Dépsychiatrisation

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Psychiatricus

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NON À LA DÉPSYCHIATRISATION
ET À LA DÉMÉDICALISATION DE LA SANTÉ MENTALE

Pierre STAËL

La santé mentale ne saurait se confondre avec la psychiatrie mais, pour autant, aucune politique de santé publique ne peut évacuer la médecine ni faire l’impasse sur la dimension du soin. Ainsi, la souffrance psychique et la santé mentale ont-elles besoin de la psychiatrie et des psychiatres.

La tentation est grande pour nos gouvernants, devant la baisse qui s’amorce du nombre des psychiatres (chute de la démographie, ou volonté politique ?) et aussi pour des raisons de gestion comptable, de prôner la dépsychiatrisation et la démédicalisation progressive de la santé mentale, à savoir :

  • remplacer les psychiatres des hôpitaux, dont de nombreux postes sont vacants, par des assistants généralistes (dont nous ne contestons pas la qualité mais qui n’ont pas la formation spécialisée des psychiatres) ;
  • de faire glisser les patients du secteur médico-social vers le social et d’abandonner toute prise en charge médicale et spécialisée de ceux qui sont gravement atteints et nécessitent un suivi spécialisé ;
  • de substituer à la notion de soins, celle de prise en charge éducative, occupationnelle et /ou sociale ;
  • de programmer la disparition progressive de la psychiatrie libérale "qui ne soignerait que les bleus à l’âme" mais qui, en fait, prend en charge plus de deux millions de patients par an ;
  • de proposer que les suivis psychothérapiques soient désormais réalisés par des non-psychiatres, non-médecins et non-psychologues (tels des infirmiers, des assistants sociaux ou d’autres travailleurs sociaux).

Une telle dérive qui, par le biais de "transferts de compétences" (c’est un grand mot, à la mode), tendrait à remplacer les psychiatres par des intervenants moins spécialisés ou non médicaux, donc moins qualifiés et ainsi moins onéreux, et à abandonner progressivement les soins au profit de prises en charge sociales, se traduirait :

  • à court terme, par une baisse de la qualité des soins et par des retards de prises en charge, alors même que celles-ci sont souvent déjà difficiles à initier ;
  • à moyen terme, par une catastrophe sanitaire lorsque la santé mentale aura été vidée de la notion même de soins, de toutes réponses médicale et psychiatrique adaptées et de toute réflexion psychopathologique.

En effet, il ne faut pas oublier qu’une politique de santé mentale ne peut se passer d’une réflexion médicale et scientifique en termes de psychopathologie ni d’une pensée humaniste. La prise en charge et le traitement de la souffrance psychique ne peuvent se réduire à une réponse éducative, sociale ou de réconfort. Lors de la Journée Mondiale de la Santé Mentale, organisée par l’OMS le 7 avril dernier, sur le thème : Non à l’exclusion, oui aux soins, nous rappelions que la Santé mentale a un prix, et la psychiatrie de qualité un coût.

P. S.
Président du SPF

 

 

 

 

 

IL EST URGENT DE NE PLUS ATTENDRE...

Dans notre numéro de juin, nous invitions courtoisement nos "gracieux" lecteurs à s’abonner à La Lettre de Psychiatrie Française, en raison de contraintes de l’administration qui exige qu’une publication – pour bénéficier de tarifs d’affranchissement préférentiels – ne soit diffusée qu’à ses seuls abonnés payants.

Tous les adhérents du SPF et de l’AFP sont abonnés en bonne et due forme à un tarif très avantageux. Mais nous sommes certains de compter aussi, parmi nos destinataires "gracieux", de très fidèles lectrices et lecteurs à qui nous adressons ce message que nous voudrions plus incitatif qu’insistant.

En des temps pas si anciens que cela, "abonné au gaz" était un signe distinctif qui valait d’être imprimé sur sa carte de visite. "Abonné à La Lettre de Psychiatrie française", pour les professionnels de santé que nous sommes, pourrait représenter l’effort financier consenti pour recevoir régulièrement cet outil d’information et de réflexion que l’équipe rédactionnelle s’emploie à améliorer depuis maintenant plus de dix ans (janvier 1991, précisément).

Cet engagement limité mais réel pourrait être aussi l’occasion de nouer des relations plus suivies entre le lectorat et la rédaction, sous la forme de critiques et de contributions, indispensables au renouvellement d’une publication.

Nous espérons que ce nouvel appel à l’ensemble des psychiatres français sera largement entendu, afin que La Lettre de Psychiatrie Française puisse continuer à être la publication de et pour tous les psychiatres qui partagent le souci d’une information et d’une formation de qualité, au service de leurs patients comme de leur indépendance professionnelle.

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ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
Bureau le 15.09.01
sous la présidence de Christian Vasseur

Yannick CANN

  1. JOURNÉES SCIENTIFIQUES NATIONALES

    Pour le programme définitif des Journées de janvier 2002 "Psychiatrie et Psychothérapies, un débat actuel" deux changements sont à retenir :

    1. lors de la table ronde sur La pratique des psychothérapies, Jean Marie Danion est remplacé par Charles-Siegfried Peretti ;
    2. lors de la table ronde sur La psychothérapie au quotidien, Dric Martin est remplacé par Bernard Odier.

Sur le thème même des psychothérapies, le Bureau a évoqué la question du statut de psychothérapeute pour le réfuter, mais il a confirmé la nécessité pour tout psychothérapeute d’avoir une formation clinique et psychopathologique. Peut-on penser que la formation actuelle de psychiatre peut, à elle seule, prétendre à la pratique des psychothérapies ? À ce sujet, on peut regretter le glissement contemporain de la notion de qualification à celle de compétence qui aboutit à la possibilité du désormais célèbre "transfert de compétence", formule redoutable pour l’avenir des psychiatres.

À la suite du texte sur La pratique des psychothérapies rédigé par le syndicat, un groupe de travail est mis en place sous la coordination de Françoise Coret.

  1. DE NOMBREUSES JOURNÉES SONT PRÉVUES EN 2001 ET 2002 SUR LE THÈME DE LA PSYCHOSE

    Le fil conducteur a pour aboutissement les Journées nationales de 2003 autour du titre "Soigne-t-on encore les psychotiques ?"

    La prépondérance de l’économique dans la société actuelle doit-elle entraîner un changement idéologique déterminant une démédicalisation et un glissement vers le social de la prise en charge des psychoses ? On peut noter que le législateur retire progressivement des textes officiels la notion de "soin".

  2. LA SEMAINE D’INFORMATION SUR LA SANTÉ MENTALE

    Elle se tiendra du 8 au 13 octobre 2001 autour du thème "En parler tôt pour en parler à temps". Près de deux cents réunions destinées au grand public sont mises en place à travers toute la France. Le programme est consultable sur notre site

  3. LE BUREAU MANDATE B. JOLIVET pour le représenter auprès de Santé Mentale France, notamment à l’audience du 21 septembre avec B. Kouchner.

    L’intérêt pour l’organisation d’éventuels États généraux de la Santé mentale est évoqué. II semble tout à fait indispensable, si ces états généraux peuvent être tenus, de les ouvrir et de les organiser avec tous les professionnels de la Santé mentale. Il s’agirait de bâtir une réunion originale et productive et non pas une réunion supplémentaire.

  4. LES JOURNÉES RÉGIONALES
    1. Pour la Journée du 8 décembre 2001 à Nice "Croyances et identité", le programme est définitivement établi.
    2. Les Journées de Reims du 14 au 16 mars 2002 sur "La schizophrénie dans tous ses états" seront établies par thème, de la façon suivante : six demi-journées autour de Biologie, Psychanalyse, Abords familiaux et systémiques, Cognition, Cognitivo-comportementalisme
    3. La journée du 27 avril 2002 à Saint-Étienne traitera le thème : "Penser la psychose avec B. Rosenberg, violence et violence psychotique".
    4. De nombreuses Journées sont en préparation pour l’automne 2002. Certaines devront sans doute être reportées de quelques mois. Citons :
      • en Bourgogne : "Cas cliniques en pédopsychiatrie"
      • à Colmar : "Le psychiatre à l’hôpital général"
      • à Nîmes : "L’expertise psychiatrique au pénal"
      • à Lyon : "Violence, haine et racisme"
      • à Grignan : "Psychiatrie et humanisme"
    5. Suite aux Journées de Bordeaux de juin 2001, une Journée internationale devrait se tenir à l’automne 2002, à Bruxelles.
    6. Suite aux Journées de Brest de mars 2001, une nouvelle collaboration avec la Fondation Européenne Pour la Psychanalyse est envisagée sur le thème : "Psyché et Neurosciences", à Paris.

L’ensemble des membres présents rappelle que nul ne peut se prévaloir de représenter l’AFP s’il n’a pas reçu mandat du Bureau. Avoir mandat du Bureau implique un retour de l’information à celui-ci. Cette question sera reprise ultérieurement.

Y. C.
Secrétaire Général adjoint

 

 

 

 

 

VU DU DIVAN - ET DU FAUTEUIL

Nous proposons à tous les lecteurs de participer à une recherche sur le retentissement de l’attentat de New York, le 11 septembre, sur le contenu des séances d’analyse ou de psychothérapie, ou des consultations.

Nous vous remercions de vos réponses sur l’e.mail suivant : andre.brousselle@worldonline.fr ou sur le fax : 01 45 33 52 60, et nous vous invitons à consulter dès à présent le site : http://perso.worldonline.fr/andre_brousselle.

Merci de votre apport.

André BROUSSELLE, Dominique REYDELLET

 

 

 

 

 

La Revue PSYCHIATRIE FRANÇAISE
et l'ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE

proposent les Conférences de L'HÔTEL DE LAMOIGNON
(24, rue Pavée - 75004 Paris)

L'HOMME QUI PARLE

Depuis quarante ans, le langage est au cœur de nos débats scientifiques. Qu'avons-nous appris durant cette période ? Qu'ont apporté la linguistique, la psychiatrie, la psychanalyse, la neurologie et la théorie littéraire à notre connaissance de l'homme qui parle ? Toutes et aucune de ces disciplines n'ont le dernier mot sur la question du langage. Les psychiatres pensent, avec et à travers le langage, la pathologie et la thérapeutique. Nous pensons qu'il est temps de confronter à nouveau ces différentes recherches. Pour cela, nous proposons un cycle de Conférences-débats, durant trois années successives, où nous discuterons avec d'éminents spécialistes.

Après avoir écouté Frédéric FRANÇOIS, André GREEN, Paolo FABBRI, Paul DENIS, Jean GILLIBERT cette année, nous poursuivons le cycle 2001-2002 avec de nouveaux conférenciers aussi prestigieux.

