Éditorial

Jean-Toussaint Desanti

Michel Sapir

Bulletin d’abonnement LLPF

Déni de la souffrance psychique ?

Manifestation, le 10 mars

Convocation à l’Ass. Générale du 23.03 SPF

Convocation à l’Ass. Générale du 23.03 AFP

SPF
- Rapport moral 2001
- Bureau 19.01
- Embellie pour le médico-social ?
- Dernières nouvelles

AFP
- Rapport moral 2001
- Bureau 19.01
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- La schizophrénie dans tous ses états (Reims, mars)
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- Penser la psychose avec B. Rosenberg (St-Étienne, avril)

Céleste

Démographie médicale

Psychiatricus

Pas de discours sans lecture

Psychiatrie en Europe

Nouvelles syndicales

FFP/APAL

Courrier des lecteurs

Psychiatrie Française

Chemins de la connaissance

 

LES "SAUVAGEONS" (bis) (1)

Jacques-David BEIGBEDER

Il s’appelait Moussa B. Il était venu me voir en décembre et nous avions évoqué ses difficultés, ses craintes mais aussi ses espoirs. Nous n’avions pas convenu de nous revoir mais je m’étais mis à sa disposition. Il m’avait parlé sans détours et sans crainte, et sa mort prématurée(2) me touche beaucoup. Je partage l’inquiétude des jeunes des cités qui ne savent pas que dire, que faire, et surtout que penser, sinon brûler des voitures pour être en conformité avec l’attente des médias. Ils en ont brûlé beaucoup.

Demain, avec les élections, on va reparler de sécurité. La surenchère, j’en suis sûr, ne manquera pas. Chacun des candidats aura son couplet sécuritaire et il leur sera tellement commode de parler d’eux, les sauvageons, de la nécessaire tolérance zéro, du bien-fondé des maisons de correction rebaptisées, de la suppression des allocations familiales pour les parents. On évitera ainsi, à peu de frais, de parler des délinquants d’une autre envergure qui, pour certains d’entre eux, solliciteront nos suffrages. Démagogie que cela ?

Non ! Le pédopsychiatre doit composer avec cette réalité-là. Oui, elle fait partie de l’environnement de l’enfant et de l’adolescent ! Il ne peut ignorer la dure réalité sociale des familles qu’il croise. Il ne peut ignorer ce que les enfants entendent. Il ne peut ignorer ce qu’ils disent. Dans beaucoup de familles, on ne maîtrise pas le français ; 30 % des enfants des Mureaux quittent l’école primaire non-lecteurs et l’arrivée au collège est, pour beaucoup d’entre eux, dramatique. "Des bandits", disait une directrice de collège à propos de certains : "Nous allons faire le ménage !", précisait-elle.

Ainsi va la France républicaine qui les tue quand ils atteignent l’adolescence !

Et pendant ce temps-là, la Commission des programmes de l’Éducation nationale réfléchit, à la demande du ministre, sur ce que pourrait être un contenu des enseignements conforme à la volonté des... inspecteurs !

Ce que Moussa nous enseigne, avec beaucoup d’autres, c’est que les jeunes aujourd’hui, mieux que leurs aînés, connaissent la valeur de la parole échangée, le prix et le poids de la subjectivité. Rien ne les intéresse tant que d’entendre parler de santé mentale, de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, d’éprouver la force de la pensée, les mécanismes de son élaboration. Ils ont soif de ce savoir-là qui leur parle d’eux-mêmes et les aide à affronter le présent.

Alors s’il vous plaît, chers collègues, à l’heure des choix, ne perdez pas de vue le Secteur, ne perdez pas de vue l’immense potentiel que représente la pédopsychiatrie dans son organisation, n’acceptez pas qu’elle soit "PMSIsée", "instrumentalisée" par la technostructure, et réduite à la portion congrue par déficit de gestion. Et surtout ne perdez pas de vue les jeunes des banlieues. Ils sont le monde à notre porte. Ils sont un repère fondamental de l’état de notre société. Saurons-nous les protéger ? Saurons-nous les intégrer et les associer à notre développement ? Saurons-nous nous rassembler pour tisser autour d’eux fraternité et solidarité ?

Si oui, Moussa n’aura pas perdu son temps en venant me voir.

J-D. B.
Les Mureaux

(1) Cf. La Lettre de Psychiatrie Française, N° 83 (mars 1999).retour texte
(2) Décédé, le 2 janvier à l’hôpital de la Salpêtrière, atteint par un tir de police au terme d’une course-poursuite...retour texte

 

 

JEAN-TOUSSAINT DESANTI (1914 - 2002)

Jean-Pierre RUMEN

Nous étions à Ajaccio, sur ses terres, ce 18 novembre 2000.

Jean-Toussaint Desanti avait fini son exposé et nous tentions de prolonger le silence, comme si nous voulions ressaisir l’écho de ses paroles. Ce fut un instant un peu magique fait de la conjonction du propos et de la manifestation de ce sujet, lui en l’occurrence, qui se tenait dessous, selon son propre dire. Ce sujet dont il venait de nous rappeler que les Anciens le savaient hypokeimenon. Notion évidemment refoulée par ceux qui prétendent le "réhabiliter", ce sujet, voire "restaurer sa dignité", en fait renforcer les aliénations imaginaires à des fins évidemment instrumentales.

J’ai eu, ce jour-là, le sentiment qu’il nous sauvait du désespoir, qu’il nous montrait comment échapper à un destin voulu par d’autres et qui aurait fait de nous les ustensiles de l’human engineering. J-T. Desanti avait renoué les fils de notre identité, avec notre fonction, celle, primordiale, de penser la folie de l’homme, de répondre à l’interrogation "Qu’est-ce qu’il y a ?". Fonction médicale quant à son fondement et sans laquelle nous ne serions que des supplétifs.

Ce faisant, il poursuivait un combat de toute une vie, le même qui lui fit prendre les armes contre le nazisme, le même qui lui fit, après en avoir été leurré, se lever contre le stalinisme, le même qui lui faisait transmettre sa discipline, écrire sa quête, combien ardue, d’une articulation rigoureuse des idées et même, jusque dans l’exercice des mathématiques, poursuivre l’élucidation de la nature du sujet. C’est dire pourquoi et combien il était proche de ceux d’entre nous qui se veulent conscients de leur acte, combien il nous était fraternel.

Eh bien ce frère nous est mort, ce dimanche 20 janvier, après une ultime lecture d’Aristote dans le texte. Il nous faudra désormais, comme on dit, faire sans lui, essayer de maintenir la dignité de notre position sans ses indications, combattre la haine du concept sans son aide.

Ce sera le seul hommage véritable qui puisse lui être rendu, et aussi le témoignage de notre présence auprès de Dominique Desanti, son épouse dont, outre les livres, il faut connaître la participation immense quoique insue à l’œuvre de Touki, comme disaient ses amis, ses élèves.

C’est dans ce golfe d’Ajaccio, dans cette mer qui sépare et unit les deux rives qui étaient les siennes, qu’il a demandé que ses cendres soient dispersées.

J-P. R.
Ajaccio

 

 

 

 

MICHEL SAPIR (1915 - 2002)

Voici ci-dessous la retranscription de l’allocution prononcée par Jean-Jacques Kress lors des obsèques, le 15 janvier 2002.

Jean-Jacques KRESS

J’aurai recours à quatre termes pour évoquer aujourd’hui Michel Sapir, selon mon propre regard, comme me l’ont demandé ses proches auxquels j’exprime ma très amicale sympathie.

Élégance : la silhouette, les postures, l’accent et l’ensemble des expressions de Michel Sapir étaient empreints d’une élégance légère. Cette élégance était la marque d’un style et ce style nous attirait. Cet attrait nous donnait accès, avec la prime du plaisir, à ce que Michel Sapir avait à nous transmettre.

Intelligence clinique : à partir de quelques éléments d’un cas, son coup d’œil rapide et pénétrant savait opérer des rapprochements inattendus et découvrir des angles nouveaux, révélateurs, qui s’intégraient à notre compréhension et nous accompagnaient dans nos propres tâches.

Courage : Michel Sapir a partagé avec d’autres le courage de représenter le fait mental, psychique comme disait Charles Brisset, au sein de la formation médicale et de la médecine praticienne ; mais il a eu, exceptionnellement, sur un autre front, le courage de représenter le fait du corps face à l’emprise théorique parfois méprisante de la psychanalyse, pendant plusieurs décennies lorsque son discours était dominant. Mais aussi, il a su maintenir ses questionnements, sa pratique et son enseignement face au mur épistémique de la corporéité.

Authenticité : voici une dimension qui peut paraître en contradiction avec le voile brillant de l’élégance. Cependant, l’authenticité de Michel Sapir se manifestait par ce qu’il induisait dans son entourage. Venant d’autres milieux, fréquentant d’autres groupes institués, nous étions frappés par cette simplicité des relations. Sans être à l’abri des tensions et des rivalités, l’environnement de travail de Michel Sapir était grâce à lui délivré des effets de prestance.

Avec ces quatre termes qui, pour un autre, seraient sans doute différents, Michel Sapir apparaît devant nous comme un "homme de son siècle", un homme du XXe siècle. La photographie qui figure en couverture de son dernier livre(1) et que je contemple depuis quelques jours, résume tous ces discours. En sous-titre, on voit apparaître la référence à Marx et à Freud : "Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud", clin d’œil à Proust. Comme pour compenser la pesanteur de ce grave débat d’idées auquel il a mêlé sa voix, Michel Sapir ajoute : "Mémoires d’un homme de plaisir". Puisse cet éclair du plaisir atténuer aujourd’hui notre tristesse.

J-J. K.
Brest

(1) SAPIR (M.). Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud, Mémoires d’un homme de plaisir, Flammarion, 1998.retour texte

MICHEL SAPIR : UN HOMME LIBRE

Simon-Daniel KIPMAN

Michel Sapir était sans cesse présent pour tout ce qui faisait difficulté, sans cesse intéressé et impliqué dans les questions du moment, sans cesse... et il faudrait que cela s’arrêtât ?

Il a été de tous les combats, de tous les essais, de toutes les avancées de la psychiatrie depuis des décennies, comme il a été de toutes les aventures et de tous les combats du siècle passé. La psychiatrie, la médecine actuelle, à visage humain, n’auraient sans doute pas existé avec une telle force, sans lui.

Il a été présent tout au long des événements qui ont marqué le siècle, en témoin mais surtout en acteur, et toujours du côté de la liberté et de ceux qui souffrent d’une dictature, d’une occupation, d’une idéologie dominante. On dira son courage au sein de la résistance au nazisme, mais je l’ai vu résister aussi à toutes les oppressions scientifiques, culturelles, sociales, institutionnelles, personnelles. Face à la maladie, celle des autres, mais aussi la sienne, il aidait à rester debout, fier, libre. Cette liberté est à la base de l’aptitude au bonheur, de la faculté à jouir des multiples plaisirs que la vie peut offrir, même aux pires moments. Jamais il ne se départissait d’un humour amical et léger. Plus proche des psychiatres, il a été présent quand il s’est agi de l’ouverture (j’emploie ce terme à dessein) de la psychanalyse et de la psychiatrie à la dimension corporelle – tant à travers la relaxation que par ses travaux sur les intrications du somatique et du psychique – et, à l’inverse, quand il fallut rappeler que les affects ont leur mot à dire dans les manifestations corporelles. Il était là lors de la création de la psychiatrie comme discipline autonome (nous essuyâmes, lui et moi, les plâtres des commissions de qualification universitaires mort-nées). Il était là quand, en place de programmes, il eut mieux valu se poser des questions de pédagogie pour les psychiatres (groupes Balint, journées de formation), et ensuite quand il a poussé à l’ouverture (encore) de ces formations à tous les professionnels de santé. Encore il y a quelques années, la création du Prix qui porte son nom, avec la Fondation de France, a montré l’importance des recherches des praticiens de santé (infirmiers, éducateurs, rééducateurs, psychologues, psychiatres...) dans le domaine si vaste de la relation soignante.

Paradoxalement, on peut aussi le dire solitaire. Il sut toujours garder autour de lui des amis, plus que des élèves, ceux-ci devenant ses amis sans doute parce qu’il les considérait avec respect et à égalité. Sociable, drôle, gentil, disponible, son enseignement par l’exemple et l’échange semblait aller de soi. Mais solitaire quand même, parce que ses combats d’avant-garde l’ont toujours laissé en marge de l’establishment, parce qu’il se voulait praticien (donc chercheur et enseignant) par ses actes plutôt que par son statut.

Partout, tout le temps, il a promené son regard et son attention affectueuse, discrète et amusée, sur les hommes et les événements. Proche et toujours différent, il fut, il est un frère, un frère aîné qu’il faisait bon suivre parfois, imiter sans le vouloir, écouter toujours.

S-D. K.
Paris

 

 

 

 

 

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DÉNI DE LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE ?

