" Mais les brav’ gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux... "
Georges Brassens
La mauvaise réputation

La mode du consensus se répand. Les conférences du même nom se multiplient. La psychiatrie ne fait pas exception à la règle. Le phénomène n’est pas vraiment nouveau puisque, déjà en août 1996, l’Association Mondiale de Psychiatrie avait tenu à Madrid son dixième congrès sur le thème : "Un monde, une langue"

Certes, l’un des reproches fréquemment faits à la psychiatrie est de multiplier des discours souvent contradictoires sur des concepts aux contours incertains. Mais pourquoi faudrait-il parler d’une seule et même voix et, au nom du mythe de l’unité, abolir nos différences et devenir tous semblables ? Comment en est-on arrivé à croire que, pour être tenu pour scientifique, un discours devrait être univoque et sans faille ? Comment surtout imaginer qu’il puisse n’y avoir qu’une seule façon de formuler les problèmes touchant à ce que l’être humain a de plus spécifique, mais aussi de plus précieux et de plus fragile –sa vie psychique–, et une seule réponse à leur apporter ? L’être humain n’est pas une machine et, si science de l’humain il y a, ce ne peut être que science de la diversité et de la complexité.

II apparaît actuellement scandaleux d’oser s’écarter des sentiers battus et de penser par soi-même. II est mal vu d’interroger et de questionner les positions théorico-politiques et idéologiques affichées comme des vérités ultimes par des experts autoproclamés et soutenus par un aréopage d’initiés ayant en commun de partager les mêmes points de vue. Tout propos s’écartant de ce qu’il est convenu d’exprimer dans les milieux autorisés conduit l’audacieux à être considéré par les tenants de l’orthodoxie comme inconvenant et mal élevé.

Si l’on perçoit un tant soit peu que le consensus est le garant de l’ordre établi, on comprend mieux l’importance que lui accordent les détenteurs d’un pouvoir quelconque. Malgré de beaux discours sur la nécessité de ne pas être dogmatique, de ne pas appliquer de façon rigide les recommandations issues des conférences de consensus et des divers groupes de travail et de lecture chargés d’élaborer les références médicales, celles-ci ne peuvent que servir, en premier lieu, au contrôle social du praticien. N’ont-elles pas d’ailleurs été qualifiées d’"opposables" ?

Pour faire libéral et ne pas apparaître totalitaire (ce qui est mal vu dans le paysage consensuel), on tolérera une certaine marge de manquement à la règle mais la sanction frappera immédiatement qui s’écarte un peu trop souvent de la norme prescrite. Comme si celui qui pense et agit systématiquement de façon opposée à ce sur quoi tout le monde s’accorde avait obligatoirement tort. Peut-être est-il tout simplement en avance sur son temps (que l’on songe à Galilée) ? Le progrès est toujours venu de la contestation, jamais du consensus.

Le consensus nous dit ce qu’il est correct de penser et de faire. II permet à celui qui le respecte de dormir (si cela est possible) sur ses deux oreilles, l’âme en paix, et d’exercer en toute sérénité, puisqu’il aura donné, comme il lui est prescrit, des soins fondés sur les données acquises de la science que lui auront transmis des tiers compétents. Le consensus procure le confort intellectuel. Et tant pis pour le patient s’il s’obstine à ne pas guérir selon les préceptes de la Faculté. Molière, lui aussi, est toujours d’actualité.

Le respect sans conditions de directives rend l’individu qui y adhère irresponsable quant aux conséquences morales de ses propres actes. Si ceux-ci débouchent sur une catastrophe, ce n’est pas lui qui en sera responsable mais les directives qu’il a appliquées. Stanley Milgran, dont les travaux avaient été repris et vulgarisés dans le film I comme Icare, avait en son temps montré les effets pervers de la soumission à l’autorité. Déjà, les accusés du procès de Nuremberg prétendaient ne pas être tenus pour responsables de leur propre comportement qu’ils justifiaient par leur loyauté envers le Troisième Reich. Après l’affaire du sang contaminé, les naufrages de cargos pollueurs et le rapport des sénateurs sur l’encéphalopathie spongiforme bovine, le débat actuel sur la torture qui agite le monde politique et les intellectuels de tout bord vient tristement illustrer les conclusions de Milgran et démontrer qu’elles sont toujours valides.

Alors, il faut une bonne dose de courage pour oser adopter une position d’irrévérence par rapport au consensus. J’ai bien écrit "irrévérence" et non "insolence", quoi qu’en pensent et en disent ceux pour qui ne pas être déférent envers le discours institutionnalisé est le signe d’un manque de respect. Mais respecter n’est pas vénérer et l’irrévérence n’est pas une attitude qui ne serait que tournée vers les autres : elle s’adresse aussi aux propres idées de celui pour qui elle constitue une profession de foi.

La pensée, la science, la vie même, ne sont pas dans le consensus. Elles sont dans la controverse, dans la confrontation, dans la dialectique et dans le mouvement. Seule la mort est consensuelle. II est donc urgent d’être politiquement incorrect, et nous allons nous employer activement à appliquer dans notre champ ce nouvel impératif éthique. La liberté de penser ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.

J-M. H.
Secrétaire général AFP

 

 

 

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Ouvrant cette première réunion du nouveau Bureau, Pierre Staël a précisé d’emblée que le fait que AFP et SPF n’aient plus le même président n’était pas en contradiction avec une complémentarité des deux institutions, tout en permettant une séparation claire des fonctionnements respectifs.

1 – ACTUALITÉ ET POLITIQUE GÉNÉRALE

a) Négociations sur l’ARTT dans le secteur médico-social (J-D. Attia, R. Salbreux).

Rappel que l’avenant 10 de l’ARTT n’a pas été agréé par le Ministère qui était pourtant forclos au niveau des délais, et qu’un recours administratif a été déposé avec les Fédérations des Employeurs.

D’autre part, des négociations sont en cours avec les mêmes Fédérations des Employeurs pour :

Par ailleurs, nous allons discuter au Ministère de la réforme de la loi 75 sur les handicapés. Nous insisterons sur la place du médecin et la nécessité du maintien d’une présence médicale suffisante dans ce champ du handicap.

Quant à la FMC des psychiatres de ce secteur salarié associatif, elle est soumise à l’avis des comités d’établissement qui, trop souvent, ne sont pas favorables aux formations des médecins. Nous proposerons d’y consacrer une des périodes de congés trimestriels de six jours pour que la FMC devienne effective.

L’attitude rigide du gouvernement à propos de l’avenant 10 montre la difficulté à négocier avec des politiques qui font voter des lois mais ne les respectent pas eux-mêmes tout en les imposant.

b) Négociations sur l’ARTT pour les Praticiens hospitaliers (J-Y. Cozic).