Le nombre de places étant limité à 90, nous vous invitons à vous inscrire sans attendre.

Yves MANELA

ANNÉE 2001-2002

  1. Le 15 Octobre 2001 : L'homme qui parle en poète Jackie PIGEAUD - Discutant : Annie GUTMANN
  2. Le 19 Novembre 2001 : Le rythme et le langage Henri MESCHONNIC - Discutants : Yves MANELA, Pierre SULLIVAN
  3. Le 21 Janvier 2002 : L'échec de la traduction Jean LAPLANCHE - Discutant : Mik YI
  4. Le 18 Mars 2002 : Le langage des sourds Christian CUXAC - Discutant : Marie-Françoise BRESSON
  5. Le 17 Juin 2002 : Philosophie du langage Philippe LACOUE-LABARTHE - Discutant : Frédéric FRANÇOIS

 

 

 

 

 

 

Association Française
de Psychiatrie
Collège de F.M.C. PACA

PROVINCIALE
SAMEDI 8 DÉCEMBRE 2001

au Centre médical et culturel de la MGEN
35-37, rue Clément-Roassal - 06000 NICE

CROYANCES ET IDENTITÉ

Si on admet que l'identité d'un être humain est une donnée mouvante, s'enroulant et se déroulant à la manière d'un drapeau autour de sa hampe, celle-ci représentant l'invariant et sa problématique, nous pouvons envisager l'étude de tout ce qui la constitue, et en particulier de la nébuleuse des croyances.

Foi, croyance, conviction du doute au délire, de la tolérance au fanatisme, toutes les nuances existent, et le psychiatre les rencontre chez ses patients comme dans sa vie, les confronte et les affronte aux siennes.

Si les principes de la laïcité, de la tolérance et de la liberté de culte régissent majoritairement - et, semble-t-il, pacifiquement - un certain nombre de sociétés, des accès de " prurit identitaire " (Sibony) agitent régulièrement individus et groupes.

Quelles questions et quelles réponses peuvent se formuler dans l'espace relationnel ? Quels liens conflictuels entre le thérapeutique et le doctrinal ? Le nécessaire modèle de l'Aufklärer freudien est-il toujours suffisant ?

Autant de questions que nous souhaiterions aborder lors de cette Journée au cours de laquelle sont prévus :

09 H 00 : Christian VASSEUR : Ouverture
09 H 15 : Sous la présidence de Dominique PRINGUEY
Rapport de Jean-Pierre RUMEN : Imaginaire, identité, destin : une seule catégorie dans l'œuvre de Jean-Toussaint Desanti ?
10 H 15 : Pause.
10 H 30 :

Sous la présidence de Christian VASSEUR
Rapport de Christine LAMOTHE : Parce que c'était lui et parce que c'était moi.

11 H 30 : Table ronde sur les aspects pratiques et syndicaux, avec des avocats et des représentants du SPF.
12 H 30 : Déjeuner sur place.
14 H 30 : Sous la présidence de Marcel ARDITTI
Rapport de Alain BIHR : De la décroyance généralisée aux crispations identitaires
15 H 30 : Pause.
15 H 45 :

Sous la présidence de Jean-Louis GRIGUER
Rapport de Daniel LEMLER : Pouvons-nous être autre chose que des exilés ?

16 H 45 : Projection d'un film vidéo (20 mn) de Thierry LAGALLA, sur sa vision de l'identité niçoise.
17 H 30 : Jean-Yves FEBEREY : Synthèse et conclusion des travaux.

Comité scientifique : Marcel ARDITTI, Jean-Yves FEBEREY, Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET, Christine LAMOTHE, Jean-Pierre RUMEN, Christian VASSEUR.
Comité d'organisation : Jean-Yves FEBEREY (18 B, rue Catherine-Ségurane 06300 NICE.
Tél : 04 93 89 86 95. E-mail : jean-yves.feberey@wanadoo.fr), Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET.

 

 

 

 

 

ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAIS
Réunion commune des Conseils le 30.06.01
sous la présidence de Christian Vasseur et de Pierre Staël

Jean-Michel HAVET
Claude MANDRY

Cette première réunion de travail en commun fut riche des points de vue échangés et du débat animé franc et amical, et a souligné l’importance et la nécessité des échanges entre nous car, si chacune de nos institutions a son champ et sa spécificité, les points de rencontre où les actions de l’une ou de l’autre se complètent ne manquent pas.

Nous nous sommes attachés à une lecture critique du pré-rapport Piel-Roelandt, délicate tant sur la forme que sur le fond. Rapport surtout sociologique, il semble éliminer de la réflexion scientifique toute référence à un repérage psychopathologique, absence de réflexion qui confirme la nécessité de mettre en place des États généraux de la Santé Mentale en France, afin de transmettre aux pouvoirs publics ce que nous savons de la psychiatrie. Il semblerait que ses conclusions aient été définies à l’avance. Ainsi, il méconnaît la psychiatrie libérale qui se voit cantonnée au rôle de soigner les "bleus à l’âme" (? !) alors même que, si un million de patients sont suivis dans les hôpitaux, les psychiatres libéraux en suivent deux millions. Devant la pénurie des psychiatres hospitaliers, il est proposé que les psychiatres libéraux consacrent 20 % de leur temps à l’hôpital (la qualité des prises en charge et les responsabilités d’un psychiatre qui serait substituable par un autre à 20 % : c’est le psychiatre "patchwork" !) : iI s’agit là d’une proposition comptable technocratique traduisant encore une fois une réflexion par trop hâtive quant à ce qu’est une institution et son fonctionnement. Le médico-social n’est pas évoqué. La sectorisation étant en souffrance, elle sera remplacée par des réseaux coiffés par un GIP. II n’y a guère de place, dans ce texte constitué d’abords exogènes dont on saisit mal les liens et l’unité, que pour l’interaction sociale et la biologie.(1)

Pour les psychothérapies, les projets en cours montrent que – pour les pouvoirs publics – tout semble déjà arrêté. De son côté, le SPF a élaboré un texte sur la pratique des psychothérapies et demande à l’AFP de s’y associer, après lecture et correction, afin de faire front avec l’ensemble des psychiatres. Nous ne devons pas nous opposer les uns aux autres au nom de positions d’experts. D’ores et déjà, nous nous associons à la lettre de refus du statut de psychothérapeute proposée par le CASP. Notre politique sera surtout hexagonale et européenne.

Sur le plan international, Michel Botbol propose la création d’une association franco-paraguayenne dont le siège social serait situé à l’AFP, qui en serait l’un des membres fondateurs. Feu vert lui est donné pour ce projet : en effet, nous n’excluons pas des relations géographique lointaines, et définissons l’ordre de nos légitimes priorités.

Harald Sontag continue à suivre les mouvements en Europe et insiste sur la nécessité de mettre en place des actions communes avec nos homologues européens sur des sujets d’intérêt général, telles les psychothérapies. Une circulaire de la Commission Médicale du Conseil de l’Europe du 15.05.01 encourage les pays membres de l’Union Européenne à intensifier leur politique de Santé Mentale et à s’entraider tout en conservant chacun une totale autonomie dans sa politique de Santé Mentale (nationale, voire régionale) à cet égard Enfin, après nos Journées de Bordeaux en juin, nous avons mis en place une collaboration avec l’Union internationale d’aide à la santé mentale, représentée par le Docteur Philippe Van Meerbeeck à Bruxelles, sur le thème : Penser la Psychose.

Annick Feugère-Engel, responsable de la Commission Évaluation du SPF, informe que quatre URML se sont lancées dans l’évaluation des pratiques professionnelles et qu’il semble important de mettre en place une réflexion de fond : l’évaluation, pour quoi faire ? Nous devons différencier l’évaluation individuelle de l’évaluation collective qui semble être actuellement la plus constructive, question qui concerne bien sûr les psychothérapies. H. Sontag rappelle l’importance des associations de consommateurs puissantes en matière de santé sur le plan européen. II y a donc une marchandisation telle que le médecin pourrait devenir un prestataire de services ! La permanence d’une réflexion éthique peut nous permettre un angle d’attaque sur ce thème. Nous attendons avec intérêt les propositions méthodologiques de l’ANAES en la matière.

Nous devons mettre à l’étude, de façon critique, le Livre blanc de Santé Mentale France qui témoigne d’une position non hostile à la psychiatrie et d’un front commun solidaire autour de quelques points centraux pour la défense politique de nos objectifs. Pour sa part, l’UNAFAM demande de l’aide et nous sommes prêts à la lui apporter puisque cela rejoint la question des usagers soulevée à propos de l’évaluation et la nécessité de rester prudents quant à l’organisation de contre-pouvoirs dans les conseils d’administration des institutions soignantes.

D’autres questions importantes (la démographie, le dossier médical) seront mises en débat prochainement.

Nos vice-présidents communs AFP/SPF sont désormais J-D. Beigbeder, O. Lehembre, R. Salbreux : ils ont déjà commencé à remplir leur fonction de liaison et de représentation.

J-M. H.
Secrétaire Général AFP
C. M.
Secrétaire Général SPF

(1) Le rapport définitif a été présenté fin juinretour texte

 

 

 

 

 

RAPPORT PIEL-ROELANDT

Qui peut savoir ce que le gouvernement retiendra du Rapport Piel-Roelandt ?

Dans le contexte actuel de restrictions budgétaires multiples, on peut imaginer que ce ne sera que les mesures les moins onéreuses. Toutefois, à la suite du commentaire paru sous la plume d’Henri Vermorel (cf. N° 107), voici un autre regard, de Jean-Pierre Rumen, plus critique, qui voudrait susciter les questions des lecteurs.

Jean-Pierre RUMEN

L’hommage du fameux rapport intitulé La psychiatrie vers le champ de la santé mentale a donc été fait au ministre avant l’été et, déjà, il n’y a presque plus que nous pour en parler...

Il est vrai que c’est un volumineux document dont la lecture est riche de surprises. Je ne souhaite évidemment pas en faire un examen exhaustif, car la tâche me rebute. Dans la mesure où je suis psychiatre, c’est-à-dire sensible à l’organisation de la vie mentale, j’ai préféré rechercher l’élément qui me semblait résumer les motifs du texte, en dégager la structure puis en relever les conséquences. Après tout, chacun fait selon son savoir et le psychopathologiste que devrait être le psychiatre est intéressé par les modes de fonctionnement mental et leurs conséquences (tant au plan du destin individuel que social).

