Pour tout négociateur en la matière, il s’agit surtout d’une lourde charge.
    2. Pour le secteur 2, à y regarder de près, l’acte unique n’existe pas puisque le praticien a la possibilité de moduler son prix "avec tact et mesure".
    3. Pour le secteur 1, dans certaines conditions et dans certaines régions, cette modulation existe également, bien que dans une moindre mesure et de manière non superposable au secteur 2, par l’intermédiaire du DE, tolérance qui reste à l’appréciation des Caisses et dont la pérennité n’est absolument pas garantie.
    4. La négociation en cours concerne un projet de l’UMESPE, branche Spécialistes de la CSMF à laquelle SPF et SNPP adhèrent. On peut le regretter ou s’en réjouir mais il n’existe actuellement pas d’autre solution institutionnelle de correspondants ayant accès aux tables de négociation. Le regroupement de l’ensemble des spécialistes dans ce projet peut, nous le verrons, apparaître finalement comme un avantage pour nous les psychiatres car, du fait de notre retard actuel, cela entraînerait mécaniqueament une revalorisation substantielle de nos honoraires.
  2. Historiquement, la refonte en cours de la nomenclature s’inscrit dans la logique du plan Juppé, et la CNAM s’est tournée vers les Fédérations scientifiques pour en élaborer la trame. C’est ainsi que la FFP a envoyé trois experts : un pour la consultation (P. Staël) et deux pour les actes techniques (R. Misès et moi-même), tous trois membres de l’AFP (qui adhère à la FFP, ce qui ne peut être le cas du SPF). La prévision du pôle Nomenclature de la CNAMTS était alors de 8 à 10 types de consultation par spécialité, nombre ramené ensuite à 6. En ce qui concerne les actes techniques, il n’y a eu de modifications que pour les tests et, du fait même de la CNAM, il n’a jamais été question de reconnaître les psychothérapies comme un acte technique.
    En ce qui concerne les consultations, toutes spécialités confondues, c’est la CNAM qui, dans un souci gestionnaire évident, a demandé de subdiviser l’acte de consultation. L’expert de la FFP a réussi, non sans énergie ni difficulté, loin s’en faut, à défendre une forte spécificité psychiatrique à trois actes, les autres spécialités n’étant pas, au départ, acquises à ce principe. Il convient de noter que, sur le plan structurel, la CNAM a imposé que le cadre de cette élaboration se passe en interspécialités (aucune spécialité ne pouvant défendre seule sa position) afin de maintenir une équité de rémunération de l’une à l’autre. Ce travail des sociétés savantes est terminé depuis près d’un an. Nous n’en avons pas pu en rendre compte car il s’agissait d’un travail officiel de la FFP, et non de l’AFP ni du SPF, mais la question a été débattue lors du Conseil du 30 juin (cf. LLPF N° 107) et du Bureau du 15 septembre (cf. LLPF N° 108).
  3. Parallèlement, bien que plus tardivement, les Fédérations syndicales (au sein du G7 auquel adhère l’UMESPE) élaborent leur projet de négociations globales sur les consultations dont l’aboutissement est prévu pour juin ou septembre 2002 :
    • projet d’abandon du secteur 2 ;
    • demande de fortes hausses des honoraires (mais ceux-ci ne seront fixés qu’en fin de négociation) pouvant entraîner cependant l’abandon par les Caisses du paiement d’une partie des cotisations URSSAF du secteur 1 ;
    • certaines spécialités auraient accepté jusqu’à douze consultations distinctes ; pour notre part, nous proposons d’une part une consultation, théorique et rare (C2) et, d’autre part, trois consultations courantes au même niveau de rémunération (C3) ;
    • possibilités de fortes pressions sur les politiques, compte tenu des prochaines échéances présidentielles et des législatives.
    Ce projet est un projet de négociation "en bloc", toutes spécialités confondues. Nous en sommes à la dernière étape de la hiérarchie des consultations qui ne sera plus négociable ensuite : il est impératif que les transactions avec l’UMESPE se fassent maintenant puisque sa réunion de bilan est proche, en sachant que, là comme à la CNAM, chaque spécialité a des positions ambivalentes par rapport aux autres puisqu’il faut s’octroyer les parts d’un marché économiquement fermé ou, en tout cas, fortement contrôlé, notamment en période de récession et après les échéances électorales. J’insiste cependant sur le fait que la date du monnayage définitif des lettres clefs ne se fera qu’en fin de parcours.
  4. Dans ces conditions, l’acte C2 (espéré à environ 60 €) devrait succéder au CS : il est l’acte de référence interspécialités, élément transactionnel de base. La fréquence de la cotation de ces C2 par les psychiatres ne fait pas partie de la négociation mais, étant donné son libellé restrictif, celle-ci devrait être faible. Dans son libellé actuel, il s’agit d’un acte de suivi essentiellement prescriptif sans spécificité psychothérapique autre que celle de toute prescription médicale non psychiatrique. Si cet acte prescriptif peut être critiqué (car douteux sur le plan déontologique quand il ne s’accompagne pas d’une autre démarche psychothérapique ou médico-sociale), il est aussi reconnu par les Caisses et par les autres spécialités comme existant réellement dans les faits, et il convient ici de rappeler que la nomenclature n’a pas pour fonction de combattre ou de juger les modalités de pratique.
    Par ailleurs, et sans que cela puisse paraître critiquable, cet acte pourrait avoir un intérêt non négligeable dans le cas des doubles prises en charge où la brièveté de l’acte de prescription peut, parfois, être garante d’une bonne pratique.
    Enfin et surtout, la reconnaissance de ces actes brefs cotés C2 permet de faire reconnaître les trois autres cotés C3 (représentant en fait l’acte unique) très majoritairement utilisés.
    En bref, l’accord sur le C2 est le passage obligé pour faire reconnaître les trois actes en C3 qui se justifient essentiellement par la longueur de la consultation. L’érosion actuelle de la valeur du CNPsy est l’illustration de notre isolement par rapport aux actes de consultation des autres spécialités. Il nous a été pratiquement et épistémologiquement impossible de faire passer une dimension essentiellement subjective et qualitative dans une surcotation pour laquelle les payeurs exigeaient une justification quantitative et objectivable, voire de résultat. Certes, l’idéal aurait été d’ouvrir le secteur 2 à tous les psychiatres : espoir impossible sans révolution politique (plus qu’incertaine). Dans cette même recherche d’idéal, peut-être pourrait-on trouver une nouvelle voie pour un DE amélioré ?
    Enfin, je préciserai que, outre les membres de notre bureau qui ont été informés au fur et à mesure de toutes les options prises, le SNPP et son association scientifique ont été associés à toutes ces démarches spécifiques du SPF, et qu’il n’existe pas de différence tactique ou stratégique entre eux et nous, sauf qu’ils n’ont pas encore fait voter leur propre Conseil et que le dernier vote du nôtre, le 10.11 (dont ils ont été amplement informés par la FFP), les ennuie fortement.
    Quant à la démarche qui consisterait à ne demander qu’un acte forfaitaire, majorable dans certaines conditions, elle s’inscrirait à l’opposé de toutes les transactions de l’UMESPE mais elle reste possible : comme tout forfait décliné sans précision, il est vendu très cher par les Caisses, c’est-à-dire comme un acte peu valorisé au plan financier (comme en témoigne le CNPsy actuel).

Pour conclure, en espérant vous avoir éclairés, j’insisterai sur quatre points concernant ce choix décisif :

  • il y va de l’avenir de la pratique psychiatrique libérale ;
  • il y va de l’avenir du Syndicat, et les actings ne sont pas de mise ;
  • la politique de "la chaise vide" signerait d’autant plus notre perte qu’il y a très peu de personnes volontaires "au front" ;
  • le C2 est l’assise de notre futur "acte unique", le C3.

François KAMMERER
Vice-Président SPF

3. OXYMORON OU ANNULATION

Mon cher Kammerer,

Laissez-moi tout d’abord vous remercier : vous êtes le seul à avoir amené dans un débat qui s’amorce des éléments précis d’information et de réflexion. Mais comment ne pas déplorer que ces informations n’aient pas été données à chacun dès votre désignation par la FFP ? Il n’en reste pas moins qu’il est totalement incompréhensible que, membre de l’AFP, vous ayez tenu ses conseillers à l’écart des questions en cours, surtout lorsque l’" expert " est désigné parce qu’il a des "responsabilités syndicales". Notre absence de formation politique se fait douloureusement ressentir puisque nous ne pouvons être entendus qu’au titre d’une représentativité la plus large possible. Ce qui suppose encore une fois un débat dans l’ensemble de la profession.

Vous faites état du retard des psychiatres dans les négociations entre spécialistes au sein de l’UMESPE, qui serait le seul espace de discussion entre spécialistes, dans l’espoir que la CNAM en fera son interlocuteur : pourquoi avons-nous donc tant tardé, si ce n’est faute d’informations ? Pour des questions aussi essentielles, il faut une large information, le temps de la réflexion collective, avant celui de conclure, le seul pourtant dont l’urgence apparaisse aujourd’hui. La revendication de revalorisation financière est légitime, ce pourquoi nous sommes responsables de son échec comme de son succès. Or une argumentation en elle-même contradictoire ne peut que porter atteinte au crédit dont nous espérons être honorés. Il ne me paraît pas possible et de proclamer que tout acte psychiatrique est nécessairement psychothérapique, et de prétendre à un acte minoré pour "évaluation d’état clinique", aussitôt redémenti par l’idée de "notion théorique dans le cadre de notre pratique". Je pense pour ma part qu’une nomenclature a essentiellement pour but de désigner un ensemble de termes classificateurs (cf. le Robert) ; que de ce fait elle est par essence destinée à codifier puis à chiffrer. Ceci est déjà, en soi, tout à fait idéologique. Elle suppose d’emblée l’existence d’actes techniques distincts et par nature quantifiables. Il me semble que, dans notre pratique, seule la rédaction graphique d’une ordonnance, ou la mesure de la tension artérielle, correspondent à une telle définition. Il me faut bien confesser que l’usage "avec tact et mesure" d’honoraires différents (dont j’ai la pratique) ne vise pas à rétribuer des actes que j’aurais jugés de natures différentes, mais à prendre en compte la disparité de revenu et de remboursement de chacun de mes patients, au regard de l’unicité de l’acte.

Quant au secteur 1, je vous rappelle que le DE est référé lui aussi au patient et non à l’acte, par l’intermédiaire de "ses exigences particulières" dont nous avons bien vu dans la discussion du 10 novembre qu’elle ne concernait en fait que les horaires. Que la CNAM demande la subdivision de l’acte de consultation, peut ne pas troubler des médecins spécialistes qui se voient peut-être depuis longtemps autant référés à un organe que prestataires de service, et qui sont par ailleurs pourvus d’un large plateau technique. Mais il faut bien que soit reconnue l’indivision de l’individu, corps toujours possible à découper mais totalement humain d’être affecté du langage. Ceci se traduit pour nous par la nécessité de faire reconnaître que notre acte est un colloque singulier dont l’identité est précisément l’unité. Si on ne peut penser être compris de nos confrères, par ailleurs tous rivaux, peut-être est-il encore possible de soutenir que nous sommes à la fois impensables et indispensables. L’interspécialité ne pose probablement aucun problème particulier à nos confrères représentant chacun des organes du corps, qui ne manquent pas d’avoir entre eux bien des connexions. " L’imposition structurelle " qu’en fait la CNAM constitue soit un problème théorique ardu connu sous le nom de psychosomatique, soit le déni positivé du psychisme.

Quant aux consultations proprement dites, j’aimerais que soit explicitée leur place au regard de la question de la nomenclature et des actes et par exemple comprendre ce qu’il en est des douze consultations distinctes de certaines spécialités. Encore une fois, je ne peux admettre une consultation "théorique et rare" de valeur inférieure. Vous nous dites que les caisses et les autres spécialités ont reconnu pour nous un "acte de suivi essentiellement prescriptif sans spécificité psychothérapique autre que celle de toute prescription médicale non psychiatrique". N’est-ce pas déjà souligner le choix idéologique d’une quantification objectalisante qui serait garante de l’équité alors qu’elle n’est que méconnaissance pseudoscientifique de ce qui ne peut se réduire au chiffre ? Par ailleurs, comme je l’ai déjà écrit à Pierre Staël, l’acceptation d’un acte minoré n’est jamais la contrepartie de l’obtention des trois actes majorés mais un ppcm pour ceux qui "exigent une justification quantitative et objectivable". Tout est là et il eût fallu en débattre dès le départ.

