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LES "SAUVAGEONS" (bis) (1)
Jacques-David BEIGBEDER
Il sappelait Moussa B. Il était venu me voir en décembre et nous avions évoqué ses difficultés, ses craintes mais aussi ses espoirs. Nous navions pas convenu de nous revoir mais je métais mis à sa disposition. Il mavait parlé sans détours et sans crainte, et sa mort prématurée(2) me touche beaucoup. Je partage linquiétude des jeunes des cités qui ne savent pas que dire, que faire, et surtout que penser, sinon brûler des voitures pour être en conformité avec lattente des médias. Ils en ont brûlé beaucoup.
Demain, avec les élections, on va reparler de sécurité. La surenchère, jen suis sûr, ne manquera pas. Chacun des candidats aura son couplet sécuritaire et il leur sera tellement commode de parler deux, les sauvageons, de la nécessaire tolérance zéro, du bien-fondé des maisons de correction rebaptisées, de la suppression des allocations familiales pour les parents. On évitera ainsi, à peu de frais, de parler des délinquants dune autre envergure qui, pour certains dentre eux, solliciteront nos suffrages. Démagogie que cela ?
Non ! Le pédopsychiatre doit composer avec cette réalité-là. Oui, elle fait partie de lenvironnement de lenfant et de ladolescent ! Il ne peut ignorer la dure réalité sociale des familles quil croise. Il ne peut ignorer ce que les enfants entendent. Il ne peut ignorer ce quils disent. Dans beaucoup de familles, on ne maîtrise pas le français ; 30 % des enfants des Mureaux quittent lécole primaire non-lecteurs et larrivée au collège est, pour beaucoup dentre eux, dramatique. "Des bandits", disait une directrice de collège à propos de certains : "Nous allons faire le ménage !", précisait-elle.
Ainsi va la France républicaine qui les tue quand ils atteignent ladolescence !
Et pendant ce temps-là, la Commission des programmes de lÉducation nationale réfléchit, à la demande du ministre, sur ce que pourrait être un contenu des enseignements conforme à la volonté des... inspecteurs !
Ce que Moussa nous enseigne, avec beaucoup dautres, cest que les jeunes aujourdhui, mieux que leurs aînés, connaissent la valeur de la parole échangée, le prix et le poids de la subjectivité. Rien ne les intéresse tant que dentendre parler de santé mentale, de mettre des mots sur ce quils ressentent, déprouver la force de la pensée, les mécanismes de son élaboration. Ils ont soif de ce savoir-là qui leur parle deux-mêmes et les aide à affronter le présent.
Alors sil vous plaît, chers collègues, à lheure des choix, ne perdez pas de vue le Secteur, ne perdez pas de vue limmense potentiel que représente la pédopsychiatrie dans son organisation, nacceptez pas quelle soit "PMSIsée", "instrumentalisée" par la technostructure, et réduite à la portion congrue par déficit de gestion. Et surtout ne perdez pas de vue les jeunes des banlieues. Ils sont le monde à notre porte. Ils sont un repère fondamental de létat de notre société. Saurons-nous les protéger ? Saurons-nous les intégrer et les associer à notre développement ? Saurons-nous nous rassembler pour tisser autour deux fraternité et solidarité ?
Si oui, Moussa naura pas perdu son temps en venant me voir.
J-D. B.
Les Mureaux(1) Cf. La Lettre de Psychiatrie Française, N° 83 (mars 1999).
(2) Décédé, le 2 janvier à lhôpital de la Salpêtrière, atteint par un tir de police au terme dune course-poursuite...
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JEAN-TOUSSAINT DESANTI (1914 - 2002)
Jean-Pierre RUMEN
Nous étions à Ajaccio, sur ses terres, ce 18 novembre 2000.
Jean-Toussaint Desanti avait fini son exposé et nous tentions de prolonger le silence, comme si nous voulions ressaisir lécho de ses paroles. Ce fut un instant un peu magique fait de la conjonction du propos et de la manifestation de ce sujet, lui en loccurrence, qui se tenait dessous, selon son propre dire. Ce sujet dont il venait de nous rappeler que les Anciens le savaient hypokeimenon. Notion évidemment refoulée par ceux qui prétendent le "réhabiliter", ce sujet, voire "restaurer sa dignité", en fait renforcer les aliénations imaginaires à des fins évidemment instrumentales.
Jai eu, ce jour-là, le sentiment quil nous sauvait du désespoir, quil nous montrait comment échapper à un destin voulu par dautres et qui aurait fait de nous les ustensiles de lhuman engineering. J-T. Desanti avait renoué les fils de notre identité, avec notre fonction, celle, primordiale, de penser la folie de lhomme, de répondre à linterrogation "Quest-ce quil y a ?". Fonction médicale quant à son fondement et sans laquelle nous ne serions que des supplétifs.
Ce faisant, il poursuivait un combat de toute une vie, le même qui lui fit prendre les armes contre le nazisme, le même qui lui fit, après en avoir été leurré, se lever contre le stalinisme, le même qui lui faisait transmettre sa discipline, écrire sa quête, combien ardue, dune articulation rigoureuse des idées et même, jusque dans lexercice des mathématiques, poursuivre lélucidation de la nature du sujet. Cest dire pourquoi et combien il était proche de ceux dentre nous qui se veulent conscients de leur acte, combien il nous était fraternel.
Eh bien ce frère nous est mort, ce dimanche 20 janvier, après une ultime lecture dAristote dans le texte. Il nous faudra désormais, comme on dit, faire sans lui, essayer de maintenir la dignité de notre position sans ses indications, combattre la haine du concept sans son aide.
Ce sera le seul hommage véritable qui puisse lui être rendu, et aussi le témoignage de notre présence auprès de Dominique Desanti, son épouse dont, outre les livres, il faut connaître la participation immense quoique insue à luvre de Touki, comme disaient ses amis, ses élèves.
Cest dans ce golfe dAjaccio, dans cette mer qui sépare et unit les deux rives qui étaient les siennes, quil a demandé que ses cendres soient dispersées.
J-P. R.
Ajaccio
MICHEL SAPIR (1915 - 2002)
Voici ci-dessous la retranscription de lallocution prononcée par Jean-Jacques Kress lors des obsèques, le 15 janvier 2002.
Jean-Jacques KRESS
Jaurai recours à quatre termes pour évoquer aujourdhui Michel Sapir, selon mon propre regard, comme me lont demandé ses proches auxquels jexprime ma très amicale sympathie.
Élégance : la silhouette, les postures, laccent et lensemble des expressions de Michel Sapir étaient empreints dune élégance légère. Cette élégance était la marque dun style et ce style nous attirait. Cet attrait nous donnait accès, avec la prime du plaisir, à ce que Michel Sapir avait à nous transmettre.
Intelligence clinique : à partir de quelques éléments dun cas, son coup dil rapide et pénétrant savait opérer des rapprochements inattendus et découvrir des angles nouveaux, révélateurs, qui sintégraient à notre compréhension et nous accompagnaient dans nos propres tâches.
Courage : Michel Sapir a partagé avec dautres le courage de représenter le fait mental, psychique comme disait Charles Brisset, au sein de la formation médicale et de la médecine praticienne ; mais il a eu, exceptionnellement, sur un autre front, le courage de représenter le fait du corps face à lemprise théorique parfois méprisante de la psychanalyse, pendant plusieurs décennies lorsque son discours était dominant. Mais aussi, il a su maintenir ses questionnements, sa pratique et son enseignement face au mur épistémique de la corporéité.
Authenticité : voici une dimension qui peut paraître en contradiction avec le voile brillant de lélégance. Cependant, lauthenticité de Michel Sapir se manifestait par ce quil induisait dans son entourage. Venant dautres milieux, fréquentant dautres groupes institués, nous étions frappés par cette simplicité des relations. Sans être à labri des tensions et des rivalités, lenvironnement de travail de Michel Sapir était grâce à lui délivré des effets de prestance.
Avec ces quatre termes qui, pour un autre, seraient sans doute différents, Michel Sapir apparaît devant nous comme un "homme de son siècle", un homme du XXe siècle. La photographie qui figure en couverture de son dernier livre(1) et que je contemple depuis quelques jours, résume tous ces discours. En sous-titre, on voit apparaître la référence à Marx et à Freud : "Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud", clin dil à Proust. Comme pour compenser la pesanteur de ce grave débat didées auquel il a mêlé sa voix, Michel Sapir ajoute : "Mémoires dun homme de plaisir". Puisse cet éclair du plaisir atténuer aujourdhui notre tristesse.
J-J. K.
Brest(1) SAPIR (M.). Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud, Mémoires dun homme de plaisir, Flammarion, 1998.
MICHEL SAPIR : UN HOMME LIBRE
Simon-Daniel KIPMAN
Michel Sapir était sans cesse présent pour tout ce qui faisait difficulté, sans cesse intéressé et impliqué dans les questions du moment, sans cesse... et il faudrait que cela sarrêtât ?
Il a été de tous les combats, de tous les essais, de toutes les avancées de la psychiatrie depuis des décennies, comme il a été de toutes les aventures et de tous les combats du siècle passé. La psychiatrie, la médecine actuelle, à visage humain, nauraient sans doute pas existé avec une telle force, sans lui.
Il a été présent tout au long des événements qui ont marqué le siècle, en témoin mais surtout en acteur, et toujours du côté de la liberté et de ceux qui souffrent dune dictature, dune occupation, dune idéologie dominante. On dira son courage au sein de la résistance au nazisme, mais je lai vu résister aussi à toutes les oppressions scientifiques, culturelles, sociales, institutionnelles, personnelles. Face à la maladie, celle des autres, mais aussi la sienne, il aidait à rester debout, fier, libre. Cette liberté est à la base de laptitude au bonheur, de la faculté à jouir des multiples plaisirs que la vie peut offrir, même aux pires moments. Jamais il ne se départissait dun humour amical et léger. Plus proche des psychiatres, il a été présent quand il sest agi de louverture (jemploie ce terme à dessein) de la psychanalyse et de la psychiatrie à la dimension corporelle tant à travers la relaxation que par ses travaux sur les intrications du somatique et du psychique et, à linverse, quand il fallut rappeler que les affects ont leur mot à dire dans les manifestations corporelles. Il était là lors de la création de la psychiatrie comme discipline autonome (nous essuyâmes, lui et moi, les plâtres des commissions de qualification universitaires mort-nées). Il était là quand, en place de programmes, il eut mieux valu se poser des questions de pédagogie pour les psychiatres (groupes Balint, journées de formation), et ensuite quand il a poussé à louverture (encore) de ces formations à tous les professionnels de santé. Encore il y a quelques années, la création du Prix qui porte son nom, avec la Fondation de France, a montré limportance des recherches des praticiens de santé (infirmiers, éducateurs, rééducateurs, psychologues, psychiatres...) dans le domaine si vaste de la relation soignante.
Paradoxalement, on peut aussi le dire solitaire. Il sut toujours garder autour de lui des amis, plus que des élèves, ceux-ci devenant ses amis sans doute parce quil les considérait avec respect et à égalité. Sociable, drôle, gentil, disponible, son enseignement par lexemple et léchange semblait aller de soi. Mais solitaire quand même, parce que ses combats davant-garde lont toujours laissé en marge de lestablishment, parce quil se voulait praticien (donc chercheur et enseignant) par ses actes plutôt que par son statut.
Partout, tout le temps, il a promené son regard et son attention affectueuse, discrète et amusée, sur les hommes et les événements. Proche et toujours différent, il fut, il est un frère, un frère aîné quil faisait bon suivre parfois, imiter sans le vouloir, écouter toujours.
S-D. K.
Paris
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DÉNI DE LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE ?
Hubert STOECKLIN
Au cours de ma formation médicale, jai acquis lidée que la médecine et la psychiatrie peuvent entretenir des relations allant dans le sens dun enrichissement mutuel. Tout particulièrement à la policlinique psychiatrique du CHU de Strasbourg, dirigée par le Professeur Lucien Israël, où il y avait une union des compétences et une collaboration très enrichissante entre soignants qui offraient un terrain de formation exceptionnel où psychiatres, psychanalystes, psychologues, médecins, chirurgiens mettaient leurs compétences en commun au service de la compréhension du malade. Ce qui sest ainsi fait sous limpulsion de L. Israël était remarquable car probablement unique : un psychanalyste, chef dun service universitaire de consultation psychiatrique ! Ce nest pourtant quun exemple de ce qui sest fait en France dans ce que je qualifierais de lutte contre lhistoire qui sépare les malades mentaux des autres malades : séparer les fous, et leurs psychiatres, des gens dits "normaux" et de leurs spécialistes. La psychiatrie (et quelques fois la psychanalyse) est entrée dans les services hospitaliers ; parfois par "la petite porte", mieux tolérée, de la psychosomatique. Partout des contacts se sont noués, en ville, dans les réunions de FMC, les congrès, les colloques, pour le plus grand bien du sujet malade unifié. Cela na pas été sans efforts ni sans moments difficiles mais, cahin-caha, des liens se sont établis entre la psyché et le soma jusque dans les magazines et les médias, comme si un tournant décisif avait pu être pris.