Ce n’est pas si évident qu’il y paraît puisque certains préfèrent considérer le monde mental comme une boîte noire et se limiter à la considération des seuls troubles du comportement quand bien même cette attitude, ce parti pris, ne permettrait plus de différencier leur activité d’une activité de police ordinaire. La "santé mentale" ne connaît pas de critères universels, si ce n’est de l’ordre public (cf. la définition de la santé mentale donnée par l’OMS), et ceci ne comporte évidemment pas la prise en compte du désir ; donc du sujet. Ainsi, il ne faut pas hésiter à dire que le projet du "redéploiement de la psychiatrie vers le champ plus global de la santé mentale" n’est rien d’autre que le plan de l’éradication de la psychiatrie comme activité ayant à connaître et à répondre de la dimension mentale.

La phrase organisatrice, programmatique, du rapport, qui justifie et organise la disparition de la psychiatrie, je l’ai trouvée. La voici : "Les champs social et médico-social doivent prendre leur responsabilité pour le volet social de la trajectoire de ces personnes et les professionnels de la psychiatrie doivent, après élaboration de projets personnalisés, passer progressivement la main aux acteurs sociaux, et ce de plus en plus complètement pour la plupart des personnes. Cela suppose que l’on cesse parfois de considérer qu’une personne présentant des troubles mentaux est totalement identifiée à ces troubles. Un "psychotique", par exemple, est une personne présentant des troubles mentaux de la série psychotique ; de même, une personne "diabétique" ne peut se réduire à ses troubles insuliniques."

Chacun appréciera le ton comminatoire, chacun, s’il a eu une expérience, même mince, de la demande adressée au médecin, se demandera si les auteurs ont déjà reçu un patient, s’ils ont une idée même vague de ce qu’est le transfert comme condition sine qua non à toute entreprise thérapeutique, dans la mesure où ils envisagent froidement qu’on puisse "passer la main" au beau milieu du gué (mobilité des acteurs oblige ?…). Et puis surtout qu’est-ce que cette "personne" que la psychose aurait laissée indemne ? Déjà qu’un diabète vous transforme assez profondément au plan personnel... et qu’il est quand même difficile de considérer que le cerveau secrète la pensée saine comme le pancréas l’insuline...

En fait, il ne s’agit de rien d’autre que de raviver la "Somme Théologique" et de revenir à la pensée de Thomas d’Aquin qui expose que, du moment qu’il y a forme humaine, il y a âme spirituelle et donc raison en puissance. Bien entendu, ceci ne peut en aucune façon s’accommoder ni de l’organodynamisme pour lequel la pathologie est liée à un processus désintégrateur qui renvoie la personne désorganisée à un niveau inférieur d’organisation, ni avec la psychanalyse qui prend en compte la façon dont un corps est affecté par le langage selon des styles somme toute limités (psychose, névrose et perversion). À ma connaissance, il n’y a pas eu grande nouveauté depuis, si ce n’est la boîte noire déjà citée ou ces théories mécanistes des effets post-traumatiques qui peuvent aller jusqu’au fameux trouble des personnalités multiples avec, en bout de course, l’étiologie satanique... (revoilà enfin les démoniaques...).

Mais, grâce au néothomisme, tout s’éclaire. S’il existe "une personne" intangible, alors il suffit de la réhabiliter, d’empêcher qu’elle soit "stigmatisée" comme "usager de la santé mentale", afin qu’elle puisse ainsi bénéficier de la condition citoyenne. Il suffit donc de restaurer le citoyen pour que disparaisse le malade mental. On s’apercevra peut-être que c’est tout bonnement le corollaire de ce qui a fait considérer comme folle toute personne ne parvenant pas à être un bon citoyen soviétique, un bon citoyen dans l’État à la meilleure Constitution du monde... Alors, on comprend qu’on puisse sans remords envoyer les fous en prison puisque la peine infligée leur permettra sans doute de comprendre le caractère de leur acte et de se corriger. On comprend, du même coup, pourquoi il y aurait 17 à 30 % de malades mentaux avérés dans les prisons françaises ! C’est vrai qu’il n’y a pas d’externement arbitraire : il y a "transvasement" ! En plus, c’est bien commode : on peut aisément fermer les hôpitaux puisqu’on sait quoi faire des trublions ! On regretterait presque les pairs de France et leur loi de 1838 trop hâtivement réformée qui faisait interdiction de disposer des fous ailleurs que dans des lieux de soins ! Et enfin, si les chevilles rondes persistent à ne pas vouloir entrer dans les trous carrés du "suivi ambulatoire et social", il y aura toujours un peu de chimie pour les raboter : des chimiâtres, donc.

"Quo usque tandem..." ? Jusqu’à quand abusera-t-on de notre patience ? Jusqu’à quand laisserons-nous se développer ce processus de décérébration ? Jusqu’à quand supporterons-nous d’entendre les politiques nous reprocher de n’avoir pas fait ce qu’ils nous ont empêché de faire ? Il a bien raison, le turlupin : "Secouez-vous, les psychiatres !"

J-P. R.

P. S. – Tout espoir n’est peut-être pas perdu : J-L. Roelandt met des guillemets à "réhabilitation" : serait-ce l’effet de notre session de formation sur ce sujet, tenue en novembre dernier à Ajaccio ?

 

 

 

 

L'ANNUAIRE 2001-2002 EST PARU !

Voici l'Annuaire du troisième millénaire des "psychiatres français".

13 336 collègues sont recensés y compris ceux, étrangers, travaillant dans les secteurs. Chacun est situé individuellement et dans son lieu d'exercice : libéral, associatif, public, universitaire. Ces lieux de pratique ne sont toutefois pas tous recensés parce qu'ils sont aujourd'hui fort nombreux et divers, et parce qu'il s'agit d'un Annuaire des psychiatres et non de la psychiatrie.

Ce qui nous rassemble, aux "psychiatres français", c'est précisément cette diversité, cette multiplicité des pratiques. Nous nous enrichissons mutuellement de ces exercices pluriels et nous aimons la confrontation qu'ils engendrent. Ce qui nous rassemble aussi, c'est notre souci de l'humain. Bien sûr, nous sommes attentifs aux progrès des sciences fondamentales, des sciences de la vie, des sciences de l'homme - qui nous obligent à une formation continue - mais, en tant que praticiens engagés dans la relation à l'autre en souffrance, nous devons aussi intégrer dans nos réflexions leurs aspects éthiques et idéologiques.

Enfin, et tout naturellement, médecins de la personne, nous sommes attentifs à l'environnement et à l'évolution de nos sociétés et, conscients de la fragilité des liens sociaux, nous militons pour leur défense.

Bref, cet Annuaire se veut à l'image de notre corps professionnel : humain, pluriel, préoccupé de la santé mentale des individus et des populations. Puisse-t-il vous agréer dans sa forme, comme instrument de communication entre nous, et dans son fond comme projet de rassemblement de notre diversité.

 


Jacques-David BEIGBEDER
Bernard JOLIVET
Réda
cteurs en chef

 

 

 

 

SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAIS
ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
LA PRATIQUE DES PSYCHOTHÉRAPIES(1)

DOSSIER

Le SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAIS (SPF) et l’ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE (AFP) rappellent leur hostilité aux différents projets de "statut de psychothérapeute" prônés notamment par des intervenants non psychiatres, non médecins et non psychologues. Les psychothérapies étant une des modalités de prise en charge thérapeutique de la souffrance psychique, un tel statut serait aussi incongru que celui de chimiothérapeute, alors que c’est la pratique même de la psychothérapie et sa qualité qui doivent être défendues et éventuellement protégées. Les problèmes liés à la baisse du nombre des psychiatres (chute de la démographie, ou volonté politique ?) ne sauraient se résoudre par le transfert des traitements psychothérapiques à des intervenants, certes qualifiés pour beaucoup dans leur domaine, mais n’ayant pas les mêmes formations universitaire et médicale ni l’expérience clinique et personnelle qui constituent précisément l’originalité de la compétence des psychiatres et la garantie d’une prise en charge de qualité. Ce serait une erreur grave, en termes de qualité des soins comme de santé mentale et publique. Nous rappelons que la pratique des psychothérapies résulte d’une constante interrelation entre expérience psychothérapique et clinique psychiatrique, dont seuls les psychiatres et certains psychologues cliniciens peuvent se prévaloir.

Ainsi, nous rappelons la position que nous avons publiée dès mars 2000, à savoir :

L’EXERCICE DES PSYCHOTHÉRAPIES EST UN ACTE MÉDICAL QUI NE PEUT ÊTRE PRATIQUÉ QUE SUR INDICATION ET SUIVI PSYCHIATRIQUES. C’est la condition indispensable pour garantir à la population la qualité des soins. En outre, il faut que soit très clairement différencié ce qui a à voir avec d’une part le psychopathologique et le thérapeutique qui, seuls, pour la majorité des situations, renvoient à la notion de psychothérapie, d’autre part les multiples méthodes qui visent à l’épanouissement personnel sans être thérapeutiques ni psychothérapiques.

  1. L’INDICATION MÉDICALE DES PSYCHOTHÉRAPIES

    C’est au spécialiste qu’est le psychiatre que revient le rôle, de par sa formation et sa compétence médicale globale et psychiatrique, d’effectuer la démarche clinique et diagnostique (positif, différentiel, étiologique) permettant de poser les indications de traitements psychothérapiques structurés en intégrant la psychothérapie proposée dans la meilleure stratégie thérapeutique possible dans un but préventif et curatif. Sa qualification, qu’il est de surcroît seul à offrir, constitue la reconnaissance de sa compétence dans ce domaine et représente précisément la garantie de qualité recherchée.

  2. LA PRATIQUE DES PSYCHOTHÉRAPIES
    1. Par les psychiatres.

      L’exercice du psychiatre repose sur la reconnaissance universitaire et légale de sa compétence.

      Si la spécificité de la consultation du psychiatre (dans le cadre d’une démarche de soins) est sa dimension d’emblée psychothérapique, la psychothérapie du psychiatre est, de même, indissociable de la consultation psychiatrique dont elle fait partie intégrante.

      Le psychiatre, est-il besoin de le rappeler, est d’abord médecin. Il assure une approche globale à la fois somatique et psychique de la pathologie et de la souffrance dans leur triple dimension biologique, psychologique et sociale. Il a la possibilité de demander des examens complémentaires pour étayer son diagnostic, et de prescrire tous les médicaments nécessaires.

      Sa formation de spécialiste à la clinique psychiatrique et aux différentes approches psychothérapiques lui permet d’assurer au mieux ses indications et prescriptions.