Hubert STOECKLIN

Au cours de ma formation médicale, j’ai acquis l’idée que la médecine et la psychiatrie peuvent entretenir des relations allant dans le sens d’un enrichissement mutuel. Tout particulièrement à la policlinique psychiatrique du CHU de Strasbourg, dirigée par le Professeur Lucien Israël, où il y avait une union des compétences et une collaboration très enrichissante entre soignants qui offraient un terrain de formation exceptionnel où psychiatres, psychanalystes, psychologues, médecins, chirurgiens mettaient leurs compétences en commun au service de la compréhension du malade. Ce qui s’est ainsi fait sous l’impulsion de L. Israël était remarquable car probablement unique : un psychanalyste, chef d’un service universitaire de consultation psychiatrique ! Ce n’est pourtant qu’un exemple de ce qui s’est fait en France dans ce que je qualifierais de lutte contre l’histoire qui sépare les malades mentaux des autres malades : séparer les fous, et leurs psychiatres, des gens dits "normaux" et de leurs spécialistes. La psychiatrie (et quelques fois la psychanalyse) est entrée dans les services hospitaliers ; parfois par "la petite porte", mieux tolérée, de la psychosomatique. Partout des contacts se sont noués, en ville, dans les réunions de FMC, les congrès, les colloques, pour le plus grand bien du sujet malade unifié. Cela n’a pas été sans efforts ni sans moments difficiles mais, cahin-caha, des liens se sont établis entre la psyché et le soma jusque dans les magazines et les médias, comme si un tournant décisif avait pu être pris.

Pourtant, la résistance à ces mouvements demeure parfois vive. Un exemple récent, après la catastrophe qui hante encore nos mémoires, est horrifiant tant par la teneur du propos que par son indécence. Un bref rappel des faits : à Toulouse, le 21 septembre 2001, l’usine AZF explose avec de terribles effets immédiats encore bien visibles, et des séquelles considérables encore à évaluer. L’hôpital psychiatrique Marchant, voisin, est dévasté. Quelques semaines après, une décision ministérielle réquisitionne une partie de l’hôpital Larrey, désaffecté. Et c’est dans ce contexte qu’est rédigée et signée, par "les médecins du projet des voies respiratoires" de cet hôpital, une lettre terrible aux propos qui semblent d’un autre âge. En voici un extrait :

"(...) La proximité de patients psychiatriques au sein de l’Hôpital Larrey est susceptible d’apporter des bouleversements considérables dans l’exercice de notre spécialité. L’accueil plus fréquent de patients psychiatriques ayant une pathologie respiratoire qu’il sera de notre devoir de soigner sera inévitable. Sur la base de quelques expériences passées sur les sites de Rangueil et de Purpan, il y a là un risque majeur de choquer et d’éloigner la population des patients de notre recrutement habituel (asthmatiques, en particulier). D’une manière plus générale, nous redoutons l’aura négative extérieure de cette cohabitation imposée. Toute la population toulousaine sait aujourd’hui que l’Hôpital Marchant s’installe à l’Hôpital Larrey. La mesure de cet impact sur la notoriété et l’image de la Clinique des voies respiratoires n’a pas été évaluée à son juste niveau. Dans le contexte médiatique actuel, il risque d’être difficile d’expliquer à la population régionale, malgré les efforts de la cellule de communication, que l’Hôpital Larrey n’est pas qu’un hôpital psychiatrique (...)"

Après le temps de la sidération et de la colère, j’ai du mal à penser. Peut-il y avoir une réponse à nos confrères médecins, universitaires, signataires de ces lignes ? J’ai beau me rappeler que l’inconscient existe pour le meilleur et pour le pire et que la part d’ombre qui nous constitue n’est pas facile à regarder ni à diriger, je ne peux accepter que certains confrères prônent le rejet du malaise psychique (devenu parfois maladie psychiatrique) de l’autre, en pensant éviter de souffrir eux-mêmes. Et d’ailleurs comment, en rejetant les malades mentaux, les "autres" malades iraient-ils mieux ?

Je peux accepter d’évaluer notre responsabilité vis-à-vis de notre inconscient, tant cela touche à une éthique personnelle. Depuis Freud, nous savons que nous ne pensons pas toujours ce que nous voulons ! Par contre, il en va tout autrement des écrits. Ces lignes ont engagé gravement leurs signataires médecins sur la voie de l’intolérance et du rejet, les rendant suspects quant au respect dû à toute vie humaine. Comment ont-ils pu en arriver là ? Et, en prenant cette direction-là, comment entendent-ils rester simplement humains dans leur pratique médicale ? Mon malaise s’accroît lorsque me reviennent certains comportements médicaux et certaines directives déontologiques qui ne laissent que si peu de place à la parole, tels les difficultés ordinales concernant les certificats médicaux pour les enfants, ou l’instrumentalisation vécue par les patients autour des consultations pour stérilité, ou le rejet par certains cancérologues de malades pour qui "il n’y a plus rien à faire" (même pas leur dire qu’un soutien psychologique est possible ?), ou encore le manque d’explication aux patients sur la réalité des actes techniques pratiqués sur eux, ou enfin le manque de temps pour expliquer des résultats...

Toutes ces paroles non dites deviennent porteuses d’un excès de souffrances inutiles. Comment des médecins ont-ils pu en arriver à écrire et à diffuser largement leur choix d’un rejet qualifié ? Pour ma part, leur démarche me révolte. Et vous ?

H. S.
Castres

 

 

 

 

 

APPEL À TOUS LES PSYCHIATRES LIBÉRAUX

MANIFESTATION,

LE DIMANCHE 10 MARS 2002, À PARIS,

pour :
• la revalorisation des actes de consultation des psychiatres,
• la rediscussion d’une convention unique spécialistes-généralistes,
• la modernisation de la Nomenclature.

D’ici là, encore et toujours, maintenez :
• une large application du D.E.,
• un boycott de la télétransmission,
• une suspension des vacations hospitalières,
• une grève de participation aux commissions administratives.

Syndicat des Psychiatres Français : 147, rue Saint-Martin - 75003 Paris
Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

 

 

 

 

VOUS ETES INVITÉS à PARTICIPER
(ou à VOUS FAIRE REPRÉSENTER)

à l’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
du SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAIS

qui se tiendra le SAMEDI 23 MARS 2002, de 14 H à 17 H 30,

au CENTRE WALLONIE BRUXELLES (à 100 mètres de notre siège social) :
46 rue Quincampoix 75004 Paris

Cet avis tient lieu de convocation

ORDRE DU JOUR :

  1. PRÉSENTATION DU RAPPORT MORAL
    Discussion, vote
  2. PRÉSENTATION DU RAPPORT FINANCIER
    Discussion, vote. Cotisation 2002
  3. DISCUSSION GÉNÉRALE :
    • Situation d’ensemble de la psychiatrie
    • Refonte de la Nomenclature
  4. QUESTIONS DIVERSES

 

 

 

 

 

VOUS ETES INVITÉS à PARTICIPER
(ou à VOUS FAIRE REPRÉSENTER)

à l’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
de l’ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE

qui se tiendra le SAMEDI 23 MARS 2002, de 9 H 30 à 11 H,

au CENTRE WALLONIE BRUXELLES (à 100 mètres de notre siège social) :
46 rue Quincampoix 75004 Paris

Cet avis tient lieu de convocation

ORDRE DU JOUR :

  1. PRÉSENTATION DU RAPPORT MORAL : Discussion, vote.
  2. PRÉSENTATION DU RAPPORT FINANCIER : Discussion, vote. Cotisation 2001.
  3. DÉBAT OUVERT SUR NOTRE POLITIQUE SCIENTIFIQUE :
    1. États généraux de la psychiatrie.
    2. Penser la psychose.
  4. FMC : Définition de nos objectifs
  5. QUESTIONS DIVERSES

PROCHAINES MANIFESTATIONS AFP

14-16 Mars : JOURNÉES DE REIMS : La schizophrénie dans tous ses états
18 Mars : Conférence sur LE LANGAGE (C. Cuxac) : Le langage des sourds
18-23 Mars : SEMAINE D’INFORMATION SUR LA SANTÉ MENTALE
27 Avril : JOURNÉE DE SAINT-ÉTIENNE : Penser la psychose "avec" : violence et violence psychotique
17 Juin : Conférence sur LE LANGAGE (P. Lacoue-Labarthe) : Philosophie du langage
12 Octobre : JOURNÉE DE LYON : Violence, haine et racisme
7-9 Novembre : JOURNÉES DE BRUXELLES : Penser la psychose, accompagner le psychotique
7 Décembre : JOURNÉE DE SUZE-LA-ROUSSE : Psychiatrie et humanisme
17-18 Janvier 2003 : JOURNÉES NATIONALES : Penser la psychose : soigne-t-on encore les psychotiques ?

 

 

 

 

SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAIS

RAPPORT MORAL

DOSSIER

C’est mon premier rapport d’activité en tant que secrétaire général du Syndicat des Psychiatres Français. Il me paraît difficile à établir ; il me paraît difficile de rendre compte d’une année d’activité syndicale, tant celle-ci fut dense et émotionnellement chargée. Il est possible que, vue du côté des adhérents, en particulier libéraux, cette année paraisse sans intérêt puisque sans avancée en ce qui concerne le CNPsy. Pourtant, au niveau du Conseil et du Bureau du Syndicat, ce fut une année riche en discussions et en travaux.

  1. LES RÉSULTATS
    1. Les syndicats médicaux ont cessé un combat, celui de la résistance à la télétransmission. En effet, l’application stricte du Règlement minimum par de nombreuses CPAM et les sanctions qui l’accompagnent ont conduit les différents syndicats à demander aux médecins de ne plus résister mais au contraire d’offrir la télétransmission aux assurés sociaux, comme ce Règlement les y oblige. Cela nous permet maintenant, après quelques mois, de faire grève de la télétransmission. Est-ce un combat perdu, une arme dans les négociations, même si, comme dans toute grève, ce n’est pas seulement le partenaire désigné (les Caisses) qui en fait les frais, mais aussi les patients ?
    2. La réduction du temps de travail des praticiens hospitaliers : les quatre intersyndicales des praticiens hospitaliers, dont la CHG à laquelle nous appartenons, ont signé le 22 octobre un protocole d’accord sur la RTT. Les principales mesures obtenues sont :
      • le plafonnement à 48 heures hebdomadaires, gardes comprises,
      • le forfait de 20 jours de congés annuels supplémentaires,
      • les nombreuses créations de postes (un leurre ?).
    3. Les psychiatres salariés et les Conventions collectives 66 et 79-93 : l’avenant 10 qui permettrait de ne pas entériner un déficit médical n’est toujours pas agréé, le recours devant le Conseil d’État n’ayant pas encore abouti ; l’avenant 11 qui favorise les carrières, de leur début à la 28e année, est entre les mains du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité et de celui des Finances ; l’avenant 12 qui précise les domaines de compétence des médecins spécialistes et des médecins généralistes est signé. Il peut permettre de renforcer le pôle médical dans les Institutions ; l’avenant 13 relatif aux jours de formation supplémentaires est signé et en voie d’agrément par le ministère.
      Les praticiens hospitaliers et les praticiens salariés semblent assez satisfaits de ces négociations qu’ils ont conduites et des résultats qu’ils ont obtenus – rappelons-le – à la suite de manifestations et de grèves.
    4. Les cliniques privées ont réussi, de haute lutte, à obtenir une rallonge budgétaire pour faire face à l’ARTT de leur personnel.
  2. LES ACTIONS EN COURS
    1. Les Psychothérapies.
      Nous nous sommes efforcés de faire limiter l’exercice des psychothérapies aux seuls psychiatres et psychologues cliniciens, en conservant la nécessité de la prescription et du suivi par un psychiatre, c’est-à-dire en réaffirmant le caractère médical de toute psychothérapie. Nous avons dit notre opposition à la création d’un statut spécifique de psychothérapeute lors de notre entretien au Ministère avec l’AFP, et l’avons répété via l’entretien du CASP avec le même Ministère. Nous devons veiller à la sortie des textes législatifs à ce sujet afin de proposer des amendements pour ceux qui ne seraient pas conformes à nos souhaits. Il reste à veiller aussi à la qualité de la formation initiale et continue des psychiatres aux psychothérapies.
      Ces points font l’objet de discussions au sein de l’Union Européenne des Médecins Spécialistes (UEMS), les psychiatres européens étant confrontés aux pressions de groupes de soi-disant psychothérapeutes qui cherchent une reconnaissance de leurs instituts de formation et de leurs pratiques.
    2. La Nomenclature et le CNPsy.
      Jusqu’à présent, nous avons bénéficié d’une seule lettre clé qui facilitait nos cotations. Il s’agissait d’un acte moyen, le CNPsy. Les orientations actuelles, au sein tant des Caisses d’Assurance Maladie que du Ministère ou même du G7, sont de différencier les actes, de les décrire et de les hiérarchiser avant de les rémunérer, et la tendance serait de multiplier les lettres clés (par 2 ou 3, pour notre spécialité). Des divergences sont apparues au sein du Conseil et du Bureau à ce propos et nous ne pouvons pour l’instant que poursuivre notre débat, sans savoir si nous pourrons maintenir une seule lettre clé, d’autant que nous ne sommes pas les négociateurs. Dans l’immédiat, nous suivons les consignes de la CSMF et du SML, pour essayer d’obtenir une revalorisation de nos actes, avant les discussions proprement dites sur la Nomenclature. La difficulté pour les libéraux est de se faire reconnaître comme partenaires sociaux par le gouvernement lui-même, puisque les discussions avec les Caisses d’Assurance Maladie ne peuvent aboutir de façon satisfaisante et que, même si un accord était obtenu avec elles, celui-ci ne serait pas systématiquement agréé par les Ministères. Les syndicats dits représentatifs cherchent à négocier avec notre Ministre de tutelle. Reportez-vous au nombre d’amendements signés dans les conventions collectives et qui ne sont pas encore agréés, pour comprendre la difficulté de la position des Syndicats médicaux.
    3. L’Évaluation.
      Sous l’égide de l’ANAES, et dans le cadre du décret, des essais sont en cours dans quatre Unions Régionales où nos représentants nous tiendront informés de leurs avancées. Les Sociétés savantes sont associées à l’élaboration des référentiels de l’ANAES.
    4. La Démographie.
      La baisse de la démographie médicale et psychiatrique arrange les pouvoirs publics, car elle permet la mise en place de corps de santé intermédiaires (comme les optométristes face aux ophtalmologues), ce qui risque d’entraîner un glissement de nos pratiques (et nous le dénonçons vivement), mais aussi la dépsychiatrisation progressive des institutions et l’inscription dans le Handicap de ce qui relève de la Psychopathologie.
  3. LES LIENS DU SYNDICAT
    Le Syndicat ne peut fonctionner (à moins de s’alliéner) qu’en relation avec d’autres syndicats ou organisations. Nous maintenons notre participation au CASP, à la CHG, à l’UMESPE, et nos liens avec les Centrales Syndicales et la Fédération des Employeurs des salariés privés.
    Les dernières élections ont permis d’accroître notre présence au sein des URML.
    Nous sommes toujours actifs au sein de l’UEMS.
    Par l’intermédiaire de l’AFP, nous maintenons des liens avec la Fédération Française de psychiatrie et la Fédération des Spécialités Médicales. Pierre Staël et Christian Vasseur ont mis en place des réunions communes des Conseils d’administration AFP-SPF pour renforcer les liens et permettre plus d’échanges et de perméabilité.
  4. LE FONCTIONNEMENT
    1. Le Secrétariat.
      Nos trois secrétaires Valérie Lassauge, Céline Robin-Massé et Delphine Grandeury, sous la direction d’Annie Triniac, sont passées aux "35 heures", en prenant une journée de récupération toutes les quatre semaines et douze jours supplémentaires au cours de l’été. Le secrétariat restera ainsi ouvert toute l’année puisqu’elles ont décidé d’assurer des permanences, même au cours de l’été. Quant à Annie Triniac, la loi ne lui est évidemment pas applicable stricto sensu puisqu’elle ne fait qu’accroître le nombre de ses heures supplémentaires, jamais chiffré ; elle disposera de 23 jours de récupération annuels (qu’on lui souhaite de pouvoir prendre) dont le bilan sera fait au 31.12.
      Le travail qu’elles ont toutes accompli, cette année, est important avec, en prime, la parution de l’Annuaire. Nous souhaiterions que les appels téléphoniques ne commencent que vers 10 h 30 pour leur permettre d’organiser leur journée de travail. Pour avoir passé quelques heures en leur compagnie, je peux assurer qu’elles sont extrêmement sollicitées et qu’elles ne manquent pas d’activité. Pour alléger leurs tâches répétitives, nous investissons dans l’informatique. La mise en place des e-mails permet également une plus grande rapidité d’échanges avec les membres du Bureau ou du Conseil. L’évolution du site Internet commun AFP-SPF reste à préciser.
    2. Le Syndicat.
      Nous souhaitons changer nos statuts afin de les faire passer de ceux d’Association Loi 1901 à ceux de Syndicat professionnel.
      Nos perspectives sont importantes : à court terme, nous nous engageons dans les luttes pour l’amélioration du CPsy et la persistance d’un travail de qualité ; nous avons à veiller au maintien d’une présence psychiatrique suffisante dans les institutions, à inverser la prégnance actuelle de l’administratif sur le médical, à maintenir ce qui est dans le champ de la Psychiatrie sans le laisser glisser vers le champ social.