Pourtant, la résistance à ces mouvements demeure parfois vive. Un exemple récent, après la catastrophe qui hante encore nos mémoires, est horrifiant tant par la teneur du propos que par son indécence. Un bref rappel des faits : à Toulouse, le 21 septembre 2001, lusine AZF explose avec de terribles effets immédiats encore bien visibles, et des séquelles considérables encore à évaluer. Lhôpital psychiatrique Marchant, voisin, est dévasté. Quelques semaines après, une décision ministérielle réquisitionne une partie de lhôpital Larrey, désaffecté. Et cest dans ce contexte quest rédigée et signée, par "les médecins du projet des voies respiratoires" de cet hôpital, une lettre terrible aux propos qui semblent dun autre âge. En voici un extrait :
"(...) La proximité de patients psychiatriques au sein de lHôpital Larrey est susceptible dapporter des bouleversements considérables dans lexercice de notre spécialité. Laccueil plus fréquent de patients psychiatriques ayant une pathologie respiratoire quil sera de notre devoir de soigner sera inévitable. Sur la base de quelques expériences passées sur les sites de Rangueil et de Purpan, il y a là un risque majeur de choquer et déloigner la population des patients de notre recrutement habituel (asthmatiques, en particulier). Dune manière plus générale, nous redoutons laura négative extérieure de cette cohabitation imposée. Toute la population toulousaine sait aujourdhui que lHôpital Marchant sinstalle à lHôpital Larrey. La mesure de cet impact sur la notoriété et limage de la Clinique des voies respiratoires na pas été évaluée à son juste niveau. Dans le contexte médiatique actuel, il risque dêtre difficile dexpliquer à la population régionale, malgré les efforts de la cellule de communication, que lHôpital Larrey nest pas quun hôpital psychiatrique (...)"
Après le temps de la sidération et de la colère, jai du mal à penser. Peut-il y avoir une réponse à nos confrères médecins, universitaires, signataires de ces lignes ? Jai beau me rappeler que linconscient existe pour le meilleur et pour le pire et que la part dombre qui nous constitue nest pas facile à regarder ni à diriger, je ne peux accepter que certains confrères prônent le rejet du malaise psychique (devenu parfois maladie psychiatrique) de lautre, en pensant éviter de souffrir eux-mêmes. Et dailleurs comment, en rejetant les malades mentaux, les "autres" malades iraient-ils mieux ?
Je peux accepter dévaluer notre responsabilité vis-à-vis de notre inconscient, tant cela touche à une éthique personnelle. Depuis Freud, nous savons que nous ne pensons pas toujours ce que nous voulons ! Par contre, il en va tout autrement des écrits. Ces lignes ont engagé gravement leurs signataires médecins sur la voie de lintolérance et du rejet, les rendant suspects quant au respect dû à toute vie humaine. Comment ont-ils pu en arriver là ? Et, en prenant cette direction-là, comment entendent-ils rester simplement humains dans leur pratique médicale ? Mon malaise saccroît lorsque me reviennent certains comportements médicaux et certaines directives déontologiques qui ne laissent que si peu de place à la parole, tels les difficultés ordinales concernant les certificats médicaux pour les enfants, ou linstrumentalisation vécue par les patients autour des consultations pour stérilité, ou le rejet par certains cancérologues de malades pour qui "il ny a plus rien à faire" (même pas leur dire quun soutien psychologique est possible ?), ou encore le manque dexplication aux patients sur la réalité des actes techniques pratiqués sur eux, ou enfin le manque de temps pour expliquer des résultats...
Toutes ces paroles non dites deviennent porteuses dun excès de souffrances inutiles. Comment des médecins ont-ils pu en arriver à écrire et à diffuser largement leur choix dun rejet qualifié ? Pour ma part, leur démarche me révolte. Et vous ?
H. S.
Castres
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APPEL À TOUS LES PSYCHIATRES LIBÉRAUX
MANIFESTATION,
LE DIMANCHE 10 MARS 2002, À PARIS,
pour :
la revalorisation des actes de consultation des psychiatres,
la rediscussion dune convention unique spécialistes-généralistes,
la modernisation de la Nomenclature.Dici là, encore et toujours, maintenez :
une large application du D.E.,
un boycott de la télétransmission,
une suspension des vacations hospitalières,
une grève de participation aux commissions administratives.Syndicat des Psychiatres Français : 147, rue Saint-Martin - 75003 Paris
Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
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VOUS ETES INVITÉS à PARTICIPER
(ou à VOUS FAIRE REPRÉSENTER)à lASSEMBLÉE GÉNÉRALE
du SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAISqui se tiendra le SAMEDI 23 MARS 2002, de 14 H à 17 H 30,
au CENTRE WALLONIE BRUXELLES (à 100 mètres de notre siège social) :
46 rue Quincampoix 75004 ParisCet avis tient lieu de convocation
ORDRE DU JOUR :
- PRÉSENTATION DU RAPPORT MORAL
Discussion, vote- PRÉSENTATION DU RAPPORT FINANCIER
Discussion, vote. Cotisation 2002- DISCUSSION GÉNÉRALE :
- Situation densemble de la psychiatrie
- Refonte de la Nomenclature
- QUESTIONS DIVERSES
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VOUS ETES INVITÉS à PARTICIPER
(ou à VOUS FAIRE REPRÉSENTER)à lASSEMBLÉE GÉNÉRALE
de lASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIEqui se tiendra le SAMEDI 23 MARS 2002, de 9 H 30 à 11 H,
au CENTRE WALLONIE BRUXELLES (à 100 mètres de notre siège social) :
46 rue Quincampoix 75004 ParisCet avis tient lieu de convocation
ORDRE DU JOUR :
- PRÉSENTATION DU RAPPORT MORAL : Discussion, vote.
- PRÉSENTATION DU RAPPORT FINANCIER : Discussion, vote. Cotisation 2001.
- DÉBAT OUVERT SUR NOTRE POLITIQUE SCIENTIFIQUE :
- États généraux de la psychiatrie.
- Penser la psychose.
- FMC : Définition de nos objectifs
- QUESTIONS DIVERSES
PROCHAINES MANIFESTATIONS AFP
14-16 Mars : JOURNÉES DE REIMS : La schizophrénie dans tous ses états
18 Mars : Conférence sur LE LANGAGE (C. Cuxac) : Le langage des sourds
18-23 Mars : SEMAINE DINFORMATION SUR LA SANTÉ MENTALE
27 Avril : JOURNÉE DE SAINT-ÉTIENNE : Penser la psychose "avec" : violence et violence psychotique
17 Juin : Conférence sur LE LANGAGE (P. Lacoue-Labarthe) : Philosophie du langage
12 Octobre : JOURNÉE DE LYON : Violence, haine et racisme
7-9 Novembre : JOURNÉES DE BRUXELLES : Penser la psychose, accompagner le psychotique
7 Décembre : JOURNÉE DE SUZE-LA-ROUSSE : Psychiatrie et humanisme
17-18 Janvier 2003 : JOURNÉES NATIONALES : Penser la psychose : soigne-t-on encore les psychotiques ?
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SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAIS
RAPPORT MORAL
DOSSIER
Cest mon premier rapport dactivité en tant que secrétaire général du Syndicat des Psychiatres Français. Il me paraît difficile à établir ; il me paraît difficile de rendre compte dune année dactivité syndicale, tant celle-ci fut dense et émotionnellement chargée. Il est possible que, vue du côté des adhérents, en particulier libéraux, cette année paraisse sans intérêt puisque sans avancée en ce qui concerne le CNPsy. Pourtant, au niveau du Conseil et du Bureau du Syndicat, ce fut une année riche en discussions et en travaux.
- LES RÉSULTATS
- Les syndicats médicaux ont cessé un combat, celui de la résistance à la télétransmission. En effet, lapplication stricte du Règlement minimum par de nombreuses CPAM et les sanctions qui laccompagnent ont conduit les différents syndicats à demander aux médecins de ne plus résister mais au contraire doffrir la télétransmission aux assurés sociaux, comme ce Règlement les y oblige. Cela nous permet maintenant, après quelques mois, de faire grève de la télétransmission. Est-ce un combat perdu, une arme dans les négociations, même si, comme dans toute grève, ce nest pas seulement le partenaire désigné (les Caisses) qui en fait les frais, mais aussi les patients ?
- La réduction du temps de travail des praticiens hospitaliers : les quatre intersyndicales des praticiens hospitaliers, dont la CHG à laquelle nous appartenons, ont signé le 22 octobre un protocole daccord sur la RTT. Les principales mesures obtenues sont :
- le plafonnement à 48 heures hebdomadaires, gardes comprises,
- le forfait de 20 jours de congés annuels supplémentaires,
- les nombreuses créations de postes (un leurre ?).
- Les psychiatres salariés et les Conventions collectives 66 et 79-93 : lavenant 10 qui permettrait de ne pas entériner un déficit médical nest toujours pas agréé, le recours devant le Conseil dÉtat nayant pas encore abouti ; lavenant 11 qui favorise les carrières, de leur début à la 28e année, est entre les mains du Ministère de lEmploi et de la Solidarité et de celui des Finances ; lavenant 12 qui précise les domaines de compétence des médecins spécialistes et des médecins généralistes est signé. Il peut permettre de renforcer le pôle médical dans les Institutions ; lavenant 13 relatif aux jours de formation supplémentaires est signé et en voie dagrément par le ministère.
Les praticiens hospitaliers et les praticiens salariés semblent assez satisfaits de ces négociations quils ont conduites et des résultats quils ont obtenus rappelons-le à la suite de manifestations et de grèves.- Les cliniques privées ont réussi, de haute lutte, à obtenir une rallonge budgétaire pour faire face à lARTT de leur personnel.
- LES ACTIONS EN COURS
- Les Psychothérapies.
Nous nous sommes efforcés de faire limiter lexercice des psychothérapies aux seuls psychiatres et psychologues cliniciens, en conservant la nécessité de la prescription et du suivi par un psychiatre, cest-à-dire en réaffirmant le caractère médical de toute psychothérapie. Nous avons dit notre opposition à la création dun statut spécifique de psychothérapeute lors de notre entretien au Ministère avec lAFP, et lavons répété via lentretien du CASP avec le même Ministère. Nous devons veiller à la sortie des textes législatifs à ce sujet afin de proposer des amendements pour ceux qui ne seraient pas conformes à nos souhaits. Il reste à veiller aussi à la qualité de la formation initiale et continue des psychiatres aux psychothérapies.
Ces points font lobjet de discussions au sein de lUnion Européenne des Médecins Spécialistes (UEMS), les psychiatres européens étant confrontés aux pressions de groupes de soi-disant psychothérapeutes qui cherchent une reconnaissance de leurs instituts de formation et de leurs pratiques.- La Nomenclature et le CNPsy.
Jusquà présent, nous avons bénéficié dune seule lettre clé qui facilitait nos cotations. Il sagissait dun acte moyen, le CNPsy. Les orientations actuelles, au sein tant des Caisses dAssurance Maladie que du Ministère ou même du G7, sont de différencier les actes, de les décrire et de les hiérarchiser avant de les rémunérer, et la tendance serait de multiplier les lettres clés (par 2 ou 3, pour notre spécialité). Des divergences sont apparues au sein du Conseil et du Bureau à ce propos et nous ne pouvons pour linstant que poursuivre notre débat, sans savoir si nous pourrons maintenir une seule lettre clé, dautant que nous ne sommes pas les négociateurs. Dans limmédiat, nous suivons les consignes de la CSMF et du SML, pour essayer dobtenir une revalorisation de nos actes, avant les discussions proprement dites sur la Nomenclature. La difficulté pour les libéraux est de se faire reconnaître comme partenaires sociaux par le gouvernement lui-même, puisque les discussions avec les Caisses dAssurance Maladie ne peuvent aboutir de façon satisfaisante et que, même si un accord était obtenu avec elles, celui-ci ne serait pas systématiquement agréé par les Ministères. Les syndicats dits représentatifs cherchent à négocier avec notre Ministre de tutelle. Reportez-vous au nombre damendements signés dans les conventions collectives et qui ne sont pas encore agréés, pour comprendre la difficulté de la position des Syndicats médicaux.- LÉvaluation.
Sous légide de lANAES, et dans le cadre du décret, des essais sont en cours dans quatre Unions Régionales où nos représentants nous tiendront informés de leurs avancées. Les Sociétés savantes sont associées à lélaboration des référentiels de lANAES.- La Démographie.
La baisse de la démographie médicale et psychiatrique arrange les pouvoirs publics, car elle permet la mise en place de corps de santé intermédiaires (comme les optométristes face aux ophtalmologues), ce qui risque dentraîner un glissement de nos pratiques (et nous le dénonçons vivement), mais aussi la dépsychiatrisation progressive des institutions et linscription dans le Handicap de ce qui relève de la Psychopathologie.- LES LIENS DU SYNDICAT
Le Syndicat ne peut fonctionner (à moins de salliéner) quen relation avec dautres syndicats ou organisations. Nous maintenons notre participation au CASP, à la CHG, à lUMESPE, et nos liens avec les Centrales Syndicales et la Fédération des Employeurs des salariés privés.