    2. Par d’autres intervenants qualifiés, non psychiatres, sur indication psychiatrique.

      Ces psychothérapies n’ont pas la dimension médicale et globale de celles du psychiatre et ne sauraient donc se confondre avec elles. Il s’agit de pratiques psychothérapiques exercées par des intervenants qualifiés, dans le cadre d’une indication et d’une prise en charge conjointe avec un psychiatre garant du suivi psychiatrique. Ces intervenants doivent être formés au niveau universitaire, posséder une expérience clinique, et être redevables d’obligations déontologiques analogues à celles des médecins.

EN CONCLUSION

  • Les psychothérapies sont des modalités de soins. L’indication éventuelle de tel ou tel type de psychothérapie nécessite au préalable une démarche clinique et l’établissement d’un diagnostic médical et psychiatrique. Cette démarche médicale spécialisée relève de la seule compétence des médecins psychiatres.
  • Dans la suite de cette indication médicale sur l’opportunité de tel ou tel traitement, la pratique des psychothérapies (celles qui ont à voir avec la psychopathologie et la thérapeutique et qui, seules, renvoient à la notion de psychothérapie médicale) nous paraît pouvoir être également le fait des psychologues cliniciens titulaires d’un DESS de psychopathologie clinique et d’une expérience confirmée en clinique psychiatrique, ainsi que d’intervenants pouvant justifier de la réalité et de l’ancienneté de leur pratique et de leur formation auprès d’une commission créée à cet effet.

Pierre STAËL
Président SPF
Christian VASSEUR
Président AFP

(1) Ce texte a été diffusé au Président et aux membres de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée Nationale ainsi qu’à de nombreux députés, et proposé au CASP et à la FFP pour cosignature. retour texte

 

 

 

 

 

SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAIS
Bureau le 15.09.01
sous la présidence de Pierre Staël

Patrice BERTON

  1. RÉUNION DU 5 SEPTEMBRE AVEC OLIVIER OBRECHT, CONSEILLER DE BERNARD KOUCHNER

    Nous avons rappelé au Ministère la gravité du déficit de psychiatres par rapport à leur file active (deux millions de patients pour les psychiatres privés, un million pour les psychiatres publics, un demi-million pour les psychiatres du secteur médico-social). Le Ministère prête une oreille attentive, sans néanmoins proposer de solution. Son obsession semble être toujours le "transfert de compétences" vers les généralistes, les psychologues ou les infirmiers. Un membre du Bureau évoque à cet égard un service psychiatrique du Massif Central où "ce sont les infirmiers qui prescrivent les psychotropes" !

    À propos des propositions de loi régulant la profession de psychothérapeute, le Ministère se soucierait de l’avenir professionnel des psychothérapeutes non psychologues, non psychiatres. Le SPF a rappelé, en cas d’erreur ou d’accident provoqué par un psychothérapeute incompétent, la responsabilité politique de qui a donné la qualification.

  2. TÉLÉTRANSMISSION

    En l’absence de Convention médicale et de Commissions paritaires locales, les spécialistes libéraux sont totalement soumis à l’arbitraire des directeurs des Caisses primaires, et leur refus éventuel de "proposer la télétransmission aux assurés sociaux" les rend passibles de sanctions pouvant aller jusqu’au déconventionnement. Dans l’attente, certaines Caisses demandent, via le Trésor public, le remboursement de la part des cotisations URSSAF et CARMF réglées par l’Assurance Maladie (cf. N° 107). Un participant signale de vraies difficultés à résilier son abonnement, prélevé d’office sur son compte bancaire, avec le Réseau Santé Social (Cegetel).

  3. ANNUAIRE DES PSYCHIATRES FRANÇAIS

    L’édition 2001-2002 est parue. Globalement, 5.000 réponses aux 13.000 questionnaires individuels et 60 % des secteurs psychiatriques. De multiples relances ont été nécessaires auprès de ceux qui n’avaient pas répondu. Les deux derniers mois de travail ont été éreintants pour le secrétariat.

    Certains items des questionnaires individuels (titres, fonctions, orientations thérapeutiques) comportent trop de questions ouvertes qui les rendent difficiles à traiter. Leur rédaction devra être simplifiée.

    L’Annuaire fera l’objet d’une réflexion lors du prochain Bureau : rentabilité par rapport au coût ? utilité de le mettre sur CD-Rom ? sur Internet ? accès au grand public ? accès payant ?

  4. CASP

    Le Comité d’Action Syndical en Psychiatrie regroupe tous les syndicats à l’exception de deux syndicats de psychiatres publics (SPEP et SPS). Une négociation est en cours, pour son élargissement. La prise en compte des préoccupations des divers modes d’exercice reste essentielle.

  5. MODIFICATIONS DES STATUTS DU SPF

    Le SPF n’a pas actuellement le statut d’un syndicat professionnel mais celui d’une association Loi de 1901. Les Docteurs Salbreux, Kammerer et Le Vaguerèse sont mandatés pour préparer un projet de statuts qui sera soumis au prochain Conseil, avant une éventuelle Assemblée Générale extraordinaire.

  6. TEXTE COMMUN AFP-SPF SUR LES PSYCHOTHÉRAPIES

    Nouvelle discussion sur ce texte, en élaboration depuis un an, destiné d’abord au Ministère. Longue discussion sur la responsabilité du psychiatre par rapport au psychothérapeute non psychiatre (prescripteur ? superviseur ? garant de la qualification ?). Le texte remanié est adopté à l’unanimité, moins une abstention. Il sera proposé pour cosignature à l’AFP, au CASP et à la FFP.

  7. RELATIONS AVEC NOTRE AVOCAT-CONSEIL

    Le cabinet Huglo, qui défend le syndicat depuis une trentaine d’années, s’est peu à peu spécialisé dans les problèmes de marée noire et d’environnement, mais désintéressé des problèmes de santé. Le cabinet se montre peu disponible, les dossiers individuels soumis n’étant pas traités. Pour sa part, le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux avait dénoncé son contrat avec lui depuis plusieurs années. A l’unanimité, le Bureau décide de dénoncer le contrat en cours, et de rechercher un nouvel avocat-conseil : toutes les suggestions sont bienvenues.

  8. RÉVISION DE LA NOMENCLATURE

    Une plate-forme est préparée par l’UMESPE comme base de négociation, sans attendre l’achèvement des travaux de la Commission de la Nomenclature, toujours différés. Après un travail insistant auprès d’elle, nous avons obtenu quelques améliorations, et une réponse commune avec le SNPP est en préparation.

P. B.
Secrétaire Général adjoint

N. B. – Afin de permettre une circulation rapide des informations, le Bureau propose de mettre prochainement en place une Lettre d’informations qui sera transmise par internet exclusivement. Ainsi, nous demandons à tous les membres du SPF qui souhaitent recevoir cette lettre de nous faire parvenir un message à l’adresse habituelle : psy-spfafp@wanadoo.fr, en donnant leurs coordonnées (nom, prénom, adresse), mention de leur souhait de recevoir la Lettre d’informations du SPF et de l’adresse e.mail (courriel, suivant l’expression de nos amis québécois) correspondante.

 

 

 

 

PSYCHIATRIE ET PSYCHOTHÉRAPIES, UN DÉBAT ACTUEL

Sous le parrainage de Bernard Kouchner,
Ministre délégué à la Santé.

JOURNÉES NATIONALES
Vendredi 18 et Samedi 19 janvier 2002
Holiday Inn - 10, place de la République - 75011 Paris

ARGUMENT

Tout acte psychiatrique, lorsqu’il vise le soin, est de nature psychothérapique. Pourquoi et comment ?
Voici qui mérite d’être mis en débat.
À la suite de sa démarche, en mars 2000 à l’Assemblée Nationale, l’AFP entend clarifier la question de la psychothérapie pratiquée par les psychiatres.
Après une mise en perspective historique, les conférences et les débats porteront sur la manière dont le psychiatre intègre, dans les divers aspects de sa pratique clinique, les grandes orientations méthodologiques et théoriques : analytiques, cognitivo-comportementales, systémiques. L’accent sera porté aussi sur la formation, au cours de laquelle s’édifient pour chaque psychiatre ses conceptions du fonctionnement psychique en rapport avec les orientations qu’il a choisies.
L’époque actuelle en appelle à l’évaluation de tous les champs de la médecine. À ce titre, la psychothérapie est sollicitée mais elle ne devra y perdre ni son rapport à la singularité ni la richesse de sa diversité.
Enfin, les patients et, plus largement, le public manifestent leur attente d’une information sur la psychothérapie qui sorte de la confusion et de l’amalgame.
L’ensemble de ces clarifications, issues du débat, devrait contribuer à lever pour une part les ambiguïtés liées à la psychothérapie, auxquelles les patients et les pouvoirs publics sont actuellement sensibles.

 

PROGRAMME

Vendredi 18 janvier 2002

    9 H 15 Christian VASSEUR (Président AFP) :
    Ouverture des Journées
    9 H 30 Sous la présidence de Roger MISÈS, RAPPORT de Thierry BOKANOWSKI :
    La dimension de l’écoute psychanalytique
    dans la pratique psychiatrique
    Discutant : Bernard JOLIVET
    10 H 30 Pause
    11 H 00 Sous la présidence de Jean-Pierre RUMEN,
    Discussion en TABLE RONDE : Pratique des psychothérapies
    autour de Jacques-David BEIGBEDER,
    Alain GERARD , Charles-Siegfried PERETTI, Henri SZTULMAN
    12 H 30 Déjeuner
    14 H 30 Sous la présidence de Christine LAMOTHE, RAPPORT de Marie-Lise ROUX :
    Actualité
    des psychothérapies des psychoses : de la sexualité à la destructivité
    Discutant : Vassilis KAPSAMBELIS
    15 H 30 Pause
    16 H 00

    Quatre Ateliers simultanés :
    1. Psychothérapies familiales et de groupe
    Alberto EIGUER, Claure NACHIN, Gérard SCHMIT
    2. Psychothérapies au quotidien
    Olivier CANCEIL, Olivier LEHEMBRE, Bernard ODIER
    3. Psychothérapies et institutions
    Jacques AZOULAY, Michel CADORET, Michel DEMANGEAT, Michel LECARPENTIER
    4. Thérapies conjointes
    Jean-Yves COZIC, Jacques DUFOUR, Jean-Yves FEBEREY

    20 H 00 Dîner des Journées (en ville)

Samedi 19 janvier 2002

    9 H 30

    Sous la présidence de Jean-Jacques KRESS, RAPPORT de Luigi ONNIS :
    Les temps de la formation
    Discutant : Jean-François ALLILAIRE

    10 H 30 Pause
    11 H 00

    Sous la présidence de Jean-Michel HAVET,
    Discussion en TABLE RONDE : Psychothérapies et groupes
    autour de Jacques DURAND, Alain FERRANT, Daniel GRUNWALD, Yves MANELA, Robert NEUBURGER

    12 H 30

    Jean-Michel HAVET :
    Synthèse et Perspectives d’avenir

    12 H 45 Remise du Prix Littéraire Charles Brisset 2001
    13 H 00 Buffet de clôture.

    Comité scientifique : A. AMAR – J-D. BEIGBEDER – Y. CANN – F. CORET – J-Y. COZIC – G. DIEBOLD – J-Y. FEBEREY – B. JOLIVET – A. KSENSEE - J-J. KRESS – Y. LORHO – Y. MANELA – R. MISÈS – C. VASSEUR.
    Comité d’Organisation : J-M. HAVET – C. LAMOTHE – G. RIBES – J-P. RUMEN.
    Secrétariat : A. TRINIAC.