Claude MANDRY
Secrétaire Général SPF

 

 

 

 

 

Bureau le 19.01.02

sous la présidence de Pierre Staël

  1. Le projet de Rapport moral proposé par le Secrétaire Général est adopté à l’unanimité des membres présents. Seule la question de l’évaluation fait l’objet d’une discussion.
  2. Inquiétudes pour l’exercice de la Pédopsychiatrie (cf. LLPF N° 110). Une nouvelle directive "médecins" votée par le Parlement européen impose, pour 2003, la création d’un diplôme de pédopsychiatrie avec un cursus universitaire de cinq ans, totalement différencié du diplôme de psychiatrie adulte (de cinq ans également). Si elle était appliquée à la lettre en France, cette directive européenne aboutirait à aggraver encore la pénurie de pédopsychiatres ! Nous maintenons donc comme exigence incontournable que les pédopsychiatres soient également habilités à pratiquer la psychiatrie adulte. C’est H. Sontag qui nous représente à l’Union européenne des Médecins Spécialistes (UEMS) : cette Union se réunit régulièrement depuis douze ans, mais sans rien produire de bien constructif, faute de pouvoir. Outre cette question cruciale de la pédopsychiatrie, le Bureau demande qu’elle soit rapidement saisie, au niveau européen, de la question des psychothérapeutes.
  3. La Nomenclature. Le Bureau prend acte de l’accord commun AFP/SPF sur le fait que la cotation de la consultation psychiatrique (CNPsy) est unique, qu’elle ne doit être ni dévalorisée ni divisée mais qu’elle peut être revalorisée par un coefficient multiplicateur (de 1,3 à 2) pour tel ou tel type de consultation (à préciser), et il demande que dans le cadre des négociations en cours au sein de l’U.ME.SPE, le CNPsy soit au niveau 3 : comprenant systématiquement un temps psychothérapique, il doit être maintenu comme différent et supérieur de la consultation des spécialistes. Cette proposition du Bureau est adoptée à l’unanimité des treize membres présents.
  4. Le statut des psychiatres salariés : l’avenant 10, signé entre les syndicats de médecins et les syndicats d’employeurs, prévoyait une augmentation du " temps de psychiatre " parallèlement à la mise en place de la RTT. Après le rejet de cet avenant par le Ministère, et le recours conséquent en Conseil d’État, la concertation a enfin repris avec le Ministère de la Santé.
  5. Au sujet de la présentation du Plan de Santé Mentale de Bernard Kouchner, à la mi-novembre, les responsables de la communication regrettent que l’occasion n’ait pas été saisie d’une véritable offensive médiatique sur le grand malaise de la profession.

Rendez-vous est pris pour le prochain Conseil du 9 février.

Patrice BERTON
Secrétaire Général adjoint

 

 

 

 

 

CCN 66 - CCN 79-93
DANS LA GRISAILLE ENVIRONNANTE,
UNE EMBELLIE POUR LE MÉDICO-SOCIAL ?

Jean-David ATTIA

Faire le point, après trois ans de négociations à un rythme soutenu (3 à 4 réunions de la Commission Nationale Paritaire de négociation par an), paraît intéressant en ce début d’année au moment où le milieu médical et paramédical souffre singulièrement en psychiatrie.

Nos relations avec la Fédération des Syndicats Employeurs se sont approfondies et bon nombre de nos revendications sont comprises et partagées. Elles ont fait l’objet de signature d’avenants conventionnels significatifs. Il est essentiel de comprendre que l’agrément ministériel, sous six mois, des avenants conventionnels est indispensable à leur application et que, préalablement, seule la négociation paritaire permet de soumettre à l’approbation du Ministère des aménagements conventionnels susceptibles de promouvoir notre secteur et notre profession.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

L’avenant 9 a été agréé par le Ministère en 2000. Il confirme une commission nationale paritaire d’interprétation et de conciliation. Cette commission, revitalisée, a constitué un point d’ancrage important dans l’approfondissement commun des difficultés rencontrées par nos employeurs et nous-mêmes.

L’avenant 10. La loi Aubry appelant à des négociations et des accords d’entreprise sur l’ARTT conclus entre Employeurs (Associations) et Syndicats représentatifs (ce qui nous excluait totalement), nous savions bien au plan national que la question de la couverture médicale serait submergée par les préoccupations et les besoins d’autres catégories de personnels. Nous anticipions qu’à défaut d’un accord de branche conservatoire du plateau technique médical, les accords d’entreprises et les aides de l’État iraient au secteur non médical, seul représentatif dans le processus de négociation. Afin d’anticiper et de corriger ce processus inéluctable au niveau des enjeux locaux, nous avions eu la sagesse d’élaborer avec la Fédération des Syndicats Employeurs l’avenant 10 sur l’ARTT qui permettait de ne pas entériner un déficit médical pouvant atteindre 10 % du temps, alors que les files actives sont restées identiques ou se sont accrues, alors que les psychiatres ont à travailler et à se coordonner avec des équipiers plus nombreux du fait des créations d’emplois liées au passage aux 35 heures. Le Ministère a rejeté cet avenant et nous sommes en contentieux à ce sujet en Conseil d’État : la Fédération des Syndicats Employeurs et nous-mêmes nous sommes manifestés à plusieurs reprises auprès du Ministère. Nos contacts récents permettent quelques espoirs dont nous verrons rapidement s’il s’agit d’une orientation réellement positive ou d’un effet d’annonce liée au contexte pré-électoral.

L’avenant 11 revalorise nos carrières (de leur début jusqu’à la 28e année) de façon intéressante. Il prend en compte la valorisation significative du statut et de la grille salariale des praticiens hospitaliers publics, obtenue par le protocole d’accord du 13.03.00. Cet avenant, que nous avons signé en septembre 2001, est dans les mains du Ministère de la Solidarité et de l’Emploi et de celui des Finances. Son refus induirait dans des délais très courts l’aggravation de la pénurie en psychiatres dans nos établissements et services associatifs. Il indiquerait un choix politique de démédicalisation et de déqualification du secteur médico-social. Dès lors, comment le médico-social, déjà pauvre en moyens, lits et places, confronté dans sa file active au long cours à des clientèles et à des pathologies mentales actives, pourrait-il faire face aux missions que l’État et les collectivités territoriales de la République lui confient par agréments, habilitations, conventions ? Cette question cruciale a été abordée lors de la dizaine de rencontres que nous avons eues ces trois dernières années. Nos convergences avec la Fédération des Syndicats Employeurs quant à la défense des soins à apporter aux " handicapés " sont affirmées, et nous ne manquerons pas à la défense de notre secteur. La prise en compte des soins et la médicalisation suffisante sous-tendent aussi, à terme, le financement de notre secteur par l’Assurance Maladie.

L’avenant 12 se propose d’étendre le champ d’application de notre convention aux médecins généralistes qualifiés. Nous l’avons signé en décembre 2001, car :

  • il reconnaît et rappelle le respect des domaines de compétences des médecins spécialistes et généralistes et il renvoie aux textes réglementaires en la matière ;
  • il offre des garanties conventionnelles aux médecins généralistes et une grille de salaires honorable ;
  • il est susceptible de renforcer le pôle médical de nos institutions et de mieux répondre aux besoins de leurs ressortissants.

L’avenant 13 est relatif aux jours de formation supplémentaires. Nous l’avons signé en décembre 2001. S’il est agréé par le gouvernement, il constituera une avancée considérable tant pour la formation professionnelle continue que pour l’obligation de formation médicale prévue par la loi dont les décrets d’application restent à prendre, notamment dans ses aspects de financement spécifique. Cet avenant supprime l’article 12 de notre CCN qui avait pour objet notre perfectionnement et n’ouvrait pas à l’exercice d’un droit aussi clairement exprimé dans l’avenant 13 qui le remplacera : il ouvre droit à "21 jours ouvrables de congé individuel de formation, rémunéré par période de trois années, pour participer à des stages, sessions de perfectionnement et congrès professionnels". Ainsi, dans les cas où nous ne bénéficierions pas du financement du plan de formation qui renvoie à l’avis des Comités d’entreprise et à la décision du directeur, l’autorisation d’absence reste acquise : " le congé individuel de formation est rémunéré sur la base du temps habituellement travaillé dans l’entreprise par l’intéressé ". Ce droit acquis au titre du congé individuel de formation est totalement à différencier de l’obligation légale de formation et d’évaluation à laquelle nous serons prochainement soumis, dans des formes et selon des critères qui ne sont pas encore totalement précisés par les textes. À ce sujet, il est à noter que le projet de réforme du Code de déontologie médicale, aujourd’hui en chantier, prévoit une fonction ordinale dans le cadre de l’évaluation de la formation médicale obligatoire.

Au total, le bilan de nos négociations avec la Fédération des Syndicats Employeurs paraît intéressant. Il est favorisé par une unité syndicale sans faille avec nos amis du SNPP et de la CFE/CGC (Syndicat des Psychiatres Salariés et des Médecins de Réadaptation Fonctionnelle). Il est le corollaire d’une évolution et d’une préoccupation communes partagées avec la Fédération des Syndicats Employeurs du secteur associatif, aujourd’hui mieux sensibilisée aux risques non seulement sanitaires mais aussi de financement par l’Assurance Maladie encourus par un secteur médico-social dépouillé de ses médecins. Sensibiliser localement employeurs et direction, collègues de travail et collaborateurs autour de l’engagement positif de leur Syndicat employeur paraît susceptible de favoriser les négociations locales et d’apaiser certains conflits inutiles. Il est important de noter que ces avenants portent la signature des Syndicats des personnes morales employeurs, et celle de nos Syndicats nationaux. Si le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité les rejetait, il porterait seul la responsabilité de l’aggravation d’une situation déjà précaire dans les " établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées ".

J-D. A.
Nîmes

DERNIÈRES NOUVELLES, le 30 JANVIER

 

 

 

 

ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
RAPPORT MORAL

DOSSIER

Le changement dans la continuité... La formule est si galvaudée que j’ai longuement hésité à l’utiliser pour introduire ce premier rapport moral auquel m’oblige ma nouvelle fonction de Secrétaire Général. Il m’a bien fallu cependant dépasser mes réticences et reprendre cette expression à mon compte puisqu’elle condense fort justement les dimensions et capacités d’évolution et de stabilité de notre association. Changement il y eut bien, puisque les élections de mars 2001 conduisirent à l’installation d’un nouveau Conseil d’administration puis d’un nouveau Bureau. Continuité il ne pouvait qu’y avoir, puisque nombre des membres de ces instances restaient les mêmes et qu’il ne pouvait être question d’abandonner les projets ni les actions mises en place lors de la précédente mandature, ni perdre notre identité en nous engageant dans une modification radicale de notre fonctionnement et de nos objectifs, d’autant que notre évolution s’est faite par le haut, le Secrétaire Général étant devenu Président.