Les dernières élections ont permis daccroître notre présence au sein des URML.
Nous sommes toujours actifs au sein de lUEMS.
Par lintermédiaire de lAFP, nous maintenons des liens avec la Fédération Française de psychiatrie et la Fédération des Spécialités Médicales. Pierre Staël et Christian Vasseur ont mis en place des réunions communes des Conseils dadministration AFP-SPF pour renforcer les liens et permettre plus déchanges et de perméabilité.- LE FONCTIONNEMENT
- Le Secrétariat.
Nos trois secrétaires Valérie Lassauge, Céline Robin-Massé et Delphine Grandeury, sous la direction dAnnie Triniac, sont passées aux "35 heures", en prenant une journée de récupération toutes les quatre semaines et douze jours supplémentaires au cours de lété. Le secrétariat restera ainsi ouvert toute lannée puisquelles ont décidé dassurer des permanences, même au cours de lété. Quant à Annie Triniac, la loi ne lui est évidemment pas applicable stricto sensu puisquelle ne fait quaccroître le nombre de ses heures supplémentaires, jamais chiffré ; elle disposera de 23 jours de récupération annuels (quon lui souhaite de pouvoir prendre) dont le bilan sera fait au 31.12.
Le travail quelles ont toutes accompli, cette année, est important avec, en prime, la parution de lAnnuaire. Nous souhaiterions que les appels téléphoniques ne commencent que vers 10 h 30 pour leur permettre dorganiser leur journée de travail. Pour avoir passé quelques heures en leur compagnie, je peux assurer quelles sont extrêmement sollicitées et quelles ne manquent pas dactivité. Pour alléger leurs tâches répétitives, nous investissons dans linformatique. La mise en place des e-mails permet également une plus grande rapidité déchanges avec les membres du Bureau ou du Conseil. Lévolution du site Internet commun AFP-SPF reste à préciser.- Le Syndicat.
Nous souhaitons changer nos statuts afin de les faire passer de ceux dAssociation Loi 1901 à ceux de Syndicat professionnel.
Nos perspectives sont importantes : à court terme, nous nous engageons dans les luttes pour lamélioration du CPsy et la persistance dun travail de qualité ; nous avons à veiller au maintien dune présence psychiatrique suffisante dans les institutions, à inverser la prégnance actuelle de ladministratif sur le médical, à maintenir ce qui est dans le champ de la Psychiatrie sans le laisser glisser vers le champ social.Claude MANDRY
Secrétaire Général SPF
Bureau le 19.01.02
sous la présidence de Pierre Staël
- Le projet de Rapport moral proposé par le Secrétaire Général est adopté à lunanimité des membres présents. Seule la question de lévaluation fait lobjet dune discussion.
- Inquiétudes pour lexercice de la Pédopsychiatrie (cf. LLPF N° 110). Une nouvelle directive "médecins" votée par le Parlement européen impose, pour 2003, la création dun diplôme de pédopsychiatrie avec un cursus universitaire de cinq ans, totalement différencié du diplôme de psychiatrie adulte (de cinq ans également). Si elle était appliquée à la lettre en France, cette directive européenne aboutirait à aggraver encore la pénurie de pédopsychiatres ! Nous maintenons donc comme exigence incontournable que les pédopsychiatres soient également habilités à pratiquer la psychiatrie adulte. Cest H. Sontag qui nous représente à lUnion européenne des Médecins Spécialistes (UEMS) : cette Union se réunit régulièrement depuis douze ans, mais sans rien produire de bien constructif, faute de pouvoir. Outre cette question cruciale de la pédopsychiatrie, le Bureau demande quelle soit rapidement saisie, au niveau européen, de la question des psychothérapeutes.
- La Nomenclature. Le Bureau prend acte de laccord commun AFP/SPF sur le fait que la cotation de la consultation psychiatrique (CNPsy) est unique, quelle ne doit être ni dévalorisée ni divisée mais quelle peut être revalorisée par un coefficient multiplicateur (de 1,3 à 2) pour tel ou tel type de consultation (à préciser), et il demande que dans le cadre des négociations en cours au sein de lU.ME.SPE, le CNPsy soit au niveau 3 : comprenant systématiquement un temps psychothérapique, il doit être maintenu comme différent et supérieur de la consultation des spécialistes. Cette proposition du Bureau est adoptée à lunanimité des treize membres présents.
- Le statut des psychiatres salariés : lavenant 10, signé entre les syndicats de médecins et les syndicats demployeurs, prévoyait une augmentation du " temps de psychiatre " parallèlement à la mise en place de la RTT. Après le rejet de cet avenant par le Ministère, et le recours conséquent en Conseil dÉtat, la concertation a enfin repris avec le Ministère de la Santé.
- Au sujet de la présentation du Plan de Santé Mentale de Bernard Kouchner, à la mi-novembre, les responsables de la communication regrettent que loccasion nait pas été saisie dune véritable offensive médiatique sur le grand malaise de la profession.
Rendez-vous est pris pour le prochain Conseil du 9 février.
Patrice BERTON
Secrétaire Général adjoint
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CCN 66 - CCN 79-93
DANS LA GRISAILLE ENVIRONNANTE,
UNE EMBELLIE POUR LE MÉDICO-SOCIAL ?Jean-David ATTIA
Faire le point, après trois ans de négociations à un rythme soutenu (3 à 4 réunions de la Commission Nationale Paritaire de négociation par an), paraît intéressant en ce début dannée au moment où le milieu médical et paramédical souffre singulièrement en psychiatrie.
Nos relations avec la Fédération des Syndicats Employeurs se sont approfondies et bon nombre de nos revendications sont comprises et partagées. Elles ont fait lobjet de signature davenants conventionnels significatifs. Il est essentiel de comprendre que lagrément ministériel, sous six mois, des avenants conventionnels est indispensable à leur application et que, préalablement, seule la négociation paritaire permet de soumettre à lapprobation du Ministère des aménagements conventionnels susceptibles de promouvoir notre secteur et notre profession.
Quen est-il aujourdhui ?
Lavenant 9 a été agréé par le Ministère en 2000. Il confirme une commission nationale paritaire dinterprétation et de conciliation. Cette commission, revitalisée, a constitué un point dancrage important dans lapprofondissement commun des difficultés rencontrées par nos employeurs et nous-mêmes.
Lavenant 10. La loi Aubry appelant à des négociations et des accords dentreprise sur lARTT conclus entre Employeurs (Associations) et Syndicats représentatifs (ce qui nous excluait totalement), nous savions bien au plan national que la question de la couverture médicale serait submergée par les préoccupations et les besoins dautres catégories de personnels. Nous anticipions quà défaut dun accord de branche conservatoire du plateau technique médical, les accords dentreprises et les aides de lÉtat iraient au secteur non médical, seul représentatif dans le processus de négociation. Afin danticiper et de corriger ce processus inéluctable au niveau des enjeux locaux, nous avions eu la sagesse délaborer avec la Fédération des Syndicats Employeurs lavenant 10 sur lARTT qui permettait de ne pas entériner un déficit médical pouvant atteindre 10 % du temps, alors que les files actives sont restées identiques ou se sont accrues, alors que les psychiatres ont à travailler et à se coordonner avec des équipiers plus nombreux du fait des créations demplois liées au passage aux 35 heures. Le Ministère a rejeté cet avenant et nous sommes en contentieux à ce sujet en Conseil dÉtat : la Fédération des Syndicats Employeurs et nous-mêmes nous sommes manifestés à plusieurs reprises auprès du Ministère. Nos contacts récents permettent quelques espoirs dont nous verrons rapidement sil sagit dune orientation réellement positive ou dun effet dannonce liée au contexte pré-électoral.
Lavenant 11 revalorise nos carrières (de leur début jusquà la 28e année) de façon intéressante. Il prend en compte la valorisation significative du statut et de la grille salariale des praticiens hospitaliers publics, obtenue par le protocole daccord du 13.03.00. Cet avenant, que nous avons signé en septembre 2001, est dans les mains du Ministère de la Solidarité et de lEmploi et de celui des Finances. Son refus induirait dans des délais très courts laggravation de la pénurie en psychiatres dans nos établissements et services associatifs. Il indiquerait un choix politique de démédicalisation et de déqualification du secteur médico-social. Dès lors, comment le médico-social, déjà pauvre en moyens, lits et places, confronté dans sa file active au long cours à des clientèles et à des pathologies mentales actives, pourrait-il faire face aux missions que lÉtat et les collectivités territoriales de la République lui confient par agréments, habilitations, conventions ? Cette question cruciale a été abordée lors de la dizaine de rencontres que nous avons eues ces trois dernières années. Nos convergences avec la Fédération des Syndicats Employeurs quant à la défense des soins à apporter aux " handicapés " sont affirmées, et nous ne manquerons pas à la défense de notre secteur. La prise en compte des soins et la médicalisation suffisante sous-tendent aussi, à terme, le financement de notre secteur par lAssurance Maladie.
Lavenant 12 se propose détendre le champ dapplication de notre convention aux médecins généralistes qualifiés. Nous lavons signé en décembre 2001, car :
- il reconnaît et rappelle le respect des domaines de compétences des médecins spécialistes et généralistes et il renvoie aux textes réglementaires en la matière ;
- il offre des garanties conventionnelles aux médecins généralistes et une grille de salaires honorable ;
- il est susceptible de renforcer le pôle médical de nos institutions et de mieux répondre aux besoins de leurs ressortissants.
Lavenant 13 est relatif aux jours de formation supplémentaires. Nous lavons signé en décembre 2001. Sil est agréé par le gouvernement, il constituera une avancée considérable tant pour la formation professionnelle continue que pour lobligation de formation médicale prévue par la loi dont les décrets dapplication restent à prendre, notamment dans ses aspects de financement spécifique. Cet avenant supprime larticle 12 de notre CCN qui avait pour objet notre perfectionnement et nouvrait pas à lexercice dun droit aussi clairement exprimé dans lavenant 13 qui le remplacera : il ouvre droit à "21 jours ouvrables de congé individuel de formation, rémunéré par période de trois années, pour participer à des stages, sessions de perfectionnement et congrès professionnels". Ainsi, dans les cas où nous ne bénéficierions pas du financement du plan de formation qui renvoie à lavis des Comités dentreprise et à la décision du directeur, lautorisation dabsence reste acquise : " le congé individuel de formation est rémunéré sur la base du temps habituellement travaillé dans lentreprise par lintéressé ". Ce droit acquis au titre du congé individuel de formation est totalement à différencier de lobligation légale de formation et dévaluation à laquelle nous serons prochainement soumis, dans des formes et selon des critères qui ne sont pas encore totalement précisés par les textes. À ce sujet, il est à noter que le projet de réforme du Code de déontologie médicale, aujourdhui en chantier, prévoit une fonction ordinale dans le cadre de lévaluation de la formation médicale obligatoire.
Au total, le bilan de nos négociations avec la Fédération des Syndicats Employeurs paraît intéressant. Il est favorisé par une unité syndicale sans faille avec nos amis du SNPP et de la CFE/CGC (Syndicat des Psychiatres Salariés et des Médecins de Réadaptation Fonctionnelle). Il est le corollaire dune évolution et dune préoccupation communes partagées avec la Fédération des Syndicats Employeurs du secteur associatif, aujourdhui mieux sensibilisée aux risques non seulement sanitaires mais aussi de financement par lAssurance Maladie encourus par un secteur médico-social dépouillé de ses médecins. Sensibiliser localement employeurs et direction, collègues de travail et collaborateurs autour de lengagement positif de leur Syndicat employeur paraît susceptible de favoriser les négociations locales et dapaiser certains conflits inutiles. Il est important de noter que ces avenants portent la signature des Syndicats des personnes morales employeurs, et celle de nos Syndicats nationaux. Si le Ministère de lEmploi et de la Solidarité les rejetait, il porterait seul la responsabilité de laggravation dune situation déjà précaire dans les " établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées ".
J-D. A.
NîmesDERNIÈRES NOUVELLES, le 30 JANVIER
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ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
RAPPORT MORALDOSSIER
Le changement dans la continuité... La formule est si galvaudée que jai longuement hésité à lutiliser pour introduire ce premier rapport moral auquel moblige ma nouvelle fonction de Secrétaire Général. Il ma bien fallu cependant dépasser mes réticences et reprendre cette expression à mon compte puisquelle condense fort justement les dimensions et capacités dévolution et de stabilité de notre association. Changement il y eut bien, puisque les élections de mars 2001 conduisirent à linstallation dun nouveau Conseil dadministration puis dun nouveau Bureau. Continuité il ne pouvait quy avoir, puisque nombre des membres de ces instances restaient les mêmes et quil ne pouvait être question dabandonner les projets ni les actions mises en place lors de la précédente mandature, ni perdre notre identité en nous engageant dans une modification radicale de notre fonctionnement et de nos objectifs, dautant que notre évolution sest faite par le haut, le Secrétaire Général étant devenu Président.