Il faut savoir que sur les 4 000 postes existants dans le secteur public, seuls 3 238 sont actuellement pourvus et les perspectives démographiques sont terribles. Dans ce contexte, il devient difficile d’assurer des soins de qualité tout en appliquant les dispositions légales. Le Ministère, contournant sans cesse la question du numerus clausus et de la démographie, évoque la question de l’ARTT sous le vocable "organisation et aménagement du temps de travail à l’hôpital". Comme certains employeurs, il a tenté de démanteler le statut des praticiens hospitaliers, mais ce risque semble maintenant écarté. En outre, il prévoit de mettre en place des "transferts de compétences", comme si un décret pouvait permettre l’acquisition du savoir correspondant ! Enfin, contemplant sans doute les modèles canadiens et nord-américains aux effets pourtant désastreux, il semble accepter l’idée que ce soit désormais des psychologues, des médecins généralistes ou encore des "psychothérapeutes" qui assurent les soins. A l’heure actuelle, aucune perspective positive n’apparaît clairement.

Quant aux PH à temps partiel (C. Portelli), une vigoureuse action syndicale a conduit le gouvernement à déposer devant le Parlement deux amendements permettant d’aller vers le statut unique. Nous restons très mobilisés pour veiller aux mesures d’application qui devront suivre. Quoi qu’il en soit, les PH à temps partiel peuvent continuer à exercer en secteur privé.

c) Manifestation des professionnels de santé, à Paris, le 12 juin.

Dans sa grande majorité, le Bureau décide de s’y associer.

Ce qui se dégage, pour nous, c’est le refus de la déqualification du psychiatre (quel que soit son mode d’exercice) sous couvert d’aménagement de ses fonctions et de son temps de travail. La démographie médicale, et en particulier psychiatrique, nous paraît toujours préoccupante. Nous militons pour une revalorisation importante du CNPsy.

2 - PSYCHOTHÉRAPIES (Y. Cann, J-Y. Cozic)

Y. Cann et J-Y. Cozic font part de la proposition de plusieurs sociétés psychanalytiques, d’associer sociétés et syndicats pour collaborer dans le sens du refus d’un statut de psychothérapeute et de la défense de la pratique des psychothérapies. Le Bureau décide de surseoir jusqu’à la réception d’un courrier officiel de ces sociétés psychanalytiques.

3 – ORGANISATION INTERNE

Les différentes missions ont été arrêtées comme suit :

4 – COMMUNICATION (L. Le Vaguerèse)

Il a été conseillé à chaque membre du Bureau d’avoir une adresse e.mail pour permettre une diffusion et une circulation plus rapides des informations. Quant à l’évolution de notre site internet, la mise en place de différents services destinés à la profession est à l’étude, ainsi que la possibilité d’ouverture d’une information au grand public. Des contacts exploratoires ont par ailleurs été pris avec deux gestionnaires de site internet médicaux : Medisite et Medexact, ainsi qu’avec la société IAI diffusant des informations présentant la profession dans les salles d’attente des médecins.

5 – QUESTIONS DIVERSES

Le Bureau décide d’adresser un courrier de désapprobation au psychiatre consultant de Loft Story.

 

 

     

     

Lettre ouverte à Madame Burette, responsable (pour la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins - DHOS), du PMSI-psychiatrique, à propos de sa demande de formateurs pour " généraliser " celui-ci.

DOSSIER

Madame,

Votre demande a retenu toute mon attention. Néanmoins, devant prendre ma retraite l’année prochaine, je crains de n’être plus en situation de vous aider à mettre en œuvre cette réforme. J’aimerais cependant apporter ma contribution à vos travaux, en évoquant devant vous la schizophrénie dont vos collaboratrices font grand cas (cf. la récente Journée d’études tenue à l’hôpital Sainte-Anne) et qui ne manquera pas d’occuper une place importante dans le nouveau paysage psychiatrique "P.M.S.I.isé".

La schizophrénie est née au début du siècle, au Burghölzli à Zurich, sous la plume du psychiatre suisse Eugen Bleuler. Beaucoup ont raconté son histoire, mais je crois pouvoir vous recommander celle contée par mon ami le Docteur Jean Garrabé. Si je ne partage pas toutes ses analyses ni ses conclusions sur le devenir de la schizophrénie, il a cependant eu le grand mérite de pointer dans son livre (Histoire de la schizophrénie, Seghers Ed., 1992) l’extrême variabilité de ce concept psychopathologique historiquement daté mais qui s’est plié à tous les aléas et à toutes les vicissitudes de l’institution psychiatrique. Une question me vient à l’esprit : est-ce que Sabina Spilrein dont il évoque le destin et pour qui Ernest Jung –à l’époque, chef de clinique chez Bleuler– avait posé un diagnostic de schizophrénie, aurait été ou non classée dans le groupe homogène no 1 ?

Comme tout jeune étudiant débarquant dans l’univers étrange de la psychiatrie –c’était dans les années 60–, j’ai rencontré la schizophrénie d’abord dans les livres puis, plus difficilement, dans la réalité de la clinique ! Certes, j’étais jeune ; certes, le Manuel Ey, Bernard, Brisset, qui faisait référence à l’époque, n’était pas immédiatement limpide pour moi qui ne possédais pas les subtilités de l’organo-dynamisme, et mes rencontres avec les patients eux-mêmes ne me permettaient pas même de mettre un nom, un mot sur la réalité vivante et souffrante qu’ils représentaient. Je me rassurais alors par la remarque de Henri Ey lui-même disant que c’était le diagnostic qui devait être porté en dernier. J’avais le temps d’apprendre et de connaître. Mais, dois-je l’avouer, je n’y ai jamais rien compris !

Ma visite au Burghölzli, fièrement planté au sommet d’une colline qui domine le lac de Zurich, m’a donné à voir l’asile dans son horreur, celle-ci redoublée de son désir de se montrer comme une institution triomphante. Alors, heureusement, est venue l’antipsychiatrie : elle n’a changé ni mon regard, ni ma pratique, mais elle est venue –à temps pour moi– manifester la relativité des concepts psychiatriques. J’ai intégré les contradictions de notre institution soignante et j’ai appris à nourrir mon art (oui, soigner est un art) de la dialectique !

J’ai surtout –et enfin– rencontré un maître, le docteur Philippe Koechlin et, grâce à lui, une nouvelle approche du soin en psychiatrie : "la psychothérapie institutionnelle" qu’il avait contribué à conceptualiser. Cette rencontre se produisit en 1966, à l’hôpital Charcot de Plaisir dans les Yvelines, qu’il avait ouvert six ans plus tôt.

La psychothérapie institutionnelle visait à résoudre une contradiction : introduire la psychothérapie, processus dynamique, dans un lieu de soin qui se voulait – en tant qu’institution – plutôt réfractaire au changement. Il fallait rendre l’institution soignante perméable à l’évolution des patients. Pour ce faire, il fut proposé une organisation de la communication interne permettant de mieux maîtriser le réseau des échanges interpersonnels entre les soignants et les soignés. Ensuite furent proposés, sous cette dénomination, des modes d’organisation hospitalière inspirés par les pratiques de sociothérapie afin de mobiliser les ressources intellectuelles et affectives des patients. Enfin, le cadre de l’hôpital apparaissant –malgré les efforts pour le faire évoluer– comme "suraliénant" pour des personnalités fragiles, les psychiatres ont proposé de suivre leurs patients dans leur cadre naturel. C’est de cette évolution qu’est née la "politique de secteur".