L’une des conséquences immédiates et directement perceptibles des dernières élections fut, en totale rupture avec ce qui était la tradition, la mise en place d’une présidence bicéphale pour nos deux institutions : Christian Vasseur pour l’AFP et Pierre Staël pour le SPF. Ce changement ne fut pas, comme cela est le cas pour tout changement, sans susciter des craintes : on agita même le spectre de la scission. Après un an de fonctionnement, nous pouvons constater qu’il n’en est rien et que les esprits se sont apaisés en éloignant le fantasme courant dans toutes les familles que la différenciation ne débouche sur l’éclatement et la perte de l’unité.

En fait, cette double présidence a démontré par l’usage qu’elle était la source d’un nouveau dynamisme en nous faisant passer du monologue au dialogue. Devant l’ampleur et la multiplicité des tâches qui se présentent à nous pour l’avenir proche de la psychiatrie, la disponibilité du plus grand nombre doit être recherchée, l’important restant – comme toujours – de maintenir ouverts les échanges et les rencontres. C’est pourquoi nous avons mis en place le principe de réunions communes régulières entre nos deux Conseils d’administration, illustrant en cela le sage dicton populaire qui affirme qu’il y a plus d’idées dans deux têtes qu’en une...

L’AFP a été, est et sera toujours attentive au travail du Syndicat et la réciproque est, nous n’en doutons pas, vraie. Nos deux instances poursuivront une collaboration franche, cordiale et soutenue. Nous n’échapperons pas aux inévitables conflits, mais nous saurons les rendre créatifs dans leur résolution..., en attendant les suivants ! La pensée scientifique n’est pas indépendante de la pratique qui elle-même s’appuie sur cette pensée. Cette dialectique est sans fin. Il est nécessaire que nous élaborions en commun notre réflexion afin de proposer des avancées qui ne soient pas de purs et simples actes corporatistes et de ne pas déboucher sur une pensée livrée à elle-même, détachée de tout ancrage dans la réalité de la pratique qui la légitime.

Face à une évolution culturelle qui, trop souvent, dévalorise la pensée et n’attache de prix et de valeur qu’à ce qui est mesurable, vérifiable et surtout immédiatement rentable, il nous importe, à l’AFP et au SPF, de montrer que le médecin, quelle que soit sa spécialité, mais le psychiatre en particulier, ne peut être le simple prestataire de services qu’attendent des technocrates incapables de voir plus loin que l’écran de leur ordinateur, sauf à courir le risque de déboucher sur une pratique qui n’aurait plus de médicale que le nom et dont on pourrait alors prédire la disparition car elle aurait perdu sa raison d’être et son efficacité.

L’AFP et le SPF se retrouvent sur de nombreux points pour lesquels ils peuvent apporter des éclairages différents et complémentaires.

C’est ainsi que, à la demande du SPF, nous avons été conduits à réfléchir aux aspects scientifiques permettant de justifier la Nomenclature des actes dont la CNAM prépare la réforme. Il nous est apparu que la consultation psychiatrique était un acte médical qui ne pouvait être ni dévalorisé, ni divisé, sauf à vouloir en éliminer le sujet de sa préoccupation première. Cette révision de la nomenclature ne peut être réduite à des questions économiques qui conduiraient à penser que la prise en charge d’un patient peut se résumer au simple renouvellement d’une ordonnance réalisée dans la précipitation. La consultation psychiatrique est totale ou elle n’est pas. En revanche, cet acte peut être assorti d’un coefficient multiplicateur (supérieur à 1 !) quand les circonstances en accentuent la complexité ou en augmentent la durée.

La mise en œuvre d’une psychiatrie de qualité implique que le clinicien puisse prendre le temps de réfléchir sur sa pratique, et suppose que soient prises en compte les données de la démographie des psychiatres dont l’évolution dans un avenir proche (dix ans) est catastrophique. C’est l’un des aspects que nous n’avons pas manqué d’évoquer lors de la rencontre commune avec le SPF que nous avons eue, le 05.09.01, au ministère avec Monsieur Olivier Obrecht, conseiller de Bernard Kouchner.

D’autres dossiers nous attendent avec l’urgence d’élaborer des réponses recevables au plan scientifique et éthique par nos autorités de tutelle : le dossier médical, l’évaluation des pratiques et le PMSI psychiatrique, la pratique des psychothérapies, l’information du patient, la formation médicale continue...

Il nous faut en permanence être attentifs à ce qui se prépare, à ce que nous préparent les responsables politiques et leurs conseillers dont on peut souvent se demander s’ils ne méconnaissent pas totalement la réalité et la spécificité de la prise en charge des malades mentaux, qui n’a que peu de choses en commun avec une intervention sur la cataracte, exemple cher à nos interlocuteurs qui aimeraient en faire le paradigme de ce que pourrait être la pratique médicale...

Les pouvoirs publics, se préoccupant de notre avenir, nomment des experts dont les rapports sont parfois surprenants et où il est difficile de s’y retrouver, c’est-à-dire de reconnaître ce qu’il en serait de notre pensée et de notre pratique. Quant aux propositions d’évolution de la profession qui en découlent, elles ne peuvent que susciter les plus vives appréhensions. Notre critique du rapport Piel-Roelandt, dont les conclusions paraissaient avoir été définies à l’avance, se fit sans concession. La psychiatrie libérale ne peut se voir déclarée de ne soigner que les " bleus à l’âme ". Quant à la psychiatrie hospitalière, elle ne pouvait trouver de solutions aux difficultés qu’elle traverse dans une psychiatrie patchwork : imaginer que, pour régler la dramatique question de la désertification médicale des hôpitaux, il suffirait que les psychiatres libéraux consacrent désormais 20 % de leur temps à l’hôpital, souligne à quel point les auteurs méconnaissent ce qu’est la réalité d’une institution et de son fonctionnement.

Fort heureusement, le Plan de santé mentale présenté par Bernard Kouchner au conseil des ministres du 14.11.01 montrait l’esprit de mesure qui avait présidé à son élaboration et nous permit de rappeler, dès le 16.11.01, dans notre communiqué de presse que, depuis longtemps, nous travaillons en réseaux, nous sommes attentifs à la qualité de la relation et aux droits et besoins des patients et de leur entourage, et nous nous soucions d’informer le grand public.

Notre premier Bureau fut consacré à la mise en place de commissions spécialisées, indispensables à notre organisation face à la multiplicité et à l’importance des tâches des années à venir. Celles-ci furent présentées à notre premier conseil d’administration qui les accueillit favorablement. Jean-Jacques Kress est chargé de la commission éthique. Christine Lamothe prit en charge la commission scientifique. Jean-Yves Cozic se chargera de la question du dossier médical. Alain Amar et Jacques-David Beigbeder se chargeront de l’évaluation, du PMSI et des classifications. Gilbert Diebold et Roger Salbreux sont en charge de la formation médicale continue. Françoise Coret est chargée des psychothérapies.

Notre Bureau, actif et motivé, fonctionnera dans l’ouverture et la clarté, sans dissimulation. Sa ligne de conduite sur les années à venir sera le renforcement de l’identité du psychiatre et de sa crédibilité auprès des pouvoirs publics afin d’être en mesure de se réapproprier et de réinterroger la politique de santé mentale. Nous nous devons d’être les acteurs de notre destin, faute de quoi celui-ci nous serait imposé. La psychiatrie a trop souffert d’être prise en otage par différentes obédiences. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en place pour 2003 des États généraux de la psychiatrie, avec le parrainage du Ministère de la Santé et, si possible, dans son enceinte, afin d’amener les politiques à prendre la psychiatrie en considération. Il y avait jadis l’interface de la Commission des maladies mentales, mais celle-ci ne fonctionne plus depuis longtemps. La nécessité d’états généraux de la psychiatrie devient dès lors une évidence tant pour les psychiatres que pour les politiques qui en sont preneurs, sous l’égide de la Fédération Française de Psychiatrie qui, à cette occasion, pourra reprendre les travaux importants qu’elle a engagés sur le " Livre blanc " de la psychiatrie, et en collaboration avec ses associations membres.

Nos activités scientifiques furent, encore cette année, nombreuses et de qualité.

Nos Journées nationales, en janvier 2002, sur "Psychiatrie et psychothérapies" ont connu un franc succès avec une augmentation notable du nombre des participants et surtout du pourcentage des nouveaux inscrits. Nous avons à cette occasion fait un effort financier pour permettre aux internes et aux plus jeunes de nos collègues de participer, car nous pensons indispensable de nous adresser aussi à eux si nous voulons que nos actions trouvent leur prolongement dans l’avenir.

Le thème central que nous avons décidé de travailler au cours de notre mandat est celui des Psychoses. Ainsi s’est tenue le 12 mai 2001 à Saint-Étienne une Journée consacrée à la trithérapie des psychoses (psychothérapie, psychotropes et institution) qui se poursuivra le 27 avril 2002, toujours à Saint-Étienne, sur "Penser la psychose : violence et violence psychotique, avec B. Rosenberg".

Nous aurons du 14 au 16 mars 2002 à Reims un colloque international sur "La schizophrénie dans tous ses états" qui abordera les différents modèles (biologique, psychanalytique, systémique, cognitivo-comportementaliste) permettant d’appréhender cette pathologie.

Se tiendra à Bruxelles, du 7 au 9 novembre 2002, un colloque sur le thème "Penser la psychose... Accompagner le psychotique". Enfin nos Journées nationales des 17 et 18 janvier 2003 à Paris seront consacrées à "Penser la psychose : soigne-t-on encore les psychotiques ?".

Nos Journées régionales connurent également un franc succès. Les 17 et 18 mars 2001 fut organisé à Brest, avec la Fondation Européenne pour la Psychanalyse, un colloque en hommage à Jean-Jacques Kress sur le thème "Un siècle de psychiatrie, un siècle de psychanalyse : quelles perspectives ?". Les 8 et 9 juin 2001 à Bordeaux furent consacrés à une réflexion sur "Qu’en est-il du courant psychodynamique dans la psychiatrie actuelle ?", en partenariat avec l’Union nationale d’aide à la santé mentale.

Nous avons poursuivi notre cycle de Conférences-débats sur les rapports du langage à la psychiatrie "L’homme qui parle", dans le cadre prestigieux de l’Hôtel de Lamoignon à Paris, grâce au travail actif d’Yves Manela. Rappelons que ces Conférences sont enregistrées en cassettes audio et vidéo, disponibles auprès du secrétariat.

Malgré des difficultés d’organisation, nous avons maintenu à Nice en décembre 2001 un colloque sur "Croyances et identité".

Le prix littéraire Charles Brisset a été attribué à Pierre Bergounioux pour Le premier mot (Gallimard). Malgré l’abandon du soutien financier dont nous bénéficions auparavant de la part de l’industrie pharmaceutique, nous avons tenu à maintenir cette activité que Michel Demangeat manage avec efficacité.

Sur le plan éditorial, nos Revues se portent bien. La Lettre de Psychiatrie Française a un nouveau directeur, Jacques-David Beigbeder, et elle continue à fournir à l’ensemble des psychiatres français une information rapide et régulière sur nos activités et sur les questions qui se posent à notre profession. Elle permet des réactions rapides et donne le compte rendu des débats qui s’organisent au sein de l’Association Française de Psychiatrie. Un problème important toutefois demeure : celui des abonnés que nous souhaiterions voir en augmentation afin de pouvoir continuer à bénéficier des avantages de la commission paritaire (coûts d’affranchissement réduits). Nous y travaillons. Grâce à son sérieux, Psychiatrie Française est toujours un ouvrage de référence sur des thèmes majeurs ; son comité de rédaction s’est étoffé, sous la houlette d’Yves Manela.

Enfin, nous avons également poursuivi notre travail d’information du public par le biais de la Semaine d’information sur la santé mentale qui s’est tenue du 8 au 13 octobre 2001, et se tiendra à nouveau du 18 au 23 mars 2002.

Nous nous sommes engagés auprès de la Fédération Française de Psychiatrie pour qu’y soit mise en œuvre une politique plus démocratique de représentation des sociétés qui la composent.

En conclusion, cette année d’installation du nouveau Bureau et du nouveau Conseil d’administration, dans la poursuite de la lancée des activités déjà programmées, fut dense et trop courte à notre gré. Nous attendons de nos membres un jugement sans appel sur nos actions et qu’ils nous fassent remonter leurs souhaits et leurs attentes. Notre regard se tourne vers les générations à venir, que nous voulons préparer à prendre la relève.

Jean-Michel HAVET
Secrétaire Général

 

 

 

 

 

 

ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
Bureau le 19.01.02
sous la présidence de Christian Vasseur

  1. JOURNÉES NATIONALES 2002
    Dans la suite immédiate de ces Journées :
    1. Satisfaction quant à l’organisation, l’affluence des inscriptions et la qualité des interventions.
    2. Sur la forme, il paraît indispensable d’impulser une nouvelle dynamique à leur déroulement. Plusieurs propositions sont évoquées :
      1. répartition différente des interventions, moins nombreuses, ménageant ainsi plus de temps à la discussion et aux questions avec le public ;
      2. organisation d’une Table ronde favorisant les échanges entre les participants puis avec le public, plutôt qu’une succession de mini-interventions ;
      3. support papier diffusé au préalable à chaque participant pour certaines interventions ou rapports.