Lune des conséquences immédiates et directement perceptibles des dernières élections fut, en totale rupture avec ce qui était la tradition, la mise en place dune présidence bicéphale pour nos deux institutions : Christian Vasseur pour lAFP et Pierre Staël pour le SPF. Ce changement ne fut pas, comme cela est le cas pour tout changement, sans susciter des craintes : on agita même le spectre de la scission. Après un an de fonctionnement, nous pouvons constater quil nen est rien et que les esprits se sont apaisés en éloignant le fantasme courant dans toutes les familles que la différenciation ne débouche sur léclatement et la perte de lunité.
En fait, cette double présidence a démontré par lusage quelle était la source dun nouveau dynamisme en nous faisant passer du monologue au dialogue. Devant lampleur et la multiplicité des tâches qui se présentent à nous pour lavenir proche de la psychiatrie, la disponibilité du plus grand nombre doit être recherchée, limportant restant comme toujours de maintenir ouverts les échanges et les rencontres. Cest pourquoi nous avons mis en place le principe de réunions communes régulières entre nos deux Conseils dadministration, illustrant en cela le sage dicton populaire qui affirme quil y a plus didées dans deux têtes quen une...
LAFP a été, est et sera toujours attentive au travail du Syndicat et la réciproque est, nous nen doutons pas, vraie. Nos deux instances poursuivront une collaboration franche, cordiale et soutenue. Nous néchapperons pas aux inévitables conflits, mais nous saurons les rendre créatifs dans leur résolution..., en attendant les suivants ! La pensée scientifique nest pas indépendante de la pratique qui elle-même sappuie sur cette pensée. Cette dialectique est sans fin. Il est nécessaire que nous élaborions en commun notre réflexion afin de proposer des avancées qui ne soient pas de purs et simples actes corporatistes et de ne pas déboucher sur une pensée livrée à elle-même, détachée de tout ancrage dans la réalité de la pratique qui la légitime.
Face à une évolution culturelle qui, trop souvent, dévalorise la pensée et nattache de prix et de valeur quà ce qui est mesurable, vérifiable et surtout immédiatement rentable, il nous importe, à lAFP et au SPF, de montrer que le médecin, quelle que soit sa spécialité, mais le psychiatre en particulier, ne peut être le simple prestataire de services quattendent des technocrates incapables de voir plus loin que lécran de leur ordinateur, sauf à courir le risque de déboucher sur une pratique qui naurait plus de médicale que le nom et dont on pourrait alors prédire la disparition car elle aurait perdu sa raison dêtre et son efficacité.
LAFP et le SPF se retrouvent sur de nombreux points pour lesquels ils peuvent apporter des éclairages différents et complémentaires.
Cest ainsi que, à la demande du SPF, nous avons été conduits à réfléchir aux aspects scientifiques permettant de justifier la Nomenclature des actes dont la CNAM prépare la réforme. Il nous est apparu que la consultation psychiatrique était un acte médical qui ne pouvait être ni dévalorisé, ni divisé, sauf à vouloir en éliminer le sujet de sa préoccupation première. Cette révision de la nomenclature ne peut être réduite à des questions économiques qui conduiraient à penser que la prise en charge dun patient peut se résumer au simple renouvellement dune ordonnance réalisée dans la précipitation. La consultation psychiatrique est totale ou elle nest pas. En revanche, cet acte peut être assorti dun coefficient multiplicateur (supérieur à 1 !) quand les circonstances en accentuent la complexité ou en augmentent la durée.
La mise en uvre dune psychiatrie de qualité implique que le clinicien puisse prendre le temps de réfléchir sur sa pratique, et suppose que soient prises en compte les données de la démographie des psychiatres dont lévolution dans un avenir proche (dix ans) est catastrophique. Cest lun des aspects que nous navons pas manqué dévoquer lors de la rencontre commune avec le SPF que nous avons eue, le 05.09.01, au ministère avec Monsieur Olivier Obrecht, conseiller de Bernard Kouchner.
Dautres dossiers nous attendent avec lurgence délaborer des réponses recevables au plan scientifique et éthique par nos autorités de tutelle : le dossier médical, lévaluation des pratiques et le PMSI psychiatrique, la pratique des psychothérapies, linformation du patient, la formation médicale continue...
Il nous faut en permanence être attentifs à ce qui se prépare, à ce que nous préparent les responsables politiques et leurs conseillers dont on peut souvent se demander sils ne méconnaissent pas totalement la réalité et la spécificité de la prise en charge des malades mentaux, qui na que peu de choses en commun avec une intervention sur la cataracte, exemple cher à nos interlocuteurs qui aimeraient en faire le paradigme de ce que pourrait être la pratique médicale...
Les pouvoirs publics, se préoccupant de notre avenir, nomment des experts dont les rapports sont parfois surprenants et où il est difficile de sy retrouver, cest-à-dire de reconnaître ce quil en serait de notre pensée et de notre pratique. Quant aux propositions dévolution de la profession qui en découlent, elles ne peuvent que susciter les plus vives appréhensions. Notre critique du rapport Piel-Roelandt, dont les conclusions paraissaient avoir été définies à lavance, se fit sans concession. La psychiatrie libérale ne peut se voir déclarée de ne soigner que les " bleus à lâme ". Quant à la psychiatrie hospitalière, elle ne pouvait trouver de solutions aux difficultés quelle traverse dans une psychiatrie patchwork : imaginer que, pour régler la dramatique question de la désertification médicale des hôpitaux, il suffirait que les psychiatres libéraux consacrent désormais 20 % de leur temps à lhôpital, souligne à quel point les auteurs méconnaissent ce quest la réalité dune institution et de son fonctionnement.
Fort heureusement, le Plan de santé mentale présenté par Bernard Kouchner au conseil des ministres du 14.11.01 montrait lesprit de mesure qui avait présidé à son élaboration et nous permit de rappeler, dès le 16.11.01, dans notre communiqué de presse que, depuis longtemps, nous travaillons en réseaux, nous sommes attentifs à la qualité de la relation et aux droits et besoins des patients et de leur entourage, et nous nous soucions dinformer le grand public.
Notre premier Bureau fut consacré à la mise en place de commissions spécialisées, indispensables à notre organisation face à la multiplicité et à limportance des tâches des années à venir. Celles-ci furent présentées à notre premier conseil dadministration qui les accueillit favorablement. Jean-Jacques Kress est chargé de la commission éthique. Christine Lamothe prit en charge la commission scientifique. Jean-Yves Cozic se chargera de la question du dossier médical. Alain Amar et Jacques-David Beigbeder se chargeront de lévaluation, du PMSI et des classifications. Gilbert Diebold et Roger Salbreux sont en charge de la formation médicale continue. Françoise Coret est chargée des psychothérapies.
Notre Bureau, actif et motivé, fonctionnera dans louverture et la clarté, sans dissimulation. Sa ligne de conduite sur les années à venir sera le renforcement de lidentité du psychiatre et de sa crédibilité auprès des pouvoirs publics afin dêtre en mesure de se réapproprier et de réinterroger la politique de santé mentale. Nous nous devons dêtre les acteurs de notre destin, faute de quoi celui-ci nous serait imposé. La psychiatrie a trop souffert dêtre prise en otage par différentes obédiences. Cest pourquoi nous avons décidé de mettre en place pour 2003 des États généraux de la psychiatrie, avec le parrainage du Ministère de la Santé et, si possible, dans son enceinte, afin damener les politiques à prendre la psychiatrie en considération. Il y avait jadis linterface de la Commission des maladies mentales, mais celle-ci ne fonctionne plus depuis longtemps. La nécessité détats généraux de la psychiatrie devient dès lors une évidence tant pour les psychiatres que pour les politiques qui en sont preneurs, sous légide de la Fédération Française de Psychiatrie qui, à cette occasion, pourra reprendre les travaux importants quelle a engagés sur le " Livre blanc " de la psychiatrie, et en collaboration avec ses associations membres.
Nos activités scientifiques furent, encore cette année, nombreuses et de qualité.
Nos Journées nationales, en janvier 2002, sur "Psychiatrie et psychothérapies" ont connu un franc succès avec une augmentation notable du nombre des participants et surtout du pourcentage des nouveaux inscrits. Nous avons à cette occasion fait un effort financier pour permettre aux internes et aux plus jeunes de nos collègues de participer, car nous pensons indispensable de nous adresser aussi à eux si nous voulons que nos actions trouvent leur prolongement dans lavenir.
Le thème central que nous avons décidé de travailler au cours de notre mandat est celui des Psychoses. Ainsi sest tenue le 12 mai 2001 à Saint-Étienne une Journée consacrée à la trithérapie des psychoses (psychothérapie, psychotropes et institution) qui se poursuivra le 27 avril 2002, toujours à Saint-Étienne, sur "Penser la psychose : violence et violence psychotique, avec B. Rosenberg".
Nous aurons du 14 au 16 mars 2002 à Reims un colloque international sur "La schizophrénie dans tous ses états" qui abordera les différents modèles (biologique, psychanalytique, systémique, cognitivo-comportementaliste) permettant dappréhender cette pathologie.
Se tiendra à Bruxelles, du 7 au 9 novembre 2002, un colloque sur le thème "Penser la psychose... Accompagner le psychotique". Enfin nos Journées nationales des 17 et 18 janvier 2003 à Paris seront consacrées à "Penser la psychose : soigne-t-on encore les psychotiques ?".
Nos Journées régionales connurent également un franc succès. Les 17 et 18 mars 2001 fut organisé à Brest, avec la Fondation Européenne pour la Psychanalyse, un colloque en hommage à Jean-Jacques Kress sur le thème "Un siècle de psychiatrie, un siècle de psychanalyse : quelles perspectives ?". Les 8 et 9 juin 2001 à Bordeaux furent consacrés à une réflexion sur "Quen est-il du courant psychodynamique dans la psychiatrie actuelle ?", en partenariat avec lUnion nationale daide à la santé mentale.
Nous avons poursuivi notre cycle de Conférences-débats sur les rapports du langage à la psychiatrie "Lhomme qui parle", dans le cadre prestigieux de lHôtel de Lamoignon à Paris, grâce au travail actif dYves Manela. Rappelons que ces Conférences sont enregistrées en cassettes audio et vidéo, disponibles auprès du secrétariat.
Malgré des difficultés dorganisation, nous avons maintenu à Nice en décembre 2001 un colloque sur "Croyances et identité".
Le prix littéraire Charles Brisset a été attribué à Pierre Bergounioux pour Le premier mot (Gallimard). Malgré labandon du soutien financier dont nous bénéficions auparavant de la part de lindustrie pharmaceutique, nous avons tenu à maintenir cette activité que Michel Demangeat manage avec efficacité.
Sur le plan éditorial, nos Revues se portent bien. La Lettre de Psychiatrie Française a un nouveau directeur, Jacques-David Beigbeder, et elle continue à fournir à lensemble des psychiatres français une information rapide et régulière sur nos activités et sur les questions qui se posent à notre profession. Elle permet des réactions rapides et donne le compte rendu des débats qui sorganisent au sein de lAssociation Française de Psychiatrie. Un problème important toutefois demeure : celui des abonnés que nous souhaiterions voir en augmentation afin de pouvoir continuer à bénéficier des avantages de la commission paritaire (coûts daffranchissement réduits). Nous y travaillons. Grâce à son sérieux, Psychiatrie Française est toujours un ouvrage de référence sur des thèmes majeurs ; son comité de rédaction sest étoffé, sous la houlette dYves Manela.
Enfin, nous avons également poursuivi notre travail dinformation du public par le biais de la Semaine dinformation sur la santé mentale qui sest tenue du 8 au 13 octobre 2001, et se tiendra à nouveau du 18 au 23 mars 2002.
Nous nous sommes engagés auprès de la Fédération Française de Psychiatrie pour quy soit mise en uvre une politique plus démocratique de représentation des sociétés qui la composent.
En conclusion, cette année dinstallation du nouveau Bureau et du nouveau Conseil dadministration, dans la poursuite de la lancée des activités déjà programmées, fut dense et trop courte à notre gré. Nous attendons de nos membres un jugement sans appel sur nos actions et quils nous fassent remonter leurs souhaits et leurs attentes. Notre regard se tourne vers les générations à venir, que nous voulons préparer à prendre la relève.
Jean-Michel HAVET
Secrétaire Général
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ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
Bureau le 19.01.02
sous la présidence de Christian Vasseur
- JOURNÉES NATIONALES 2002
Dans la suite immédiate de ces Journées :
- Satisfaction quant à lorganisation, laffluence des inscriptions et la qualité des interventions.
- Sur la forme, il paraît indispensable dimpulser une nouvelle dynamique à leur déroulement. Plusieurs propositions sont évoquées :
- répartition différente des interventions, moins nombreuses, ménageant ainsi plus de temps à la discussion et aux questions avec le public ;
- organisation dune Table ronde favorisant les échanges entre les participants puis avec le public, plutôt quune succession de mini-interventions ;
- support papier diffusé au préalable à chaque participant pour certaines interventions ou rapports.
Dune façon générale, il sagit de disposer de plus de temps pour les communications et la discussion et déviter la multiplication des interventions.
Pour mieux répondre à lattente et aux critiques éventuelles des participants, un questionnaire sera soumis à chaque inscrit de ces Journées 2002 pour toute remarque et commentaire.