La folie, le propre de l’humain, a d’abord trouvé à se loger dans la religion ; elle n’est entrée dans la médecine qu’à partir de Pinel. Je vous rappelle que le mot même de "psychiatrie" est apparu dans la langue française quatre ans après la loi de 1838 et que c’est seulement au début du XXe siècle que ce mot a pris le sens que nous lui connaissons par différenciation avec la psychanalyse. C’est seulement en 1968 que l’Université, l’Hôpital et le Conseil de l’Ordre ont entériné son autonomie. Et seule la CNAM n’a pas pris acte de la pratique qui est la nôtre, puisqu’elle a maintenu avec la neurologie l’unicité des tarifs et des lettres clés. Pour elle, qui a en charge le coût des soins, la pure quantification lui paraît certainement résoudre tous ses problèmes et s’insérer dans l’air du temps en utilisant à la fois le scientisme ambiant – qui n’est pas la science – et l’outil puissant qu’est l’ordinateur (qui, malgré toutes ses capacités, vous appelle probablement "Francois", bien qu’il écrive en "francais"). Les "7 100 actes hiérarchisés par 1 000 experts" (?) ne vous évoquent-ils pas, dans leur progression exponentielle, la multiplication iatrogène des TPM américains et leurs conséquences juridiques ? Dans la pratique, après l’utilisation généralisée de la Carte Vitale 2, le médecin étant payé par la Caisse, les conflits à tous niveaux pourraient bien être légion. Comment le médecin sera-t-il payé s’il y a contestation de la part d’un des partenaires sur un échiquier aussi vaste (cf. les délais et les erreurs pour la CMU) ? La médecine n’a-t-elle pas le plus grand intérêt à maintenir en son sein une psychiatrie qui fait contrepoids à son morcellement même ? Elle ne répond plus par le colloque singulier de la nature de la question que lui pose le patient, le poussant ainsi vers l’usage des charlatanismes qui, eux, la prennent en compte. On voit apparaître le problème des "psychothérapies".

La politique de la chaise vide est certes toujours la plus mauvaise. Et c’est hélas à notre insu celle que nous avons appliquée, en manquant au niveau de l’ensemble de la profession le débat essentiel que pose la question de la nomenclature. C’est pourquoi je ne peux admettre que le travail des sociétés savantes soit "terminé depuis près d’un an", sans qu’il nous en soit rendu compte réellement(1). Et c’est bien parce que c’est l’avenir de la pratique psychiatrique libérale – et des deux millions de patients qu’elle traite – qui est en jeu qu’il n’est pas possible d’escamoter un réel débat en assemblée générale.

L’extrême importance de ces questions n’échappera pas à l’UMESPE qui pourra toujours, vu la gravité de notre situation syndicale, reporter ou compléter sa réunion de bilan.

Bien confraternellement,

Françoise CORET
Strasbourg

(1) Quelques demi-lignes sur les 29 pages de la Lettre 107 en septembre 2001 dernier et, dans la Lettre 108 d’octobre, une allusion faisant état de " l’obtention de quelques améliorations " dans les discussions avec l’UMESPE.retour texte

 

 

 

 

 

Comité d'Action Syndical en Psychiatrie (CASP)

Union Syndicale de la Psychiatrie - Syndicat des Psychiatres Français -
Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux - Syndicat National des Psychiatres Privés -
Syndicat des Médecins Psychiatres des Organismes Publics, Semi-Publics et Privés -
Syndicat Universitaire de Psychiatrie

SUCCÈS AUX ÉLECTIONS !

Le renouvellement des représentants des PH à Temps partiel à la Commission Paritaire Régionale d’Île-de-France compétente pour les Praticiens Hospitaliers à Temps partiel a donné lieu à élection, le 7 décembre 2001. Cette Commission est sollicitée pour les nominations et les mutations, ainsi qu’en cas de demande de non-renouvellement quinquennal. Ce dernier point devient caduc du fait du vote par l’Assemblée Nationale, le 6 décembre, de l’abrogation du quinquennat, obtenue de haute lutte par le mouvement des Temps partiel lancé au printemps 2000, à l’initiative du CASP.

Pour ces élections :

          • 475 praticiens étaient appelés à voter,
          • 294 se sont exprimés, soit 62 %, dont 6 bulletins nuls.

Sur les 288 suffrages ainsi exprimés :

          • 175, soit 60 % des voix, ont voté pour la liste du CASP menée par Paul Machto,
          • 115 pour la liste de l’IDEP menée par Hélène Demange-Pélissier.

Ainsi la liste CASP a obtenu 3 postes sur 4.

 

 

Vos représentants à la Commission Paritaire d’Ile-de-France sont donc :

Titulaires Suppléants
USP/CASP : M. Dr Paul MACHTO (Ville-Évrard)
SPF/CASP : M. Dr Patrick SANANÈS (Coulommiers)
SPH/CASP : Mme Dr Bernadette DAGUET (Melun)
IDEP : Mme Dr Hélène DEMANGE-PÉLISSIER (Villejuif)

M. Dr Vincent PERDIGON (Esquirol)
Mme Dr Sophie CHRISTOPHE (Villejuif)
Mme Dr Dominique SOYRIS (Montesson)
M. Dr Frédéric MICHEL (Gonesse)

 

Ce succès de la liste du CASP témoigne de la stratégie d’union syndicale soutenue par les collègues, mais aussi de la reconnaissance du travail efficace développé au cours des dernières années et de l’engagement réel dans l’action pour faire aboutir nos revendications.

  • Ce succès va nous conforter dans notre représentativité auprès du ministère pour poursuivre la lutte, notamment sur :
    • le calcul de notre rémunération au prorata temporis,
    • l’attribution de la prime d’exercice public.
  • Quant à :
    • l’abrogation du quinquennat,
    • la reprise d’ancienneté pour les fonctions de vacataires de l’extra-hospitalier,
    • la protection sociale,
    qui ont été acquises, il nous faut rester vigilants jusqu’à leurs applications concrètes.

C’est avec grand plaisir que je remercie ici, au nom des collègues de notre liste, toutes celles et tous ceux qui nous ont soutenus.

Paul MACHTO
Ville-Évrard

 

 

 

 

 

TRIBUNE LIBRE

André MONGEAU

Merci d’ouvrir une Tribune libre. Sans doute serait-ce plus aux jeunes confrères qu’à moi de s’exprimer (je suis près de la retraite). Ils ont plus de raisons de vouloir un rétablissement de la psychiatrie. Mais je tiens surtout à exprimer mon pessimisme. Dans le même numéro en effet où vous proposez cette liberté d’expression, les lecteurs sont fortement dissuadés d’évaluer la théorie psychanalytique et la (les ?) pratique(s) de secteur. Quoi de mieux pour cela que de caricaturer les biologistes ? Mais eux au moins cherchent, remettent leurs résultats en question et proposent de nouvelles idées. On peut certes légitimement s’inquiéter de ce qui pourrait se faire, ou de ce qui se fait déjà, au nom du progrès scientifique le plus dur, mais il faudrait aussi vouloir questionner l’absence d’ouverture.

Je rapporterai quant à moi cette (auto-)censure de la pullulation des DSM, QCM et autres questionnaires d’évaluation. Pour être à-théoriques, à supposer qu’elles le soient, ces méthodes d’approche de la maladie mentale (ou de la souffrance psychique) sont surtout l’occasion de ne pas réfléchir à la pensée et à la rencontre entre les hommes. Sans doute est-ce un fait social actuel et sans doute ne faut-il pas chercher d’autres causes aux révoltes qui éclatent partout en ce moment. Le succès qui vous étonne de ces pratiques me semble être un effet de pouvoir, exercé à travers des machines plutôt que par le charisme des maîtres. J’en soupçonne d’adopter de tels réductionnismes et d’invoquer en même temps les grandes figures du freudisme et de Saint-Alban, tout en s’en remettant à d’autres pour le plus difficile de notre profession : il ne vous a pas échappé comme à moi que la gravité des pathologies (ou des souffrances) est traitée en proportion inverse des compétences officielles ou des supposés-sachant.

Espérant que les remises en question de notre profession ne soient pas que des parades à l’approche des élections, je vous prie...

A. M.
Rochefort-sur-Mer

Claude LEROY

Je prends la suite de l’article de B. Jolivet sur le thème Psychiatrie ET santé mentale (cf. N° 110). L’infortune de la "santé mentale" en France provient du fait qu’il n’existe qu’un seul mot en français, santé, là où l’anglais distingue health et care. La prévention en santé mentale est évidemment l’affaire de chaque citoyen. Pas plus que pour l’environnement, il n’est possible de définir une politique globale de santé mentale, puisqu’elle définit un état d’équilibre (instable) entre le sujet et son milieu informationnel et affectif en fonction de ses gènes et de son histoire. Par contre, il est assez facile de définir les valeurs que doit soutenir une politique de santé mentale en marquant un point omega (utopique) dont devrait se rapprocher la société (tels la démocratie, la citoyenneté, la dignité, l’identité, le respect d’autrui et la tolérance, entre autres), bref une société à référence anthropologique. Qu’il s’agisse de l’éducation, du travail, du vieillissement, des migrations, de la famille ou des institutions..., il y faut une politique responsabilisant chaque sujet vis-à-vis d’autrui. Mais, pour être un bon citoyen, il vaut mieux " être bien dans sa peau " et la boucle sociale peut alors fonctionner.

C. L.
Président d’Honneur de la LFSM

 

 

 

 

 

MISE SUR LE MARCHÉ DE L'ARIPIPRAZOLE

Bristol-Myers Squibb Company et Otsuka Pharmaceutical Company Ltd. viennent d’annoncer la soumission d’une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès de l’Agence Européenne du médicament (EMEA) pour l’aripiprazole, nouveau médicament en cours d’évaluation dans le traitement de la schizophrénie. S’il est approuvé, il deviendra le chef de file de la prochaine génération " d’antipsychotiques atypiques ".

D’après des éléments fournis par BMS, le dossier d’enregistrement repose sur un vaste programme de développement clinique réalisé à l’échelle mondiale. Dans les études déjà faites, l’aripiprazole a montré une amélioration des symptômes de la schizophrénie statistiquement significative comparée au placebo. Il est également soumis à des études pour déterminer son éventuelle utilité dans d’autres troubles psychiatriques, notamment dans les troubles psychotiques de la maladie d’Alzheimer et dans les troubles bipolaires. L’aripiprazole semblerait être doté d’un mécanisme d’action différent de celui des antipsychotiques disponibles.

Je n’aurai qu’un commentaire qui concerne l’ensemble de la classe pharmaceutique : pourquoi diable les nommer "antipsychotiques" ? Nous n’avons rien contre les psychotiques ! Alors appelons ces médicaments ANTIPSYCHOSIQUES et, là, nous serons dans le vrai car c’est bien contre la maladie que patients et soignants se battent et non contre les malades !

Alain AMAR
Lyon

 

 

 

 

 

LA SCHIZOPHRÉNIE DANS TOUS SES ÉTATS
N° 11 75 250 40 75

REIMS,

Jeudi 14, Vendredi 15, Samedi 16 Mars 2002

PROGRAMME

Jeudi 14 mars

9 H - 13 H AVANT-PROPOS, avec la collaboration de :
Jean DALLERY (Lyon), Christophe DHÔTE (Paris), Annie DOUCE (Reims), Jean GARRABE (Paris), Patrick MARTIN (Paris), Pierre-Olivier MATTEI (Paris), Charles PULL (Luxembourg), Frédéric ROUILLON (Paris), Gérard SCHMIT (Reims).
   
14 H 30 - 18 H

BIOLOGIE, avec la collaboration de :
Therry d’AMATO (Lyon), Jean-Michel AZORIN (Marseille), Maurice FERRERI (Paris), Gwenolé LOAS (Amiens), Philippe LOEFFEL (Reims), Philippe NUSS (Paris), Jean-Pol TASSIN (Paris).

Vendredi 15 mars

9 H - 12 H

PSYCHANALYSE, avec la collaboration de :
Jacques-Édouard BARBIER (Reims), Élisabeth CITTI-WARGNY (Reims), Marcel CZERMAK (Paris), Michel DEMANGEAT (Bordeaux), Jean-Richard FREYMANN (Strasbourg), Michel PATRIS (Strasbourg), Christian VASSEUR (Annecy).