 

 

 

 

 

ACTUALITÉ PROFESSIONNELLE : LE POINT AU 30.09.01

Pierre STAËL

Cet article qui, pour des raisons d’édition, est rédigé fin septembre, ne tient donc pas compte des événements survenus ultérieurement.

  1. APPLICATION DES 35 HEURES AUX PRATICIENS HOSPITALIERS

    La reprise des négociations en septembre entre le Ministère et les confédérations hospitalières a été marquée par de vives tensions et des interruptions de séance de la part des représentants des médecins. En effet, aucune avancée notoire n’était proposée par rapport à ce qui avait été estimé inacceptable fin juin. Les négociations devraient reprendre mais le Ministère tente visiblement d’altérer des acquis importants du statut des PH. Une ample mobilisation est indispensable, et un préavis de grève est d’ores et déjà déposé pour le 5, puis le 12 octobre.

  2. PROJET DE LOI SUR LA MODERNISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ

    Ce projet que le gouvernement souhaiterait faire voter avant la fin février 2002 comprend notamment les volets suivants :

    • l’accès direct et personnel par le patient à son dossier médical ;
    • les droits des malades souffrant de troubles mentaux ;
    • l’indemnisation des accidents médicaux sans faute (aléa thérapeutique) ;
    • une réforme de la FMC.
  1. RENOUVELLEMENT DES ADMINISTRATEURS DES CAISSES

    Le mandat des administrateurs actuels arrive à échéance le 30 septembre. Deux des syndicats patronaux, le MEDEF et la CGPME, ont fait savoir qu’ils ne proposeraient aucun représentant, se retirant ainsi de la gestion paritaire de la Caisse pour dénoncer la décision du gouvernement de financer une partie des 35 heures sur le budget de la Sécurité Sociale. Un projet de décret du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité viserait à permettre à la troisième composante patronale, l’Union professionnelle des artisans (UPA), de pouvoir désigner des représentants de façon autonome et de siéger ainsi au conseil d’administration. Cela n’empêchera d’ailleurs pas le MEDEF ni la CGPME d’en faire autant ultérieurement, leur permettant ainsi de siéger quand bon leur semblera !

  2. L’ASSURANCE MALADIE PROPOSE AUX UNIONS DE PARTAGER SES DONNÉES

    Le décret d’application permettant via les URML le partage des données fournies par les médecins lorsqu’ils télétransmettent, et prévu par les lois Veil puis Teulade depuis 1994, n’est jamais paru ! La CNAMTS a cependant pris récemment contact avec les représentants des URML pour des discussions préliminaires. Remarquons que cette initiative survient alors que le réseau Libéralis se met en place et que Wanadoo Santé propose désormais gratuitement le transfert automatique aux Unions des données issues de la télétransmission de ses abonnés médecins !

  3. STATISTIQUES D’ACTIVITÉ À FIN AOÛT

    La progression de l’ensemble des dépenses d’assurance maladie par rapport à l’année 2000 sera largement supérieure aux 9 milliards de francs prévus pour avoisiner 17 milliards. L’augmentation des dépenses des soins de ville a été de 6,8 % sur cette période, dont 40 % sont à imputer au poste des médicaments (qui contribue pour lui seul à 2,8 % de la progression). Par contre les honoraires sont restés stables, avec une progression de seulement 0,8 % pour l’ensemble des médecins, les psychiatres se situant dans la moyenne de l’ensemble des spécialistes.

P. S.

EN RÉSUMÉ
NOS RÉCENTES DÉMARCHES AU SPF

 

 

À TOULOUSE : SILENCE, OUBLI, DÉNI

L’explosion qui a dévasté Toulouse, le 21 septembre, a eu de nombreux effets et pas seulement celui de sentir se rapprocher le danger. Même à 80 kilomètres de là, que de peine ! Mais ce qui me touche particulièrement, c’est le quasi silence des médias pendant les six premiers jours sur les très importants dégâts de l’hôpital psychiatrique Marchant, situé à côté de l’usine AZF. Il a dû être évacué, les bâtiments ayant été détruits ! Certains patients ont dû attendre, dans l’herbe et parfois fort tard, qu’on leur trouve un toit et qu’on organise la poursuite des soins, certaines de leurs familles ne pouvant être jointes, d’autres étant trop touchées par l’explosion.

Par ailleurs, il a été dit et écrit : "L’usine a été installée en premier ; avant, il n’y avait rien". J’ai même lu dans la Dépêche (22.09.01) : "Pour couper court au début de polémique sur l’implantation de l’entreprise [...], AZF a été bâtie sur un site qui n’était pas construit" ! Or, l’usine a 75 ans ; l’hôpital Marchant plus de 100 ! Qu’en penser ?

Ce silence, ces oublis, ce véritable déni posent douloureusement la question de la place de la psychiatrie hier, aujourd’hui, toujours, et doit nous interpeller tous. Comment a t-on pu dire à la télévision et écrire dans la presse de telles choses ?

Et comment soutenir les équipes de soin qui veulent et doivent continuer leur travail malgré leurs propres souffrances en attendant la reconstruction, si nous acceptons ce silence, ces oublis et si nous ne questionnons pas ce déni ?

Hubert STOECKLIN
Castres

 

 

 

 

 

ENTRETIEN AVEC LE DOCTEUR OLIVIER OBRECHT
conseiller de Bernard Kouchner

Claude MANDRY

Sont présents : Claude Mandry, Pierre Staël (SPF), et Jean-Michel Havet (AFP).

À la relecture de mes notes, je suis relativement sceptique quant au devenir de la psychiatrie. L’entretien a été intéressant : notre interlocuteur écoutait ce que nous lui disions, en particulier ce qu’avait préparé notre Président, Pierre Staël.

Celui-ci a présenté le SPF et nos préoccupations quant à la situation actuelle de la psychiatrie et à son devenir : 700 postes vacants en public ; 1 000 en médico-social ; des délais d’attente en libéral et des difficultés pour l’hospitalisation privée. Il a précisé l’importance des files actives de chacun des modes d’exercice (deux millions de patients pour les psychiatres privés, un million pour les publics, et un demi-million pour ceux du secteur médico-social) afin de confirmer que le secteur libéral existe et est très actif, bien qu’il soit dénigré dans le récent rapport Piel-Roelandt (qui le réduit au seul traitement des "bleus à l’âme"), et rappelle que l’appellation du ministère est "de la santé" et non "de la santé publique". P. Staël décrit les liens actuels entre les médecins des différents modes d’exercice : téléphones, courriers, fax, mails, et insiste sur les risques qu’entraînerait, dans notre spécialité, la création de réseaux par pathologie.

Les réponses sont défensives, mais montrent l’intérêt porté à nos propos.

O. Obrecht déplore tout d’abord la mauvaise répartition des psychiatres sur le territoire national et, en particulier, la pléthore en Ile-de-France, mais aussi le surnombre des psychiatres libéraux par rapport aux autres pays européens.

O. Obrecht ne semble pas bien connaître l’ancien internat régional des Hôpitaux psychiatriques. Jean-Michel Havet suggère d’ailleurs de revenir à ce mode de formation régionalisé qui permettait aux psychiatres de se former puis de s’installer dans leur région.

O. Obrecht reconnaît que le numerus clausus aux études médicales n’a pas été relevé assez tôt, mais il pense que des actes qui sont actuellement du ressort des médecins pourraient être accomplis par des techniciens, comme en ophtalmologie où les mesures de correction visuelle seront désormais faites par des optométristes, afin de soulager les ophtalmologistes. Nous faisons remarquer que, même si un cristallin appartient à un être humain, nous ne pourrons jamais, dans notre spécialité, avoir des approches aussi techniques et parcellaires. Pour la psychiatrie, il évoque une plus grande responsabilisation des psychologues ou des infirmiers.

La logique du Ministère reste celle d’une baisse programmée et souhaitée de la démographie médicale, car : "Plus il y a de médecins, plus il y a de malades." O. Obrecht s’insurge même contre l’augmentation de la demande à laquelle le Ministère a répondu par la création, par exemple, de Samu psychologiques. Pour maintenir une prise en charge satisfaisante de la population, le Ministère cherche à répartir harmonieusement les médecins sur le territoire et à réorganiser le système de soins avec une redéfinition des missions et rôles de chacun.

C’est ainsi qu’il s’agit de décloisonner les modes de prise en charge et de mieux coordonner les soins et la fongibilité des enveloppes financières, ce qui passe par la création de réseaux liant les secteurs sanitaire, social, médico-social et les élus locaux avec les établissements psychiatriques publics. Le ministère pense que des liens avec les établissements privés auraient moins de sens, mais que toutes les organisations sont envisageables.

En ce qui concerne les psychothérapies, nous exposons notre position :

  • un statut de psychothérapeute serait un non-sens, comme le serait celui de chimiothérapeute ;
  • les psychothérapies ne doivent pouvoir être pratiquées que par des praticiens garantis par des diplômes universitaires : les psychiatres et les psychologues cliniciens ;
  • l’indication des psychothérapies nécessite un premier temps de diagnostic : c’est un travail de soignant qui concerne le Ministère "de la santé" et non celui "de la consommation" ;
  • une exception pourrait être faite pour quelques praticiens réputés n’ayant pas forcément accompli ces formations universitaires, en les faisant agréer par une commission spécifique.

De plus, le Ministère se soucie de l’avenir professionnel d’environ 15.000 psychothérapeutes sans qualification aucune et nous rappelons que rien n’interdit à ceux qui souhaitent pratiquer des psychothérapies de suivre la formation universitaire adéquate.

Afin de ne pas être pris pour des "corporatistes primaires", nous acceptons d’étudier les modalités de fonctionnement d’un réseau en santé mentale contre la prise en compte de notre position sur les psychothérapies.

En fait, preuve est faite qu’une entrevue ne peut suffire à faire passer nos positions et à infléchir réellement celles du Ministère. Il faudrait des rencontres régulières...