    D’une façon générale, il s’agit de disposer de plus de temps pour les communications et la discussion et d’éviter la multiplication des interventions.

    Pour mieux répondre à l’attente et aux critiques éventuelles des participants, un questionnaire sera soumis à chaque inscrit de ces Journées 2002 pour toute remarque et commentaire.

    Enfin, il paraît judicieux, pour intéresser et mobiliser les jeunes psychiatres, de leur proposer un certain nombre d’invitations pour les Journées 2003 en échange d’une participation au travail de cette manifestation. Emmanuelle Roche est chargée, à cet effet, de prendre contact avec l’AFFEP.

  2. LES JOURNÉES NATIONALES 2003
    Elles auront pour thème "La Psychose : soigne-t-on encore les psychotiques ?". Le programme, en cours d’élaboration, sera orienté principalement sur la pratique, tant institutionnelle que libérale.
  3. LES PROVINCIALES
    Pas de changements au programme déjà indiqué, sauf pour les Journées de Bruxelles qui sont avancées aux 7, 8, 9 novembre 2002.

    Pour les organisations de chaque Provinciale, il est précisé qu’à l’avenir :

    • un budget prévisionnel équilibré et justifié sera établi (le secrétariat et le trésorier se tiennent à la disposition de toux ceux qui souhaiteraient une aide ou des renseignements à ce sujet) ;
    • le nom de la manifestation sera précisé :
      • pour moins de 25 personnes, il s’agira d’un Groupe de travail ;
      • de 25 à 50 personnes, il sera question d’un Séminaire ;
      • de 50 à 100 personnes, on parlera de Colloque ;
      • enfin pour plus de 100 personnes, Journées ou Congrès, sera notifié ;
    • l’obligation de faire figurer le nom de l’AFP sur les programmes et les annonces dans la mesure où ces manifestations se déroulent sous ses auspices et son assistance.
  4. LA NOMENCLATURE
    L’AFP, en tant qu’association scientifique, rappelle son attachement à l’unicité de l’acte psychiatrique qui ne peut être appréhendé que dans son lien à la subjectivité, quel que soit le mode d’établissement de la relation. Il s’agit d’une position éthique qui s’oppose à la tentative contemporaine de quantification qui placerait le psychiatre comme un prestataire de services.

    Jusqu’à présent, les références des membres de l’Association sont majoritairement psychanalytiques ou psychodynamiques et l’éclatement du CPsy ne correspondrait en aucune façon à cette orientation de leur pratique.

    Après accord avec les représentants du SPF rencontrés le matin même, le Bureau note avec satisfaction l’accord commun AFP/SPF sur le fait que "la cotation de la consultation psychiatrique (CNPsy) ne peut être ni dévalorisée ni divisée : elle est unique ; tout au plus, peut-elle être valorisée par un coefficient multiplicateur (supérieur à 1 !) pour tel ou tel type de consultation, à préciser".

  5. ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA PSYCHIATRIE
    Cette proposition, faite par notre Président, a reçu l’approbation de la FFP. Ces états généraux viseraient l’instauration de nouvelles relations avec les Pouvoirs publics dans le champ de la Santé mentale et devraient donc se dérouler sous l’égide du Ministère de la Santé. Leur organisation s’impose du fait du contexte actuel de la santé mentale, en réaction au rapport Piel-Roelandt, mais également en lien avec les travaux actuels sur le " Livre blanc " de la psychiatrie (pour lesquels J-J. Kress a représenté l’AFP), dont une première présentation aura lieu dès mars 2002.

    Ces états généraux pourraient avoir lieu fin septembre, début octobre 2003, à Paris, organisés en collaboration avec la FFP et sous l’égide du Ministère de la Santé.

  6. RÉACTION
    L’AFP réagit fortement et unanimement au colloque de " psycho-chirurgie " organisé par la neuro-chirurgie et l’INSERM U318 sur la lobotomie, pour affirmer qu’il existe un interdit absolu de cette pratique dans le champ de la psychiatrie.
  7. FMC
    Un nouveau texte pourrait être adopté avant la fin de la législature : il donnerait un nouveau contenu à la formation médicale continue que nous voyons se développer depuis un certain nombre d’années comme un véritable serpent de mer.

    De fait, il est souhaitable que les organismes de formation soient représentés dans les futurs Collèges national et régionaux.

    Un projet de lettre est en cours pour les Présidents des Collèges régionaux que l’AFP avait mis en place en 96-97 et pour chaque conseiller du SPF-AFP.

Yannick CANN
Secrétaire Général adjoint

 

 

 

 

 

 

 

PSYCHIATRIE ET PSYCHOTHÉRAPIES, UN DÉBAT ACTUEL
LES JOURNÉES AFP des 18 et 19 JANVIER 2002

Plaine des Vosges, vallée de la Moselle. Dimanche 03.02.02, 5 h 30 du matin. Nous nous équipons d’une Thermos de café et de rations de survie pour accomplir la mission que nous a confiée la rédaction.

Marie-José MANDRY

Vous me demandez d’écrire mes impressions sur vos Journées auxquelles j’ai participé.

Un mot d’abord sur l’accueil sympathique, le cadre agréable, un tantinet cosy, l’organisation discrète et efficace ; bravo pour les badges style forfait de ski (une idée savoyarde ?) bien plus pratiques que ceux avec épinglettes.

Sur le fond, j’ai apprécié la richesse, la diversité et la densité des interventions, proposées dans un timing, respecté, grâce auquel je n’ai ressenti ni lourdeur ni saturation.

Je retiens de ces Journées que la psychanalyse est vivante. Elle est présente et se pratique au quotidien en différents lieux : institutions, libéral, université. Des professionnels se sont donné les moyens d’être analysants, puis en position d’analystes ; ils savent être créatifs et tenir compte de la réalité du terrain où ils ont parfois à se situer d’abord face à l’urgence grave (T. Bokanowski), mais où il s’agit toujours d’inscrire un travail dans la durée, et quelle durée : M-L. Roux a parlé de vingt ans ! Car la psychanalyse, ici, n’est pas une coloration de surface ; elle retrouve ses lettres de noblesse d’outil séméiologique, et d’ouverture ou de réouverture de la capacité à penser. Et tous les " bombardements " symptomatologiques ne sauraient détruire ce désir " d’échanger une part d’humanité entre quelqu’un qui demande des soins et quelqu’un qui soigne " (J-D. Beigbeder). Définir fermement sa spécificité n’est pas en faire un modèle unique et réducteur, c’est au contraire donner une chance à un travail pluridisciplinaire de s’effectuer. C’est aussi cette ouverture d’esprit que j’ai rencontrée au cours de ces Journées.

Quant au choix, pour le dîner, du restaurant du Dôme du Marais – ancien mont-de-piété, où les personnes en difficulté venaient échanger, maintenant espace convivial au décor décalé à la Pierre Loti –, j’y vois une jolie métaphore.

M-J. M.

Claude MANDRY

Le lendemain, J-F. Allilaire a exposé ce qu’allait devenir la formation initiale des psychiatres, le cadre étant déjà posé d’une formation par l’université à l’épistémologie des principales psychothérapies et où il reviendra à chacun de choisir ses formations personnelles et pratiques. Ma surprise vient de la rapidité avec laquelle cela a pu être mis en place : les psychiatres ne m’ont pas habitué à autant de rapidité pour se mettre d’accord sur un texte ou un canevas.

Merci à l’Association Française de Psychiatrie pour ces trois demi-journées agréables, qui devraient permettre à chacun de se sentir moins seul dans sa pratique et de se conforter dans la tenue à distance du tout-comptable et du tout-biologique.

Merci à Annie et à sa bande pour l’organisation sympathique de ces Journées. Les Actes seront publiés par ailleurs ; ici, il ne s’agit que d’impressions sur soi.

C. M.
Épinal

Dimanche 7 h 30 du matin, à l’est, l’aurore embrase la ligne bleue horizon des Vosges : d’habitude, elle est verte et, sous nos yeux, elle devient rouge. Nous confions notre rapport à une estafette du régiment de transmission qui la remettra en main propre à la rédaction.

 

 

 

 

 

LA SCHIZOPHRÉNIE DANS TOUS SES ÉTATS
N° de formation continue de l'Association Française de Psychiatrie
11 75 250 40 75

REIMS,

Jeudi 14, Vendredi 15, Samedi 16 Mars 2002

PROGRAMME

Jeudi 14 mars

9 H - 13 H AVANT-PROPOS, avec la collaboration de :
Jean DALLERY (Lyon), Christophe DHÔTE (Paris), Annie DOUCE (Reims), Jean GARRABE (Paris), Patrick MARTIN (Paris), Pierre-Olivier MATTEI (Paris), Charles PULL (Luxembourg), Frédéric ROUILLON (Paris), Gérard SCHMIT (Reims).
   
14 H 30 - 18 H

BIOLOGIE, avec la collaboration de :
Therry d’AMATO (Lyon), Jean-Michel AZORIN (Marseille), Maurice FERRERI (Paris), Gwenolé LOAS (Amiens), Philippe LOEFFEL (Reims), Philippe NUSS (Paris), Jean-Pol TASSIN (Paris).

Vendredi 15 mars

9 H - 12 H

PSYCHANALYSE, avec la collaboration de :
Jacques-Édouard BARBIER (Reims), Élisabeth CITTI-WARGNY (Reims), Marcel CZERMAK (Paris), Michel DEMANGEAT (Bordeaux), Jean-Richard FREYMANN (Strasbourg), Michel PATRIS (Strasbourg), Christian VASSEUR (Annecy).

   
14 H - 17 H 30

ABORDS FAMILIAUX ET SYSTÉMIQUES, avec la collaboration de :
Jean-Claude BENOÎT (Versailles), Thierry DELCOURT (Reims), Jean-Michel HAVET (Reims), Jacques MIERMONT (Paris), Bernard PRIEUR (Paris), Mattéo SELVINI (Milan).

Samedi 16 mars

9 H - 13 H

COGNITIONS, avec la collaboration de :
Christine-Vanessa CUERVO (Reims), Jean-Marie DANION (Strasbourg), Marie-Christine HARDY-BAYLE (Paris), Daniel JACQUES (Châlons-en-Champagne), Roland JOUVENT (Paris), Charles-Siegfried PERETTI (Reims), Martial VAN DER LINDEN (Genève), Dawn VELLIGAN (Texas).

   
14 H 30 - 17 H 30

COGNITIVO-COMPORTEMENTALISME, avec la collaboration de :
Jérôme FAVROT (Lausanne), Ovide FONTAINE (Liège), Philippe LEDOUX (Reims), Valentino POMINI (Suisse), Alain RIGAUD (Reims).

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS
Reims Champagne Congrès - Service Résa-Congrès
12 boulevard Général Leclerc - 51100 REIMS
Tél : 03 26 77 44 60 - Fax : 03 26 77 44 47

Comité scientifique : Jacques-Édouard BARBIER - Jean-Michel HAVET - Charles-Siegfried PERETTI - Christian VASSEUR
Comité d’Organisation : Philippe LEDOUX - Élisabeth CITTI-WARGNY
Colloque organisé par : L’Association Française de Psychiatrie (AFP) - L’Association de Recherche et de Soutien de Soins dans le Service de Psychiatrie Adultes du CHU de Reims (ARSPG) - La Société de Psychiatrie de Champagne-Ardenne (SPCA) - L’Association Régionale des Psychiatres pour la Formation (ARDPF) - La Revue « Les Actualités en Psychiatrie »

 

 

 

 

 

« EN PARLER TÔT POUR EN PARLER À TEMPS »

SISM 2002, du 18 au 23 mars

Au lendemain de la présentation du Plan de santé mentale par le Ministre, et avant les échéances électorales du mois d’avril, il a paru nécessaire que cette treizième Semaine s’interroge et nous permette d’interroger les décideurs sur :

Le prix de la santé mentale

On a coutume de dire que la santé n’a pas de prix mais qu’elle a un coût.

Et la santé mentale ? Elle n’a pas de prix non seulement parce qu’elle concerne la qualité de vie de chacun, mais aussi parce qu’elle concourt à la qualité des relations de tous.

  • La prévention ? Quels moyens se donne-t-on, à l’école, au travail, dans la cité, pour rester attentifs aux conséquences des souffrances psychiques ?
  • Le soin ? Quels moyens se donne-t-on pour former et sensibiliser les professionnels à l’écoute et à l’échange ?
  • L’accompagnement ? Quels moyens se donne-t-on pour accueillir et soutenir ceux que la souffrance conduit à l’isolement, voire à l’exclusion ?

Le prix de la santé mentale nous concerne tous : patients, familles, amis, professionnels, élus, décideurs.

 

REGARDS :
  1. À l’Unafam, nous sommes bien placés pour savoir quelle valeur accorder à la santé mentale, et c’est compte tenu de cette valeur que nous posons la question de son coût.
    En psychiatrie comme ailleurs, on supprime aujourd’hui des lits d’hôpitaux. Dans bien des situations, les familles ou les proches paient lourdement le coût de cette déshospitalisation car ce sont elles le plus souvent, sans aide ni soutien, qui accueillent, hébergent, assistent le malade.
    • Soutenir et associer les malades afin de les aider à faire face ;
    • Soutenir et associer l'entourage afin qu'il devienne partie prenante des choix retenus ;
    • Soutenir et associer les équipes soignantes ;
    • Soutenir et associer les professionnels et les responsables de la cité ;
    • Déstigmatiser et changer le regard ;

sont les conditions nécessaires au développement de la santé mentale.
De cette expérience, nous pouvons affirmer que la rupture dans la continuité des soins entraîne un surcoût ultérieur. L’exclusion contre laquelle nous luttons donne lieu à des resocialisations successives qui coûtent cher, et elle est lourde de conséquences tant sur le plan social que sur le plan de la santé publique. La stigmatisation, l’abandon et l’exclusion coûtent plus cher que le soin et l’accompagnement.