   
14 H - 17 H 30

ABORDS FAMILIAUX ET SYSTÉMIQUES, avec la collaboration de :
Jean-Claude BENOÎT (Versailles), Thierry DELCOURT (Reims), Jean-Michel HAVET (Reims), Jacques MIERMONT (Paris), Bernard PRIEUR (Paris), Mattéo SELVINI (Milan).

Samedi 16 mars

9 H - 13 H

COGNITIONS, avec la collaboration de :
Christine-Vanessa CUERVO (Reims), Jean-Marie DANION (Strasbourg), Marie-Christine HARDY-BAYLE (Paris), Daniel JACQUES (Châlons-en-Champagne), Roland JOUVENT (Paris), Charles-Siegfried PERETTI (Reims), Martial VAN DER LINDEN (Genève), Dawn VELLIGAN (Texas).

   
14 H 30 - 17 H 30

COGNITIVO-COMPORTEMENTALISME, avec la collaboration de :
Jérôme FAVROT (Lausanne), Ovide FONTAINE (Liège), Philippe LEDOUX (Reims), Valentino POMINI (Suisse), Alain RIGAUD (Reims).

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS
Reims Champagne Congrès - Service Résa-Congrès
12 boulevard Général Leclerc - 51100 REIMS
Tél : 03 26 77 44 60 - Fax : 03 26 77 44 47

Comité scientifique : Jacques-Édouard BARBIER - Jean-Michel HAVET - Charles-Siegfried PERETTI - Christian VASSEUR
Comité d’Organisation : Philippe LEDOUX - Élisabeth CITTI-WARGNY
Colloque organisé par : L’Association Française de Psychiatrie (AFP) - L’Association de Recherche et de Soutien de Soins dans le Service de Psychiatrie Adultes du CHU de Reims (ARSPG) - La Société de Psychiatrie de Champagne-Ardenne (SPCA) - L’Association Régionale des Psychiatres pour la Formation (ARDPF) - La Revue « Les Actualités en Psychiatrie »

 

 

 

 

 

 

 

« EN PARLER TÔT POUR EN PARLER À TEMPS »

SISM 2002, du 18 au 23 mars

Les membres du Comité d’organisation de la SISM sont heureux de remercier ceux d’entre vous qui avez largement participé à la Semaine d’octobre 2001. Même si nous n’avons pas le retour de chacune des 250 manifestions qui se sont tenues à travers la France, les comptes rendus parus dans la presse sont nombreux, et ces échos nous encouragent à poursuivre.

En 2002, la SISM reprend sa place au printemps : du 18 au 23 mars. Au lendemain de la présentation du Plan de santé mentale par le Ministre, et avant les échéances électorales du mois d’avril, il a paru nécessaire que cette treizième Semaine s’interroge et nous permette d’interroger les décideurs sur :

Le prix de la santé mentale

On a coutume de dire que la santé n’a pas de prix mais qu’elle a un coût.

Et la santé mentale ? Elle n’a pas de prix non seulement parce qu’elle concerne la qualité de vie de chacun, mais aussi parce qu’elle concourt à la qualité des relations de tous.

  • La prévention ? Quels moyens se donne-t-on, à l’école, au travail, dans la cité, pour rester attentifs aux conséquences des souffrances psychiques ?
  • Le soin ? Quels moyens se donne-t-on pour former et sensibiliser les professionnels à l’écoute et à l’échange ?
  • L’accompagnement ? Quels moyens se donne-t-on pour accueillir et soutenir ceux que la souffrance conduit à l’isolement, voire à l’exclusion ?

Le prix de la santé mentale nous concerne tous : patients, familles, amis, professionnels, élus, décideurs.

Regard de la ligue française pour la santé mentale

De même que la guerre est une chose trop sérieuse pour être dirigée par des militaires, la santé mentale d’une société ne peut être dirigée par des psychiatres, même si leur participation à la prévention est absolument nécessaire pour éviter divers pièges dangereux, telle la distinction entre un bien et un mal absolus (qui les définit ?). La démocratie nécessite la confrontation, les conflits et les arbitrages entre les groupes sociaux. Mais chaque conflit a un coût non seulement économique, mais aussi affectif, et des conséquences à court, moyen et long terme pour chaque sujet concerné. Ce sont ces coûts directs et indirects qu’il faut assumer et qu’une bonne politique de santé mentale publique pourrait minimiser sans pouvoir les abolir. Il y faut la volonté de chacun. C’est cette voie étroite que la SISM tente de mettre en évidence.

Claude LEROY
Président d’Honneur de la LFSM

 

 

Comité d’Organisation : Association Française de Psychiatrie (AFP) • Association Scientifique Française des Psychiatres du Service Public (AFPP) • Centre Collaborateur OMS pour la recherche et la formation en Santé Mentale (CCOMS) • Centre National Audiovisuel en Santé Mentale (CNASM) • Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine (FASM Croix-Marine) • Fédération Française de Psychiatrie (FFP) • Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-Patients en Psychiatrie (FNAP-Psy) • Fondation Santé des Étudiants de France (FSEF) • Ligue Française pour la Santé Mentale (LFSM) • Société Médicale Balint • Union Nationale des Amis et Familles de Malades Mentaux (UNAFAM).

 

 

 

 

 

 

 

L’Association des Psychiatres Libéraux Stéphanois
et l’Association Française de Psychiatrie

coorganisent

le Samedi 27 Avril 2002
à SAINT-ÉTIENNE (Château de Saint-Victor-sur-Loire)

une troisième Journée d’études sur le thème
PENSER LA PSYCHOSE " AVEC " :
VIOLENCE ET VIOLENCE PSYCHOTIQUE

Nous sommes parfois confrontés, dans notre pratique clinique quotidienne, à la violence de nos patients. Qu’elle soit agie, verbalisée ou transférentielle, celle-ci ne laisse personne indifférent, ne serait-ce que par la paralysie des processus de pensée qu’elle induit.

Benno Rosenberg exposera les différences entre violence et violence psychotique, et tentera de nous aider à comprendre comment nous pouvons récupérer une fonction alpha afin de retrouver la capacité de penser en situation. La violence étant une énergie brute, comment la contenir, la transformer en mots ou la mettre en latence, afin qu’elle soit reprise dans la suite du traitement puis symbolisée dans l’après-coup ?

Pouvoir penser la violence est aussi indispensable au patient qu’au thérapeute, qui doit pouvoir résister à la diffraction psychique sans pour autant se voir contraint de passer à l’acte, ce qui lui ferait perdre du même coup sa capacité contenante.

Comme d’habitude, cette 3e Journée de "Penser la Psychose..." fera appel à des intervenants de pratiques diverses, infirmiers, internes, psychiatres libéraux qui exposeront leur expérience clinique au contact de la violence dans différents cadres. À la lumière de celle-ci, Benno Rosenberg dira ses perspectives et son écoute de la violence dans la clinique.

Marie-Lise Roux, qui avait inauguré cette série de travaux en mai 2000 sous le titre "Penser la psychose avec Francis Pasche", nous fera à nouveau l’honneur et l’amitié de sa présence.

9 H Accueil par le Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre, Présidente de l’APLS.
   
9 H 15 Allocution d’ouverture par le Dr Christian VASSEUR,
psychiatre, psychanalyste SPP, Président de l’AFP.
   
9 H 30

Sous la présidence de Christian VASSEUR :
Exposé de Benno ROSENBERG, psychanalyste, membre titulaire de la SPP :
"Violence et violence psychotique"
Modérateur : Dr Christine LAMOTHE, psychiatre, psychanalyste SPP.

   
11 H Pause
   
11 H 30 Table ronde et Discussion avec la salle, animées par B. ROSENBERG, C. LAMOTHE, C. VASSEUR.
   
12 H 30 Déjeuner sur place.
   
14 H 15 Exposés cliniques :
  • "Violence chez une patiente état-limite dans l’institution"
    • Dr Stéphane BOYER, psychiatre : " Violence de la première rencontre "
    • Sophie DUPEYRAT, Nicole GRATALOUP, Marie VAUCHER, infirmières en psychiatrie :
      "Destins de cette violence au cours de l’hospitalisation"
  • "Confrontation à la violence psychotique en pratique libérale"
    • Dr Françoise BOURGEOIS, psychiatre,
    • Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre
15 H 15 Table ronde et Discussion avec la salle, animées par B. ROSENBERG, C. LAMOTHE, C. VASSEUR.
   
16 H 30 Clôture des travaux.

Comité d’organisation : Dr Christophe AIMO, Dr Chantal ARTINIAN, Dr Françoise BOURGEOIS, Dr Catherine DELEAGE, Dr Catherine GAUTHEY, Dr Danièle GUILLAUME, Dr Michel MARCON, Dr Philippe MERLEY.

 

 

 

 

 

 

 

JOURNÉE DE NICE
CROYANCES ET IDENTITÉ

Jean-Yves FEBEREY

La Provinciale de l’Association Française de Psychiatrie, le 8 décembre à Nice, s’inscrivait dans la continuité de celles de Valence (1997) et d’Avignon (1998). Le sujet constituait un pari difficile puisqu’il interrogeait des notions à cheval sur la psychiatrie et la philosophie, ce que Jean-Pierre Rumen a magistralement évoqué en se référant à l’œuvre de Jean-Toussaint Desanti. Ce philosophe, aussi discret qu’éminent, aimerait à fréquenter les psychiatres parce qu’ils seraient à leur manière des andacciani di confina, des chemineaux des frontières. En ce qui le concerne, J-P. Rumen dénonce vigoureusement les dérives qui menacent le psychiatre : celle de devenir un officier de santé, celle aussi d’être dépossédé de la question anthropologique de la folie, non bien sûr qu’il en soit le maître, mais en tout cas – avec d’autres – le dépositaire et le garant.

"Je ne crois que ce que je pense pouvoir faire croire", la formule place toute la problématique de la croyance sous la dépendance de la figure de l’Autre. On rejoint plus loin la psychologie de masse, à propos du militantisme au sein du PCF, l’Autre où tu te rassembles, l’Autre contre qui tu te rassembles. La notion de symbolico-charnel s’impose comme poétique et féconde ; celui-ci n’est reconnu que par ceux qui l’habitent et sont concernés par des chaînes de symbolisation. Au lieu du croire, l’incroyable peut être cru, ce qui n’est évidemment pas sans conséquences pour un parti politique, mais aussi pour une secte ou tout autre groupe. L’Autre des racines, l’Autre à qui l’on s’adresse et l’Autre diffus sont les trois figures autour desquelles s’articule la croyance. Philosopher, c’est empêcher la circularité toujours renaissante et briser les flèches de renforcement du champ symbolique devenues trop compactes. Dans son intervention, Dominique Pringuey a rappelé la place de la phénoménologie dans le champ de la psychiatrie, et ce mystère de la naissance de la philosophie en Grèce.

Christine Lamothe est revenue à la clinique psychanalytique. Du bébé qui hérite d’un grand nombre de signes non verbaux qui constituent son noyau identitaire à l’adolescent dont le remaniement de l’identité fait vaciller celle de ses parents, les occasions de bugs dans cette construction sont légion... La solidité des identifications primaires constitue les fondations de la "maison" et les événements historiques, familiaux, culturels et d’appartenance groupale viendront renforcer l’édifice identitaire.

Dans la psychothérapie, le couple patient/thérapeute est lui aussi porteur d’identifications et de différenciations. Dans la mesure où personne n’échappe aux idéaux collectifs et professionnels, on ne peut espérer purifier totalement cette relation de toute croyance, entendue là comme une défense. En être conscient facilite le décollement salutaire de la fin de la thérapie.

Dans une rencontre – qui se voulait surtout orientée vers la pratique – avec Joseph Ciccolini, avocat au barreau de Nice, les participants ont pu confronter leurs préoccupations de praticiens de la psychiatrie à celles d’un praticien du droit. Souvent, les avocats n’attendent qu’un élément ponctuel d’information pour faire avancer une situation mais se voient opposer le secret professionnel et le respect de l’espace thérapeutique, parfois au détriment des personnes elles-mêmes. Les médecins reconnaissent être sur la défensive, mais la judiciarisation croissante de la société n’est pas pour les rassurer ni pour les inciter à prendre des risques, même salvateurs.