Cette évolution des soins nous a alors appris que l’institution psychiatrique ne se résume pas aux murs de l’asile, mais qu’elle se décline d’abord par ce qui en est la pierre angulaire : le discours psychopathologque. Il est devenu évident pour les thérapeutes de ma génération que l’approche de la souffrance psychique "de l’autre" devait se faire avec une grande prudence, en gommant systématiquement tout ce que l’institution voulait marquer comme traces de son existence… Nous nous sommes allongés sur les divans ; nous nous sommes remis en cause ; nous nous sommes livrés à de pertinentes critiques de nos institutions. Beaucoup alors se sont installés en privé (était-ce pour ne pas avoir à rendre compte de la relation qu’ils entretenaient avec leurs patients ?). La schizophrénie était quasiment tombée en désuétude. Certes, on l’avait vu réapparaître çà et là, et aussi à Moscou où, à l’Institut Serbski, on se servait de sa forme "latente" pour stigmatiser les opposants politiques. Certes, elle avait droit de cité dans nos milieux universitaires mais, pour la majorité des praticiens, elle ne servait plus à rien sinon à desservir la cause de leurs patients.

Or, patatras ! Ne voilà-t-il pas qu’elle revient maintenant en force et qu’il faut apprendre "à vivre avec la schizophrénie !". Il faut "déstigmatiser" le patient schizophrène ! Il faut "réhabiliter" le patient schizophrène. Et aussi, encore plus grave, il faut diagnostiquer des formes que d’aucuns appellent "masquées" et qui seraient particulièrement à redouter chez les adolescents rebelles ! Le compte rendu de la dernière réunion de travail tenue au Ministère sur les nouveaux métiers de la psychiatrie la cite neuf fois... Et demain, bien sûr, on cherchera à connaître le coût de la prise en charge de la schizophrénie dans tel ou tel établissement. Malheur à celui qui n’en aura pas son contingent et qui verra ipso facto –mais oui, Madame Burette !– ses points "isa" baisser ! Ce retour en grâce de la schizophrénie dans notre discours public aurait-il un rapport avec le désir qui est le vôtre de mieux cerner nos pratiques, ou bien ne serait-il pas un effet indirect de la mondialisation ?

On sait que des trusts pharmaceutiques internationaux assurent depuis des années, via la presse spécialisée et divers congrès psychiatriques, la promotion de la schizophrénie. Le laboratoire qui, depuis des années, promeut la dépression pour vendre le Prozac, a été justement récompensé de sa contribution à l’élection du nouveau président des États-Unis, par la nomination d’un membre de son directoire au poste de Secrétaire d’État au Budget. Maintenant, ce même laboratoire commandite et finance aux quatre coins du monde des études sur la fameuse schizophrénie "masquée"...

Alors pourquoi la schizophrénie ? Pourquoi ce retour en force de cette évocation paradigmatique de la maladie mentale ? N’avions-nous pas tracé la voie d’une pratique médicale responsable de ses engagements de santé publique ? N’étions-nous pas, ce faisant, en conformité avec la circulaire du 14.03.90 qui faisait de nous des "agents de santé publique" ? Avec les ordonnances du 24.04.96 qui soulignent que soin et santé publique peuvent être en contradiction ? Avec le ministre lui-même qui nous demandait récemment, lors des Rencontres de la psychiatrie, d’être "l’intelligence de l’humain" ? En 1995, le rapport Joly, présenté et adopté à l’unanimité du Conseil Économique et Social, préconisait une politique de santé mentale lisible où le concept de maladie mentale, synonyme de folie, serait relativisé au profit de l’évocation de la souffrance psychique et des troubles qu’elle engendre.

Chère Madame Burette, j’ai toujours eu – comme vous – le souci de l’évaluation d’une pratique aussi fluide et changeante que le désir humain. Celle prévue par les décrets d’application de la loi sur la sectorisation de 1985, me convenait pour autant qu’elle m’a toujours permis, en tant que chef de service, de rendre compte à mon service et à l’Administration des efforts consentis –ou non– en vue des objectifs à atteindre. Ces objectifs sont clairement pour moi de santé publique, décrétés par la Direction Générale de la Santé. C’est sous ses directives que j’ai quitté les murs de l’hôpital pour m’investir dans la cité. C’est grâce à elle que j’ai pu contribuer à développer des modèles de soin qui font référence pour l’ensemble des acteurs de la santé. À l’heure où les urgences hospitalières croulent sous les demandes de soins, qui traduisent le désarroi de larges franges de la population et les déséquilibres de notre organisation sanitaire, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence d’un système d’évaluation de l’activité de ces établissements sous forme d’un "coût par pathologie". Pourquoi, dès lors, chercher à l’imposer à la psychiatrie ?

Chère Madame Burette, en vous racontant tout cela, je ne fais pas œuvre de passéiste. L’institution psychiatrique ne se comprend que par l’Histoire, et vos formateurs auront besoin de repères pour former. On ne s’oppose pas au courant de l’Histoire, on compose avec lui. Vous savez bien, au demeurant, que la plupart de mes collègues hospitaliers partagent ce point de vue, même s’ils l’expriment parfois différemment. Alors, pourquoi cette insistance, pourquoi cette précipitation ? Pourquoi, surtout, contribuer à remettre en selle ce concept suranné de schizophrénie, plus mortifère – mes patients me le disent – que le pire des poisons pour quelqu’un qui se trouve, douloureusement, en quête d’identité ?

Je vous prie de recevoir, Madame, l’assurance de mes sentiments navrés.

J-D. B.
Les Mureaux

 

     

     

Devant le caractère inéluctable de l’application du PMSI, il vaut mieux tenter de manier l’humour en demeurant vigilant quant à l’utilisation qui, dès l’analyse des premiers résultats, va en résulter en pratique psychiatrique quotidienne. Nous serons d’autant plus vigilants que la psychiatrie – certains " fossoyeurs " veulent à tout prix la désigner sous le vocable fumeux de "santé mentale" –est en grand danger, surtout pour les patients. Je n’ai donc pas résisté au plaisir de publier ici un article dont l’auteur demeure anonyme malgré nos recherches, et que m’a aimablement communiqué mon ami, le Dr C. L.

DOSSIER

Le rameur et les barreurs

En ce début de siècle, pour favoriser le développement de réseaux, un hôpital de l’ouest parisien et une clinique du XVe arrondissement décident d’organiser des courses d’aviron sur la Seine. Les deux équipes s’entraînent dur et, en janvier 2001, lors de la première course, la clinique gagne avec un kilomètre d’avance.

Très affectée, l’équipe de l’hôpital se réunit, et un groupe de seniors est constitué pour analyser les raisons de cette contre-performance. Le rapport de ce groupe d’évaluation explique que l’échec est directement lié à la constitution des équipes : "L’équipe de l’hôpital est constituée de huit barreurs pour un rameur, alors que l’équipe de la clinique est constituée de huit rameurs pour un barreur." À la lecture de ce rapport, la direction de l’hôpital ordonne la réalisation d’un audit par un cabinet de consultant. Après avoir reçu de mirifiques honoraires, celui-ci rend son verdict : "L’équipe de l’hôpital a besoin de plus de rameurs et de moins de barreurs."

La direction décide alors de réorganiser la structure de l’équipe hospitalière.