Jean CANNEVA
Président de l’Unafam

  1. La maladie mentale a un prix : celui des larmes, des souffrances, des conflits, de l’absentéisme, de l’échec scolaire ou professionnel, des actes manqués et des erreurs passionnelles. À ce prix, socialement très élevé puisque – selon l’OMS – près du quart de la population est atteint, à ce prix auprès duquel les économies que voudraient faire les mauvais gestionnaires de la sécurité sociale sont ridicules, s’ajoute le coût des soins dont nous connaissons le détail, au cent d’euro près, puisque les média nous en abreuvent.
    Mais alors quel serait le prix de la santé ? La santé n’a pas, dit-on, de prix. Le souci de santé (en un mot, la prévention), lui, à un coût. Celui-ci est faible parce que, en France, on ne se soucie de prévention qu’en période électorale, et parce que la réflexion à son propos est encore difficile. Mais on peut, en estimant les besoins de prévention, avoir une idée de l’investissement que représenterait ce souci de santé.
    On ne peut plus en rester aux seules expériences qui, comme la SISM, ne se nourrissent que de l’effort, du courage et de la disponibilité de militants de la santé.

Simon-Daniel KIPMAN
Initiateur de la SISM

Comité d’Organisation : Association Française de Psychiatrie (AFP) • Association Scientifique Française des Psychiatres du Service Public (AFPP) • Centre Collaborateur OMS pour la recherche et la formation en Santé Mentale (CCOMS) • Centre National Audiovisuel en Santé Mentale (CNASM) • Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine (FASM Croix-Marine) • Fédération Française de Psychiatrie (FFP) • Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-Patients en Psychiatrie (FNAP-Psy) • Fondation Santé des Étudiants de France (FSEF) • Ligue Française pour la Santé Mentale (LFSM) • Société Médicale Balint • Union Nationale des Amis et Familles de Malades Mentaux (UNAFAM).

 

 

 

 

 

L’Association des Psychiatres Libéraux Stéphanois
et l’Association Française de Psychiatrie

coorganisent

le Samedi 27 Avril 2002
à SAINT-ÉTIENNE (Château de Saint-Victor-sur-Loire)

une troisième Journée d’études sur le thème
PENSER LA PSYCHOSE " AVEC " :
VIOLENCE ET VIOLENCE PSYCHOTIQUE

Nous sommes parfois confrontés, dans notre pratique clinique quotidienne, à la violence de nos patients. Qu’elle soit agie, verbalisée ou transférentielle, celle-ci ne laisse personne indifférent, ne serait-ce que par la paralysie des processus de pensée qu’elle induit.

Benno Rosenberg exposera les différences entre violence et violence psychotique, et tentera de nous aider à comprendre comment nous pouvons récupérer une fonction alpha afin de retrouver la capacité de penser en situation. La violence étant une énergie brute, comment la contenir, la transformer en mots ou la mettre en latence, afin qu’elle soit reprise dans la suite du traitement puis symbolisée dans l’après-coup ?

Pouvoir penser la violence est aussi indispensable au patient qu’au thérapeute, qui doit pouvoir résister à la diffraction psychique sans pour autant se voir contraint de passer à l’acte, ce qui lui ferait perdre du même coup sa capacité contenante.

Comme d’habitude, cette 3e Journée de "Penser la Psychose..." fera appel à des intervenants de pratiques diverses, infirmiers, internes, psychiatres libéraux qui exposeront leur expérience clinique au contact de la violence dans différents cadres. À la lumière de celle-ci, Benno Rosenberg dira ses perspectives et son écoute de la violence dans la clinique.

Marie-Lise Roux, qui avait inauguré cette série de travaux en mai 2000 sous le titre "Penser la psychose avec Francis Pasche", nous fera à nouveau l’honneur et l’amitié de sa présence.

9 H Accueil par le Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre, Présidente de l’APLS.
   
9 H 15 Allocution d’ouverture par le Dr Christian VASSEUR, psychiatre, Président de l’AFP.
   
9 H 30

Sous la présidence de Christian VASSEUR :
Exposé de Benno ROSENBERG, psychanalyste :
"Violence et violence psychotique"
Modérateur : Dr Christine LAMOTHE, psychiatre.

   
11 H Pause
   
11 H 30 Table ronde et Discussion avec la salle, animées par B. ROSENBERG, C. LAMOTHE, C. VASSEUR.
   
12 H 30 Déjeuner sur place.
   
14 H 15 Exposés cliniques :
  • "Violence chez une patiente état-limite dans l’institution"
    • Dr Stéphane BOYER, psychiatre : " Violence de la première rencontre "
    • Sophie DUPEYRAT, Nicole GRATALOUP, Marie VAUCHER, infirmières en psychiatrie :
      "Destins de cette violence au cours de l’hospitalisation"
  • "Confrontation à la violence psychotique en pratique libérale"
    • Dr Françoise BOURGEOIS, psychiatre,
    • Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre
15 H 15 Table ronde et Discussion avec la salle, animées par B. ROSENBERG, C. LAMOTHE, C. VASSEUR.
   
16 H 30 Synthèse et Clôture des travaux.

Comité d’organisation : Dr Christophe AIMO, Dr Chantal ARTINIAN, Dr Françoise BOURGEOIS, Dr Catherine DELEAGE, Dr Catherine GAUTHEY, Dr Danièle GUILLAUME, Dr Michel MARCON, Dr Philippe MERLEY.

 

 

 

 

 

 


CÉLESTE

En raison de son âge vénérable, Céleste fut dispensée d’aller manifester en ville aux côtés de ses congénères plus jeunes et de ses cousines les brebis. Pour distraire les foules citadines à l’approche d’une fête censée célébrer la paix dans le monde, des édiles avaient eu la curieuse idée de faire arpenter le bitume d’une grande avenue aux ruminants de la montagne. Les hommes la surprendraient toujours... Elle profita de cette journée de grand calme, ponctuée seulement par les mugissements du taureau Tristan, consigné pour d’autres raisons, pour aller fureter dans la bibliothèque qu’elle s’était patiemment constituée, grâce aux promeneurs qui oubliaient chaque été des livres dans les prés. Entre un bloc de sel et un pot d’embrocation, elle tomba sur un fort volume intitulé Le silence des bêtes*, oublié par une jeune femme il y avait deux étés. Elle s’y plongea avec délices, mais ne tarda pas à frémir lorsqu’elle aborda le temps des sacrifices, qui suivait de près la douceur grecque. Satanés humains !

Céleste se rendit compte que la question de savoir s’il est loisible de manger chair avait toujours tourmenté certains humains, en particulier un certain Plutarque, philosophe de son état, qui recommandait de manger peu de bœuf – animal doux, domestique et serviteur du laboureur, expliquait Élisabeth de Fontenay, l’auteur du livre –, afin de rétablir "une ancienne nature humaine, non carnivore, du temps où la cruauté des hommes ne le disputait pas à celle des bêtes sauvages", et de permettre à "l’excellence rationnelle de s’exercer". "Ah, les braves gens !", se dit Céleste en écrasant une larme.

Elle s’émut aussi d’un passage de L’Odyssée, où l’on pria avant d’égorger et d’écorcher "de belles vaches de front large aux cornes torses". Mais d’effrayants prodiges survinrent ensuite, "les dépouilles rampaient, la viande meuglait sur les broches, crue ou cuite, on eût dit la voix même des bêtes". Si elle suivait bien ce que voulait dire Plutarque, il en appelait les humains à une forme de sagesse envers les siens : vous avez le droit de nous tuer si vous avez besoin de nous manger, mais si c’est seulement pour manger mieux, vous nous traitez comme des "friandises" (Amyot) et vous êtes des criminels...

Elle éprouva un mélange d’attendrissement et de révolte en lisant que les anciens Grecs cherchaient à obtenir l’assentiment de l’animal à son sacrifice, pour se disculper de la violence : rites, ornements, mort donnée par surprise, avec un couteau caché dans une corbeille, quel luxe de précautions ! Evidemment, rapporté aux abattoirs industriels, ce luxe serait presque une marque d’humanité plus grande en faveur des Anciens... Céleste fut en revanche bouleversée quand elle lut ce qu’écrivait Ovide dans ses Métamorphoses : "Oui, vraiment, c’est un ingrat, indigne des présents de la terre, celui qui peut égorger son laboureur [le bœuf] à peine délivré du poids de la charrue recourbée, et frapper de la hache ce cou usé par le travail, après s’en être servi tant de fois pour retourner le dur terrain de son champ et pour préparer ses moissons." Était-ce là aussi son destin de vache de moins en moins laitière ? Cette journée de calme allait-elle tourner au cauchemar, à la suite d’aussi édifiantes lectures ?

Elle pensa à ses copines parties gambader en ville : les écervelées ! Son vieux pote Cavanna avait bien raison de titrer "toutes les dindes meurent le même jour" (Charlie-Hebdo, 12.12.01). Lui avait compris, petit garçon, qu’on devait aux animaux bienfaisance et libéralité, en voyant aux devantures "des cadavres [cerf et sanglier] enjolivés de flots de rubans pour faire joyeux...".

Pensant éviter le pire, Céleste s’empara d’un morceau de craie qui servait à écrire le nom des vaches sur une ardoise au-dessus de leur tête, et recopia d’un sabot tremblant une phrase de Plutarque à l’attention de son maître : "Pour ma part, je ne vendrais même pas un bœuf de labour pour cause de vieillesse, à plus forte raison un homme âgé." "Pourvu qu’il ait ses lunettes quand il viendra ce soir !" se dit-elle avant de s’affaler, désormais apaisée, et de reprendre sa rumination.

Céleste des Alpes Méridionales
pcc Jean-Yves FEBEREY, apprenti vacher

* Élisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, la philosophie à l’épreuve de l’animalité, Fayard, 1998

 

 

 

 

 

 

 

DÉMOGRAPHIE MÉDICALE

Un arrêté du 17.12.01, publié au J.O. du 21.12.01, fixe à 4 700 le nombre des étudiants qui, à l’issue de l’année universitaire 2001-2002, seront admis à poursuivre leurs études en deuxième année de médecine. Selon le Quotidien du Médecin (08.01.02), la hausse de 15 % de ce numerus clausus par rapport à l’année précédente se répartit de façon homogène entre les différentes facultés de médecine.

Certes, dans une perspective à première vue démocratique, cette augmentation homogène du numerus clausus peut se justifier. Cependant elle risque d’aggraver, ou au moins de pérenniser, les disparités et les inégalités démographiques régionales des médecins, toutes spécialités confondues. Quand on sait, comme le montrent les enquêtes successives, que les médecins restent attachés à la région où se situe la faculté de médecine où ils ont poursuivi leurs études, on peut se demander s’il n’aurait pas été judicieux d’augmenter davantage le numerus clausus dans les régions très défavorisées au plan de la démographie médicale.

Jean-Michel HAVET
Reims

 

 

 

 

 

GRAINS DE SEL PSYCHIATRIQUE

Psychiatricus

Non à la dépsychiatrisation et à la démédicalisation de la santé mentale, cher Président Pierre Staël, bien sûr(1) ! Mais les syndicats médicaux (y compris le nôtre) et l’Ordre des Médecins ont une responsabilité dans l’établissement d’un numerus clausus déraisonnable à l’entrée des études de médecine et d’une réforme de l’internat qui ne prévoyait pas trois filières (médicale, chirurgicale et psychiatrique). Avec l’illusion de maintenir des revenus privilégiés pour une génération, on a créé les conditions pour que des milliers de postes vacants dans les hôpitaux soient occupés par des médecins étrangers, hors CEE, avec des situations d’esclaves des temps modernes et pour que, trop souvent, les patients soient contraints d’attendre trois mois pour obtenir un rendez-vous d’ophtalmologiste (ou d’autres spécialistes). Némésis aveugle ceux qu’elle veut perdre.

Autant il convient de défendre la dimension relationnelle et psychothérapique de la psychiatrie, autant me semble dangereux notre texte sur les psychothérapies qui sous-entend que tous les psychiatres formés par le DIS seraient à la fois compétents et experts en psychothérapie ! À mon avis, l’exercice des psychothérapies n’est pas par nature un acte médical et il peut être pratiqué par des psychothérapeutes qualifiés sans indication ni suivi psychiatrique. C’était aussi l’avis de Freud, et les psychanalystes américains non médecins ont fini par gagner leur procès contre les psychiatres psychanalystes qui voulaient garder un monopole.

Le sottisier psychiatrique est assez bien représenté dans le rapport Piel-Roelandt quand celui-ci préconise que les psychiatres "après élaboration de projets personnalisés [sic] pass(ent) progressivement la main aux acteurs sociaux". Une partie de l’arrière-garde psychiatrique a déjà bien entendu le message. Certains se réservent les premiers entretiens dans leur service, puis orientent éventuellement le patient pour une psychothérapie vers un psychologue-psychothérapeute sans se soucier de savoir si celui-ci dispose d'une place, ni de la façon dont le patient réagit à cette prescription paradoxale, ni de la possibilité des intéressés de nouer une relation dans ces conditions.

P.

(1)Cf. Éditorial, La Lettre de Psychiatrie Française, N° 108.