Enfin, il paraît judicieux, pour intéresser et mobiliser les jeunes psychiatres, de leur proposer un certain nombre dinvitations pour les Journées 2003 en échange dune participation au travail de cette manifestation. Emmanuelle Roche est chargée, à cet effet, de prendre contact avec lAFFEP.
- LES JOURNÉES NATIONALES 2003
Elles auront pour thème "La Psychose : soigne-t-on encore les psychotiques ?". Le programme, en cours délaboration, sera orienté principalement sur la pratique, tant institutionnelle que libérale.- LES PROVINCIALES
Pas de changements au programme déjà indiqué, sauf pour les Journées de Bruxelles qui sont avancées aux 7, 8, 9 novembre 2002.Pour les organisations de chaque Provinciale, il est précisé quà lavenir :
- un budget prévisionnel équilibré et justifié sera établi (le secrétariat et le trésorier se tiennent à la disposition de toux ceux qui souhaiteraient une aide ou des renseignements à ce sujet) ;
- le nom de la manifestation sera précisé :
- pour moins de 25 personnes, il sagira dun Groupe de travail ;
- de 25 à 50 personnes, il sera question dun Séminaire ;
- de 50 à 100 personnes, on parlera de Colloque ;
- enfin pour plus de 100 personnes, Journées ou Congrès, sera notifié ;
- lobligation de faire figurer le nom de lAFP sur les programmes et les annonces dans la mesure où ces manifestations se déroulent sous ses auspices et son assistance.
- LA NOMENCLATURE
LAFP, en tant quassociation scientifique, rappelle son attachement à lunicité de lacte psychiatrique qui ne peut être appréhendé que dans son lien à la subjectivité, quel que soit le mode détablissement de la relation. Il sagit dune position éthique qui soppose à la tentative contemporaine de quantification qui placerait le psychiatre comme un prestataire de services.Jusquà présent, les références des membres de lAssociation sont majoritairement psychanalytiques ou psychodynamiques et léclatement du CPsy ne correspondrait en aucune façon à cette orientation de leur pratique.
Après accord avec les représentants du SPF rencontrés le matin même, le Bureau note avec satisfaction laccord commun AFP/SPF sur le fait que "la cotation de la consultation psychiatrique (CNPsy) ne peut être ni dévalorisée ni divisée : elle est unique ; tout au plus, peut-elle être valorisée par un coefficient multiplicateur (supérieur à 1 !) pour tel ou tel type de consultation, à préciser".
- ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA PSYCHIATRIE
Cette proposition, faite par notre Président, a reçu lapprobation de la FFP. Ces états généraux viseraient linstauration de nouvelles relations avec les Pouvoirs publics dans le champ de la Santé mentale et devraient donc se dérouler sous légide du Ministère de la Santé. Leur organisation simpose du fait du contexte actuel de la santé mentale, en réaction au rapport Piel-Roelandt, mais également en lien avec les travaux actuels sur le " Livre blanc " de la psychiatrie (pour lesquels J-J. Kress a représenté lAFP), dont une première présentation aura lieu dès mars 2002.Ces états généraux pourraient avoir lieu fin septembre, début octobre 2003, à Paris, organisés en collaboration avec la FFP et sous légide du Ministère de la Santé.
- RÉACTION
LAFP réagit fortement et unanimement au colloque de " psycho-chirurgie " organisé par la neuro-chirurgie et lINSERM U318 sur la lobotomie, pour affirmer quil existe un interdit absolu de cette pratique dans le champ de la psychiatrie.- FMC
Un nouveau texte pourrait être adopté avant la fin de la législature : il donnerait un nouveau contenu à la formation médicale continue que nous voyons se développer depuis un certain nombre dannées comme un véritable serpent de mer.De fait, il est souhaitable que les organismes de formation soient représentés dans les futurs Collèges national et régionaux.
Un projet de lettre est en cours pour les Présidents des Collèges régionaux que lAFP avait mis en place en 96-97 et pour chaque conseiller du SPF-AFP.
Yannick CANN
Secrétaire Général adjoint
PSYCHIATRIE ET PSYCHOTHÉRAPIES, UN DÉBAT ACTUEL
LES JOURNÉES AFP des 18 et 19 JANVIER 2002Plaine des Vosges, vallée de la Moselle. Dimanche 03.02.02, 5 h 30 du matin. Nous nous équipons dune Thermos de café et de rations de survie pour accomplir la mission que nous a confiée la rédaction.
Marie-José MANDRY
Vous me demandez décrire mes impressions sur vos Journées auxquelles jai participé.
Un mot dabord sur laccueil sympathique, le cadre agréable, un tantinet cosy, lorganisation discrète et efficace ; bravo pour les badges style forfait de ski (une idée savoyarde ?) bien plus pratiques que ceux avec épinglettes.
Sur le fond, jai apprécié la richesse, la diversité et la densité des interventions, proposées dans un timing, respecté, grâce auquel je nai ressenti ni lourdeur ni saturation.
Je retiens de ces Journées que la psychanalyse est vivante. Elle est présente et se pratique au quotidien en différents lieux : institutions, libéral, université. Des professionnels se sont donné les moyens dêtre analysants, puis en position danalystes ; ils savent être créatifs et tenir compte de la réalité du terrain où ils ont parfois à se situer dabord face à lurgence grave (T. Bokanowski), mais où il sagit toujours dinscrire un travail dans la durée, et quelle durée : M-L. Roux a parlé de vingt ans ! Car la psychanalyse, ici, nest pas une coloration de surface ; elle retrouve ses lettres de noblesse doutil séméiologique, et douverture ou de réouverture de la capacité à penser. Et tous les " bombardements " symptomatologiques ne sauraient détruire ce désir " déchanger une part dhumanité entre quelquun qui demande des soins et quelquun qui soigne " (J-D. Beigbeder). Définir fermement sa spécificité nest pas en faire un modèle unique et réducteur, cest au contraire donner une chance à un travail pluridisciplinaire de seffectuer. Cest aussi cette ouverture desprit que jai rencontrée au cours de ces Journées.
Quant au choix, pour le dîner, du restaurant du Dôme du Marais ancien mont-de-piété, où les personnes en difficulté venaient échanger, maintenant espace convivial au décor décalé à la Pierre Loti , jy vois une jolie métaphore.
M-J. M.
Claude MANDRY
Le lendemain, J-F. Allilaire a exposé ce quallait devenir la formation initiale des psychiatres, le cadre étant déjà posé dune formation par luniversité à lépistémologie des principales psychothérapies et où il reviendra à chacun de choisir ses formations personnelles et pratiques. Ma surprise vient de la rapidité avec laquelle cela a pu être mis en place : les psychiatres ne mont pas habitué à autant de rapidité pour se mettre daccord sur un texte ou un canevas.
Merci à lAssociation Française de Psychiatrie pour ces trois demi-journées agréables, qui devraient permettre à chacun de se sentir moins seul dans sa pratique et de se conforter dans la tenue à distance du tout-comptable et du tout-biologique.
Merci à Annie et à sa bande pour lorganisation sympathique de ces Journées. Les Actes seront publiés par ailleurs ; ici, il ne sagit que dimpressions sur soi.
C. M.
ÉpinalDimanche 7 h 30 du matin, à lest, laurore embrase la ligne bleue horizon des Vosges : dhabitude, elle est verte et, sous nos yeux, elle devient rouge. Nous confions notre rapport à une estafette du régiment de transmission qui la remettra en main propre à la rédaction.
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LA SCHIZOPHRÉNIE DANS TOUS SES ÉTATS
N° de formation continue de l'Association Française de Psychiatrie
11 75 250 40 75REIMS,
Jeudi 14, Vendredi 15, Samedi 16 Mars 2002
PROGRAMME
Jeudi 14 mars
9 H - 13 H AVANT-PROPOS, avec la collaboration de :
Jean DALLERY (Lyon), Christophe DHÔTE (Paris), Annie DOUCE (Reims), Jean GARRABE (Paris), Patrick MARTIN (Paris), Pierre-Olivier MATTEI (Paris), Charles PULL (Luxembourg), Frédéric ROUILLON (Paris), Gérard SCHMIT (Reims).14 H 30 - 18 H BIOLOGIE, avec la collaboration de :
Therry d’AMATO (Lyon), Jean-Michel AZORIN (Marseille), Maurice FERRERI (Paris), Gwenolé LOAS (Amiens), Philippe LOEFFEL (Reims), Philippe NUSS (Paris), Jean-Pol TASSIN (Paris).Vendredi 15 mars
9 H - 12 H PSYCHANALYSE, avec la collaboration de :
Jacques-Édouard BARBIER (Reims), Élisabeth CITTI-WARGNY (Reims), Marcel CZERMAK (Paris), Michel DEMANGEAT (Bordeaux), Jean-Richard FREYMANN (Strasbourg), Michel PATRIS (Strasbourg), Christian VASSEUR (Annecy).14 H - 17 H 30 ABORDS FAMILIAUX ET SYSTÉMIQUES, avec la collaboration de :
Jean-Claude BENOÎT (Versailles), Thierry DELCOURT (Reims), Jean-Michel HAVET (Reims), Jacques MIERMONT (Paris), Bernard PRIEUR (Paris), Mattéo SELVINI (Milan).Samedi 16 mars
9 H - 13 H COGNITIONS, avec la collaboration de :
Christine-Vanessa CUERVO (Reims), Jean-Marie DANION (Strasbourg), Marie-Christine HARDY-BAYLE (Paris), Daniel JACQUES (Châlons-en-Champagne), Roland JOUVENT (Paris), Charles-Siegfried PERETTI (Reims), Martial VAN DER LINDEN (Genève), Dawn VELLIGAN (Texas).14 H 30 - 17 H 30 COGNITIVO-COMPORTEMENTALISME, avec la collaboration de :
Jérôme FAVROT (Lausanne), Ovide FONTAINE (Liège), Philippe LEDOUX (Reims), Valentino POMINI (Suisse), Alain RIGAUD (Reims).RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS
Reims Champagne Congrès - Service Résa-Congrès
12 boulevard Général Leclerc - 51100 REIMS
Tél : 03 26 77 44 60 - Fax : 03 26 77 44 47
Comité scientifique : Jacques-Édouard BARBIER - Jean-Michel HAVET - Charles-Siegfried PERETTI - Christian VASSEUR
Comité d’Organisation : Philippe LEDOUX - Élisabeth CITTI-WARGNY
Colloque organisé par : L’Association Française de Psychiatrie (AFP) - L’Association de Recherche et de Soutien de Soins dans le Service de Psychiatrie Adultes du CHU de Reims (ARSPG) - La Société de Psychiatrie de Champagne-Ardenne (SPCA) - L’Association Régionale des Psychiatres pour la Formation (ARDPF) - La Revue « Les Actualités en Psychiatrie »
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« EN PARLER TÔT POUR EN PARLER À TEMPS »
SISM 2002, du 18 au 23 mars
Au lendemain de la présentation du Plan de santé mentale par le Ministre, et avant les échéances électorales du mois davril, il a paru nécessaire que cette treizième Semaine sinterroge et nous permette dinterroger les décideurs sur :
Le prix de la santé mentale
On a coutume de dire que la santé na pas de prix mais quelle a un coût.
Et la santé mentale ? Elle na pas de prix non seulement parce quelle concerne la qualité de vie de chacun, mais aussi parce quelle concourt à la qualité des relations de tous.
- La prévention ? Quels moyens se donne-t-on, à lécole, au travail, dans la cité, pour rester attentifs aux conséquences des souffrances psychiques ?
- Le soin ? Quels moyens se donne-t-on pour former et sensibiliser les professionnels à lécoute et à léchange ?
- Laccompagnement ? Quels moyens se donne-t-on pour accueillir et soutenir ceux que la souffrance conduit à lisolement, voire à lexclusion ?
Le prix de la santé mentale nous concerne tous : patients, familles, amis, professionnels, élus, décideurs.
REGARDS :
- À lUnafam, nous sommes bien placés pour savoir quelle valeur accorder à la santé mentale, et cest compte tenu de cette valeur que nous posons la question de son coût.
En psychiatrie comme ailleurs, on supprime aujourdhui des lits dhôpitaux. Dans bien des situations, les familles ou les proches paient lourdement le coût de cette déshospitalisation car ce sont elles le plus souvent, sans aide ni soutien, qui accueillent, hébergent, assistent le malade.
- Soutenir et associer les malades afin de les aider à faire face ;
- Soutenir et associer l'entourage afin qu'il devienne partie prenante des choix retenus ;
- Soutenir et associer les équipes soignantes ;
- Soutenir et associer les professionnels et les responsables de la cité ;
- Déstigmatiser et changer le regard ;
sont les conditions nécessaires au développement de la santé mentale.