Mais comme personne ne veut devenir rameur, il est décidé de créer un poste de coordonnateur de la rame, deux de coordonnateurs-barreurs-assistants et cinq de barreurs-chefs de projet. Pour encourager le seul rameur de l’équipe, un pôle est constitué et un système informatique est mis en place pour améliorer la communication et la gestion du projet.

Ce projet est baptisé : "objectif qualité et zéro défaut". Il repose sur des réunions bihebdomadaires associées à une évaluation en continu de l’activité grâce à un programme maîtrisé scientifique interactif (PMSI) et à la mise en place d’un contrat d’objectif pour le rameur.

La deuxième course a lieu et, cette fois, la clinique gagne avec deux kilomètres d’avance !

L’Agence Régionale de l’Hospitalisation ordonne le licenciement du rameur et stoppe la mise en chantier d’un nouvel aviron. Elle annule tout investissement et attribue au coordonnateur de la rame le prix de l’organisation. La direction de l’hôpital établit une procédure visant à valider la réalité de l’échec. Un pilote de projet contractualisé est nommé. Son objectif est d’accréditer une nouvelle stratégie en conformité avec les indicateurs de traçabilité dans le cadre d’un réseau sécurisé de compétences avec contrôles de qualité du protocole. Par ailleurs, la direction décide de distribuer l’argent économisé par ces mesures de restriction à l’amélioration du projet social de l’établissement.

Parallèlement, le Ministère de la Santé, en raison du principe d’équité, décide que le déroulement de cette course d’aviron doit être modifié avec création d’un "Objectif Quantité National" : pendant que la clinique devra parcourir dix kilomètres, l’hôpital n’aura à en parcourir que cinq et il lui sera octroyé une subvention exceptionnelle d’un barreur-administrateur-stagiaire.

La troisième course a lieu. Malheureusement, l’équipe de l’hôpital ne peut prendre le départ en raison d’une grève du personnel responsable de la mise à l’eau du bateau. Par ailleurs, l’équipe de la clinique établit un record en parcourant douze kilomètres en 56 minutes.

Très mécontent de ce dépassement de "l’Objectif", le Ministère de la Santé décide que la clinique ne pourra désormais courir qu’avec des rameurs assujettis aux trente-cinq heures…

    A. A.
    Lyon

     

     

     

     

Aux psychiatres libéraux : votre CPAM vous a adressé le Règlement minimal conventionnel, applicable aux spécialistes en l’absence de Convention ; nous l’avons reçu en recommandé avec accusé de déception. II y manquait un chapitre VI, cela laissait à désirer. C’était en novembre 98.

Le chapitre VI a été écrit pendant le doux mois d’août 99, signé le 12, publié le 14 au Journal officiel. Vous a été adressé en pli recommandé avec accusé de consternation. Je l’ai refoulé. Il ressort, je l’ai lu, relu... Il montre le courage des politiciens : aucun ne l’a signé. Il est signé par empêchement trois fois, par délégation deux fois, par dénégation de ma part. II invoque l’avis de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) et des organisations syndicales représentatives des médecins (le "des" me choque, "de" me paraîtrait plus exact) : "Le médecin s’engage à offrir le service de la télétransmission des feuilles de soins aux assurés sociaux."

Si vous ne respectez pas le règlement, les Caisses peuvent suspendre le paiement de vos cotisations sociales ; dans leurs lettres de menaces, elles parlent de sommes allant jusqu’à 60.000 F par an. Quelques-unes ont entamé le processus pour tâter la résistance des médecins : les Alpes-Maritimes, la Meuse, les Vosges. D’autres suivront. Le délai pour plier est d’un mois. La seule ouverture possible est de "demander à être entendu par la Caisse en se faisant assister par un médecin ou un défenseur de son choix". Ou alors de tous refuser, d’un commun accord.

En tant que spécialistes, notre difficulté est que, sans convention, nous ne disposons pas de commission conventionnelle paritaire locale. Aucun lieu pour nous défendre réellement, pas d’appel possible. Ce n’est pas constitutionnel en France, mais personne n’a vu passer ce chapitre des Directeurs, même pas les politiques. Les recours seraient trop longs, il y a relative urgence. Les réponses ne peuvent être que locales, avec les autres médecins.

C. M.
Secrétaire Général SPF

     

     

     

     

     


Le Bureau du SPF s’est vivement inquiété de la caution scientifique qu’un de nos confrères semble offrir à l’émission télévisée Loft Story, et il lui a adressé le 28 mai la lettre ci-dessous, sans réponse au moment où nous mettons sous presse.

Cher Confrère,

Nous tenons à vous faire part de notre étonnement et de notre désapprobation quant à votre participation active à l’émission télévisée Loft Story.

Sans avoir à émettre aucun jugement de valeur quant aux qualités intrinsèques de cette émission, votre participation personnelle est étonnante en ce qu’elle est en contradiction avec le Code de Déontologie, tant en ce qui concerne ses aspects publicitaires que les conditions d’allure expérimentale et "sauvage" risquant d’être traumatisantes et médicalement dangereuses en faisant peu de cas de la dignité humaine, dans lesquelles sont mis les participants même s’ils sont volontaires. Mais cela est du ressort et de la compétence de l’Ordre des Médecins auquel un Syndicat n’a pas, de notre point de vue, à se substituer.

Par contre, votre participation si fortement médiatisée peut laisser croire aux téléspectateurs qu’elle vaudrait approbation de la part des psychiatres et qu’elle serait soutenue par la profession, alors qu’il n’en est rien, bien au contraire. Aussi, au nom de l’ensemble de nos adhérents, nous désapprouvons totalement votre participation à cette émission et vous demandons d’y surseoir immédiatement.

Nous attendons votre réponse avant d’envisager la diffusion d’une éventuelle information auprès des médias.

Nous nous tenons à votre disposition pour en débattre et vous adressons…

    P. S.
    Président SPF

    C. M.
    Secrétaire Général SFP

     

     

     

     


Le premier Bureau, présidé par Christian Vasseur (Annecy), depuis sa récente élection, a permis au secrétaire général Jean-Michel Havet (Reims) de faire un vaste tour de table pour demander à chacun ses projets et intentions de travail.

Le sentiment général a été que les psychothérapies méritaient toute l’attention du Conseil scientifique pour un ensemble de raisons cliniques, éthiques et aussi politiques. Personne n’a oublié le Colloque à l’Assemblée nationale en mars 2000, autour de la proposition de loi Accoyer, et dont il a été régulièrement fait état dans La Lettre de Psychiatrie Française. Sans faire de surenchère politicienne, on peut dire qu’il s’agissait d’un événement fondateur et mobilisateur, puisque les psychiatres français, hospitaliers et libéraux, reconnaissent dans la pratique psychothérapique la pierre angulaire de leur exercice. Une psychiatrie sans psychothérapie fait froid dans le dos. Reste ensuite à clarifier les questions primordiales d’écoles et de formation. De ce point de vue, les Journées scientifiques nationales de janvier 2002 à Paris devraient permettre échanges et confrontations au plus haut niveau...