Daniel Lemler a présenté une très belle évocation de l’exil. De Freud passant le Rhin à Kehl en 1938, à la Bible devenant acte notarial, l’opposition entre l’identité par le texte et l’identité par le sol (voire le sang...) demeure fondamentale et pourrait devenir fondatrice, dès lors que le nationalisme serait enfin interprété comme résistance à la reconnaissance de la condition essentielle de l’humain : un exilé, un étranger, un être de passage...

Alain Bihr, philosophe et sociologue, a apporté de précieux éléments de réflexion pour notre pratique. Le traumatisme ordinaire est le résultat de la crise du sens ou de la dépression symbolique qui touchent nos sociétés. De puissants processus de démythification du monde sont à l’œuvre, en même temps que s’installe une "foire aux sens" où nous pouvons butiner à toutes les croyances et identités du monde... Deux types de personnalité émergent alors, l’une "amorphe et fluide", qui s’accommode de ce foisonnement et d’un " nomadisme identitaire " tant qu’elle n’est pas envahie par l’angoisse. C’est d’ailleurs pour s’en défendre que d’autres adoptent une attitude de crispation identitaire (religieuse, nationale, ethnique) aboutissant à la personnalité autoritaire, dont un des traits est l’hétérophobie et ses corollaires de violence. Cette évolution incite le sociologue au pessimisme sur les événements politiques à venir.

Puis, le cinéaste niçois Thierry Lagalla a fait partager des morceaux choisis de son identité en forme de saynètes drôles et absurdes, où le défi spatial part en quenouille et le gentil lapin fuit le méchant chasseur... Autoportrait à la caméra, cette succession de clips revigorants aura été la carte postale signée de Pépina-la-Juste aux "Diables Bleus"*, l’utopie en marche à Nice...

J-Y. F.
Nice

* Collectif des Diables Bleus, 26, avenue des Diables-Bleus, 06300 Nice
Sites : www.diablesbleus.org
www.dangely.orgretour texte

 

 

 

 

 

AUTEURS D’AGRESSIONS SEXUELLES

Arianne CASANOVA

Une nouvelle conférence de consensus s’est tenue les 22 et 23 novembre 2001 à la Salpêtrière sur le thème : "Psychopathologie et traitements actuels des auteurs d’agressions sexuelles". Elle était organisée par la Fédération Française de Psychiatrie (FFP) qui s’était donnée pour mission de suivre les directives et la méthodologie de l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation de la Santé (ANAES), avec le soutien de la Direction Générale de la Santé (DGS) pour traiter de cette question complexe. Il s’agit d’une nouvelle preuve de l’intérêt porté par la FFP aux problèmes de Santé publique liés, ici, au contexte actuel de la délinquance sexuelle.

Quelques chiffres :

  • en 1998, 10 563 condamnations ont été prononcées pour agressions sexuelles (dont 1 636 pour viols) ;
  • le nombre de détenus qui exécutent une peine pour agressions sexuelles ne cesse d’augmenter, pour atteindre 7 101 en janvier 2001 alors qu’ils n’étaient qu’un millier il y a une vingtaine d’années.

Les différentes expertises demandées par les magistrats indiquent qu’un grand nombre de ces personnes peuvent bénéficier de soins. Ces études chiffrées nous concernent car elles traduisent le plus souvent le versant judiciarisé d’une pathologie sous-jacente. Il est alors évident qu’en terme de santé publique, elles sont à relier aux études faites par certains de nos collègues : le rapport Balier en 95, le rapport Lempérière en 96. Ces travaux ont d’ailleurs été pris en compte par le législateur et ont permis, dans le cadre de la loi du 17 juin 1998, d’avancer des propositions, en particulier dans les dispositions relatives au suivi socio-judiciaire, et dans le décret d’application du 18.05.00 qui concerne les médecins coordonnateurs.

Pour mémoire, le suivi socio-judiciaire concerne des "mesures de surveillance et d’assistance destinées à prévenir la récidive ", et il " peut comprendre une injonction de soins", ce qui peut se lire de la manière suivante : désormais la dimension du soin peut être associée à la sanction qui prend en compte la psychopathologie du sujet et non plus uniquement sa dimension sociale. Le législateur a peut-être, ici, pris un pas d’avance sur la reconnaissance faite par les professionnels de santé.

Aussi, cette rencontre de consensus est très importante en ce qu’elle permet aux praticiens de s’informer, de se former, tout en poursuivant l’effort de clarification de ce lien particulièrement complexe de la psychiatrie et de la justice, lien qui est de fait amorcé depuis plus d’un siècle et demi avec la loi de 1838.

Les travaux de trente experts ont été présentés, portant témoignage d’un état des lieux complet sur les connaissances françaises qui avaient été confrontées aux aspects cliniques reconnus par les collègues étrangers. Cette démarche, habituelle dans le cadre de l’ANAES, a été soutenue par des invités belges et canadiens qui ont fourni des données internationales, relayées par une immense recherche bibliographique.

Les recommandations élaborées par le jury seront publiées prochainement ainsi que (par la FFP) un ouvrage très complet qui permettra de retrouver les interventions et la bibliographie sur les cinq thèmes abordés :

  • les champs et limites de la question, traités sous l’angle de données historiques, épistémologiques et précisant de surcroît la place et l’évolution de l’expertise psychiatrique ;
  • les caractéristiques des auteurs d’agressions sexuelles ;
  • le devenir de ces auteurs, et les risques de rechute ;
  • les différentes méthodes thérapeutiques, et leur évaluation ;
  • enfin, les questions liées aux aspects déontologiques, juridiques, administratifs, pratiques et éthiques contenus dans cette articulation de la justice et de la santé, que le patient soit prévenu, jugé, détenu ou sorti de prison.

Il ne faudrait pas que la psychiatrie passe à côté du traitement de cette souffrance du Sujet ni que, au décours de la mise en place de cette loi, ne se crée un nouveau morcellement de notre spécialité. Cette parcellisation de la psychiatrie risquerait ici de devenir un instrument social avec un risque pour le Sujet. Dans l’avenir, il faudrait voir nos collègues investir le dispositif mis en place, avec le projet d’y laisser une place prédominante à la clinique.

A. C.
Chilly-Mazarin

 

 

 

 

 

IL N’Y A PAS DE DISCOURS SANS LECTURE

Ouvrages RÉCEMMENT PARUS

Le freudisme -
Paul-Laurent ASSOUN
PUF, 9 € (59,03 F)

Diversité des systèmes de santé occidentaux : l’harmonisation impossible ? -
Pierre BARBIER, Serge BONFILS (sous la dir.)
John Libbey Eurotext, 27,44 € (180 F)

Des sectes et des sociétés secrètes : reconnaître, se défendre et combattre -
Richard BESSIÈRE
Chiron, 16,77 € (110 F)

Psychanalyse et psychiatrie. Demandes et réponses contemporaines -
Jean-Louis CHASSAING (sous la dir.)
Erès (Point hors ligne), 23 € (150,57 F)

L’identité narrative : perspectives critiques et cliniques de la pensée de Paul Ricoeur -
Muriel GILBERT
Labor et Fides, 22,87 € (150 F)

Paul Ricoeur, l’itinéraire du sens -
Jean GREISCH
J. Millon, 32,01 € (209,97 F)

Jürgen Habermas : une introduction -
Stéphane HABER
La Découverte (Pocket), 9,30 € (61 F)

Les processus d’auto-punition en psychologie des névroses et des psychoses, en psychologie criminelle et en pathologie générale -
Angelo HESNARD, René LAFORGUE
L’Harmattan, 10,70 € (70,19 F)

Psychologie phénoménologique -
Edmund HUSSERL
Vrin, 30 € (196,79 F) (réed.)

Ectasy -
Miriam JOSEPH
Lézard, 12,20 € (80 F)

La société pure : de Darwin à Hitler -
André PICHOT
Flammarion, 8,69 € (57 F)

Le consentement et la recherche épidémiologique –
Daniel N. WEISSTUB (sous la dir.)
L’éthique de la recherche. 4
L’Harmattan, 21,30 € (139,72 F)

Anthologie, les grandes questions de la philosophie : de l’Antiquité à nos jours -
Marie-Reine MORVILLE (sous la dir.)
Delagrave : Maisonneuve et Larose, 24,39 € (160 F)

Les associations des espaces entre utopies et pragmatismes -
Jean-Claude GILLET (sous la dir.)
P. Univ. Bordeaux, 21,50 € (141,03 F)

LA SEXUALITÉ INFANTILE ET SES MYTHES
Bergeret (J.), Houser (M.) et al., Dunod (coll. Psychismes), 256 p., 25,92 € (170 F)

Monique BYDLOWSKI

Dans cet ouvrage d’une grande actualité, les auteurs développent un regard original sur la sexualité infantile et sur les mythes dont elle fait l’objet. Ils adoptent bien le postulat freudien de son importance et de ses conséquences pour la vie affective de l’adulte mais ajoutent que, au cours du développement de l’enfant, la sexualité ne jouera son rôle organisateur efficient de la personnalité qu’après la nécessaire intégration de plans plus fondamentaux comme ceux du registre narcissique.

  • En première partie, une introduction didactique traque au travers des textes de Freud (Les trois essais..., Les nouvelles conférences..., Le mot d’esprit..., etc.) et de façon exhaustive, le sens des mots sexualité et érotisme. Ensuite, tenant compte des hésitations de Freud lui-même et de ses contemporains, les auteurs arrêtent une définition de la génitalité : l’organisation génitale serait hétéro-érotique, objectale, car atteignant son but sexuel dans un objet sexuel étranger ; elle intégrerait cependant une organisation prégénitale, précédente, narcissique, car trouvant son objet dans le corps propre.
  • La deuxième partie du livre est centrée sur une relecture du cas du petit Hans et de sa famille, enrichie de documents nouveaux, les auteurs montrant chez Hans le rôle joué par des fixations aux registres prégénital et narcissique.
  • La troisième partie intitulée "Narcissisme et objectalité" reprend et développe des thèmes devenus familiers grâce à Jean Bergeret dont on sait la contribution essentielle à la clinique des états-limites et à celle des troubles narcissiques de la personnalité. Les notations pour la thérapeutique psychologique des dépressions seront particulièrement précieuses pour les praticiens.

Enfin ce nouveau livre de Jean Bergeret, écrit en collaboration avec Josiane Praz et Marcel Houser, s’inscrit dans la suite des travaux qui montrent la vitalité de la pensée psychanalytique pour la compréhension de la clinique psychiatrique moderne.

M. B.
Paris

 

 

 

 

 

 

QUOI DE NEUF DU CÔTÉ DU PMSI ?
Pour qui sonne le glas ? pour nos Pauvres Malades Sauvagement Informatisés ?

Alain AMAR

Un dicton de la sagesse populaire affirme que "Quand on aime, on ne compte pas." Il est dès lors logique de déduire : "Quand on compte, on n’aime pas." Mais pourquoi parler d’aimer lorsqu’il est question d’évaluer pour moins dépenser ?

Lorsqu’on compte toujours davantage, la place attribuée aux soins psychiatriques se réduit à vue d’œil, non sans la complicité avouée de certains d’entre nous en mal de reconnaissance se livrant à de multiples expertises, rapports et conseils de tous ordres délivrés à nos gouvernants. Ainsi, certains voudraient voir disparaître la psychiatrie au profit d’une vague notion de "santé mentale", concept flou qui confierait la conduite des soins, sous la responsabilité des psychiatres, à des soignants non-médecins. A-t-on déjà vu des centres de santé physique, des centres de santé cardiologique, pneumologique, dermatologique, rhumatologique, etc. ? Pourquoi craindre de nommer les choses par leur nom ? Est-ce ainsi qu’on rendra service à notre discipline et aux malades ? Le risque est grand de voir la psychiatrie devenir un "machin", comme disait de Gaulle à propos de l’ONU, un machin où on confondrait allègrement les vrais problèmes médicaux avec des problèmes réels de société pour lesquels nous ne sommes ni compétents ni en situation de pouvoir.

Une telle idéologie que je qualifierais de "munichoise" aboutit à des aberrations ou, pire, à la trahison de la seule cause défendable, celle des malades. Il en est ainsi quand on veut quantifier à tout prix, évaluer à tout prix. La situation devient tragique quand l’objet de la quantification est la souffrance psychique de l’être humain. Certes, on nous propose des classifications, des échelles (scalomanie, quand tu nous tiens !), mais tout cet appareil supposé mesurer la qualité est tellement réducteur ! Le seul véritable argument en faveur d’une évaluation " intelligente " serait d’éviter une trop grande disparité des moyens alloués à tel ou tel établissement.