 

 

 

 

 

 

PSYCHANALYSE ET PSYCHIATRIE
DEMANDES ET RÉPONSES CONTEMPORAINES,
Jean-Louis CHASSAING (sous la dir.)
Erès (coll. Point hors ligne), 2001, 204 p., 23 €

Yannick CANN

Le fil conducteur de ce livre est avant tout celui de la pratique. Les différents auteurs sont en effet des praticiens de formation psychiatrique, psychologique ou juridique, qui tentent d’apporter une contribution aux mutations de leur discipline, à la tension entre les demandes et réponses contemporaines prises dans un monde qui réclame une adéquation parfaite, une résolution immédiate.

La conférence de Jacques Lacan à la Salpêtrière, au Collège des médecins en 1966, sert de toile de fond à ces réflexions. À partir du concept de demande qui y est développé, les auteurs reprennent des questions actuelles comme le traitement des délinquants sexuels, le traitement de la douleur, l’injonction thérapeutique, les phénomènes psychosomatiques, les progrès de la science. Finalement, c’est la place du sujet moderne qui est interrogée.

Ce livre a le mérite de resituer la psychiatrie dans son lien à la subjectivité, à l’incertitude là où l’idéologie scientifique récuse le défaut, la faille, d’où s’organise cette subjectivité. Comme le rappelle Claude Dumézil : "Plus que d’autres spécialités médicales, la psychiatrie requiert une pratique de la parole au temps diagnostique comme au temps thérapeutique. Que ce soit dans les aspects pharmacologiques d’un traitement, dans la manière de prescrire ou dans les aspects socio-économiques d’une prise en charge, la parole pèse d’un poids qui ne saurait être réduit au bien-dire de la communication ou de la savante compétence."

Alors, au moment où l’on évoque une remise en valeur de "l’acte intellectuel", est-il bien concevable de morceler l’acte psychiatrique pour l’adapter à une nouvelle nomenclature technocratique, dictée par un conformisme présenté comme progressiste (progressisme qui se réduirait au souci volontariste de se mettre en conformité avec l’évolution " nécessaire " de notre temps) ? Doit-on délaisser la pratique centrée par le sujet pour s’adapter à une psychiatrie qui serait ordonnée par l’informatique ?

Ce livre nous l’indique : c’est dans son mode de réponse à ces demandes contemporaines de classifications et de codifications, établies dans un leurre pseudoscientifique, que la psychiatrie risque de se perdre.

Y. C.
Brest

 

 

 

 

PSYCHIATRIE EN EUROPE

LIBRE CIRCULATION DES MÉDECINS :
SUISSE / UNION EUROPÉENNE

Harald SONTAG

Des accords bilatéraux entre l’Union Européenne et la Suisse sur la liberté de circulation de tous les travailleurs et la reconnaissance mutuelle des diplômes des médecins, doivent entrer en vigueur début 2002. Cette situation, que nous connaissons depuis longtemps entre les États de l’Union européenne, est nouvelle pour la Suisse puisque celle-ci a refusé, par référendum en 2001, de faire partie de l’Union (le prochain n’aura pas lieu avant 2007).

La Confédération helvétique est formée de 26 États indépendants dont chacun a son système de santé propre, mais aussi un certain nombre de règlements de niveau fédéral, ce qui rend les choses très complexes. Jusqu’alors les diplômes de spécialistes étaient délivrés par la Fédération des Médecins Helvétiques (FMH) qui a un pouvoir important et, de plus, contrôle la formation médicale continue. À la suite de ces accords bilatéraux, les diplômes devront être d’État (donc fédéraux), ce qui modifie profondément le système médical. Les accords entraîneront sans doute l’unification des politiques de santé entre les états puis une harmonisation avec celle, future, de l’Union européenne. En ouvrant ses frontières aux médecins de l’Union européenne, la Suisse permet aussi l’établissement des médecins suisses au-dehors de leurs frontières, mais ceux-ci se posent la question de " l’équivalence réelle " de leurs diplômes. La densité des médecins en Suisse est très importante, y compris pour la psychiatrie.

Cet accord donne aussi un nouveau pouvoir aux Caisses d’assurance maladie qui pourront choisir elles-mêmes, sur des critères non qualitatifs mais économiques, les prestataires avec qui elles passeront ou non des contrats, ce qui risque d’entraîner une forme de médecine à l’américaine où les médecins les moins "coûteux" sont privilégiés par rapport à ceux dont les prestations sont plus élevées.

Parmi les préoccupations actuelles des médecins suisses, nous retiendrons :

  • la difficulté des négociations tarifaires avec les différentes Caisses d’assurance maladie ;
  • le problème du burn-out des médecins qui, sans espérer les 35 heures utopiques "à la française", sont particulièrement exposés aux pressions sociales et professionnelles ;
  • le problème de la transmission électronique des factures, les médecins étant rémunérés directement par les Caisses ;
  • le problème complexe de trouver des nouveaux débouchés à leurs formations, sous forme de supervisions, de créations de réseaux avec d’autres acteurs de l’offre, de prises en charge des toxicomanes, etc.

H. S.
Strasbourg

 

 

 

 

 

DERNIÈRES NOUVELLES SYNDICALES.

Comme vous le savez, des accords ont été signés entre les Syndicats des psychiatres du secteur médico-social et les Syndicats des Employeurs, qui devaient être validés par nos gouvernants. Or, l’avenant N° 11 vient d’être rejeté, le 30 janvier 2002, parce que les signataires n’avaient "pas suffisamment étudié les conséquences financières de cette signature". Désopilant ! Ceux qui n’ont pas étudié les conséquences financières du passage aux 35 heures reprochent aux autres de ne pas le faire "assez". Nous retrouvons là les mêmes problèmes qu’en clientèle où chacun prête à l’autre les reproches qu’il se fait. L’argent de la Sécu va servir à payer la réduction du temps de travail à 35 heures, mais il ne peut pas servir à une reconnaissance de la valeur du travail des médecins et, plus généralement, des équipes soignantes.

De nombreux confrères, membres ou non du SPF, nous interpellent sur ce que nous faisons pour obtenir une amélioration de leurs conditions de travail et une revalorisation du CNPsy. Nous faisons ce que nous pouvons avec des interlocuteurs de mauvaise foi. Les dernières négociations le montrent : le traitement des médias va davantage dans le sens du pouvoir politique que du nôtre. Le combat des généralistes est le plus médiatique, il est médiatisé, c’est déjà satisfaisant. Quand vous vous demandez ce que nous faisons, nous nous demandons ce que vous êtes prêts à faire pour soutenir une revendication : rien ne s’obtient sans contrepartie et, ici, sans combat.

 

 

 

 

 

 

 

 

RÉUNION FFP / APAL

Michel BOTBOL
Anibal ARECO

Le 5 octobre 2001, s’est tenue à la Maison d’Amérique latine à Paris la première manifestation spécifique du comité de liaison FFP/APAL dont le principal objectif est d’accroître les échanges scientifiques entre les psychiatres représentés par ces deux fédérations d’associations nationales ; cette réunion, parrainée par les ambassadeurs du Mexique, du Pérou, d’Uruguay, de Cuba et d’Argentine, a bénéficié de l’aide remarquable du Ministère des Affaires Étrangères.

Après une ouverture du Docteur Kipman (France, Président d’Honneur du Comité) et du Docteur Navarro (Pérou, Président de l’APAL et du Comité) qui ont précisé les enjeux communs à la psychiatrie en Europe et en Amérique latine, le débat animé par le Docteur Botbol (France) et le Docteur Areco (Argentine), coordinateurs exécutifs du Comité, permettait d’aborder différentes questions en cours de discussion de part et d’autre de l’Atlantique.

Témoignant de l’activité de l’école de psychopathologie du bébé fondée par Serge Lebovici, tant en France qu’au Mexique, le Professeur Mazet (France) puis Madame Solis (psychologue, Mexique) montraient que les interactions transnationales étaient une technique spécifique de formation dans l’un des domaines les plus modernes de notre spécialité. Faisant le panorama des recherches psychiatriques en France, le Docteur Thurin démontrait d’ailleurs l’universalité des problèmes posés par la volonté de faire science en psychiatrie.

L’étendue des convergences apparaissait encore à l’occasion de l’exposé des modèles de dispositifs psychiatriques adoptés dans plusieurs des pays représentés : Docteur Jorge (Brésil), Docteur Wilhelm (Uruguay), Docteurs Camarena et Butron (Mexique), Docteur Noël (France). Le débat faisait apparaître, notamment, des préoccupations analogues en matière de démographie médicale, la nécessité de trouver un équilibre entre une formation large au dépistage et à la reconnaissance précoce des troubles psychiatriques, et l’obligation de ne pas se résigner pour autant à une réduction des savoirs psychiatriques.

La question de la formation à la psychothérapie apparaît centrale partout, comme le montreront les interventions du Professeur Montenegro (Argentine, co-Président d’Honneur du Comité) et du Docteur Thevenot (France). À cet égard, le modèle de l’enseignement à distance, mis en place par l’Association Franco-Mexicaine de Psychiatrie (créée en 1994, à l’initiative de l’AFP) et développé par le Professeur Barriguete (Mexique) et l’Université virtuelle Europe / Amérique, pourrait permettre à la fois un large accès à des savoirs psychiatriques méconnus et des échanges cliniques dans la durée. Verra-t-on renaître ces relations psychiatriques franco-latines, dans la tradition de celles que nous rappelaient les Docteurs Onofrio et Stagnaro (Argentine) et le Docteur Wintrebert (France) ?

Illustration de cet intérêt renouvelé, la confrontation que permettait la réflexion sur la question des addictions à partir des exposés du Professeur Navarro (Pérou) et du Docteur Corcos (France). La synthèse apportée par le Docteur Fortineau (France, co-Président du Comité et Président de la FFP) montrait alors que la diversité des approches n’empêchait pas de se retrouver dans les questions cliniques posées.

M. B.
Paris
A. A.
Buenos Aires

 

 

 

 

 

 

 

 

COURRIER DES LECTEURS

Jean-Pierre RUMEN

Je me réjouis de la lecture de ton article(1), notamment sur deux points :

  1. Ta position sur la "santé mentale", concept mou dont il faudra bien nous débarrasser. Il nous faut en effet l’exécuter car le glissement préconisé de la psychiatrie vers la santé mentale a pour conséquences :
    • d’éradiquer un discours et une corporation qui répondent de la question de la folie (la question : "Qu’est-ce qu’il y a ?") à laquelle le médecin est pourtant en position d’avoir à répondre ;
    • et, ce faisant, de dénier purement et simplement la folie.
  2. Comme tu nous le fais entrevoir, céder là-dessus est "munichois", car c’est céder sur ce qui nous fait nous-mêmes, comme les démocraties ont cédé à Munich :
    • plus de folie, puisque la réhabilitation citoyenne l’efface ;
    • plus de folie, puisque les certificats médicaux de l’internement sont dorénavant des "documents administratifs" qui, comme tels, doivent être communiqués au patient.

Seulement, cet homme sans folie n’est plus alors qu’un producteur, voire un produit. Voilà à quoi nous conduisent les orientations politiques qui nous concernent. Tant de droite que de gauche. Ni de droite ni de gauche. Brunes ?

J-P. R.
Ajaccio

(1) QUOI DE NEUF DU CÔTÉ DU PMSI ? LLPF, N° 111.

 

Serge RODALLEC

Le monde change... Qu’on se le dise !

La lecture de l’éditorial, paru dans le numéro de décembre 2001(1), m’amène à réagir de la manière suivante.

Mais de quoi cherche-t-on à nous convaincre :

  • que pour être un syndicat responsable, il faut se fondre dans l’air du temps ?
  • que pour être respecté par le Pouvoir, il faut se soumettre â ses réformes ?

Est-ce que cette attitude ne s’apparente pas à "l’immobilisme" fatal dénoncé dans cet éditorial ?

On est en droit de s’interroger sur la cohérence de la ligne que défend notre syndicat quand il prétend que tout acte psychiatrique est par essence psychothérapeutique et que, dans le même temps, il remet en cause l’unicité de cet acte !

Et que penser également d’oser réclamer un CNPsy à 100 euros, aussi irréaliste que choquant ? Peut-être espère-t-on obtenir les bonnes grâces de nos politiques en participant activement aux changements qui s’annoncent, même si ceux-ci ne vont "pas toujours dans le sens souhaité par les psychiatres". Quel doux euphémisme pour qualifier la mise en place d’un système technocratique qui menace profondément nos pratiques et nos choix thérapeutiques.

On s’étonne d’ailleurs qu’un tel bouleversement de l’organisation des soins se fasse sans information claire et sans consultation de l’opinion des intéressés. Où est le débat ? Faut-il, pour ces questions essentielles, s’en remettre à une élite qui pense et décide pour nous ?

La stratégie qui nous est proposée me paraît dangereuse. Elle risque de se solder par une bonne dose de mépris de la part de nos gouvernants qu’on aurait tort de prendre pour de candides béjaunes.

Par les temps qui courent, nous n’avons pas besoin d’un syndicat dévot qui se plierait devant la nouvelle liturgie mais d’un syndicat combatif, conscient de son rôle et qui sache faire entendre sa voix face aux enjeux actuels.

Mais ne désespérons pas, l’appel à la mobilisation reçu ce matin(2) laisse espérer que les psychiatres n’ont pas dit leur dernier mot.

L’acte de capitulation n’est pas encore signé !

S. R.
Brest

(1) LLPF N° 110.
(2) Appel du SPF à la fermeture des cabinets, le 23.01.01.