Le Bureau a aussi soulevé un ensemble de questions qui devraient faire l’objet d’un travail commun avec le SPF, comme l’évaluation, le dossier médical, l’information du patient, la démographie et bien sûr les psychothérapies.

Parmi les projets à mettre en œuvre, C. Vasseur souhaite instaurer des vidéoconférences qui limiteraient les déplacements des membres du Bureau, gain de temps et d’argent eux comme pour l’Association. Plusieurs collègues provinciaux ont souligné combien les transports et le temps de travail clinique sacrifié pouvaient peser lourd dans le contexte actuel.

Jacques-David Beigbeder voudrait faire avancer la psychanalyse vers une démarche de santé publique, prenant appui sur une citation de Serge Lebovici qui disait soigner trois générations à travers un même patient.

Alain Amar se propose de nous préparer à l’évaluation et au PMSI, qui exigent une grande vigilance, tandis que Christine Lamothe tient à renforcer l’image de l’AFP dans la profession, en donnant une meilleure publicité à nos actions.

Une politique de communication efficace est indispensable, explique J-D. Beigbeder : "Il faut mettre en évidence notre ligne de force", ce qui nous ne dispensera pas de travailler nos faiblesses entre nous...

Gilbert Diebold voudrait assurer une FMC solide au sein de l’AFP, et disposer d’intervenants réguliers sur un certain nombre de sujets, "en créant de la matière grise". J-M. Havet rappelle que la FMC est un de nos soucis originaires, mais que c’est d’une FMC contrôlée et bureaucratique que nous ne voulons pas.

C. Vasseur insiste sur la potentialité exceptionnelle de l’AFP à développer la FMC. Yveline Lorho souhaite également s’associer à ces travaux, tandis que Françoise Coret rappelle l’histoire de l’École strasbourgeoise de psychiatrie et de psychanalyse, qui s’est récemment dotée d’un organisme de formation prenant en compte le "compagnonnage" envers les jeunes collègues, souci exprimé également par J-M. Havet.

Jean-Yves Cozic, outre ses fonctions de trésorier de l’AFP et du SPF, se chargera de travailler aux thèmes communs des deux organisations, tel le dossier médical (son contenu, sa communication), si sensible actuellement.

Jean-Pierre Rumen, conscience critique toujours en éveil de notre groupe, tient à réévaluer les notions de santé mentale et de souffrance psychique, qui peuvent facilement prêter au consensus mou, dont il est le pourfendeur régulier. "Nous ne devons pas être les artisans d’un nouveau discours du maître", conclut-il.

Yannick Cann souhaite s’impliquer dans la formation des jeunes psychiatres, et dans ce qu’il estime être un des rôles essentiels de l’AFP, la formation des psychothérapeutes.

Enfin, votre serviteur continuera à s’occuper des publications, en particulier de La Lettre de Psychiatrie Française avec J.-Y. Cozic, et de ses liens nécessaires et organiques avec Psychiatrie Française, dont Yves Manela devient directeur de la publication.

Ce premier Bureau a été mené tambour battant et dans les temps, et témoigne de l’engagement de la nouvelle équipe réunie autour de C. Vasseur et J-M. Havet, qui n’auront apparemment pas à déplorer la désaffection de leurs collègues.

    J-Y. F.
    Nice

La mise en place du nouveau Bureau est celle que laissait présager la première réunion spontanée et informelle qui a suivi notre Assemblée Générale du 24 mars. C’est très spontanément que chacun a proposé ses remarques et défini son champ d’intérêt prioritaire ; les échanges furent attentifs et francs, de ceux qui justifient chacun d’être là.

PRÉSIDENTS D’HONNEUR

PRÉSIDENT

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT

TRÉSORIER

VICE-PRÉSIDENTS

COOPTÉS

Commission scientifique : Christine LAMOTHE

Communication externe et SISM : Gérard RIBES, Béatrice BENNEVAULT

Dossier médical (informatique) : Jean-Yves COZIC, Alain AMAR

Éthique : Jean-Jacques KRESS, Alain AMAR, Jacques-David BEIGBEDER, Jean-Pierre RUMEN

Évaluation, PMSI, Classifications : Alain AMAR, Jacques-David BEIGBEDER, Jean-Yves COZIC

Fédération Française de Psychiatrie : Olivier LEHEMBRE, Jean-Michel HAVET, Gérard SCHMIT

FMC : Gilbert DIEBOLD, Yannick CANN, Françoise CORET, Yveline LORHO

Pédopsychiatrie : Gérard SCHMIT, Françoise CORET

Prix Littéraire Charles Brisset : Michel DEMANGEAT, Jean-Louis GRIGUER

Psychiatrie de liaison : Anne ROCHE

Psychothérapies : Françoise CORET, Yannick CANN, Alain KSENSEE, Jean-Pierre RUMEN

     

     

     

     

     

Organisée par le Journal Français de Psychiatrie (directeurs de la rédaction : Charles Melman et Marcel Czermak), cette Rencontre du 27 mai à Sainte-Anne fut en tout point passionnante. La qualité des intervenants et des interventions permit d’éviter la dérive passionnelle et la compilation roborative.

Comme on le sait (cf. LLPF N° 105), la Cour de cassation –dans son arrêté du 17.11.00– a reconnu à Nicolas Perruche, né handicapé des suites d’une rubéole contractée par sa mère durant sa grossesse mais non décelée lors des examens prénataux, le droit d’être dédommagé du "préjudice de vivre". Cette possible mutation de la relation entre l’appareil juridique et le sujet ouvre un gouffre de réflexion, de fantasmes et d’histoires réelles récentes qui touche tous les peuples, et ouvre à l’eugénisme. Les organisateurs avaient pris soin de choisir des penseurs de différents horizons : scientifique, religieux, philosophique, politique, car c’est le fondement même de l’humanisme que l’arrêt Perruche fait vaciller.

Bien sûr, si les fantaisies d’Aldous Huxley, l’attitude "scientifiqued’Alexis Carrel et les folies nationalistes et raciales furent évoquées, le grand réservoir de l’humanisme scientifique alimenta les réflexions.

Ainsi Canguilhem, cité par Nathanael Majster, qui en 1975 écrivait dans Le normal et le pathologique, à propos du Monde nouveau garanti par les progrès de la science : "À l’origine de ce rêve, il y a l’ambition désireuse d’épargner à des vivants innocents et impuissants, la charge atroce de représenter les erreurs de la vie", pouvait entendre Péguy, cité par P. Lamothe lors de nos dernières Journées sur Responsables mais pas coupables : "Toute mystique se dégrade en idéologie, toute idéologie en politique, toute politique en administration, et toute administration en police". Soit !

Mais à quand un diplôme de moralité et de maturité pour tous les scientifiques certes, mais aussi pour les "hommes sages" de la cité, les politiques qui à cette confrontation comme à d’autres, furent remarquablement absents, mais par contre restent agissants (voir le projet de loi sur la stérilisation des malades mentaux qui revient au Parlement en deuxième lecture, mais toujours sans réflexion pluridisciplinaire approfondie) ?

Le sujet est complexe, douloureux, profond, et impose – à chaque pas de son énoncé et de son application – une vigilance et une réflexion éthique permanentes. Les organisateurs, intervenants et participants de cette Rencontre de Sainte-Anne en ont apporté la pleine démonstration.