C. M.
Secrétaire Général SPF

 

 

 

 

 

FAUT-IL BOULEVERSER
L’ORGANISATION DES SOINS EN PSYCHIATRIE ?

Pierre STAËL

Périodiquement, des propos ministériels ou des rapports sur l’organisation des soins en psychiatrie prônent une réorganisation complète de l’ensemble du système de distribution, selon des objectifs essentiellement publics et hospitalo-centriques, relativisant l’intérêt du secteur médico-social et niant quasiment la pratique libérale qui est reléguée à la seule prise en charge de pathologies légères ou de "bleus à l’âme". Mais qu’en est-il, en fait, de cette offre de soins si périodiquement décriée ?

Il faut tout d’abord souligner que le système actuel de distribution des soins en psychiatrie, via ses quatre composantes (secteur public, hospitalisation privée, secteur médico-social, libéral), n’est pas la conséquence d’une démarche aléatoire mais la réponse cohérente à la diversité des demandes et des situations pathologiques et psychosociales. Ces différents modes de pratiques ne sont pas concurrentiels mais complémentaires, même si certaines de leurs activités peuvent se superposer. En effet, disposant de moyens tant humains que matériels très divers et se situant ainsi dans des possibilités très spécifiques de prise en charge, ils répondent à des situations médicales différentes tant au plan des pathologies présentées qu’à celui des conditions socioprofessionnelles des patients.

  • Ainsi, la psychiatrie publique, en plus de son importante activité de consultations dans le cadre du secteur extrahospitalier, dispose de moyens matériels et humains permettant la prise en charge de pathologies lourdes et invalidantes aux conséquences sociales difficiles.
  • L’hospitalisation privée est souvent plus à même, en raison de sa proximité et de ses structures plus légères et plus souples, de répondre aux pathologies aiguës ne nécessitant pas une hospitalisation prolongée ni une prise en charge sociale lourde après la sortie du patient.
  • Le secteur médico-social associatif est irremplaçable par la diversité des prises en charge qu’il offre à des patients (adultes, enfants et adolescents) en grande souffrance ou handicapés : un demi-million sont ainsi suivis par an.
  • Enfin la pratique libérale, qui assure le suivi de deux millions de patients par an, et dont l’important développement au cours des trente dernières années a largement contribué à la fermeture de plus de 80.000 lits hospitaliers offre un accès rapide et direct aux soins grâce à sa proximité dans la cité, ses plages horaires amples et souples, et un suivi personnalisé sur la durée. En outre, elle prend en charge de nombreuses pathologies lourdes nécessitant un suivi au long cours, souvent à la suite d’une hospitalisation.

Aucune de ces quatre composantes n’est en mesure de se substituer aux autres, y compris le secteur public qui n’a ni la vocation ni les moyens d’une prise en charge de qualité de l’ensemble des besoins de soins en santé mentale (contrairement à ce que pourrait laisser croire le récent rapport Piel-Roelandt), d’autant que, en raison de nombreuses vacances de postes, il rencontre déjà des difficultés à assurer sa mission de suivi de plus d’un million de patients par an. Le devenir souhaitable de la psychiatrie ne passe pas par la disparition de l’une ou l’autre de ces composantes mais plutôt par une meilleure articulation entre elles, une réorganisation de l’implantation régionale et un rééquilibrage des moyens de chacune.

Pour cela, il n’est pas nécessaire de créer systématiquement de nouvelles structures administratives compliquées et paralysantes, mais il faut plutôt favoriser les contacts directs entre médecins et services médicaux ou sociaux afin de mieux coordonner les démarches. Lorsqu’il y a une volonté partagée de le faire, c’est toujours au plus grand bénéfice des patients. De même, on pourrait envisager de façon plus formelle la création de réseaux (à définir tant dans leur organisation que dans leur financement), en veillant toutefois à ce qu’ils n’aboutissent pas à une discrimination de fait de certaines pathologies ou de certains groupes de population. Nous sommes prêts, au SPF, à étudier de tels projets.

Quant à la disparité effectivement préjudiciable des moyens et des implantations géographiques des établissements comme des psychiatres libéraux, elle ressort d’une réorganisation administrative et d’incitations à l’installation dans les zones les moins bien pourvues. Mais cela doit se faire en respectant les moyens indispensables aux uns et aux autres et à l’aide de mesures plus incitatives que contraignantes.

Alors, faut-il vraiment bouleverser toute l’organisation des soins en place ou ne s’agirait-il pas plutôt de continuer à réfléchir aux moyens d’améliorer leur qualité, et à œuvrer pour améliorer l’implantation et la coordination de ce qui existe et qui, dans l’ensemble, fonctionnerait mieux si on voulait bien s’en donner les moyens ?

P. S.

 

 

 

 

 

 

CÉLESTE

En cette fin de saison d’alpage, Céleste avait le sentiment d’être rudement retombée sur le plancher des vaches : ce qui s’était passé le 11 septembre aux États-Unis (elle aurait assurément préféré qu’existent en paix les Étables-Unies...) lui avait été un véritable coup de sabot dans la caillette, et elle ne parvenait pas à trouver d’explication à la folie des hommes, qui se massacraient entre eux, apparemment avec autant de zèle qu’ils avaient naguère massacré ses congénères réputées folles ou atteintes de fièvre aphteuse...

Comme tant d’autres avant elle et après elle, Céleste se tourna alors vers les textes dits sacrés, qu’elle avait pratiqués adolescente, lorsqu’elle voulait goûter ensemble à toutes les herbes et à toutes les sagesses. Eux seuls lui paraissaient pouvoir apporter un peu de lumière à ses amères ruminations...

Trois souvenirs de vache la titillaient particulièrement cette semaine-là : une histoire très énigmatique de Vache rousse, un chapitre entier d’un livre saint intitulé La Vache – ce qui était en soi une véritable consécration –, et enfin le sort très enviable de ses lointaines cousines d’Inde, sacrées entre toutes les vaches, et donc dispensées de finir en hamburger, carpaccio ou autre barbarie tartare...

La Vache rousse : il s’agit d’une prescription rituelle, où le prêtre fait immoler "une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug". Avec les cendres de la vache, brûlée avec du cèdre, de l’hysope et de l’écarlate, diluées dans l’eau lustrale, on obtiendra une eau purificatrice. Mais celle-ci est douée de propriétés bien singulières, pour ne pas dire paradoxales ou contradictoires : aspergée sur une personne qui a contracté l’impureté au contact d’un mort, elle la purifie ; en revanche, l’eau elle-même est spirituellement impure, et quiconque entre en contact avec elle sans avoir besoin d’être purifié devient impur. Serait-ce une variante sacralisée de "chacun chez soi et les vaches seront bien gardées", se demanda Céleste ? Que les impurs le sachant se purifient, que les autres s’abstiennent de crainte de le devenir, le mieux étant l’ennemi du bien... Premier niveau d’interprétation. Mais il fallait ruminer davantage, et s’aviser de ce que la racine de l’impureté spirituelle était l’orgueil, qui sépare de Dieu. "Lui et Moi ne pouvons pas nous tenir à la même place". L’homme, cet arrogant, pouvait rivaliser avec Dieu... Céleste n’aurait jamais pris à son vacher sa place à l’ombre du figuier, du châtaignier ou du rocher, selon l’altitude... Foi de vache, elle savait rester à sa place... De même, elle n’avait jamais vu un aigle s’écraser sur une borie (étymologie : du latin médiéval, bovaria, étable...), alors que ces avions qui rencontraient des tours aussi hautes qu’une colline herbue lui semblaient être une franche aberration... Deuxième niveau d’interprétation. La vache rousse, avoue le texte sacré, se rattache aux lois irrationnelles. Seul Moïse – excusez du peu ! – en aurait connu la signification, mais sans la transmettre. Il ne reste plus qu’à se conformer à la volonté divine, mais le commentaire ne décourage pas pour autant le fidèle obstiné à comprendre : "Celui qui n’ajoute pas à ses connaissances les diminue", disait le sage Hillel.

Céleste se dit qu’elle avait eu vachement raison de se plonger dans la lecture de ces austères écrits, et s’attaqua ensuite à La Vache. Pourquoi ce titre ? Parce que tout est dedans, lui expliqua une fidèle. Cette idée de plénitude n’était pas pour lui déplaire, d’autant plus que la réduction en cendres de la Vache rousse lui avait laissé – précisément – un goût de cendres. Ce texte lui parut riche, mais plutôt ardu, et surtout mêlant inextricablement les plus terrifiantes menaces aux plus ardentes promesses de salut, selon qu’elles étaient destinées à ceux qui craignent Dieu ou aux incrédules. Comment comprendre : "soyez hostiles envers quiconque vous est hostile, dans la mesure où il vous est hostile" ? N’y a-t-il pas là comme un principe de précaution ? Cette Vache-là semblait porteuse tout autant de menaces que d’obstacles à leur réalisation : à propos du jeûne – que Céleste voyait évidemment d’un très mauvais œil, la digestion des herbivores étant particulièrement tortueuse –, il était quand même écrit "Dieu veut la facilité pour vous, il ne veut pas, pour vous, la contrainte". De quel bois se chauffait donc ce Dieu-là ? Il revint à Céleste le souvenir des écrits d’un certain Sigmund Freud, grand amateur d’alpages en costume tyrolien (nobody’s perfect !), qui insistait sur l’ambivalence de la représentation du Dieu des monothéistes, tantôt impitoyable, tantôt miséricordieux... "Deux sons de cloche en un seul Dieu, mieux vaut entendre ça que d’être sourde , se dit encore Céleste.

Et sa rêverie la transporta, une fumette de "beubeu" aidant, vers l’Inde, ses mystères et ses trésors. Il faudra y revenir une fois prochaine... En attendant, elle se souvint d’un proverbe de la région de Milan, du temps où celle-ci était encore une bonne terre à vaches : "La buca l’è minga straca se la sa no de vaca", littéralement : la bouche n’est pas fatiguée si elle ne sait rien de (la) vache. Là aussi, dans sa fumeuse lucidité, Céleste proposa deux niveaux d’interprétation, comme dans une autre comptine fameuse : un premier qui incite à conclure tout bon repas avec du fromage ; un second qui exige de poursuivre la discussion tant qu’on n’a pas abordé l’insondable sagesse de la vache, qu’elle soit rousse, omnicontenante ou même sacrée...

Céleste des Alpes méridionales
pcc Jean-Yves FEBEREY, apprenti vacher

 

 

 

 

 

 

L’EURO (€)
MODE D’EMPLOI POUR LES PSYCHIATRES LIBÉRAUX (suite)

Harald SONTAG

Voici la suite des opérations concernant la mise en place de l’euro (cf. N° 107).