De cette expérience, nous pouvons affirmer que la rupture dans la continuité des soins entraîne un surcoût ultérieur. Lexclusion contre laquelle nous luttons donne lieu à des resocialisations successives qui coûtent cher, et elle est lourde de conséquences tant sur le plan social que sur le plan de la santé publique. La stigmatisation, labandon et lexclusion coûtent plus cher que le soin et laccompagnement.Jean CANNEVA
Président de lUnafam
- La maladie mentale a un prix : celui des larmes, des souffrances, des conflits, de labsentéisme, de léchec scolaire ou professionnel, des actes manqués et des erreurs passionnelles. À ce prix, socialement très élevé puisque selon lOMS près du quart de la population est atteint, à ce prix auprès duquel les économies que voudraient faire les mauvais gestionnaires de la sécurité sociale sont ridicules, sajoute le coût des soins dont nous connaissons le détail, au cent deuro près, puisque les média nous en abreuvent.
Mais alors quel serait le prix de la santé ? La santé na pas, dit-on, de prix. Le souci de santé (en un mot, la prévention), lui, à un coût. Celui-ci est faible parce que, en France, on ne se soucie de prévention quen période électorale, et parce que la réflexion à son propos est encore difficile. Mais on peut, en estimant les besoins de prévention, avoir une idée de linvestissement que représenterait ce souci de santé.
On ne peut plus en rester aux seules expériences qui, comme la SISM, ne se nourrissent que de leffort, du courage et de la disponibilité de militants de la santé.Simon-Daniel KIPMAN
Initiateur de la SISM
Comité dOrganisation : Association Française de Psychiatrie (AFP) Association Scientifique Française des Psychiatres du Service Public (AFPP) Centre Collaborateur OMS pour la recherche et la formation en Santé Mentale (CCOMS) Centre National Audiovisuel en Santé Mentale (CNASM) Fédération dAide à la Santé Mentale Croix-Marine (FASM Croix-Marine) Fédération Française de Psychiatrie (FFP) Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-Patients en Psychiatrie (FNAP-Psy) Fondation Santé des Étudiants de France (FSEF) Ligue Française pour la Santé Mentale (LFSM) Société Médicale Balint Union Nationale des Amis et Familles de Malades Mentaux (UNAFAM).
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LAssociation des Psychiatres Libéraux Stéphanois
et lAssociation Française de Psychiatriecoorganisent
le Samedi 27 Avril 2002
à SAINT-ÉTIENNE (Château de Saint-Victor-sur-Loire)une troisième Journée détudes sur le thème
PENSER LA PSYCHOSE " AVEC " :
VIOLENCE ET VIOLENCE PSYCHOTIQUENous sommes parfois confrontés, dans notre pratique clinique quotidienne, à la violence de nos patients. Quelle soit agie, verbalisée ou transférentielle, celle-ci ne laisse personne indifférent, ne serait-ce que par la paralysie des processus de pensée quelle induit.
Benno Rosenberg exposera les différences entre violence et violence psychotique, et tentera de nous aider à comprendre comment nous pouvons récupérer une fonction alpha afin de retrouver la capacité de penser en situation. La violence étant une énergie brute, comment la contenir, la transformer en mots ou la mettre en latence, afin quelle soit reprise dans la suite du traitement puis symbolisée dans laprès-coup ?
Pouvoir penser la violence est aussi indispensable au patient quau thérapeute, qui doit pouvoir résister à la diffraction psychique sans pour autant se voir contraint de passer à lacte, ce qui lui ferait perdre du même coup sa capacité contenante.
Comme dhabitude, cette 3e Journée de "Penser la Psychose..." fera appel à des intervenants de pratiques diverses, infirmiers, internes, psychiatres libéraux qui exposeront leur expérience clinique au contact de la violence dans différents cadres. À la lumière de celle-ci, Benno Rosenberg dira ses perspectives et son écoute de la violence dans la clinique.
Marie-Lise Roux, qui avait inauguré cette série de travaux en mai 2000 sous le titre "Penser la psychose avec Francis Pasche", nous fera à nouveau lhonneur et lamitié de sa présence.
9 H Accueil par le Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre, Présidente de lAPLS. 9 H 15 Allocution douverture par le Dr Christian VASSEUR, psychiatre, Président de lAFP. 9 H 30 Sous la présidence de Christian VASSEUR :
Exposé de Benno ROSENBERG, psychanalyste :
"Violence et violence psychotique"
Modérateur : Dr Christine LAMOTHE, psychiatre.11 H Pause 11 H 30 Table ronde et Discussion avec la salle, animées par B. ROSENBERG, C. LAMOTHE, C. VASSEUR. 12 H 30 Déjeuner sur place. 14 H 15 Exposés cliniques :
- "Violence chez une patiente état-limite dans linstitution"
- Dr Stéphane BOYER, psychiatre : " Violence de la première rencontre "
- Sophie DUPEYRAT, Nicole GRATALOUP, Marie VAUCHER, infirmières en psychiatrie :
"Destins de cette violence au cours de lhospitalisation"- "Confrontation à la violence psychotique en pratique libérale"
- Dr Françoise BOURGEOIS, psychiatre,
- Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre
15 H 15 Table ronde et Discussion avec la salle, animées par B. ROSENBERG, C. LAMOTHE, C. VASSEUR. 16 H 30 Synthèse et Clôture des travaux.
Comité dorganisation : Dr Christophe AIMO, Dr Chantal ARTINIAN, Dr Françoise BOURGEOIS, Dr Catherine DELEAGE, Dr Catherine GAUTHEY, Dr Danièle GUILLAUME, Dr Michel MARCON, Dr Philippe MERLEY.
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CÉLESTEEn raison de son âge vénérable, Céleste fut dispensée daller manifester en ville aux côtés de ses congénères plus jeunes et de ses cousines les brebis. Pour distraire les foules citadines à lapproche dune fête censée célébrer la paix dans le monde, des édiles avaient eu la curieuse idée de faire arpenter le bitume dune grande avenue aux ruminants de la montagne. Les hommes la surprendraient toujours... Elle profita de cette journée de grand calme, ponctuée seulement par les mugissements du taureau Tristan, consigné pour dautres raisons, pour aller fureter dans la bibliothèque quelle sétait patiemment constituée, grâce aux promeneurs qui oubliaient chaque été des livres dans les prés. Entre un bloc de sel et un pot dembrocation, elle tomba sur un fort volume intitulé Le silence des bêtes*, oublié par une jeune femme il y avait deux étés. Elle sy plongea avec délices, mais ne tarda pas à frémir lorsquelle aborda le temps des sacrifices, qui suivait de près la douceur grecque. Satanés humains !
Céleste se rendit compte que la question de savoir sil est loisible de manger chair avait toujours tourmenté certains humains, en particulier un certain Plutarque, philosophe de son état, qui recommandait de manger peu de buf animal doux, domestique et serviteur du laboureur, expliquait Élisabeth de Fontenay, lauteur du livre , afin de rétablir "une ancienne nature humaine, non carnivore, du temps où la cruauté des hommes ne le disputait pas à celle des bêtes sauvages", et de permettre à "lexcellence rationnelle de sexercer". "Ah, les braves gens !", se dit Céleste en écrasant une larme.
Elle sémut aussi dun passage de LOdyssée, où lon pria avant dégorger et décorcher "de belles vaches de front large aux cornes torses". Mais deffrayants prodiges survinrent ensuite, "les dépouilles rampaient, la viande meuglait sur les broches, crue ou cuite, on eût dit la voix même des bêtes". Si elle suivait bien ce que voulait dire Plutarque, il en appelait les humains à une forme de sagesse envers les siens : vous avez le droit de nous tuer si vous avez besoin de nous manger, mais si cest seulement pour manger mieux, vous nous traitez comme des "friandises" (Amyot) et vous êtes des criminels...
Elle éprouva un mélange dattendrissement et de révolte en lisant que les anciens Grecs cherchaient à obtenir lassentiment de lanimal à son sacrifice, pour se disculper de la violence : rites, ornements, mort donnée par surprise, avec un couteau caché dans une corbeille, quel luxe de précautions ! Evidemment, rapporté aux abattoirs industriels, ce luxe serait presque une marque dhumanité plus grande en faveur des Anciens... Céleste fut en revanche bouleversée quand elle lut ce quécrivait Ovide dans ses Métamorphoses : "Oui, vraiment, cest un ingrat, indigne des présents de la terre, celui qui peut égorger son laboureur [le buf] à peine délivré du poids de la charrue recourbée, et frapper de la hache ce cou usé par le travail, après sen être servi tant de fois pour retourner le dur terrain de son champ et pour préparer ses moissons." Était-ce là aussi son destin de vache de moins en moins laitière ? Cette journée de calme allait-elle tourner au cauchemar, à la suite daussi édifiantes lectures ?
Elle pensa à ses copines parties gambader en ville : les écervelées ! Son vieux pote Cavanna avait bien raison de titrer "toutes les dindes meurent le même jour" (Charlie-Hebdo, 12.12.01). Lui avait compris, petit garçon, quon devait aux animaux bienfaisance et libéralité, en voyant aux devantures "des cadavres [cerf et sanglier] enjolivés de flots de rubans pour faire joyeux...".
Pensant éviter le pire, Céleste sempara dun morceau de craie qui servait à écrire le nom des vaches sur une ardoise au-dessus de leur tête, et recopia dun sabot tremblant une phrase de Plutarque à lattention de son maître : "Pour ma part, je ne vendrais même pas un buf de labour pour cause de vieillesse, à plus forte raison un homme âgé." "Pourvu quil ait ses lunettes quand il viendra ce soir !" se dit-elle avant de saffaler, désormais apaisée, et de reprendre sa rumination.
Céleste des Alpes Méridionales
pcc Jean-Yves FEBEREY, apprenti vacher* Élisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, la philosophie à lépreuve de lanimalité, Fayard, 1998
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DÉMOGRAPHIE MÉDICALE
Un arrêté du 17.12.01, publié au J.O. du 21.12.01, fixe à 4 700 le nombre des étudiants qui, à lissue de lannée universitaire 2001-2002, seront admis à poursuivre leurs études en deuxième année de médecine. Selon le Quotidien du Médecin (08.01.02), la hausse de 15 % de ce numerus clausus par rapport à lannée précédente se répartit de façon homogène entre les différentes facultés de médecine.
Certes, dans une perspective à première vue démocratique, cette augmentation homogène du numerus clausus peut se justifier. Cependant elle risque daggraver, ou au moins de pérenniser, les disparités et les inégalités démographiques régionales des médecins, toutes spécialités confondues. Quand on sait, comme le montrent les enquêtes successives, que les médecins restent attachés à la région où se situe la faculté de médecine où ils ont poursuivi leurs études, on peut se demander sil naurait pas été judicieux daugmenter davantage le numerus clausus dans les régions très défavorisées au plan de la démographie médicale.
Jean-Michel HAVET
Reims
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GRAINS DE SEL PSYCHIATRIQUE
Psychiatricus
Non à la dépsychiatrisation et à la démédicalisation de la santé mentale, cher Président Pierre Staël, bien sûr(1) ! Mais les syndicats médicaux (y compris le nôtre) et lOrdre des Médecins ont une responsabilité dans létablissement dun numerus clausus déraisonnable à lentrée des études de médecine et dune réforme de linternat qui ne prévoyait pas trois filières (médicale, chirurgicale et psychiatrique). Avec lillusion de maintenir des revenus privilégiés pour une génération, on a créé les conditions pour que des milliers de postes vacants dans les hôpitaux soient occupés par des médecins étrangers, hors CEE, avec des situations desclaves des temps modernes et pour que, trop souvent, les patients soient contraints dattendre trois mois pour obtenir un rendez-vous dophtalmologiste (ou dautres spécialistes). Némésis aveugle ceux quelle veut perdre.
Autant il convient de défendre la dimension relationnelle et psychothérapique de la psychiatrie, autant me semble dangereux notre texte sur les psychothérapies qui sous-entend que tous les psychiatres formés par le DIS seraient à la fois compétents et experts en psychothérapie ! À mon avis, lexercice des psychothérapies nest pas par nature un acte médical et il peut être pratiqué par des psychothérapeutes qualifiés sans indication ni suivi psychiatrique. Cétait aussi lavis de Freud, et les psychanalystes américains non médecins ont fini par gagner leur procès contre les psychiatres psychanalystes qui voulaient garder un monopole.
Le sottisier psychiatrique est assez bien représenté dans le rapport Piel-Roelandt quand celui-ci préconise que les psychiatres "après élaboration de projets personnalisés [sic] pass(ent) progressivement la main aux acteurs sociaux". Une partie de larrière-garde psychiatrique a déjà bien entendu le message. Certains se réservent les premiers entretiens dans leur service, puis orientent éventuellement le patient pour une psychothérapie vers un psychologue-psychothérapeute sans se soucier de savoir si celui-ci dispose d'une place, ni de la façon dont le patient réagit à cette prescription paradoxale, ni de la possibilité des intéressés de nouer une relation dans ces conditions.
P.
(1)Cf. Éditorial, La Lettre de Psychiatrie Française, N° 108.
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PSYCHANALYSE ET PSYCHIATRIE
DEMANDES ET RÉPONSES CONTEMPORAINES,
Jean-Louis CHASSAING (sous la dir.)