C. V.
Président AFP

     

     

     

     

Pour la seconde année consécutive, s’est tenue à Saint-Victor-sur-Loire (commune de Saint-Étienne), village où les vieilles pierres ont une âme, la journée co-organisée par l’Association des Psychiatres Libéraux Stéphanois (APLS) et l’Association Française de Psychiatrie (AFP). Ce samedi 12 mai, le soleil était également au rendez-vous pour accueillir quarante-cinq praticiens de la santé mentale.

Avec brio, Jacques Dufour nous a fait part de sa conception originale et très travaillée de la psychodynamique de la psychose et de son abord thérapeutique selon une perspective triple : institutionnelle, chimiothérapique, psychothérapique. Il s’agit de ce qu’il appelle "la trithérapie psychanalytique du patient psychotique". Il définit la psychose comme une folie qui se propagerait par contamination de la pensée au corps et au groupe. La visée du traitement trithérapique est alors d’introduire un changement dans le fonctionnement psychique du patient. Il considère, à l’origine du processus psychotique, "la faille psychique primordial" avant l’avènement du langage. Le sujet, confronté à une privation de parole, ne peut se constituer un "discours intérieur". Face à la "terreur de la douleur" qui pourrait advenir dans toute relation à l’autre, le patient s’enferme dans un délire qui tente de reconstruire une néoréalité, ou dans une "bulle autistique". Quand le délire ne peut plus contenir les "processus de rupture", alors, nous dit J. Dufour, "la folie contamine le corps". Cette notion de contamination et de propagation de proche en proche des processus de "rupture des liens" est un aspect particulièrement intéressant de sa pensée. Selon lui, à tout niveau (psyché, corps, groupe), la psychose rompt l’équilibre du rapport processus constructifs/processus destructifs, au profit des seconds. Il rejoint Winnicott quand il pense que l’effondrement du patient est un moment incontournable dans les soins, dans la mesure où il s’agit du moment spécifique dans le processus psychotique. Du côté du patient, la lutte contre la douleur insupportable, véritable agonie, a pour objectif de détruire les processus psychiques pour aboutir au chaos. J. Dufour envisage le traitement de la psychose selon trois temps : celui de l’isolement qui sort de l’enfermement, celui de "l’historisation traumatique", enfin celui du travail analytique proprement dit avec l’introduction de la notion d’engagement des deux protagonistes.

Ensuite, nos amis ont réussi à nous transmettre un fragment de leur pratique et à nous faire apprécier l’honnêteté foncière qui a présidé à leur réflexion. Ils n’ont pas hésité à exposer leurs difficultés de cliniciens, interrogeant avec curiosité la théorie winnicottienne de la "crainte de l’effondrement" et les vues de J. Dufour, ainsi que celles des autres psychiatres présents et très participants.

Michèle Gallant et Anne-Sophie Granat ont évoqué le cas d’une patiente particulièrement difficile, selon leur perspective respective au sein d’un service hospitalier : perspective infirmière pour la première, perspective d’interne prescripteur pour la seconde.

Françoise Bourgeois et Christophe Aimo, psychiatres libéraux, nous ont parlé d’un patient commun en prise en charge bipolaire : chimiothérapique pour la première, psychothérapie psychanalytique pour le second.

Ce n’est pas seulement au côté chaleureux de l’ambiance que nous devons la réussite de notre travail ce jour, mais aussi à un véritable processus d’accueil de la mise en pensée, dans la confiance, dans un mouvement co-créateur.

Christian Vasseur et Christine Lamothe, avec le génie d’animateurs et la profondeur d’analyse que nous leur connaissons depuis longtemps, ont su tenir le courant de la volonté et de l’appétit de recherche, partagés par l’ensemble de nos collègues. La qualité des échanges scientifiques a été exceptionnelle.

Nous remercions vivement les laboratoires Aventis, Janssen, Lilly et Lundbeck, ainsi que l’Association des Amis de Saint-Victor qui nous avait prêté les locaux du château.

    D. G. - C. A.
    Saint-Étienne

Cette année encore, un charme a joué. Magie des lieux, qualité du travail préparatoire de l’APLS, animée par Catherine Deléage, Danièle Guillaume, Chantal Artinian, et aussi de celui de tous les intervenants dans un champ, la psychose, où la pensée défaille et où souvent les actes dits thérapeutiques sont des bouche-trous qui poussent au nécessaire transitoire, à l’instrumentation au long cours ; il n’empêche, ce fut encore une très belle rencontre scientifique. Oui, encore, car l’an passé c’est Marie-Lise Roux qui avait présenté l’œuvre de Francis Pasche en déclinant la psychose autour de la métaphore du bouclier de Persée, avec rigueur, talent et vitalité.

Aujourd’hui, c’est Jacques Dufour qui a offert une synthèse très enrichissante et particulièrement pédagogique de ses recherches sur la psychose. La profondeur de sa réflexion théorique, prenant appui sur une évidente épaisseur clinique, soutient et prolonge le niveau scientifique de la première rencontre. La discussion animée par Christine Lamothe fut large, vive et pointue, et suscita des interventions spontanées, toutes de qualité. Présider cette Journée pour l’AFP fut un bonheur ; celui de partager un temps d’intelligence vive dans une tranquille convivialité, sans concession et sans "prêchi-prêcha scientifico-idéologique" ; toutes confessions confondues en quelque sorte !…

Ceci est la marque de ces Journées et c’est la raison pour laquelle l’AFP a proposé à l’APLS de les institutionnaliser.

Ainsi, chaque année, se déroulera à Saint-Victor-sur-Loire une Provinciale sur "Penser la psychose avec…". L’an prochain, ce sera avec Benno Rosenberg et avec tous ceux que la confrontation théorique mobilise et pourquoi pas, passionne, dans le souci de l’enrichissement du premier outil du soignant : lui-même.

Le propos de B. Rosenberg sera Violence et violence psychotique.

    C. V.
    Président AFP

     

     

     

     

    Association Française de Psychiatrie
    Collège de F.M.C. PACA

    PROVINCIALE
    SAMEDI 8 DÉCEMBRE 2001

    au Centre médical et culturel de la MGEN
    35-37, rue Clément-Roassal - 06000 NICE

    CROYANCES ET IDENTITÉ

Si on admet que l’identité d’un être humain est une donnée mouvante, s’enroulant et se déroulant à la manière d’un drapeau autour de sa hampe, celle-ci représentant l’invariant et sa problématique, nous pouvons envisager l’étude de tout ce qui la constitue, et en particulier de la nébuleuse des croyances.

Foi, croyance, conviction du doute au délire, de la tolérance au fanatisme, toutes les nuances existent, et le psychiatre les rencontre chez ses patients comme dans sa vie, les confronte et les affronte aux siennes.

Si les principes de la laïcité, de la tolérance et de la liberté de culte régissent majoritairement – et, semble-t-il, pacifiquement – un certain nombre de sociétés, des accès de "prurit identitaire" (Sibony) agitent régulièrement individus et groupes.