La psychiatrie n’occuperait-elle qu’un modeste strapontin dans l’appareil de soins et dans l’esprit de nos "brillants stratèges" ? En échange de quoi ceux-là mêmes qui se font parfois entendre des pouvoirs publics négligent-ils l’intérêt même des patients ? Mon maître Georges Daumézon serait bien malheureux s’il vivait encore, et il stigmatiserait de tels agissements avec sa vigueur peu commune.

Mais, gaudeamus ! Réjouissons-nous ! Puisque, à l’instar d’autres régions "bénies" proclamées pilotes, avec d’autres petits "veinards", la région Rhône-Alpes est devenue une région pilote qui se voit infliger l’insigne honneur (?) d’étrenner la nouvelle parure de "l’illustre" outil qu’est le PMSI, habillé de neuf. Nous allons l’appliquer avant les autres, quotidiennement pour chaque patient hospitalisé de jour, de nuit, à temps complet, partiel, en CMP, CATTP... Ce malheureux sera traqué dans les moindres recoins du dédale de son parcours thérapeutique..., parcours du combattant souffrant...

Le PMSI a fait peau neuve, il est " allégé " par rapport à la formule initialement expérimentée. Il faut signaler une innovation que je n’hésite pas à qualifier d’époustouflante : le RIS-A (Résumé d’Information Standardisé Ambulatoire) devient RIS-E (Externe, au lieu d’Ambulatoire) : l’innovation est de taille, comme on peut le voir... ! Nous voilà rassurés ! Il est temps de fourbir nos armes pour proposer des innovations à notre tour ! En revanche, tel le canard célébré par Robert Lamoureux, le "bruit de fond institutionnel" est toujours vivant. En sera-t-il de même de l’outil PMSI dont on nous dit qu’il sera appliqué en routine dès 2004 et qu’une exploitation de l’étude pilote sera faite en 2006 ou 2007... Quelle est ou quelle peut être la justification du PMSI, sinon la réduction des coûts sous le prétexte d’une évaluation des soins ?

Encore une fois (je l’avais demandé en d’autres circonstances), combien a coûté l’élaboration de l’outil, combien coûtera l’étude pilote où chaque dossier sera rémunéré 25 F (je vous laisse faire le calcul en euros) ? Quid du coût de la généralisation programmée ?

O tempora ! O mores ! Tremblons ! Le PMSI nouveau est arrivé ! Où sera l’ivresse ?

A. A.
Membre du Comité d’Ethique du CHU de Lyon

 

 

 

 

 

 

REVALORISATION DE MISSIONS
POUR LE BON FONCTIONNEMENT DES SERVICES PUBLICS

Voici ci-dessous copie d’une demande adressée par le SPF au Ministre Bernard Kouchner, en août 2001 et renouvelée fin décembre car restée alors sans réponse

Denis HEISELBEC
Harald SONTAG

Monsieur le Ministre,

À la demande de nombreux confrères libéraux qui constatent que leurs activités auprès des services publics de l’Etat ou des collectivités locales (Comités médicaux départementaux, Expertises des fonctionnaires, Expertises judiciaires, Commissions d’aide sociale, Commission des permis de conduire, etc.) ne sont pas rémunérées comme des salaires mais comme des activités libérales, majorant de ce fait leurs cotisations sociales, nous vous demandons de mettre fin à ce type d’injustice que nous dénonçons depuis de nombreuses années, sans que rien n’ait jamais été fait malgré le décret N° 200-35 du 17.01.00 portant sur le rattachement de certaines activités au régime général de SS. De plus, le fisc et l’Urssaf n’appliquent pas non plus les termes de ce décret, ce qui entraîne de nombreux contentieux.

Par ailleurs, nous attirons aussi votre attention sur le montant particulièrement faible des rémunérations correspondantes. En effet, à une époque où le nombre des psychiatres est en voie de diminution, celles-ci ne contribuent pas à décider nos confrères à se consacrer à ces tâches pourtant si importantes pour le fonctionnement des services publics.

Nous vous demandons donc de prendre en compte à la fois la durée et la difficulté de leur travail et le nombre des dossiers traités (pour les Comités médicaux départementaux, par exemple).

Nous vous prions de recevoir...

D. H.
Marseille
H. S.
Strasbourg

 

 

 

 

 

Carissima Céleste

CÉLESTE

Décidément la terrible épidémie qui nous décima et nous rendit, pour un temps, incomestibles, a eu cet effet étrange de nous faire nous préoccuper des psychiatres ; psychiatres qui, malgré le nom de cette terrible maladie, ne pouvaient évidemment rien pour nous. Ce qui n’est pas une raison de penser que nous ne pouvons rien pour eux... Donc ta dernière lettre, qui me parle des démêlés de ces psychiatres avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de la négociation qu’ils ont avec elle sur le remboursement de leurs consultations aux malades, m’a fait souvenir d’une conversation que j’ai entendue.

Tu sais que, dans nos contrées, il arrive encore que le psychiatre parle au berger. Voici ce que l’un d’eux contait à mon patron. Il y a bientôt trois décennies, comme tous les quinze jours, il avait vu ses trente malades dans la matinée, après avoir fait comme de coutume trois heures de route apéritives : ce qu’il fallait pour rejoindre Porto-Vecchio depuis Ajaccio en ce temps-là. Il en verrait autant à Bonifacio l’après- midi avant de repartir pour trois nouvelles heures. Tout cela lui valait la compassion de tous, sauf de son administration. Il avait donc été invité à déjeuner par l’assistante sociale avec laquelle il travaillait, qui était comtesse et tenait aussi table d’hôte : on voit des choses comme ça dans nos contrées ! Était aussi conviée une amie genevoise de la comtesse, belle femme qui déjeuna les seins nus (il est vrai que c’était en juin et que nous étions dans les îles). Or notre psychiatre se sentit manquer d’enthousiasme et crut devoir s’en excuser auprès de la belle : il lui parla de sa matinée et de la fatigue, et s’entendit alors répondre qu’elle avait un ami psychiatre dans leur capitale helvétique qui limitait le nombre de ses consultations car, commenta-t-elle : "l’argent n’est pas tout". On pouvait la croire car, à considérer le peu qu’elle avait gardé sur elle, on mesurait qu’il y avait aussi l’or et les diamants... Quant à ce confrère genevois, gageons qu’il n’était pas assujetti aux tarifs français du secteur 1.

Notre conteur n’eut pas le courage d’avouer qu’il ne percevait pour sa prestation qu’une fraction de salaire faible et invariante ni qu’il ne pouvait non plus limiter le nombre de ses consultants car, déjà, ceux-ci croyaient devoir se faire pistonner pour accéder "au docteur" et devoir l’honorer de charcuterie ou de farine de châtaigne, car ils savaient (ou devinaient) eux que, n’eût été la nécessité, ce mode de pratique avait quelque chose de déshonorant... Il y avait même des Sardes tentant d’échapper à la vague basaglienne qui déferlait dans l’île voisine...

La comtesse non plus ne pipa mot. Sans doute était-elle également un peu fatiguée...

Tu me dis qu’on parle, à la CNAM, de "consultations de réévaluation psychopathologique" où l’on ferait un "renouvellement rapide d’ordonnances", des consultations de base, des "C2" ajoute-t-on. Rien de nouveau sous le soleil donc : c’était bien le type de pratique à laquelle était condamné notre psychiatre conteur mais il y a fort à parier que, après trente ans de lente dégénérescence, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la " Santé mentale " retourne à sa source misérablement charitable. En tout cas, et quoi qu’on en dise, cette "consultation de base" sera immanquablement l’étalon sur lequel on mesurera la pratique.

Que penserais-tu, carissima, si on jugeait de notre production sur un lait qui serait basique parce qu’on l’aurait mouillé ?

T’i mbraccio. A presto.

Anghjula-Maria

vacca corsa

P.S. : Le psychiatre conteur qui me lit par-dessus les cornes me souffle cet aphorisme qu’il extrait d’un certain Lacan : "Ce qu’il en subira de contrainte n’est pas tant de violence que de principe, la difficulté pour qui fait la sentence n’étant pas de l’y faire consentir que de la prononcer à sa place" (Kant avec Sade, Écrits, p. 171), car il pense qu’il pourrait être utile à ceux qui négocient avec la CNAM.

 

 

 

 

 

 

 

UNION EUROPÉENNE

La Cour de Justice des Communautés Européennes réaffirme la primauté
du principe de libre prestation de service en matière médicale

Dans un arrêté du 28.04.98, la Cour de Luxembourg avait été interpellée par des citoyens européens qui désiraient se faire soigner en dehors de leur État d’origine (Luxembourg) et elle avait décidé qu’il n’y avait pas besoin d’autorisation préalable pour que ces soins puissent être dispensés. Dans un arrêt du 12.07.01, la Cour estime que la mise en place d’un système d’autorisation préalable est une mesure nécessaire et raisonnable lorsqu’il s’agit d’une hospitalisation car, dit-elle, "sans cette garantie, tout l’effort de planification hospitalière destiné à garantir une offre de soins rationalisée, stable, équilibrée et accessible, s’en trouverait compromis". Lorsqu’il s’agit de traitements non dispensés dans l’État d’affiliation ou de traitements présentant le même degré d’efficacité mais ne pouvant être obtenus en temps opportun auprès d’un établissement situé dans l’État d’affiliation, elle estime que cette autorisation ne peut non plus être refusée. Elle en conclut qu’il existe, pour le moment, une obligation financière destinée à rendre effective la libre prestation de service qui serait payée par l’assurance maladie de l’État dont relève l’assuré. En cas de différence importante, celle-ci devrait être prise en charge par l’assurance maladie de l’assuré.

Cette disposition pourra permettre des prises en charge en psychiatrie, surtout dans les pays limitrophes où il existe un déficit de Centres de soins, comme pour l’autisme dans le Nord de la France par rapport à la Belgique, ou pour les examens radiologiques en Allemagne (la France étant malheureusement le plus mauvais élève de la classe européenne, avec un taux de scanners égal à celui de la Grèce).

Harald SONTAG
Strasbourg

 

 

 

 

 

EXPÉRIENCE CLINIQUE : L’INDIVIDUEL DANS LE COLLECTIF

PSYCHODRAME PSYCHANALYTIQUE DE GROUPE

Le récit relatant les impressions et le vécu au quotidien d’une participante – tout au long d’un séminaire de psychodrame analytique de groupe (résidentiel, sur cinq jours) organisé par le Ceffrap(1) – n’a pas sa place ici ; on le trouvera dans le N° 4/2001 de PSYCHIATRIE FRANÇAISE : ÉCRITURES.

Ne sont rapportés que deux extraits de ce témoignage qui illustrent la manière dont on peut participer à de tels séminaires. Il s’agit de deux moments forts de séance de groupe, artificiellement isolés pour les besoins d’en faire état ici, sans que ne soient relatés les échanges divers qui, dans le groupe, les avaient précédés ni les préalables qui avaient conduit les participants à mettre en place le jeu psychodramatique joué, pour le premier, avec une analyste-moniteur.