Erès (coll. Point hors ligne), 2001, 204 p., 23 €Yannick CANN
Le fil conducteur de ce livre est avant tout celui de la pratique. Les différents auteurs sont en effet des praticiens de formation psychiatrique, psychologique ou juridique, qui tentent dapporter une contribution aux mutations de leur discipline, à la tension entre les demandes et réponses contemporaines prises dans un monde qui réclame une adéquation parfaite, une résolution immédiate.
La conférence de Jacques Lacan à la Salpêtrière, au Collège des médecins en 1966, sert de toile de fond à ces réflexions. À partir du concept de demande qui y est développé, les auteurs reprennent des questions actuelles comme le traitement des délinquants sexuels, le traitement de la douleur, linjonction thérapeutique, les phénomènes psychosomatiques, les progrès de la science. Finalement, cest la place du sujet moderne qui est interrogée.
Ce livre a le mérite de resituer la psychiatrie dans son lien à la subjectivité, à lincertitude là où lidéologie scientifique récuse le défaut, la faille, doù sorganise cette subjectivité. Comme le rappelle Claude Dumézil : "Plus que dautres spécialités médicales, la psychiatrie requiert une pratique de la parole au temps diagnostique comme au temps thérapeutique. Que ce soit dans les aspects pharmacologiques dun traitement, dans la manière de prescrire ou dans les aspects socio-économiques dune prise en charge, la parole pèse dun poids qui ne saurait être réduit au bien-dire de la communication ou de la savante compétence."
Alors, au moment où lon évoque une remise en valeur de "lacte intellectuel", est-il bien concevable de morceler lacte psychiatrique pour ladapter à une nouvelle nomenclature technocratique, dictée par un conformisme présenté comme progressiste (progressisme qui se réduirait au souci volontariste de se mettre en conformité avec lévolution " nécessaire " de notre temps) ? Doit-on délaisser la pratique centrée par le sujet pour sadapter à une psychiatrie qui serait ordonnée par linformatique ?
Ce livre nous lindique : cest dans son mode de réponse à ces demandes contemporaines de classifications et de codifications, établies dans un leurre pseudoscientifique, que la psychiatrie risque de se perdre.
Y. C.
Brest
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PSYCHIATRIE EN EUROPE
LIBRE CIRCULATION DES MÉDECINS :
SUISSE / UNION EUROPÉENNEHarald SONTAG
Des accords bilatéraux entre lUnion Européenne et la Suisse sur la liberté de circulation de tous les travailleurs et la reconnaissance mutuelle des diplômes des médecins, doivent entrer en vigueur début 2002. Cette situation, que nous connaissons depuis longtemps entre les États de lUnion européenne, est nouvelle pour la Suisse puisque celle-ci a refusé, par référendum en 2001, de faire partie de lUnion (le prochain naura pas lieu avant 2007).
La Confédération helvétique est formée de 26 États indépendants dont chacun a son système de santé propre, mais aussi un certain nombre de règlements de niveau fédéral, ce qui rend les choses très complexes. Jusqualors les diplômes de spécialistes étaient délivrés par la Fédération des Médecins Helvétiques (FMH) qui a un pouvoir important et, de plus, contrôle la formation médicale continue. À la suite de ces accords bilatéraux, les diplômes devront être dÉtat (donc fédéraux), ce qui modifie profondément le système médical. Les accords entraîneront sans doute lunification des politiques de santé entre les états puis une harmonisation avec celle, future, de lUnion européenne. En ouvrant ses frontières aux médecins de lUnion européenne, la Suisse permet aussi létablissement des médecins suisses au-dehors de leurs frontières, mais ceux-ci se posent la question de " léquivalence réelle " de leurs diplômes. La densité des médecins en Suisse est très importante, y compris pour la psychiatrie.
Cet accord donne aussi un nouveau pouvoir aux Caisses dassurance maladie qui pourront choisir elles-mêmes, sur des critères non qualitatifs mais économiques, les prestataires avec qui elles passeront ou non des contrats, ce qui risque dentraîner une forme de médecine à laméricaine où les médecins les moins "coûteux" sont privilégiés par rapport à ceux dont les prestations sont plus élevées.
Parmi les préoccupations actuelles des médecins suisses, nous retiendrons :
- la difficulté des négociations tarifaires avec les différentes Caisses dassurance maladie ;
- le problème du burn-out des médecins qui, sans espérer les 35 heures utopiques "à la française", sont particulièrement exposés aux pressions sociales et professionnelles ;
- le problème de la transmission électronique des factures, les médecins étant rémunérés directement par les Caisses ;
- le problème complexe de trouver des nouveaux débouchés à leurs formations, sous forme de supervisions, de créations de réseaux avec dautres acteurs de loffre, de prises en charge des toxicomanes, etc.
H. S.
Strasbourg
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DERNIÈRES NOUVELLES SYNDICALES.
Comme vous le savez, des accords ont été signés entre les Syndicats des psychiatres du secteur médico-social et les Syndicats des Employeurs, qui devaient être validés par nos gouvernants. Or, lavenant N° 11 vient dêtre rejeté, le 30 janvier 2002, parce que les signataires navaient "pas suffisamment étudié les conséquences financières de cette signature". Désopilant ! Ceux qui nont pas étudié les conséquences financières du passage aux 35 heures reprochent aux autres de ne pas le faire "assez". Nous retrouvons là les mêmes problèmes quen clientèle où chacun prête à lautre les reproches quil se fait. Largent de la Sécu va servir à payer la réduction du temps de travail à 35 heures, mais il ne peut pas servir à une reconnaissance de la valeur du travail des médecins et, plus généralement, des équipes soignantes.
De nombreux confrères, membres ou non du SPF, nous interpellent sur ce que nous faisons pour obtenir une amélioration de leurs conditions de travail et une revalorisation du CNPsy. Nous faisons ce que nous pouvons avec des interlocuteurs de mauvaise foi. Les dernières négociations le montrent : le traitement des médias va davantage dans le sens du pouvoir politique que du nôtre. Le combat des généralistes est le plus médiatique, il est médiatisé, cest déjà satisfaisant. Quand vous vous demandez ce que nous faisons, nous nous demandons ce que vous êtes prêts à faire pour soutenir une revendication : rien ne sobtient sans contrepartie et, ici, sans combat.
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RÉUNION FFP / APAL
Michel BOTBOL
Anibal ARECOLe 5 octobre 2001, sest tenue à la Maison dAmérique latine à Paris la première manifestation spécifique du comité de liaison FFP/APAL dont le principal objectif est daccroître les échanges scientifiques entre les psychiatres représentés par ces deux fédérations dassociations nationales ; cette réunion, parrainée par les ambassadeurs du Mexique, du Pérou, dUruguay, de Cuba et dArgentine, a bénéficié de laide remarquable du Ministère des Affaires Étrangères.
Après une ouverture du Docteur Kipman (France, Président dHonneur du Comité) et du Docteur Navarro (Pérou, Président de lAPAL et du Comité) qui ont précisé les enjeux communs à la psychiatrie en Europe et en Amérique latine, le débat animé par le Docteur Botbol (France) et le Docteur Areco (Argentine), coordinateurs exécutifs du Comité, permettait daborder différentes questions en cours de discussion de part et dautre de lAtlantique.
Témoignant de lactivité de lécole de psychopathologie du bébé fondée par Serge Lebovici, tant en France quau Mexique, le Professeur Mazet (France) puis Madame Solis (psychologue, Mexique) montraient que les interactions transnationales étaient une technique spécifique de formation dans lun des domaines les plus modernes de notre spécialité. Faisant le panorama des recherches psychiatriques en France, le Docteur Thurin démontrait dailleurs luniversalité des problèmes posés par la volonté de faire science en psychiatrie.
Létendue des convergences apparaissait encore à loccasion de lexposé des modèles de dispositifs psychiatriques adoptés dans plusieurs des pays représentés : Docteur Jorge (Brésil), Docteur Wilhelm (Uruguay), Docteurs Camarena et Butron (Mexique), Docteur Noël (France). Le débat faisait apparaître, notamment, des préoccupations analogues en matière de démographie médicale, la nécessité de trouver un équilibre entre une formation large au dépistage et à la reconnaissance précoce des troubles psychiatriques, et lobligation de ne pas se résigner pour autant à une réduction des savoirs psychiatriques.
La question de la formation à la psychothérapie apparaît centrale partout, comme le montreront les interventions du Professeur Montenegro (Argentine, co-Président dHonneur du Comité) et du Docteur Thevenot (France). À cet égard, le modèle de lenseignement à distance, mis en place par lAssociation Franco-Mexicaine de Psychiatrie (créée en 1994, à linitiative de lAFP) et développé par le Professeur Barriguete (Mexique) et lUniversité virtuelle Europe / Amérique, pourrait permettre à la fois un large accès à des savoirs psychiatriques méconnus et des échanges cliniques dans la durée. Verra-t-on renaître ces relations psychiatriques franco-latines, dans la tradition de celles que nous rappelaient les Docteurs Onofrio et Stagnaro (Argentine) et le Docteur Wintrebert (France) ?
Illustration de cet intérêt renouvelé, la confrontation que permettait la réflexion sur la question des addictions à partir des exposés du Professeur Navarro (Pérou) et du Docteur Corcos (France). La synthèse apportée par le Docteur Fortineau (France, co-Président du Comité et Président de la FFP) montrait alors que la diversité des approches nempêchait pas de se retrouver dans les questions cliniques posées.
M. B.
Paris
A. A.
Buenos Aires
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COURRIER DES LECTEURS
Jean-Pierre RUMEN
Je me réjouis de la lecture de ton article(1), notamment sur deux points :
- Ta position sur la "santé mentale", concept mou dont il faudra bien nous débarrasser. Il nous faut en effet lexécuter car le glissement préconisé de la psychiatrie vers la santé mentale a pour conséquences :
- déradiquer un discours et une corporation qui répondent de la question de la folie (la question : "Quest-ce quil y a ?") à laquelle le médecin est pourtant en position davoir à répondre ;
- et, ce faisant, de dénier purement et simplement la folie.
- Comme tu nous le fais entrevoir, céder là-dessus est "munichois", car cest céder sur ce qui nous fait nous-mêmes, comme les démocraties ont cédé à Munich :
- plus de folie, puisque la réhabilitation citoyenne lefface ;
- plus de folie, puisque les certificats médicaux de linternement sont dorénavant des "documents administratifs" qui, comme tels, doivent être communiqués au patient.
Seulement, cet homme sans folie nest plus alors quun producteur, voire un produit. Voilà à quoi nous conduisent les orientations politiques qui nous concernent. Tant de droite que de gauche. Ni de droite ni de gauche. Brunes ?
J-P. R.
Ajaccio(1) QUOI DE NEUF DU CÔTÉ DU PMSI ? LLPF, N° 111.
Serge RODALLEC
Le monde change... Quon se le dise !
La lecture de léditorial, paru dans le numéro de décembre 2001(1), mamène à réagir de la manière suivante.
Mais de quoi cherche-t-on à nous convaincre :
- que pour être un syndicat responsable, il faut se fondre dans lair du temps ?
- que pour être respecté par le Pouvoir, il faut se soumettre â ses réformes ?
Est-ce que cette attitude ne sapparente pas à "limmobilisme" fatal dénoncé dans cet éditorial ?
On est en droit de sinterroger sur la cohérence de la ligne que défend notre syndicat quand il prétend que tout acte psychiatrique est par essence psychothérapeutique et que, dans le même temps, il remet en cause lunicité de cet acte !
Et que penser également doser réclamer un CNPsy à 100 euros, aussi irréaliste que choquant ? Peut-être espère-t-on obtenir les bonnes grâces de nos politiques en participant activement aux changements qui sannoncent, même si ceux-ci ne vont "pas toujours dans le sens souhaité par les psychiatres". Quel doux euphémisme pour qualifier la mise en place dun système technocratique qui menace profondément nos pratiques et nos choix thérapeutiques.
On sétonne dailleurs quun tel bouleversement de lorganisation des soins se fasse sans information claire et sans consultation de lopinion des intéressés. Où est le débat ? Faut-il, pour ces questions essentielles, sen remettre à une élite qui pense et décide pour nous ?
La stratégie qui nous est proposée me paraît dangereuse. Elle risque de se solder par une bonne dose de mépris de la part de nos gouvernants quon aurait tort de prendre pour de candides béjaunes.
Par les temps qui courent, nous navons pas besoin dun syndicat dévot qui se plierait devant la nouvelle liturgie mais dun syndicat combatif, conscient de son rôle et qui sache faire entendre sa voix face aux enjeux actuels.
Mais ne désespérons pas, lappel à la mobilisation reçu ce matin(2) laisse espérer que les psychiatres nont pas dit leur dernier mot.
Lacte de capitulation nest pas encore signé !
S. R.
Brest(1) LLPF N° 110.
(2) Appel du SPF à la fermeture des cabinets, le 23.01.01.
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PSYCHIATRIE FRANÇAISE
VIENNENT DE PARAÎTRE :
MANIE 3/2001 Yves MANELA, Jackie PIGEAUD : Éditorial
Serge TISSERON : Curiosités de cabinet (B.D.)