Quelles questions et quelles réponses peuvent se formuler dans l’espace relationnel ? Quels liens conflictuels entre le thérapeutique et le doctrinal ? Le nécessaire modèle de l’Aufklärer freudien est-il toujours suffisant ?

Autant de questions que nous souhaiterions aborder lors de cette Journée, au cours de laquelle sont prévus :

1. Quatre exposés en séance plénière :

2. Une rencontre avec des représentants du SPF et des avocats.

3. Un ou deux ateliers de mise en commun.

    Comité scientifique : Marcel ARDITTI, Jean-Yves FEBEREY, Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET, Christine LAMOTHE, Jean-Pierre RUMEN, Christian VASSEUR.
    Comité d’organisation : Jean-Yves FEBEREY, Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET.
    Contact local : Jean-Yves FEBEREY : 18 B, rue Catherine-Ségurane 06300 NICE. Tél : 04 93 89 86 95 - E-mail : jean-yves.feberey@wanadoo.fr

     

     

     

     

     

La Revue PSYCHIATRIE FRANÇAISE
et l’ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE

proposent

les Conférences de L’HÔTEL DE LAMOIGNON
(24 rue Pavée, 75004 Paris)

L’HOMME QUI PARLE

Année 2001 - 2002 :
Lundi 17 Septembre, 19 Novembre,
21 Janvier, 18 Mars, 20 Mai

Depuis quarante ans, le langage est au cœur de nos débats scientifiques. Qu’avons-nous appris durant cette période ? Qu’ont apporté la linguistique, la psychiatrie, la psychanalyse, la neurologie et la théorie littéraire à notre connaissance de l’homme qui parle ? Toutes et aucune de ces disciplines n’ont le dernier mot sur la question du langage. Les psychiatres pensent, avec et à travers le langage, la pathologie et la thérapeutique, et nous estimons qu’il est temps de confronter à nouveau ces différentes recherches. Pour cela, nous proposons un cycle de Conférences-débats, durant trois années successives, où nous discuterons avec d’éminents spécialistes.

Après avoir écouté Frédéric FRANÇOIS, André GREEN, Paolo FABBRI, Paul DENIS, Jean GILLIBERT cette année, nous poursuivons le cycle 2001-2002 avec de nouveaux conférenciers aussi prestigieux. Philippe LACOUE-LABARTHE, Jean LAPLANCHE, Henri MESCHONNIC, Jackie PIGEAUD ont d’ores et déjà confirmé leur accord.

Le nombre de places étant limité à 90, nous vous invitons à vous inscrire sans attendre.

    Yves MANELA

Bon de commandes Cassettes et CD
des conférences de 2000-2001

 

 

 

 

Ce chemin sera assurément encore long, mais le report de l’exécution de Timothy McVeigh, l’auteur du très meurtrier attentat d’Oklahoma City en 1995, à la suite de la "découverte" in extremis par le FBI de 3135 pages de documents de l’instruction oubliés sur une étagère, permettra aux abolitionnistes américains de poursuivre leur action, qui rencontre un écho croissant dans la presse (Le Monde, 11.05.01).

Si le président Bush, qui a présidé à l’exécution de 152 personnes comme gouverneur du Texas, estime que le report ordonné par le ministre de la Justice John Ashcroft "montre que le système est juste", il ne révise néanmoins pas sa position sur la peine de mort.

Dans une interview au Monde, l’ancien ambassadeur en France Felix Rohatyn reconnaît que son mandat en France l’a fait évoluer sur le sujet de la peine de mort, et déplore que le "leadership moral de l’Amérique" soit terni par la violence de la société outre-Atlantique, dont les exécutions font partie. L’exécution de personnes n’ayant pas eu toute l’assistance juridique requise, d’innocents, de retardés mentaux ou de personnes appartenant à des minorités raciales, va dans le même sens. Tout en épinglant notre propre système pénal ("la prison à perpétuité est-elle plus humaine que la peine de mort ?" – à quoi nous répondrons assurément que oui, pour la simple raison de bon sens de sa réversibilité...), F. Rohatyn suggère une réflexion commune sur le système judiciaire et pénal entre les États-Unis et leurs alliés européens, ce qui serait certainement une excellente chose. Sera-t-il entendu ?

Le Monde publiait aussi des extraits du "protocole d’exécution" prévu pour Timothy McVeigh, dont des paragraphes entiers avaient été recouverts d’encre noire par l’Administration. La précision des détails et la macabre chronologie (de 29 à 14 jours avant l’exécution, de 14 à 7 jours avant, etc.) ont quelque chose de particulièrement glaçant, surtout lorsqu’on sait qu’il était prévu une retransmission par un circuit de télévision interne, pour les familles des nombreuses victimes de l’attentat. A côté de ce genre d’images, Loft Story fait figure d’aimable farce, tout le monde en conviendra...

Enfin, Jay D. Scott, en faveur de qui Amnesty International avait lancé une action urgente en raison de son état mental ("trouble dépressif majeur, chronique, à caractère psychotique ?" avaient noté des médecins), a vu son exécution reportée par un sursis de la Cour suprême une heure avant l’heure fatidique. Sa santé mentale va être maintenant vérifiée, précise Amnesty.

Si ces informations ne peuvent laisser espérer une prochaine abolition de la peine de mort aux États-Unis, de petites brèches semblent cependant s’ouvrir dans la forteresse... Nous reviendrons dans un prochain article sur la situation d’autres pays, notamment la Chine.

    J-Y. F.

     

     

     

     

     

ARGUMENT

Tout acte psychiatrique, lorsqu’il vise le soin, est de nature psychothérapique. Pourquoi et comment ?

Voici qui mérite d’être mis en débat.

À la suite de sa démarche, en mars 2000 à l’Assemblée Nationale, l’AFP entend clarifier la question de la psychothérapie pratiquée par les psychiatres.

Après une mise en perspective historique, les conférences et les débats porteront sur la manière dont le psychiatre intègre, dans les divers aspects de sa pratique clinique, les grandes orientations méthodologiques et théoriques : analytiques, cognitivo-comportementales, systémiques. L’accent sera porté aussi sur la formation, au cours de laquelle s’édifient pour chaque psychiatre ses conceptions du fonctionnement psychique en rapport avec les orientations qu’il a choisies.

L’époque actuelle en appelle à l’évaluation de tous les champs de la médecine. À ce titre, la psychothérapie est sollicitée mais elle ne devra y perdre ni son rapport à la singularité ni la richesse de sa diversité.

Enfin, les patients et, plus largement, le public manifestent leur attente d’une information sur la psychothérapie qui sorte de la confusion et de l’amalgame.

L’ensemble de ces clarifications, issues du débat, devrait contribuer à lever pour une part les ambiguïtés liées à la psychothérapie, auxquelles les patients et les pouvoirs publics sont actuellement sensibles.

    Comité scientifique : A. AMAR – J-D. BEIGBEDER – Y. CANN – F. CORET – J-Y. COZIC – G. DIEBOLD – J-Y. FEBEREY – B. JOLIVET – A. KSENSEE - J-J. KRESS – Y. LORHO – Y. MANELA – R. MISÈS – C. VASSEUR.
    Comité d’Organisation : J-M. HAVET – C. LAMOTHE – G. RIBES – J-P. RUMEN.
    Secrétariat : A. TRINIAC.