 

 

 

 

PSYCHIATRIE FRANÇAISE
VIENNENT DE PARAÎTRE :


MANIE 3/2001

• Yves MANELA, Jackie PIGEAUD : Éditorial
• Serge TISSERON : Curiosités de cabinet (B.D.)
• Patrice BELZEAUX : L’actualité de la manie, selon Henri Ey
• Georges LANTERI LAURA : Binswanger et le problème de la Manie
• Jackie PIGEAUD : La réflexion de Celse sur la folie
• Jean GILLIBERT : De l’impossible rédemption dans la folie circulaire : manie-mélancolie
• Dominique PADOUX : Fièvre
• Jean-Pierre VIGNAT, Nathalie PRIETO : Manie et épidémiologie
• Nicolas CHRISTIDIS : Les troubles des traitements antimaniaques
• Olivier GUILLIN : Un cas clinique exemplaire de manie
• Jean-Yves FEBEREY : Traces de manie dans le Faust de Goethe
• Nathalie GODART, Yann BARRÈRE, Fabienne PERDEREAU, Philippe JEAMMET : Bouffée délirante aiguë ou manie à l’adolescence ?
• Bianca LECHEVALIER : La défense maniaque

 




ÉCRITURES 4/2001

• Pierre SULLIVAN : Scribes (Éditorial)
• Serge TISSERON : Curiosités de cabinet (B.D.)
• Jean-François CHIANTARETTO : Écriture de soi et psychanalyse : perspectives
• Janine ALTOUNIAN : Quand l’écriture de soi passe violemment par l’inscription de l’ascendant resté muet
• Serge TISSERON : Le corps, la fabrique d’écriture et les nouvelles technologies
• Anne CLANCIER : Des " squiggles " à l’écriture : l’écriture peut-elle être thérapeutique ?
• Caroline CIVALLERI : " Je ne suis pas Lacenaire "
• Annie TRINIAC-VIGNEAU : Transcriptions
• Geneviève WENDLING : Comment dire comment –
• Gilles LEMERCIER : De l’impossible auto-biographie à la distance romanesque
• Jean-Louis BRENOT : L’écriture chez une petite fille
• Georges-Emmanuel CLANCIER : Autobiographie en prose et autobiographie en vers
• Olivier REVAULT D’ALLONNES : Qohelet, dit " l’Ecclésiaste "
• Olivia TODISCO : " Il est où le soi ? "
• Philippe ARTIÈRES : Une tentative de médicalisation de l’écriture intime
• Roseline HURION : L’angoisse musicale
• Pierre SULLIVAN : " La projection de l’âme ", un inédit de Sigmund Freud (Nouvelle)








THÈMES 2001

N° 1/01 : La psychiatrie française vue de l’étranger
N° 2/01 : Quelles évaluations pour la psychiatrie infanto-juvénile ?
N° Sp/01 : Responsable mais pas coupable
N° 3/01 : Manie
N° 4/01 : Écritures


THÈMES 2002

N° 1/02 : Freud et Janet - Varia
N° 2/02 : Le Langage - 1
N° Sp/02 : Psychiatrie et psychothérapies
N° 3/02 : Le Langage - 2
N° 4/02 : Génération papy

 

 

 

 

 

LES CHEMINS DE LA CONNAISSANCE VOUS CONDUIRONT...

RÉUNIONS ET COLLOQUES

EN FRANCE

… MARS 2002

à BOULOGNE-SUR-MER, le 7 : 13e Journée Annuelle du Centre Hospitalier sur Psychiatrie, éthique et droits de l’homme. Renseignements : Dr B. Naili Douaouda - Tél : 03 21 99 30 36 - Fax : 03 21 99 30 58

à PARIS, le 11 : Soirée clinique du Groupe International du Rêve-Eveillé en Psychanalyse sur Transfert et Rêve-Eveillé. Renseignements : GIREP, 80 rue de Vaugirard, 75006 PARIS - Tél & Fax : 01 42 22 75 14 - E.mail : girep@girep.com

au HAVRE, le 12 : Journée de formation continue de la Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine sur L’hospitalisation en psychiatrie. Renseignements : FASM Croix-Marine, 31 rue d’Amsterdam, 75008 PARIS - Tél : 01 45 96 06 36 - Fax : 01 45 96 06 05 - E.mail : croix-marine@wanadoo.fr - Site internet : croixmarine.com

à PARIS, le 13 : Séminaire du CTNERHI sur Stratégies pour l’emploi des personnes handicapées physiques dans les fonctions publiques. Renseignements : CTNERHI 236 bis rue de Tolbiac, 75013 PARIS - Tél : 01 45 65 59 40 - Fax : 01 45 65 44 94 - E-mail : edition.ctn@ wanadoo.fr - Site internet : perso.club-internet.fr/ctnerhi/

à REIMS, du 14 au 16 : L’AFP, la Société de Psychiatrie de Champagne-Ardenne co-organisent avec d’autres associations un Congrès sur La schizophrénie dans tous ses états. Renseignements : Reims Champagne Congrès, 12 bd Gal Leclerc, 51100 REIMS - Tél : 03 26 77 44 60 - Fax : 03 26 77 44 47

à VILLEJUIF, le 15 : Journée de formation de l’Association SERPSY sur Circulez ! Y a rien à voir. Renseignements : SERPSY, 57 rue du Maréchal Leclerc, 94413 SAINT-MAURICE - Tél & Fax : 01 43 96 69 07 E.mail : serpsy@serpsy.org

à PAU, les 15 et 16 : Rencontres de la Société Internationale de Psychopathologie de l’Expression sur Art-thérapies et personnes âgées. Renseignements : Dr G. Roux, SIPE, 27 rue du Mal Joffre, 64000 PAU - Tél & Fax : 05 59 27 69 74 - E.mail : sipearther@aol.com

à PARIS, les 15 et 16 : XXes Journées d’Étude du Groupe de Recherche sur l’Autisme et le Polyhandicap sur Autisme, polyhandicap. Renseignements : GRAP, HJ G. Vacola, 44 quai de la Loire, 75019 PARIS - Tél : 01 42 02 19 19 - Fax : 01 42 02 87 47 - E.mail : georges-vacola@wanadoo.fr

à LYON, le 16 : IIe Colloque de l’Association Libres Cahiers pour la Psychanalyse sur De l’auto-érotisme à l’œuvre. Renseignements : Association LCPP, 2 ter rue Pr Calmette, 69008 LYON - Tél : 04 78 75 08 43

à TOURCOING, le 16 : 3e Colloque de l’ALEPH sur Effroi, peur, angoisse. Clinique des violences contemporaines. Renseignements : Dr E. Fleury - Tél : 03 20 92 58 42 - E.mail : efleury@libertysurf.fr

à PARIS, le 16 : Histoire et actualité des travaux de Léon Chertok sur Où en est le non-savoir des psy ? Renseignements : Les empêcheurs de penser en rond, 5 rue d’Enghien, 75010 PARIS - E.mail : empecheurs@seuil.com

à CAEN, les 16 et 17 : Journées de Printemps d’Espace Analytique sur N’aime-t-on jamais que soi-même ? La sexualité entre le narcissisme et l’objet. Renseignements : D. Platier-Zeitoun - Tél : 01 47 05 23 09 - Fax : 01 47 05 23 26 - E.mail : espacana@club-internet.fr

à MORTEFONTAINE, le 17 : Journée d’études de la Société Française de Psychologie Individuelle sur La sublimation. Renseignements : Dr Ch. Debock - Tél : 03 44 57 16 31

à PARIS, le 18 : Conférence de l’Hôtel de Lamoignon, Le langage des sourds, avec C. Cuxac. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

 

Partout en France, du 18 au 23 : Semaine d’Information sur la Santé Mentale sur " En parler tôt pour en parler à temps " : le prix de la santé mentale. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

À PARIS, le 19 : Journée de formation de L’Entreprise Médicale sur Situations complexes dans la prise en charge des mineurs en service de psychiatrie. Renseignements : L’Entreprise Médicale, Dpt Formation, 3 bis rue du Dr Foucault, 92000 NANTERRE - Tél : 01 47 24 07 99 - Fax : 01 47 24 00 40 - E.mail : entreprise.medicale@wanadoo.fr

à PARIS, le 21 : Journée d’Étude de l’ADEP, du CTNERHI sur Expérience subjective du handicap somatique. Renseignements : Mme R. Martinez, CTNERHI, 236 bis rue de Tolbiac, 75013 PARIS - Tél : 01 45 65 59 40 - E.mail : edition.ctn@wanadoo.fr

à PARIS, les 21 et 22 : Séminaires de Génétique. Renseignements : Gpe Hosp. Necker - Enf. Malades, Secteur orange porte 1, Tour Lavoisier, 149 rue de Sèvres, 75743 PARIS CEDEX 15 - Tél : 01 44 49 51 52 - Fax : 01 44 49 51 50

à PARIS, les 21 et 22 : Journées de Formation des Séminaires Psychan. de Paris sur Soulager le jeune de sa souffrance. Renseignements : Mme L. Bailly, Sém. Psychan. de Paris, Allée de Croisilles, 28210 SAINT-LAURENT-LA-GÂTINE - Tél : 01 46 47 66 04 - Fax : 01 46 47 60 66

à PARIS, le 22 : Séminaire de formation de la Féd. Nat. des Ctres Lutte contre le Sida sur Désir, jouissance et interdit à l’adolescence : de la honte et du secret. Renseignements : FNCLS, CISIH, Hôp. du Tondu, Gpe Hospit. Pellegrin, Place Amélie Raba Léon, 33076 BORDEAUX CEDEX - Tél : 05 56 79 56 06 - Fax : 05 56 79 60 87 - E.mail : cisih@chu-bordeaux.fr

à CERGY-PONTOISE, le 22 : Journée de la Fédération de Psychiatrie de l’Hôpital de Pontoise sur Le suicide, les tentatives de suicide et les stratégies de prévention. Renseignements : Dr M. Taleb - Tél : 01 30 75 43 25 - E.mail : taleb@ch-pontoise.fr

à NEUILLY-SUR-MARNE, les 22 et 23 : Colloque de la Société d’Études et de Recherches Historiques en Psychiatrie sur Le corps de la folie. Renseignements : SERHEP - Tél : 01 43 09 34 78

à STRASBOURG, le 23 : Journée de la Société de Psychiatrie de l’Est et de l’Association Parole sans Frontière sur Migrations, exils et ruptures culturelles. Renseignements : Clinique Psy. des Hôp. Univ., 67091 STRASBOURG CEDEX - Tél : 03 88 11 62 12 - Fax : 03 88 11 57 74

à CAHORS, le 23 : 7es Rencontres du CIPA Sud Ouest sur Art et inconscient : quelles thérapies ? Renseignements : Tél : 05 65 22 08 90 - Fax : 05 65 22 32 22

… AVRIL 2002

à PARIS, le 6 : Débats du Quatrième Groupe sur le livre de Patrick Miller Le psychanalyste pendant la séance. Renseignements : Dr G. Lévy, 4 rue Dante, 75005 PARIS - Tél : 01 46 34 59 74 - Fax : 01 43 54 31 45

à BÉZIERS, les 25 et 26 : 13es Rencontres Nationales de Périnatalité sur Au-delà de l’amour maternel... Renseignements : Mme Badiola Tél : 04 67 49 87 05

à SAINT-VICTOR-SUR-LOIRE, le 27 : Journée AFP/ Ass. des Psychiatres Libéraux Stéphanois sur Penser la psychose " avec " : violence et violence psychotique par Benno Rosenberg. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@ wanadoo.fr

À L’ÉTRANGER

… MARS 2002

à BUDAPEST (Hongrie), du 21 au 23 : Conférence Thématique de l’Association Mondiale de Psychiatrie sur Conséquences psychologiques et psychiatriques de la violence. Renseignements : Blaguss-Volánbusz Congress Bureau, H-1365 BUDAPEST, P.O. Box 706, Hungary - Tél : +36-1 374 7030 - Fax : +36-1 312 1582 - E.mail : pappvid@congress.blavo.hu

… MAI 2002

à STOCKHOLM (Suède), du 4 au 8 : 11e Congrès de l’Ass. Européenne de Psychiatrie sur Psychiatrie, science et humanité européennes dans les soins de santé. Renseignements : AEP, A. Khoury, Strandvejen 171, PO Box 41DK-2900 Hellerup, Copenhage, Danemark - Tél : +45 3946 0510 - Fax : +45 3946 0515 - E.mail : amal@ics.dk

à LA HAVANE (Cuba), du 5 au 8 : Rencontres franco-argentino-cubaines de Psychiatres du Monde et l’Hôpital psychiatrique de La Havane sur Les psychoses : approche psychiatrique, approche psychanalytique. Renseignements : Mme C. Magureanu - Tél : 01 43 74 74 40 - E.mail : corina.m@noos.fr

La Lettre de Psychiatrie Française
147 rue Saint-Martin - 75003 Paris - Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

Editeur : Association Française de Psychiatrie / Syndicat des Psychiatres Français (A.F.P. / S.P.F.)
Tirage 14.000 ex. - Dépôt légal Février 2002- Prix au n° 3 € - Commission Paritaire N° 72689.

Directeur de la publication : Jacques-David Beigbeder - Rédacteurs en chef : Jean-Yves Cozic, Jean-Yves Feberey
Comité de rédaction : Michel Eisele, Michel Gayda, Jean-Michel Havet, Jean-Jacques Kress, Romain Liberman, Claude Nachin, Madeleine Rivière, Pierre Staël, Christian Vasseur.
Secrétaire de rédaction et Régie publicitaire : Annie Triniac-Vigneau
Mise en pages : GRAPHIC WAY, 01 58 04 90 90 - Impression : SAG, Saverne