Patrice BELZEAUX : Lactualité de la manie, selon Henri Ey
Georges LANTERI LAURA : Binswanger et le problème de la Manie
Jackie PIGEAUD : La réflexion de Celse sur la folie
Jean GILLIBERT : De limpossible rédemption dans la folie circulaire : manie-mélancolie
Dominique PADOUX : Fièvre
Jean-Pierre VIGNAT, Nathalie PRIETO : Manie et épidémiologie
Nicolas CHRISTIDIS : Les troubles des traitements antimaniaques
Olivier GUILLIN : Un cas clinique exemplaire de manie
Jean-Yves FEBEREY : Traces de manie dans le Faust de Goethe
Nathalie GODART, Yann BARRÈRE, Fabienne PERDEREAU, Philippe JEAMMET : Bouffée délirante aiguë ou manie à ladolescence ?
Bianca LECHEVALIER : La défense maniaque
ÉCRITURES 4/2001 Pierre SULLIVAN : Scribes (Éditorial)
Serge TISSERON : Curiosités de cabinet (B.D.)
Jean-François CHIANTARETTO : Écriture de soi et psychanalyse : perspectives
Janine ALTOUNIAN : Quand lécriture de soi passe violemment par linscription de lascendant resté muet
Serge TISSERON : Le corps, la fabrique décriture et les nouvelles technologies
Anne CLANCIER : Des " squiggles " à lécriture : lécriture peut-elle être thérapeutique ?
Caroline CIVALLERI : " Je ne suis pas Lacenaire "
Annie TRINIAC-VIGNEAU : Transcriptions
Geneviève WENDLING : Comment dire comment
Gilles LEMERCIER : De limpossible auto-biographie à la distance romanesque
Jean-Louis BRENOT : Lécriture chez une petite fille
Georges-Emmanuel CLANCIER : Autobiographie en prose et autobiographie en vers
Olivier REVAULT DALLONNES : Qohelet, dit " lEcclésiaste "
Olivia TODISCO : " Il est où le soi ? "
Philippe ARTIÈRES : Une tentative de médicalisation de lécriture intime
Roseline HURION : Langoisse musicale
Pierre SULLIVAN : " La projection de lâme ", un inédit de Sigmund Freud (Nouvelle)
THÈMES 2001N° 1/01 : La psychiatrie française vue de létranger
N° 2/01 : Quelles évaluations pour la psychiatrie infanto-juvénile ?
N° Sp/01 : Responsable mais pas coupable
N° 3/01 : Manie
N° 4/01 : Écritures
THÈMES 2002N° 1/02 : Freud et Janet - Varia
N° 2/02 : Le Langage - 1
N° Sp/02 : Psychiatrie et psychothérapies
N° 3/02 : Le Langage - 2
N° 4/02 : Génération papy
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LES CHEMINS DE LA CONNAISSANCE VOUS CONDUIRONT...
RÉUNIONS ET COLLOQUES
EN FRANCE
MARS 2002
à BOULOGNE-SUR-MER, le 7 : 13e Journée Annuelle du Centre Hospitalier sur Psychiatrie, éthique et droits de lhomme. Renseignements : Dr B. Naili Douaouda - Tél : 03 21 99 30 36 - Fax : 03 21 99 30 58
à PARIS, le 11 : Soirée clinique du Groupe International du Rêve-Eveillé en Psychanalyse sur Transfert et Rêve-Eveillé. Renseignements : GIREP, 80 rue de Vaugirard, 75006 PARIS - Tél & Fax : 01 42 22 75 14 - E.mail : girep@girep.com
au HAVRE, le 12 : Journée de formation continue de la Fédération dAide à la Santé Mentale Croix-Marine sur Lhospitalisation en psychiatrie. Renseignements : FASM Croix-Marine, 31 rue dAmsterdam, 75008 PARIS - Tél : 01 45 96 06 36 - Fax : 01 45 96 06 05 - E.mail : croix-marine@wanadoo.fr - Site internet : croixmarine.com
à PARIS, le 13 : Séminaire du CTNERHI sur Stratégies pour lemploi des personnes handicapées physiques dans les fonctions publiques. Renseignements : CTNERHI 236 bis rue de Tolbiac, 75013 PARIS - Tél : 01 45 65 59 40 - Fax : 01 45 65 44 94 - E-mail : edition.ctn@ wanadoo.fr - Site internet : perso.club-internet.fr/ctnerhi/
à REIMS, du 14 au 16 : LAFP, la Société de Psychiatrie de Champagne-Ardenne co-organisent avec dautres associations un Congrès sur La schizophrénie dans tous ses états. Renseignements : Reims Champagne Congrès, 12 bd Gal Leclerc, 51100 REIMS - Tél : 03 26 77 44 60 - Fax : 03 26 77 44 47 à VILLEJUIF, le 15 : Journée de formation de lAssociation SERPSY sur Circulez ! Y a rien à voir. Renseignements : SERPSY, 57 rue du Maréchal Leclerc, 94413 SAINT-MAURICE - Tél & Fax : 01 43 96 69 07 E.mail : serpsy@serpsy.org
à PAU, les 15 et 16 : Rencontres de la Société Internationale de Psychopathologie de lExpression sur Art-thérapies et personnes âgées. Renseignements : Dr G. Roux, SIPE, 27 rue du Mal Joffre, 64000 PAU - Tél & Fax : 05 59 27 69 74 - E.mail : sipearther@aol.com
à PARIS, les 15 et 16 : XXes Journées dÉtude du Groupe de Recherche sur lAutisme et le Polyhandicap sur Autisme, polyhandicap. Renseignements : GRAP, HJ G. Vacola, 44 quai de la Loire, 75019 PARIS - Tél : 01 42 02 19 19 - Fax : 01 42 02 87 47 - E.mail : georges-vacola@wanadoo.fr
à LYON, le 16 : IIe Colloque de lAssociation Libres Cahiers pour la Psychanalyse sur De lauto-érotisme à luvre. Renseignements : Association LCPP, 2 ter rue Pr Calmette, 69008 LYON - Tél : 04 78 75 08 43
à TOURCOING, le 16 : 3e Colloque de lALEPH sur Effroi, peur, angoisse. Clinique des violences contemporaines. Renseignements : Dr E. Fleury - Tél : 03 20 92 58 42 - E.mail : efleury@libertysurf.fr
à PARIS, le 16 : Histoire et actualité des travaux de Léon Chertok sur Où en est le non-savoir des psy ? Renseignements : Les empêcheurs de penser en rond, 5 rue dEnghien, 75010 PARIS - E.mail : empecheurs@seuil.com
à CAEN, les 16 et 17 : Journées de Printemps dEspace Analytique sur Naime-t-on jamais que soi-même ? La sexualité entre le narcissisme et lobjet. Renseignements : D. Platier-Zeitoun - Tél : 01 47 05 23 09 - Fax : 01 47 05 23 26 - E.mail : espacana@club-internet.fr
à MORTEFONTAINE, le 17 : Journée détudes de la Société Française de Psychologie Individuelle sur La sublimation. Renseignements : Dr Ch. Debock - Tél : 03 44 57 16 31
à PARIS, le 18 : Conférence de lHôtel de Lamoignon, Le langage des sourds, avec C. Cuxac. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
Partout en France, du 18 au 23 : Semaine dInformation sur la Santé Mentale sur " En parler tôt pour en parler à temps " : le prix de la santé mentale. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr À PARIS, le 19 : Journée de formation de LEntreprise Médicale sur Situations complexes dans la prise en charge des mineurs en service de psychiatrie. Renseignements : LEntreprise Médicale, Dpt Formation, 3 bis rue du Dr Foucault, 92000 NANTERRE - Tél : 01 47 24 07 99 - Fax : 01 47 24 00 40 - E.mail : entreprise.medicale@wanadoo.fr
à PARIS, le 21 : Journée dÉtude de lADEP, du CTNERHI sur Expérience subjective du handicap somatique. Renseignements : Mme R. Martinez, CTNERHI, 236 bis rue de Tolbiac, 75013 PARIS - Tél : 01 45 65 59 40 - E.mail : edition.ctn@wanadoo.fr
à PARIS, les 21 et 22 : Séminaires de Génétique. Renseignements : Gpe Hosp. Necker - Enf. Malades, Secteur orange porte 1, Tour Lavoisier, 149 rue de Sèvres, 75743 PARIS CEDEX 15 - Tél : 01 44 49 51 52 - Fax : 01 44 49 51 50
à PARIS, les 21 et 22 : Journées de Formation des Séminaires Psychan. de Paris sur Soulager le jeune de sa souffrance. Renseignements : Mme L. Bailly, Sém. Psychan. de Paris, Allée de Croisilles, 28210 SAINT-LAURENT-LA-GÂTINE - Tél : 01 46 47 66 04 - Fax : 01 46 47 60 66
à PARIS, le 22 : Séminaire de formation de la Féd. Nat. des Ctres Lutte contre le Sida sur Désir, jouissance et interdit à ladolescence : de la honte et du secret. Renseignements : FNCLS, CISIH, Hôp. du Tondu, Gpe Hospit. Pellegrin, Place Amélie Raba Léon, 33076 BORDEAUX CEDEX - Tél : 05 56 79 56 06 - Fax : 05 56 79 60 87 - E.mail : cisih@chu-bordeaux.fr
à CERGY-PONTOISE, le 22 : Journée de la Fédération de Psychiatrie de lHôpital de Pontoise sur Le suicide, les tentatives de suicide et les stratégies de prévention. Renseignements : Dr M. Taleb - Tél : 01 30 75 43 25 - E.mail : taleb@ch-pontoise.fr
à NEUILLY-SUR-MARNE, les 22 et 23 : Colloque de la Société dÉtudes et de Recherches Historiques en Psychiatrie sur Le corps de la folie. Renseignements : SERHEP - Tél : 01 43 09 34 78
à STRASBOURG, le 23 : Journée de la Société de Psychiatrie de lEst et de lAssociation Parole sans Frontière sur Migrations, exils et ruptures culturelles. Renseignements : Clinique Psy. des Hôp. Univ., 67091 STRASBOURG CEDEX - Tél : 03 88 11 62 12 - Fax : 03 88 11 57 74
à CAHORS, le 23 : 7es Rencontres du CIPA Sud Ouest sur Art et inconscient : quelles thérapies ? Renseignements : Tél : 05 65 22 08 90 - Fax : 05 65 22 32 22
AVRIL 2002
à PARIS, le 6 : Débats du Quatrième Groupe sur le livre de Patrick Miller Le psychanalyste pendant la séance. Renseignements : Dr G. Lévy, 4 rue Dante, 75005 PARIS - Tél : 01 46 34 59 74 - Fax : 01 43 54 31 45
à BÉZIERS, les 25 et 26 : 13es Rencontres Nationales de Périnatalité sur Au-delà de lamour maternel... Renseignements : Mme Badiola Tél : 04 67 49 87 05
à SAINT-VICTOR-SUR-LOIRE, le 27 : Journée AFP/ Ass. des Psychiatres Libéraux Stéphanois sur Penser la psychose " avec " : violence et violence psychotique par Benno Rosenberg. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@ wanadoo.fr
À LÉTRANGER
MARS 2002
à BUDAPEST (Hongrie), du 21 au 23 : Conférence Thématique de lAssociation Mondiale de Psychiatrie sur Conséquences psychologiques et psychiatriques de la violence. Renseignements : Blaguss-Volánbusz Congress Bureau, H-1365 BUDAPEST, P.O. Box 706, Hungary - Tél : +36-1 374 7030 - Fax : +36-1 312 1582 - E.mail : pappvid@congress.blavo.hu
MAI 2002
à STOCKHOLM (Suède), du 4 au 8 : 11e Congrès de lAss. Européenne de Psychiatrie sur Psychiatrie, science et humanité européennes dans les soins de santé. Renseignements : AEP, A. Khoury, Strandvejen 171, PO Box 41DK-2900 Hellerup, Copenhage, Danemark - Tél : +45 3946 0510 - Fax : +45 3946 0515 - E.mail : amal@ics.dk
à LA HAVANE (Cuba), du 5 au 8 : Rencontres franco-argentino-cubaines de Psychiatres du Monde et lHôpital psychiatrique de La Havane sur Les psychoses : approche psychiatrique, approche psychanalytique. Renseignements : Mme C. Magureanu - Tél : 01 43 74 74 40 - E.mail : corina.m@noos.fr
La Lettre de Psychiatrie Française
147 rue Saint-Martin - 75003 Paris - Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.frEditeur : Association Française de Psychiatrie / Syndicat des Psychiatres Français (A.F.P. / S.P.F.)
Tirage 14.000 ex. - Dépôt légal Février 2002- Prix au n° 3 € - Commission Paritaire N° 72689.
Directeur de la publication : Jacques-David Beigbeder - Rédacteurs en chef : Jean-Yves Cozic, Jean-Yves Feberey
Comité de rédaction : Michel Eisele, Michel Gayda, Jean-Michel Havet, Jean-Jacques Kress, Romain Liberman, Claude Nachin, Madeleine Rivière, Pierre Staël, Christian Vasseur.
Secrétaire de rédaction et Régie publicitaire : Annie Triniac-Vigneau
Mise en pages : GRAPHIC WAY, 01 58 04 90 90 - Impression : SAG, Saverne