"[...] pour interpréter et communiquer ses propres rêves,
il faut se résigner à paraître l’unique scélérat
parmi tant de belles natures qui peuplent la terre."
S. Freud, GW, II/III, 489

[…] Le quatrième jour me marqua particulièrement. Nous nous exprimions les uns et les autres de façon plus directe, et évoquions certains aspects, le plus souvent "graves", de nos vies personnelles. L’une parla de la maladie mortelle de sa fille adolescente. Une autre dit qu’elle avait été une enfant abandonnée. Un homme parla de ses difficultés de vie de couple ; un autre de sa peine à comprendre les femmes. Une raconta un attentat terroriste au cours duquel elle avait pu sauver son petit frère. Une autre ses difficultés avec sa mère qui avait été la (sa) maîtresse d’école, unique, pour tous les enfants du village. Une exposa ses difficultés à prendre ici la parole, en raison de sa dépression. Une encore sa culpabilité que sa sœur schizo se soit suicidée. Une enfin évoqua la façon dont, dans un pays lointain, elle avait pu adopter un petit garçon dont elle s’occupait dans une crèche, en décidant de l’emmener un soir, et de son souci permanent de savoir si elle était, ou non, une "bonne mère". Son insistance fut telle qu’à la fois elle fut remise en place, mais aussi que les moniteurs proposèrent d’en faire un scénario de psychodrame. L’élaboration fut difficile car elle voulut immédiatement jouer le rôle de la mère adoptive, ce qui fut refusé puisqu’une des règles est de ne pas transposer la réalité. Comme j’avais manifesté mon réel effroi que de telles conditions d’adoption fussent possibles et que, ce faisant, je m’étais trouvée très critique, méchante et agressive, j’acceptai de jouer le rôle de l’enfant adoptif. Une autre mère se proposa mais, mystère, les choses n’avancèrent pas. Or, dans la réunion suivante, l’après-midi, on constata que nos moniteurs n’avaient encore participé à aucun de nos jeux de psychodrame. La monitrice proposa alors de reprendre le scénario imaginé le matin et de jouer le rôle de la mère adoptive ; elle me demanda si j’étais toujours d’accord pour être l’enfant, et j’acceptai. Je dis que j’avais 10 ans, que je m’appelais Martin et lui demandai son nom à elle ; elle répondit "Maman". La scène se joua pour moi dans un état second ; je fus un petit garçon de 10 ans, malheureux, très râleur, agressif, furieux de s’entendre traiter de "bâtard" par ses copains qui se moquaient de lui et, ne comprenant pas exactement le sens de l’injure, reprochait le tout à sa mère. Celle-ci, attentive, disponible, "contenante" fit s’exprimer Martin. À ma grande surprise, je pus avoir un discours d’enfant totalement désemparé, ne sachant où il en est : c’est quoi un bâtard ? pourquoi ses copains se moquent-ils ? qui sont ses parents ? ses vrais parents ? pourquoi est-il différent des autres ? pourquoi a-t-il été abandonné ? parce qu’on ne l’aimait pas ? mais pourquoi ? parce que ses parents sont morts ? La mère, patiente, proche, répondit que Martin avait été mis à l’orphelinat parce que ses parents qui l’aimaient n’avaient pu l’élever et que, dans cet orphelinat où travaillaient alors ses parents adoptifs, il les avait en quelque sorte " choisis ", s’éveillant et manifestant un plaisir particulier lorsqu’ils s’occupaient de lui, ce qui les avait amenés à "répondre à sa demande" et à l’adopter. Il était leur fils qu’ils aimaient. Martin, partagé entre l’incrédulité et un plaisir intense, ne peut y croire, continue à se plaindre de ses copains qui se moquent, qui sont trop méchants, et avec lesquels il ne veut plus jouer..., cela jusqu’à ce que sa mère lui réplique : "Mais, toi aussi, tu leur dis des vacheries !" Et le moniteur arrête le jeu.

J’ai vécu là un moment d’une rare intensité, d’émotion profonde, découvrant en moi un discours ignoré. Celle des participantes qui avait dit la veille avoir été abandonnée dans l’enfance déclara que les questions de Martin avaient été les mêmes que les siennes autrefois...

Le cinquième et dernier jour connut d’autres moments marquants, mais la journée abrégée, l’attente et le désir du retour à nos vies "de tous les jours", l’imminente dispersion de tous, réduisaient notre implication et perturbaient notre investissement. Pourtant, un jeu me fit comprendre quelque chose de mon histoire : sa vie durant, j’avais trouvé que mon père – homme de devoir – s’était peu intéressé à la mienne ; or, peu avant sa mort, quand il eut 83 ans et que bien des épreuves nous avaient marqués l’un et l’autre, il put se montrer attentif et intéressé. J’avais jusqu’alors pensé qu’il avait vraiment mis du temps à y réussir mais, là, dans le jeu, je pouvais aussi constater que je m’étais sans doute mise moi-même dans une position tellement défensive à cet égard qu’il avait fallu aussi que je sois enfin prête à l’écouter... pour qu’il puisse me parler. Les responsabilités étaient donc partagées, différentes de ce que j’avais cru, en toute bonne foi. Ce fut pour moi une révélation. Je pus dire aussi comment il avait alors pu disparaître sans que ce fut dramatique pour moi. "Disparaître ?", demanda quelqu’un ; oui, disparaître seulement, car il restait présent pour moi, son image interne étant restaurée.

Après un recul de quelques mois et de nombreux échanges, je constate que j’ai pu faire là une expérience particulière de ce qu’a été mon rapport aux autres et, de façon privilégiée, à la souffrance de certains autres (et quelle part de moi sollicitaient ceux-là ?). J’ai aussi découvert des aspects de moi que je ne soupçonnais pas clairement mais qui procédaient de mon histoire et que j’avais à considérer : quelle attente avais-je, de façon générale, de mes partenaires ? Quelle forme d’autorité me faisait réagir dans tel ou tel sens ? Quel groupement de quelques-uns m’attirait pour m’y intégrer ou me faisait m’éloigner et restreindre mes échanges ? Quel fonctionnement de groupe convenait à mon confort et calmait mon angoisse ? Dans quelle situation, au contraire, devais-je me replier ou réduire ma présence ? Quelle part de mon histoire, le récit de certains mobilisait-il en moi ? A quoi me renvoyait cette rencontre à plusieurs ? Que se passait-il là pour moi d’analogue à ce que j’ai à vivre ordinairement, sans pouvoir y réfléchir ? Que m’a donc fait revivre plus ou moins vivement cette pluralité de personnes rassemblées : ma famille, mon enfance, mon histoire ? Et que faisais-je auprès de certains, sinon de tenter de les réparer et de me réparer en même temps ? De m’assurer de mon droit d’exister ? [...].

A. T.

(1) Séminaire de psychodrame analytique de groupe du Ceffrap (3, place Édouard-Renard 75012 Paris), dont voici l’argumentaire :
" Nos actions de thérapeutes sont avant tout relationnelles. Quelle que soit notre référence théorique, en tant que cliniciens nous sommes en lien avec l’autre, le patient, avec ceux auxquels il est lié, avec les établissements et aussi avec les institutions familiales, groupales, institutionnelles qui sont les siens. Dans ces différentes circonstances, notre fonctionnement psychique est fonction, au-delà de notre savoir, de ce que la présence de l’autre, des autres, des groupes, mobilise en chacun de nous. Et ces "mouvements" psychiques influent sur le travail clinique immédiat ou lointain. Nous ne leur prêtons pas toujours attention mais, pourtant, ils sont intéressants et utiles à découvrir. Ce travail, qui ne se fait pas spontanément, peut être réalisé dans des situations de recherche aménagées à cet effet.
Ainsi en est-il de certains séminaires résidentiels où des participants (soignants, psychologues, psychiatres, responsables d’institutions, assistants sociaux) partagent pendant quelques jours une situation de "petit groupe". Là, chacun est mis en position de découvrir ce qu’il éprouve du fait des autres, du fait de chacun des autres, du fait de la présence d’autres groupes en parallèle (comme dans les institutions), du fait aussi de la présence de deux analystes dans chaque "petit groupe".
Ceux-ci ont à poser et à maintenir la rigueur du cadre (lieux, horaires, règles de fonctionnement) et à intervenir pour éclairer quand nécessaire ce qui se passe au cours des séances et qui n’est pas immédiatement perçu par les participants.
Dans ces séances sans thème préalable, chacun est invité à s’exprimer aussi librement que possible, ce qui permet de découvrir certains des effets que génère la situation. "
Le Ceffrapretour texte

 

 

 

 

INDEX 2001

I – Actualité Professionnelle – SPF

Numéro de
LA LETTRE
VIE SYNDICALE ACTUALITÉ PROFESSIONNELLE PSYCHIATRIE SALARIÉE ASSOCIATIVE HOSPITALISATION PSYCHIATRIQUE,
PUBLIQUE ET PRIVÉE
PSYCHIATRIE LIBÉRALE CASP
101
JANVIER
p. 15 : Conseil, 09.12.00. ME. p. 10 : Le point au 31.12.00. PS. p. 11 : Demandes de revalorisation salariale. RS.
p. 12 : Projet de révision de la loi du 30.06.75. RS.
p. 10 : Actualité professionnelle. PS.
p. 14 : 2000-2001 : Des avancées en pratique publique. JYC.
p. 28 : Quitter le public ? JYF.
p. 10 : Actualité professionnelle. PS.

p. 13 : PH à Temps partiel. PM-VP-CPo.

102
FÉVRIER
p. 3 : Convocation AG, 24.03.01
p. 4-5 : Rapport moral. PS.

 

 

p. 4-5 : Rapport moral. PS.
p. 21-22 : Évolutions structurelles et conséquences. JDA.
p. 4-5 : Rapport moral. PS. p. 4-5 : Rapport moral. PS.
p. 20 : Nouveau " Grenelle " de la santé. PS.
p. 20 : Grève de PH à Temps partiel. VP-CPo.
103
MARS

 

 

p. 11-12 : Le point au 28.02.01. PS.

 

 

p. 11-12 : Actualité professionnelle (Cour des comptes). PS.
p. 12 : PAC.
p. 11-12 : Actualité professionnelle. PS.
p. 13 : Arrêts de travail : la pression monte. JYF.
p. 9 : PH à Temps partiel.
104
AVRIL
p. 10 : AG, 24.03.01. ME.
p. 11 : Conseil, 25.03.01. CM.
p. 17-18 : Liste des nouveaux Conseillers.

 

 

 

 

p. 13 : Progrès social ? JYC. p. 12 : PH à Temps partiel. VP.
105
MAI

 

 

p. 3-4 : Le point au 30.04.01. PS.

 

 

p. 3-4 : Actualité professionnelle. PS.
p. 6 : Diplôme des infirmiers en psychiatrie.
p. 3-4 : Actualité professionnelle. PS. p. 4 : Journée d’Action des PH à Temps partiel .PM-VP-CPo.
106
JUIN
p. 5 : Bureau, 19.05.01.

 

 

 

 

 

 

p. 8 : Bon baisés ! CM.

 

 

107 SEPTEMBRE
p. 11 : Conseil, 30.06.01. CM. p. 12-13 : Le point au 31.08.01. JDA-JYC-PS. p. 12-14 : Actualité professionnelle. PS. p. 12-14 : Actualité professionnelle. PS. p. 10 : Télétransmission. CM.
p. 12-14 : Actualité professionnelle. PS.
p. 14 : L’euro. HSo.
p. 19 : Nouvelle Journée d’Action des PH à Temps partiel. PM-VP-CPo.
108
OCTOBRE
p. 1 : Non à la dépsychiatrisation et à la démédicalisation de la santé mentale. PS.
p. 7 : Conseil commun, 30.06.01. JMH-CM.
p. 14 : Bureau, 15.09.01. PB.
p. 21 : Faut-il bouleverser l’organisation des
soins en psychiatrie ? PS.
p. 13 : Position du SPF et de l’AFP sur la pratique des psychothérapies. PS-CV.
p. 19 : Le point au 30.09.01. PS
p. 20 : Entretien avec le Dr Obrecht. CM.

 

 

p. 19 : Actualité professionnelle. PS. p. 19 : Actualité professionnelle. PS.
p. 23 : L’euro. HSo.

 

 

109
NOVEMBRE

 

 

p. 4-5 : Le point au 31.10.01. JYC-PS-JDA. p. 4-5 : Actualité professionnelle. JDA.
p. 19 : Conférence nationale des Présidents de CME. MH.
p. 4-5 : Actualité professionnelle. JYC. p. 4-5 : Actualité professionnelle. PS.
p. 6 : Télétransmission. CM.
p. 25 : L’euro. HSo.
p. 7 : PH à Temps partiel.
p. 8-9 : Douze points pour construire l’avenir en psychiatrie. OB.
110
DÉCEMBRE
p. 3 : Conseil commun, 10.11.01. JMH-CM.
p. 20 : Conseil, 10.11.01. CM.
p. 1 : Le monde change... PS.





 

II – Activités Scientifiques et Culturelles – AFP

 

Numéro de
LA LETTRE
VIE ASSOCIATIVE
- JOURNÉES SCIENTIFIQUES
- COLLOQUES
- CONFÉRENCES
LES PSYCHOTHÉRAPIES ET LA LOI
SISM 01/02
CÉLESTE
TRIBUNE LIBRE
101
JANVIER
p. 5-7 : Bureau, 09.12.00. CV. p. 4 : Psychiatrie et modernité, Grenoble. CG-MV.
p. 17-18 : Le temps de soigner, le temps de revivre. MD.
p. 19 : Un siècle de psychiatrie, un siècle de psychanalyse, quelles perspectives ? Brest. JYC.
p. 3 : Actes du colloque du 23 mars 2000. CV.