Les professions libérales et les commerçants pourront se "pré-alimenter" en pièces auprès des banques, à partir du 1er décembre. À partir du 15 décembre, les particuliers pourront acheter auprès des banques des kits de pièces pour une valeur de 100 F, monnaies qui ne pourront circuler avant le 1er janvier, mais cette mesure est faite pour familiariser chacun avec la nouvelle monnaie et limiter les queues aux guichets à partir du 2 janvier.

Les choses seront un peu plus compliquées, à partir du 1er janvier où le franc n’aura plus de valeur légale et où les règlements en francs ne seront plus possibles sur les comptes bancaires ni par cartes de crédit. Mais le franc monnaie sera encore accepté, à titre transitoire, jusqu’au 17 février à minuit, date où il n’aura à son tour plus de valeur légale. Aussi, pour les patients qui régleront encore les honoraires en francs, il sera obligatoire de leur rendre la monnaie en euros (en utilisant les cents : là encore, à vos calculettes !). Une nouvelle valeur du CNPsy, comme cela se fait progressivement pour toutes les valeurs légales, aura alors été déterminée par les Caisses.

Vous pourrez échanger vos billets et vos pièces en francs dans les banques jusqu’au 30 juin, mais ensuite uniquement auprès de la Banque de France (pendant trois ans pour les pièces, et dix ans pour les billets).

Avec un peu de préparation, et en favorisant le paiement par chèques et par cartes bancaires, la période de transition ne devrait pas être trop compliquée. D’ores et déjà, nous vous le souhaitons.

H. S.
Strasbourg

 

 

 

 

 

IL N’Y A PAS DE DISCOURS SANS LECTURE

Ouvrages RÉCEMMENT PARUS

Les délires de persécution -
Gilbert BALLET
L’Harmattan, 70 F (10,67 €)

Le soutien thérapeutique aux parents -
Gérard BLEANDONU
Dunod, 145 F (22,11 €)

Vivre âgé à domicile entre autonomie et dépendance -
Magalie BONNET
L’Harmattan, 70 F (10,67 €)

Des parents, à quoi ça sert ? -
Daniel COUM (sous la dir.)
Erès, 150,21 F (22,90 €)

La vie amoureuse -
Jean COURNUT, Marie-Claire DURIEUX, Michelle EMMANUELLI, Félicie NAYROU (sous la dir.)
PUF, 99 F (15,09 €)

100 mots pour commencer à philosopher -
François DAGOGNET
Les empêcheurs de penser en rond, 95 F (14,48 €)

Au nom des enfants oubliés de Roumanie -
Catherine DEROUETTE
L’Harmattan, 130 F (19,82 €)

Courants de la psychanalyse contemporaine -
André GREEN (sous la dir.)
Revue française de psychanalyse
PUF, 180 F (27,44 €)

Tu ne seras pas schizophrène -
Henri GRIVOIS
Les empêcheurs de penser en rond, 98,40 F (15 €)

La barbarie -
Michel HENRY
PUF, 69 F (10,52 €)

Fantasme et formation -
René KAËS, Didier ANZIEU, Louis-Vincent THOMAS
Dunod, 148 F (22,56 €) (rééd.)

L’amour et la haine : le besoin de réparation -
Mélanie KLEIN, Joan RIVIÈRE
Payot, 42 F (6,40 €) (rééd.)

Cesser d’être une victime -
Gérard LOPEZ, Arianne CASANOVA
EdLM, 110 F (16,77 €)

La solitude apprivoisée : l’angoisse de séparation en psychanalyse -
Jean-Michel QUINODOZ
PUF, 68 F (10,37 €)

Les maladies de la personnalité -
Théodule RIBOT
L’Harmattan, 95 F (14,48 €) (rééd.)

Philippe Pinel et son œuvre : au point de vue de la santé mentale -
René SEMELAIGNE
L’Harmattan, 95 F (14,48 €)

Lecture de Canguilhem : le normal et le pathologique -
Textes réunis par Guillaume LE BLANC
Lyon, ENS Éd., 100 F (15,24 €)

Atteintes sexuelles sur enfants mineurs -
Ass. Psychiatres secteur infanto-juvénile
Passage piétons, 140 F (21,34 €)

Autour de Merleau-Ponty -
Cahiers philosophiques, 87
Delagrave : CNDP, 50 F (7,62 €)

Merleau-Ponty : le philosophe et les sciences humaines -
Les Études philosophiques, 2 (2001)
PUF, 135 F (20,58 €)

Les lois et les mœurs -
Les Cahiers philosophiques de Strasbourg, 11
Univ. M. Bloch, 85 F (12,96 €)

 

 

 

 

 

LA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ET SON AVENIR

Michel POLAC

Il m’apparaît que les gens dits normaux se répètent chaque jour à l’identique parce qu’ils craignent la surprise. Ce goût de la répétition me paraît étrangement anormal. Je sais bien que pour tourner rond le monde a besoin d’ouvriers, de boulangers, etc., qui font chaque jour le même geste, mais il a besoin aussi d’aventuriers, d’explorateurs de l’inconnu.

Pour m’en tenir à la littérature, le fabricant à la chaîne me répugne. Le roman libéré des censures a connu au XIXe siècle et jusqu’aux années 40 une explosion exceptionnelle et les terra incognitae ont été, presque toutes, explorées : le roman nous a plus appris sur l’homme que bien des traités philosophiques. Aujourd’hui, malgré des expériences stylistiques plutôt stériles, le romancier en est réduit à de vaines variations sur les mêmes thèmes transposés en d’autres temps ou d’autres lieux (de la préhistoire à la science-fiction, dans des châteaux ou des taudis, en Afrique ou au Montana) et passer de la phtisie au sida ou de l’absinthe aux drogues dures n’évite pas le retour du même.

Et puis il y a de temps en temps un météore qui traverse le ciel des lettres et qui par son "anormalité" réveille notre angoisse devant l’inconnu et nous fait entrevoir des pistes vers le déchiffrage de l’esprit (du cerveau) humain, encore que, le plus souvent, on sorte de notre lecture convaincu que l’homme est décidément incompréhensible, obscur, irrationnel.

Déjà, grâce au développement (tardif, en France où l’on se croyait le nombril du monde) des traductions, on a pu découvrir d’autres psychologies, par exemple, pour moi, les Japonais Kafu, Soseki, Inoué, Kawabata, Tanizaki, etc. mais je pourrais citer aussi le Coréen Yi Muniol, écartelé entre le désir de sérénité bouddhiste et la soif de justice dans ce pays coupé en deux.

Mais à côté du roman il y a des essais qui, pour moi, sont éminemment romanesques et me donnent le vertige des abîmes : je pense à Oliver Sacks ou à l’autobiographie de Temple Grandin que je cite ici parce que je viens de lire le dernier Amélie Nothomb, "roman" un peu bâclé mais rempli de traces d’autisme, autisme quasiment avoué dans son précédent Métaphysique des tubes. Sans Sacks, Grandin et quelques autres, je ne l’aurais pas perçu. Pas plus que ces centaines de milliers de lecteurs qui n’ont été séduits que par le bagout de ce jeune auteur de best-sellers paradoxaux.

Extension du domaine de la lutte de Houellebecq est l’ouvrage "névrotique" le plus fort que j’aie lu ces dernières années, malheureusement son succès mondial l’installe dans son rôle complaisant d’obsédé sexuel onaniste. Sa noire et profonde intelligence et la violence de son désarroi psychique devraient le faire échapper à la superficialité de son dernier roman Plateforme. Reste que le roman avec son alternance de descriptions et de dialogues trop naturalistes ou trop boulevardiers me paraît un genre usé. Mais qu’est-ce qui n’est pas usé ? Je vois mal l’avenir de la littérature et, à vrai dire... de l’humanité. La fin du monde, c’est ma névrose.

M. P.
Paris

 

 

 

 

 

GRAINS DE SEL PSYCHIATRIQUE

Psychiatricus

Une récente enquête de Marianne entre en résonance avec des thèmes bien connus de nos lecteurs. Depuis l’instauration par un gouvernement socialiste (1983) de la politique du franc fort et de la réduction européenne des déficits budgétaires, "droite" et "gauche" ont rivalisé de rigueur, la "droite" nous en promettant encore davantage dès son retour. C’est pourquoi l’éducation nationale et la santé publique se portent de plus en plus mal, la limitation des crédits se traduisant par des "réformes" qui ne se réalisent qu’en déshabillant Paul pour habiller Jacques, l’exemple le plus criant étant celui de l’Hôpital européen Georges-Pompidou. Ce monstre a coûté et coûte un budget fou – crédits qui manquent pour les autres hôpitaux – et marche mal. Alors que le personnel manque pour le travail essentiel, tout le monde doit tout noter en permanence avec l’objectif de mesurer l’activité et d’ajuster le budget, travail de saisie qui prend plusieurs heures par jour à chacun (quand le système informatique fonctionne !).

Ainsi pourrait-on lancer la supplique : "Bernard Kouchner, enfin, faites un effort humanitaire pour les soignants de votre propre pays : arrêtez cette folie de l’évaluation permanente de tout, alors qu’il suffit d’opérer des évaluations périodiques d’échantillons de chaque type d’activité. Bureaucratie et médecine font mauvais ménage. Voulez-vous faire, à terme, concurrence à la faillite du système britannique ?"

Le blocage du recrutement des médecins, des infirmiers et de toutes les variétés de personnels depuis les années 90 donne, aujourd’hui, une crise qui risque de durer au moins dix ans ; encore convient-il de commencer à y remédier et d’interroger là-dessus les candidats aux futures élections ! On a pensé, à droite, lors des cohabitations qui lui étaient favorables (mais la gauche n’a pas changé cette politique), qu’en supprimant les lits et les soignants, on supprimerait les malades (sans doute supposés imaginaires). Enfin, les plus pervers ne rêvent-ils pas encore de mettre en faillite le service public pour le livrer aux banques et aux assurances privées ?

P.

Hôpital public, les raisons d’un naufrage, par Anne Halter et Perrine Chervèche, Marianne, N° 229, 32-37.

 

 

 

 

 

LES CHEMINS DE LA CONNAISSANCE VOUS CONDUIRONT...

I - FORMATIONS

Le Centre Etienne Marcel organise différents séminaires et groupes de travail, autour de l’adolescent. Renseignements : CEM, 3 cité d’Angoulême, 75011 PARIS.