 

 

p. 18 : Ma chère Hathor.

 

 

102
FÉVRIER
p. 6 : Convocation AG, 24.03.01.
p. 7-10 : Rapport moral. CV.
p. 1 et 13-15 : Responsable mais pas coupable, Paris. PR
p. 11 : Un siècle de psychiatrie, un siècle de psychanalyse : quelles perspectives ? Brest. JYC.
p. 16 : L’homme qui parle, Paris. YM.
p. 17 : Penser la psychose " avec " : la trithérapie du patient psychotique, Saint-Étienne. DG-CA.

 

 

p. 18 : Historique. p. 24 : Io a taon.

 

 

103
MARS

 

 

p. 4 : Penser la psychose " avec " : la trithérapie du patient psychotique, Saint-Étienne. DG-CA.
p. 5-7 : La réhabilitation, Ajaccio. JTD.
p. 19 : Rencontres de la psychiatrie, Paris. JDB.
p. 8 : Rebondissements. CV.

 

 

p. 23 : Anghula-Maria.

 

 

104
AVRIL
p. 5 : AG, 24.03.01 et Conseil, 25.03.01. JMH.
p. 15-16 : Conseillers.
p. 6 : Penser la psychose " avec " : la trithérapie du patient psychotique, Saint-Étienne. DG-CA.
p. 7 : L’homme qui parle, Paris. YM.
p. 9 : Qu’en est-il du courant psychodynamique dans la psychiatrie actuelle ? Bordeaux. MD.

 

 

 

 

p. 25 : Céleste-des-Alpes-méridionales.

 

 

105
MAI

 

 

p. 1 et 14 : Croyances et identité, Nice. JYF.
p. 8-9 : Qu’en est-il du courant psychodynamique dans la psychiatrie actuelle ? Bordeaux. MD.
p. 15 : Un siècle de psychiatrie, un siècle de psychanalyse : quelles perspectives ? Brest. JYC.

 

 

p. 10-11 : Objectifs et historique. p. 24 : Ton amie Hathor.

 

 

106
JUIN
p. 9-10 : Bureau, 19.05.01. JYF. p. 11 : Penser la psychose, avec... Jacques Dufour, Saint-Étienne. DG-CA.
p. 11 : Après Saint-Étienne... CV.
p. 12 : Croyances et identité, Nice. JYF.
p. 13 : L’homme qui parle, Paris. YM.
p. 16-17 : Psychiatrie et psychothérapies, un débat actuel, Paris.

 

 

p. 18 : SISM 2001, du 8 au 13 octobre. p. 23 : Anghula-Maria.

 

 

107 SEPTEMBRE
p. 5-6 : Conseil, 30.06.01. JMH. p. 7 : L’homme qui parle, Paris. YM.
p. 9 : Croyances et identité, Nice. JYF.
p. 15-17 : Psychiatrie et psychothérapies, un débat actuel, Paris.
p. 4 : Points de vue officiels. CV. p. 8 : SISM 2001, du 8 au 13 octobre. p. 25 : Marguerite II.

 

 

108
OCTOBRE
p. 4 : Bureau, 15.09.01. YC.
p. 7 : Conseil commun, 30.06.01. JMH-CM.
p. 5 : L’homme qui parle, Paris. YM.
p. 6 : Croyances et identité, Nice. JYF.
p. 15-17 : Psychiatrie et psychothérapies, un débat actuel, Paris.
p. 13 : Position du SPF et de l’AFP sur la pratique des psychothérapies. PS-CV.

 

 

p. 23 : Céleste-des-Alpes-méridionales.

 

 

109
NOVEMBRE

p. 14 : Croyances et identité, Nice. JYF.
p. 15-17 : Psychiatrie et psychothérapies, un débat actuel, Paris.
p. 13 : Vigilance... CV.


p. 25 : Le veau story. p. 10 : S. Bialek.
p. 11-13 : Halte au feu. CV.
110
DÉCEMBRE
p. 3 : Conseil commun, 10.11.01. JMH-CM.
p. 8 : Conseil, 10.11.01. JMH.
p. 9 : La schizophrénie dans tous ses états, Reims. JHM.
p. 10 : L’homme qui parle, Paris. YM.
p. 15-17 : Psychiatrie et psychothérapies, un débat actuel, Paris.

 

 

p. 11 : SISM 2002, le prix de la santé mentale. p. 22 : Céleste de la Drôme. p. 4-6 : M. Yvonneau.
p. 6 : J-P. Rumen.
p. 6-7 : C-L. Luong.

 

III – Dossiers - Articles de référence – Divers

Numéro de
LA LETTRE
- DOSSIERS
- ARTICLES DE RÉFÉRENCES
- CHRONIQUE JURIDIQUE
- IN MEMORIAM
– LES FLANCS DE L’AVENTIN
- CULTURE
- INTERNATIONAL
- REGARDS
PSYCHIATRIE EN EUROPE
PSYCHIATRICUS
PAS DE DISCOURS SANS LECTURE
- ABONNEMENTS
- ADHÉSIONS
- INTERNET
101
JANVIER
p. 1 : Troisième millénaire. JDB.
p. 19 : Quelle qualité de soins voulons-nous défendre ? DS.
p. 22-25 : Index 2000.
p. 8 : Balayages sur l’An 2000. JYF.
p. 11 : Unité de la psychiatrie. SDK.

 

 

p. 20 : Lettre ouverte à M. le Ministre de l’Éducation Nationale. p. 20 : Ouvr. parus fin 2000. p. 7 : Abonnement LLPF.
p. 16 : Bull. adh. SPF.
p. 21 : PF N° 3/00.
102
FÉVRIER
  p. 17 : Gel et printemps. SDK. p. 24 : Luxembourg, Norvège. HSo. p. 26 : Travail des femmes, la nuit. p. 25 : L’enfant, ses parents et le psychanalyste. AM. p. 16 : Cde cassettes Langage.
p. 23 : Bull. adh. SPF.
103
MARS
p. 1 et 9 : Demain Esquirol. JPR.
p. 3 : Secrets de famille (BD). ST.
p. 13-14 : Information des patients (ANAES).
p. 4 : L’aventure continue. SDK.
p. 15-16 : Prix Littéraire Charles Brisset 2000. MD-AH.
p. 17 : Effraction. JT.
p. 22-23 : Allemagne, Italie, Suisse. HSo. p. 25 : Palmarès des hôpitaux. p. 21 : Ouvr. parus en déc. 2000 et janv. 2001. p. 28 : Abonnement LLPF.
104
AVRIL
p. 1 : AFP-SPF : Deux présidents pour des objectifs communs. PS-CV.
p. 3 : Psy... cause toujours ! BJ.
p. 19 : Responsables et coupables. RL.

p. 13 : Pétition en faveur des femmes enceintes.
p. 19 : Appel à témoins. JYF.
p. 22 : Projet Association française et malgache de santé mentale.
p. 23 : Je suis fou. VS.

p. 24 : Allemagne, Suisse. HSo. p. 26 : Effets de la violence. p. 21 : Ouvr. récemment parus. p. 7 : Cde cassettes Langage.
p. 14 : Bull. adh. SPF.
p. 20 : PF N° 4/00.
105
MAI
p. 16 : Y a-t-il un psychiatre dans l’avion ? CV.
p. 18 : Le stress professionnel. RP.
p. 7 : Un espoir pour La Haye. CV.
p. 21 : Les médecins en politique. JYF.
p. 21 : Actions thérapeutiques. JYF.
p. 19 : Réunion UEMS. HSo. p. 25 : Une atmosphère " humaine " dans les hôpitaux. p. 22 : Ouvr. récemment parus. p. 5 : Bull. adh. SPF.
p. 6 : Abonnement LLPF.
p. 13 : Cde cassettes Langage
p. 17 : Site internet.
p. 20 : PF N° 1/01.
p. 25 : Abonnement LLPF.
106
JUIN
p. 1-3 : Politiquement incorrect ! JMH.
p. 6-7 : PMSI-psychiatrique. JDB.
p. 7 : PMSI : l’ombre d’un doute. AA.
p. 10 : Arrêt " Perruche ". CV.
p. 19 : Rapport Piel-Roelandt. CV.
p. 20-21 : Autopsie d’un collège de FMC…
DS.
p. 8 : Loft story. PS-CM.
p. 14 : La peine de mort aux États-Unis. JYF.
p. 19 : Zoo-loft. CL.
p. 22 : Jeunesse et alcoolisme. HSo. p. 24 : Application du PMSI. p. 24 : Ouvr. récemment parus.
p. 25 : Psychanalyser. AM.
p. 3 : Abonnement préfér. LLPF.
p. 4 : Bull. adh. SPF.
p. 26 : Annuaire 2001-2002.
107 SEPTEMBRE
p. 1 : Halte au feu ! CV.
p. 21 : Rapport Piel-Roelandt. HV.
p. 23 : Progrès médical et qualité de vie
au XXIe siècle. AA.
p. 4 : Charles Durand. RMP.
p. 6 : Milosevic devant le Tribunal de La Haye. JDB.
p. 20 : Italie, Pays-Bas, Allemagne. HSo. p. 23 : Le PMSI. p. 24 : Ouvr. récemment parus.
p. 24 : Mentalities/Mentalités. RMP.
p. 2 : Abonnement préfér. LLPF.
p. 3 : Annuaire 2001-2002.
108
OCTOBRE
p. 10 : Rapport Piel-Roelandt. JPR. p. 4 : Vu du divan - et du fauteuil. AB-DR.
p. 19 : À Toulouse : silence, oubli, déni. HSt.
p. 24 : La littérature contemporaine et son avenir. MP.

 

 

p. 25 : Halte à l’évaluation. p. 24 : Ouvr. récemment parus. p. 3 : Abonnement préfér. LLPF.
p. 11 : Annuaire 2001-2002.
109
NOVEMBRE
p. 1-2 : L’exclusion de la psychopathologie. RM. p. 3 : De l’Euro à l’Europe. HSo.
p. 20 : Femmes et santé mentale. NG.
p. 21-22 : Valence différentielle des sexes. FH.
p. 22 : Centre Primo-Levi. CPa-SA.
p. 24 : UEMS. Nouvelle Directive " Médecins ". HSo. p. 6 : Continuité des soins. p. 27 : Ouvr. récemment parus.
p. 27 : Droit, déontologie et soin. SDK.
p. 2 : Abonnement préfér. LLPF.
110
DÉCEMBRE
p. 3 : Santé mentale ET psychiatrie. BJ.
p. 12-13 : Plan de santé mentale. AFP/SPF.
p. 22 : " États de service ". JYF.
p. 26 : Du sang et des larmes : la dépression de l’enfant. FC.
p. 26 : Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. HSo. p. 27 : Les directions administratives dans les hôpitaux. p. 23 : Ouvr. récemment parus. p. 2 : Abonnement préfér. LLPF.
p. 10 : Cde cassettes Langage
p. 14 : Annuaire 2001-2002.
p. 19 : Bull. adh. SPF.
p. 21 : PF N° 2/01.


INDEX DES AUTEURS

SA Sibel AGRALI RL Romain LIBERMAN
AA Alain AMAR CLL

Can-Liem LUONG

ANAES Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation de la Santé PM Paul MACHTO
CC Chantal ARTINIAN CM Claude MANDRY
JDA Jean-David ATTIA YM Yves MANELA
JDB Jacques-David BEIGBEDER RM

Roger MISÈS

PB Patrice BERTON AM André MISSENARD
SB Sophie BIALEK RMP Robert-Michel PALEM
OB Olivier BOITARD CPa Carlos PARADA
AB André BROUSSELLE VP Vincent PERDIGON
CO Comité d’Organisation RP Roland PFEFFERKORN
YC Yannick CANN MP Michel POLAC
FC Françoise CORET CPo Christian PORTELLI
JYC Jean-Yves COZIC PR Philippe RAPPARD
MD Michel DEMANGEAT DR Dominique REYDELLET
JTD Jean-Toussaint DESANTI JPR Jean-Pierre RUMEN
ME Michel EISELÉ RS

Roger SALBREUX

JYF Jean-Yves FEBEREY HSo Harald SONTAG
CG Christine GINTZ DS Dominique SOTTY
NG Nathalie GISBERT HSt Hubert STOECKLIN
DG Danièle GUILLAUME PS Pierre STAËL
JMH Jean-Michel HAVET VS Vincent de SWARTE
MY Marc HAYAT JT Jacques TEPHANY
FH Françoise HÉRITIER ST Serge TISSERON
AH Annette HUGUET MV Monique VANIN
BJ Bernard JOLIVET CV Christian VASSEUR
SDK Simon-Daniel KIPMAN HV Henri VERMOREL
CL Christine LAMOTHE MY Michel YVONNEAU

 

 

 

 

 

GRAINS DE SEL PSYCHIATRIQUE

Psychiatrius

Nous voici dotés d’un Plan de Santé mentale ministériel. En soi, ce serait une bonne chose. Mais même si des médecins "experts" y ont contribué, c’est un plan essentiellement administratif, pour ne pas dire technocratique.