La CRIEE organise un séminaire et des conférences mensuelles sur Transfert contre transfert. Renseignements : P. Chemla, C.J. A. Artaud, 45 rue Jeanne d’Arc, 51100 REIMS - Tél : 03 26 40 01 23

Le Groupe Lyonnais de Psychanalyse Rhône-Alpes organise un cycle de cinq conférences Recherches en psychanalyse sur Clinique des limites de l’analyse. Renseignements : GLPRA, 25 rue Sala, 69002 LYON - Tél : 04 78 38 78 01 - Fax : 04 78 38 78 09 - E.mail : glp.spp@wanadoo.fr

 

II - RÉUNIONS ET COLLOQUES

EN FRANCE

… NOVEMBRE 2001

à NICE, les 8 et 9 : 20es Rencontres de l’Association Franco-Maghrébine de Psychiatrie sur Culture et psychiatrie. Renseignements : Pr J. Daléry, CH Le Vinatier, 95 bd Pinel, 69677 BRON CEDEX - Tél : 04 37 91 51 00 - Fax : 04 37 91 51 02 - E.mail : jean.dalery@ch-le-vinatier.fr

à PARIS, le 9 : Réunion de l’Association Française et Malgache de Santé Mentale. Renseignements : AFP, 147, rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

à PARIS, le 9 : Colloque Européen de la Ligue Française pour la Santé Mentale sur L’aide psychologique post-traumatique. Renseignements : Mme N. Alessandrini - Tél : 01 42 66 20 70 - Fax : 01 42 66 44 89

à PARIS, les 9 et 10 : IIIe Congrès de la Fédération Internationale Francophone de Psychiatrie sur Concept de la dépendance en psychiatrie. Renseignements : BCA, 6 bd du Gal Leclerc, 92115 CLICHY - Tél : 01 41 06 67 70 - Fax : 01 41 06 67 79 - E.mail : b-c-a@worldnet.fr - Site internet : www.b-c-a.fr

à PARIS, le 10 : Journée de l’Association Archives et Documentation Françoise Dolto sur Le psychanalyste dans la cité. Renseignements : AAD Dolto, 21 rue Cujas, 75005 PARIS - Tél : 01 40 51 72 05 - Fax : 01 40 51 74 27 - E.mail : dolto@wanadoo.fr - Site internet : www.francoise-dolto.com

à NANTES, le 16 : Conférence de la Société Psychanalytique de Paris avec Sylvie Faure-Pragier sur La psychanalyse d’un patient pervers. Renseignements : Mme M. Caillou, 10 rue de Châteaubriand, 44500 LA BAULE - Tél : 02 40 24 11 91

à PARIS, du 16 au 18 : Colloque International de l’Association Rencontres Anthropologie Psychanalyse et Recherches sur le Processus de Socialisation sur Mémoire et oubli : désir de l’œuvre. Renseignements : ARAPS, 8 rue de Bièvre, 75005 PARIS - Tél : 01 43 25 28 90 - Fax : 01 56 24 07 57

à CAEN, le 17 : Symposium de l’Union Rég. Médecins Libéraux sur Réseaux ville-hôpital pour la prise en charge des patients suicidants. Renseignements : Mme Lamblin, URML, 15 rue de Vaucelles, 14000 CAEN - Tél : 02 31 34 21 76 - Fax : 01 31 34 21 89

à PARIS, le 19 : Conférence de l’Hôtel de Lamoignon, Le rythme et le langage, avec H. Meschonnic. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

à ÉTAMPES, le 22 : Cinquièmes Journées de l’EPS Barthélemy-Durand sur Adolescence : débuts et fins des soins. Renseignements : Dr Ch. de Brito, EPS B. Durand, BP 69, av. du 8 mai 1945, 91152 ÉTAMPES CEDEX - Tél : 01 69 92 53 90

à PARIS, du 22 au 24 : Rencontres Nationales Vidéo en santé mentale. Renseignements : EPS Maison Blanche, Mme Ch. Weber - Tél : 01 55 25 35 94 - Fax : 01 55 25 35 90 - E.mail : cweber@ch-maison-blanche.fr

à TOURS, les 23 et 24 : Colloque d’Enfances & PSY sur Idéologies et enfances. Renseignements : Mme S. Lhoussène, Clin. G. Heuyer, 6 rue du Conventionnel Chiappe, 75013 PARIS - Tél : 01 45 85 25 17 Fax : 01 53 60 07 89 - E.mail : congres.ideo.enfances@wanadoo.fr

à STRASBOURG, les 23 et 24 : Colloque Européen de la Fédération des Associations Réflexion Action, Prison et Justice sur Les règles pénitentiaires européennes, un outil pour l’action des associations ? Renseignements : FARAPEJ, 68 rue de la Folie-Régnault, 75011 PARIS - Tél : 01 55 25 23 75 - Fax : 01 55 25 23 76 - E.mail : farapej@wanadoo.fr

à PARIS, le 24 : Journée de la SFPEA sur d’Œdipe à Euclide. Renseignements : Mme Finucci, SFPEA, Clin. G. Heuyer, Hôp. de la Salpêtrière, 47 bd de l’Hôpital, 75651 PARIS CEDEX 13 - Tél : 01 42 16 23 51 - Fax : 01 42 16 23 31

à MORTEFONTAINE, le 25 : Journée d’Études de la Société Française de Psychologie Individuelle sur Genèse et pathologie du lien social. Renseignements : Dr Debock - Tél : 03 44 57 16 31

à MONTE-CARLO, du 28.11 au 01.12 : 2e Forum International sur Troubles de l’humeur et anxiété. Renseignements : AIM Group, 27 bd d’Italie, Monte-Carlo 98000 (MONACO) - Tél : 377 97973555 - Fax : 377 97973550 - E.mail : info@publicreations.com

à REIMS, le 29 : Conférence de la CRIEE autour du livre de Claude Forzy : Psychothérapies de psychotiques. Renseignements : P. Chemla, C.J. A. Artaud, 45 rue Jeanne d’Arc, 51100 REIMS - Tél : 03 26 40 01 23

à NEUILLY-SUR-MARNE, le 30 : Colloque du Comité Sida, à l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre le Sida, sur Institution et sexualité. Renseignements : Comité Sida, EPS Ville Evrard, 202 av. J. Jaurès, 93332 NEUILLY-SUR-MARNE - Tél : 01 43 09 32 81 - E.mail : comitesida@free.fr - Site internet : www.metafort.org/comitesida

à AIX-EN-PROVENCE, le 30 : Colloque d’Enfances & PSY sur Naître ou ne pas naître parent. Renseignements : Mme D. Djamoussian, 67 rue du Vallon de Auffes, 13007 MARSEILLE - Tél : 04 91 52 84 79

… DÉCEMBRE 2001

à PARIS, les 1er et 2 : XXXVes Journées de Travail du Centre Alfred Binet sur L’entrée dans l’adolescence. Renseignements : Ctre A. Binet, 76 av. Edison, 75013 PARIS - Tél : 01 40 77 43 40 - Fax : 01 40 77 43 55

à PARIS, les 1er et 2 : Journées d’Automne d’Espace Analytique sur L’art de la cure et ses effets. Renseignements : D. Platier-Zeitoun - Tél : 01 47 05 23 09 - Fax : 01 47 05 23 26 - E.mail : espacana@club-internet.fr

à LYON, les 1er et 2 : Colloque du Groupe Lyonnais de Psychanalyse Rhône-Alpes sur Traumatismes psychiques précoces et travail psychanalytique. Renseignements : GLPRA, 25 rue Sala, 69002 LYON Tél : 04 78 38 78 01 - Fax : 04 78 38 78 09

à PARIS, le 6 : Séminaire du CTNERHI sur Enfant handicapé et intégration scolaire. Renseignements : Mme R. Martinez, CTNERHI, 236 bis rue de Tolbiac, 75013 PARIS - Tél : 01 45 65 59 40 - Fax : 01 45 65 44 94 - Site internet : http://perso.club-internet.fr/ctnerhi/

à ANNECY, le 6 : Conférence du Cercle d’Etudes Psychanalytiques des Savoies sur Psychothérapie des psychoses. Renseignements : Dr J. Dufour - Tél : 04 79 60 30 57 - Fax : 04 79 60 31 90

à LILLE, les 6 et 7 : Colloque de l’ARREO sur Autismes(s) et communication. Renseignements : La vie active formation, 4 rue Beffara, 62000 ARRAS - Tél : 03 21 21 50 70 - Fax : 03 21 21 50 79 - E.mail : vie.active.formation@wanadoo.fr

à LYON, les 7 et 8 : 12e Congrès d’Ancre-Psy sur Secrets et confidences. Renseignements : Dr A. Poli, CH, rue H-B. Perret, 69450 SAINT-CYR-AU-MONT-D’OR - Tél : 04 78 22 00 06 - Fax : 04 72 42 20 65

à NICE, le 8 : Journée Provinciale AFP sur Croyances et identité. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

à PARIS, le 8 : XIe Journée annuelle de l’Association Scientifique Franco-Vietnamienne de Psychiatrie et de Psychologie Médicale sur Patients et soignants du Sud-Est asiatique. Renseignements : Dr Luong - Tél : 01 45 85 63 63

À L'ÉTRANGER

… NOVEMBRE 2001

à LIMA (Pérou), du 15 au 18 : Conférence Internationale sur La fin de la bataille. Renseignements : Secretaría, Pallardelle 285-401, Lima 27, Perú - Tél & Fax : (+ 51 1) 422 9307 - E.mail : sidea@chavin.rcp.net.pe

à CANCUN (Mexique), du 16 au 20 : XVIIes Congrès National de l’Association Psychiatrique Mexicaine. Renseignements : Periférico Sur 4194, Primer Piso, Jardines del Pedregal, CP 01900, México, DF - Tél : (52) 56 52 55 76 - Fax : (52) 56 52 55 16 - E.mail : aspsiqm@prodigy.net.mx - Site internet : www.psiquiatras.org.mx

à ABEOKUTA (Nigeria), du 19 au 23 : Conférence de l’Association des Psychiatres Nigériens sur Psychiatrie sans frontière. Renseignements : Joint Conference 2001, Neuropsychiatric Hospital, Aro, Abeokuta, Nigeria - Tél : (234) 039 240 571 - Fax : (234) 039 241 778 E.mail : neuroaro@infoweb.abs.net

La Lettre de Psychiatrie Française
147 rue Saint-Martin - 75003 Paris - Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

Editeur : Association Française de Psychiatrie / Syndicat des Psychiatres Français (A.F.P. / S.P.F.)
Tirage 14.000 ex. - Dépôt légal Octobre 2001 - Prix au n°20 F - Commission Paritaire N° 72689.

Directeur de la publication : Simon-Daniel Kipman - Rédacteurs en chef : Jean-Yves Cozic, Jean-Yves Feberey
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