Si le secteur n’a pas atteint tous ses objectifs, c’est précisément parce que l’on en a confié la gestion aux directions hospitalières dont les intérêts étaient divergents avec ceux du travail dans la communauté. On parle de façon vague de conseils locaux de santé mentale à mettre en place, mais l’on supprime l’échelon départemental et on ne parle pas du régional : c’est pourtant au niveau des cantons pris en charge par un secteur, du département et de la région que les personnels de santé mentale peuvent envisager de travailler avec les élus. À défaut, si on ajoute les exigences de compatibilité posées entre tous les dispositifs existants, tout le pouvoir est entre les mains de l’Agence régionale de l’hospitalisation et des autres instances préfectorales. Les soignants ? Quant aux usagers et à leurs familles... Nos Semaines d’information sur la Santé mentale ne sont pas mentionnées, alors que le Plan prévoit de faire de l’information... Il envisage la spécialisation en psychiatrie des infirmiers donnant des soins psychiatriques, sans dire qui la paiera ni si ceux-ci acquerront ainsi le statut d’infirmier spécialisé.

Les soignants de service public sont invités à cerner "les lieux où il leur faudrait être présents" et à réaliser "un assouplissement des délais de rendez-vous". Il faudrait avant tout déterminer les besoins... René Diatkine disait, il y a bien longtemps, qu’il était criminel de "dépister" un enfant qui ne pourrait pas être pris en charge dans un délai de moins de trois mois. Or, aujourd’hui, les besoins déjà connus ne sont pas convenablement couverts dans la plupart des secteurs. Il n’y a donc rien de moins urgent que de dépister les besoins encore latents dans la population, mais dont on sait qu’ils existent dans cette période de crise générale de la société.

Enfin, gloire aux technocrates de la santé, le PMSI psychiatrique sera mis en œuvre dans quatre régions pilotes (!). À ce sujet, le médecin-chef d’une institution soumise au PMSI général depuis déjà deux ans déclarait : "On pourrait peut-être arrêter, maintenant qu’ils connaissent ce qu’il en est de notre activité régulière !"

P.

 

 

 

 

 

 

LES CHEMINS DE LA CONNAISSANCE VOUS CONDUIRONT...

RÉUNIONS ET COLLOQUES

EN FRANCE

… FÉVRIER 2002

à NANTES, le 1er : Conférence de la Société Psychanalytique de Paris sur Freud, la part sociale. Renseignements : Dr M. Sanchez-Cardenas, 29 bis rue de la Chézine, 44100 NANTES - Tél & Fax : 02 40 73 50 18 - E.mail : drmsanchezcardenas@wanadoo.fr

à LYON, le 2 : Colloque du Groupe Lyonnais de Psychanalyse sur Psychanalyse dans la Cité, les adolescences et le psychanalyste. Renseignements : GLP, 25 rue Sala, 69002 LYON - Tél : 04 78 38 78 01 - Fax : 04 78 38 78 09

à PARIS, le 2 : Colloque de l’Association Internationale d’Histoire de la Psychanalyse sur La rencontre manquée Freud / Jung. Renseignements : AIHP, 8 rue du Commandant Mouchotte, 75014 PARIS

à PARIS, les 2 et 3 : Week-end de travail du GERPEN sur L’observation du bébé selon la méthode d’Esther Bick. Renseignements : GERPEN - Tél & Fax : 01 45 94 16 30

... MARS 2002

à BOULOGNE-SUR-MER, le 7 : 13e Journée Annuelle du Centre Hospitalier sur Psychiatrie, éthique et droits de l’homme. Renseignements : Dr B. Naili Douaouda - Tél : 03 21 99 30 36 - Fax : 03 21 99 30 58

à PARIS, le 11 : Soirée clinique du Groupe International du Rêve-Éveillé en Psychanalyse sur Transfert et Rêve-Éveillé. Renseignements : GIREP, 80 rue de Vaugirard, 75006 PARIS - Tél & Fax : 01 42 22 75 14 - E.mail : girep@girep.com

à REIMS, du 14 au 16 : L’AFP, la Société de Psychiatrie de Champagne-Ardenne co-organisent avec d’autres associations un Congrès sur La schizophrénie dans tous ses états. Renseignements : Reims Champagne Congrès, 12 bd Gal Leclerc, 51100 REIMS - Tél : 03 26 77 44 60 - Fax : 03 26 77 44 47

à PAU, les 15 et 16 : Rencontres de la Société Internationale de Psychopathologie de l’Expression sur Art-thérapies et personnes âgées. Renseignements : Dr G. Roux, SIPE, 27 rue du Mal Joffre, 64000 PAU - Tél & Fax : 05 59 27 69 74 - E.mail : sipearther@aol.com

à PARIS, les 15 et 16 : XXes Journées d’Étude du Groupe de Recherche sur l’Autisme et le Polyhandicap sur Autisme, polyhandicap. Renseignements : GRAP, HJ G. Vacola, 44 quai de la Loire, 75019 PARIS - Tél : 01 42 02 19 19 - Fax : 01 42 02 87 47 - E.mail : georges-vacola@wanadoo.fr

à LYON, le 16 : IIe Colloque de l’Association Libres Cahiers pour la Psychanalyse sur De l’auto-érotisme à l’œuvre. Renseignements : Association LCPP, 2 ter rue Pr Calmette, 69008 LYON - Tél : 04 78 75 08 43

à TOURCOING, le 16 : 3e Colloque de l’ALEPH sur Effroi, peur, angoisse. Clinique des violences contemporaines. Renseignements : Dr E. Fleury - Tél : 03 20 92 58 42 - E.mail : efleury@libertysurf.fr

à PARIS, le 18 : Conférence de l’Hôtel de Lamoignon, Le langage des sourds, avec C. Cuxac. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

Partout en France, du 18 au 23 : Semaine d’Information sur la Santé Mentale sur " En parler tôt pour en parler à temps " : le prix de la santé mentale. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

à PARIS, le 21 : Journée d’Étude de l’ADEP, du CTNERHI sur Expérience subjective du handicap somatique. Renseignements : Mme R. Martinez, CTNERHI, 236 bis rue de Tolbiac, 75013 PARIS - Tél : 01 45 65 59 40 - E.mail : edition.ctn@wanadoo.fr

à PARIS, les 21 et 22 : Séminaires de Génétique. Renseignements : Gpe Hosp. Necker - Enf. Malades, Secteur orange porte 1, Tour Lavoisier, 149 rue de Sèvres, 75743 PARIS CEDEX 15 - Tél : 01 44 49 51 52 - Fax : 01 44 49 51 50

à PARIS, les 21 et 22 : Journées de Formation des Séminaires Psychan. de Paris sur Soulager le jeune de sa souffrance. Renseignements : Mme L. Bailly, Sém. Psychan. de Paris, Allée de Croisilles, 28210 SAINT-LAURENT-LA-GÂTINE - Tél : 01 46 47 66 04 - Fax : 01 46 47 60 66

à CERGY-PONTOISE, le 22 : Journée de la Fédération de Psychiatrie de l’Hôpital de Pontoise sur Le suicide, les tentatives de suicide et les stratégies de prévention. Renseignements : Dr M. Taleb - Tél : 01 30 75 43 25 - E.mail : taleb@ch-pontoise.fr

... AVRIL 2002

à PARIS, le 6 : Débat du Quatrième Groupe sur le livre de Patrick Miller Le psychanalyste pendant la séance. Renseignements : Dr G. Lévy, 4 rue Dante, 75005 PARIS - Tél : 01 46 34 59 74 - Fax : 01 43 54 31 45

à BÉZIERS, les 25 et 26 : 13es Rencontres Nationales de Périnatalité sur Au-delà de l’amour maternel… Renseignements : Mme Badiola Tél : 04 67 49 87 05

à SAINT-VICTOR-SUR-LOIRE, le 27 : Journée AFP/ Ass. des Psychiatres Libéraux Stéphanois sur Penser la psychose " avec " : violence et violence psychotique. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

... MAI 2002

à STRASBOURG, les 3 et 4 : XXXVe Congrès National de l’UNAFAM sur De l’Hôpital vers la cité, à la recherche des chaînons manquants. Renseignements : UNAFAM, Congrès 2002, 34 route de la Fédération, 67100 STRASBOURG - Tél & Fax : 03 88 65 96 40

à ANNECY, du 8 au 12 : 31es Journées franco-suisses pour médecins et soignants sur Formation à la relation soignant-soigné. Renseignements : Journées d’Annecy – Ass. Franç. pour la Format. à la relation soignant-soigné, c/o Dr F. Berton, 33 rue Côtes Reverses, 78700 CONFLANS-SAINTE-HONORINE

À L’ÉTRANGER

… FÉVRIER 2002

à MARRAKECH (Maroc), du 18 au 20 : 2es Rencontres Internationales de l’Association Marocaine des Psychiatres d’Exercice Privé sur Psychiatries 2002 : nouvelles approches cliniques et transculturelles, réalités pratiques. Renseignements : AMPEP, 75 rue Taha Houcine, Casablanca, Maroc - Tél & Fax : 212-22 49 12 29 E.mail : ampep@psymaroc.ma - Site internet : www.psymaroc.ma

… MARS 2002

à BUDAPEST (Hongrie), du 21 au 23 : Conférence Thématique de l’Association Mondiale de Psychiatrie sur Conséquences psychologiques et psychiatriques de la violence. Renseignements : Blaguss-Volánbusz Congress Bureau, H-1365 BUDAPEST, P.O. Box 706, Hungary - Tél : +36-1 374 7030 - Fax : +36-1 312 1582 - E.mail : pappvid@congress.blavo.hu

… MAI 2002

à STOCKHOLM (Suède), du 4 au 8 : 11es Congrès de l’Ass. Européenne de Psychiatrie sur Psychiatrie, science et humanité européennes dans les soins de santé. Renseignements : AEP, A. Khoury, Strandvejen 171, PO Box 41DK-2900 Hellerup, Copenhage, Danemark - Tél : +45 3946 0510 - Fax : +45 3946 0515 - E.mail : amal@ics.dk

à LA HAVANE (Cuba), du 5 au 8 : Rencontres franco-argentino-cubaines de Psychiatres du Monde et l’Hôpital psychiatrique de la Havane sur Les psychoses : approche psychiatrique, approche psychanalytique. Renseignements : Mme C. Magureanu - Tél : 01 43 74 74 40 - E.mail : corina.m@noos.fr

à DAMAS (Syrie), les 6 et 7 : VIIes Colloque International de psychosomatique sur Psychosomatique : nouvelles perspectives. Renseignements : CIPS, 56 av. Mozart, 75016 PARIS - Tél : 01 42 30 99 41 - Fax : 01 45 20 28 75 - E.mail : c.i.p.s@free.fr - http://cips.free.fr

La Lettre de Psychiatrie Française
147 rue Saint-Martin - 75003 Paris - Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

Editeur : Association Française de Psychiatrie / Syndicat des Psychiatres Français (A.F.P. / S.P.F.)
Tirage 13.800 ex. - Dépôt légal Janvier 2002- Prix au n° 3 € - Commission Paritaire N° 72689.

Directeur de la publication : Jacques-David Beigbeder - Rédacteurs en chef : Jean-Yves Cozic, Jean-Yves Feberey
Comité de rédaction : Michel Eisele, Michel Gayda, Jean-Michel Havet, Jean-Jacques Kress, Romain Liberman, Claude Nachin, Madeleine Rivière, Pierre Staël, Christian Vasseur.
Secrétaire de rédaction et Régie publicitaire : Annie Triniac
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