 

PRÉ-PROGRAMME

Vendredi 18 janvier 2002

    9 H 15

    Christian VASSEUR (Président AFP) :
    Ouverture des Journées

    9 H 30

    Sous la présidence de Roger MISÈS,
    Rapport de Thierry BOKANOWSKI :
    La dimension de l’écoute psychanalytique
    dans la pratique psychiatrique
    Discutant : Bernard JOLIVET

    10 H 30 Pause
    11 H 00

    Sous la présidence de Jean-Pierre RUMEN,
    Discussion en Table ronde :
    Pratique des psychothérapies
    autour de Jacques-David BEIGBEDER,
    Jean-Marie DANION, Jean DELAHOUSSE

    12 H 30 Déjeuner
    14 H 30

    Sous la présidence de Christine LAMOTHE,
    Rapport de Marie-Lise ROUX :
    Actualité
    des psychothérapies des psychoses
    Discutant : Vassilis KAPSAMBELIS

    15 H 30 Pause
    16 H 00
    18 H 00

    Quatre Ateliers simultanés :
    1. Psychothérapies familiales
    2. Psychothérapies de groupe
    3. Psychothérapies et institutions
    4. Thérapies conjointes

    20 H 00 Dîner des Journées (en ville)

Samedi 19 janvier 2002

    9 H 30

    Sous la présidence de Jean-Jacques KRESS,
    Rapport de Luigi ONNIS :
    Les temps de la formation
    Discutant : Jean-François ALLILAIRE

    10 H 30 Pause
    11 H 00

    Sous la présidence de Jean-Michel HAVET,
    Discussion en Table ronde :
    Psychothérapies et groupes
    autour de Gérard BAYLE, Alain FERRANT, Daniel GRUNWALD, Henri SZTULMAN

    12 H 30

    Jean-Michel HAVET :
    Synthèse et Perspectives d’avenir

    12 H 45 Remise du Prix Littéraire Charles Brisset 2001
    13 H 00 Buffet de clôture.

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis son lancement en 1990,
la SISM répond à CINQ OBJECTIFS :

  1. CONVIER aux réunions de la SISM un public qui n’est pas habituellement sensibilisé aux questions de Santé mentale, dans un double but de pédagogie et de dédramatisation.
  2. INFORMER, à partir du thème annuel, sur les différentes approches de la Santé mentale.
  3. RASSEMBLER par cet effort de communication, acteurs et spectateurs des manifestations, professionnels et usagers de la Santé mentale.
  4. AIDER au développement des réseaux de solidarité, de réflexion et de soin en Santé mentale.
  5. FAIRE CONNAÎTRE les lieux, les moyens et les personnes pouvant apporter un soutien ou une information de proximité.

En 2001, la SISM se tiendra du 8 au 13 OCTOBRE, partout en France,
autour du thème " En parler tôt pour en parler à temps "

Si vous souhaitez participer, nous tenons à votre disposition une action " clef en main " : une bande vidéo (15 min.) sur le regard des usagers sur la santé mentale, à projeter avant un débat autour d’acteurs en santé mentale, animé par un professionnel de la communication (Renseignements : AFP, 147, rue Saint-Martin - 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - E.mail : psy-spafp@wanadoo.fr - Web : psychiatrie-francaise.com).

Par ailleurs, merci de nous communiquer, dès juillet, le détail de toute action mise en place dans ce cadre afin qu’elle soit annoncée dans le dossier de presse qui sera diffusé fin septembre.

Comité d’Organisation : Association Française de Psychiatrie (AFP) • Association Scientifique Française des Psychiatres du Service Public (AFPP) • Centre Collaborateur OMS pour la recherche et la formation en Santé Mentale (CCOMS) • Centre National Audiovisuel en Santé Mentale (CNASM) • Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine (FASM Croix-Marine) • Fédération Française de Psychiatrie (FFP) • Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-Patients en Psychiatrie (FNAP-Psy) • Fondation Santé des Étudiants de France (FSEF) • Ligue Française pour la Santé Mentale (LFSM) • Société Médicale Balint • Union Nationale des Amis et Familles de Malades Mentaux (UNAFAM).

 

 

 

 

 

 

Zoë, la sagesse en grec, et Loft, l’espace à vivre à l’américaine, s’étaient associés pour le baptême d’un antidépresseur. La molécule est efficace et le pouvoir évocateur du nom ouvre sur un espace psychique retrouvé. Mais un petit nombre d’années plus tard, d’espace psychique il n’en est plus guère question dans une nouvelle histoire de loft. L’espace à vivre s’est transformé en zoo médiatique. Loft Story se défend d’être un nouveau jeu du cirque.

Dans une cage de verre, à l’atmosphère confinée, des cobayes d’un genre nouveau s’agitent comme dans une arène. Gladiateurs des temps modernes, ils attendent le verdict de la foule. Les Romains avaient pour leur part le mérite de lever ou de baisser le pouce, ce qui exprimait clairement un désir de vie ou de mort. Car d’amour ou de haine sont empreints les sentiments humains qui ne fonctionnent que par identifications et désidentifications. C’est pourquoi Loft Story déclenche presque autant de passion que l’affaire Dreyfus en son temps. Dans les dîners en ville, comme dans des forums de "chat" sur internet, on adore ou on déteste avec les mêmes excès.

Que ces jeunes gens aient été estampillés aptes par un de nos confrères sur des critères discutables, mais dont nous ignorons quelles ficelles sont tirées dans les coulisses, n’est pas le propos de cet article. J’ai déploré ailleurs le rôle de "pompier pyromane" que joue notre confrère. Il a sans doute oublié que, comme adulte et comme psychiatre, le rôle d’aîné assigne aussi à celui de pare-excitation.

Mais que s’est-il passé pour que cette jeune génération, élevée par des parents qui ont pleuré devant Love Story, trouve cette expérience anodine ? De Love Story à Loft Story il n’y a qu’un pas, celui qui conduit de l’amour entre deux adultes à celui plus immature d’un étayage par le groupe. Dans Love Story, l’héroïne mourait d’une leucémie. Loft Story verra-t-elle mourir ses héros d’hémorragie narcissique ? La foule tapie dans l’ombre cathodique a pouvoir de vie et de mort. Ces petits d’hommes dans leur aquarium exhibent leur intimité devant une mère. Le père est absent pour beaucoup d’entre eux.

Ces mères qui s’approprient l’intime de leurs enfants, assistent de surcroît à leurs ébats amoureux, rejoignant le chœur des téléspectateurs qui assument en rougissant leur désir voyeuriste. "Tout ceci n’est qu’un jeu", me direz-vous. Oui sûrement, mais...

"La mère, bien sûr, la mère", écrivait Duras lors de l’infanticide supposé de Christine Villemin. Ce désir-là est sous-jacent à tout désir de parentalité.

Alors que, de nos jours, la maîtrise de la fécondité et les désirs des parents portent souvent ceux-ci à souhaiter avoir moins d’enfants mais à les investir davantage, le corollaire est que ces derniers sont soumis à une obligation de résultats telle que le risque encouru, en cas de déception, est qu’ils soient plus violemment rejetés.

Les idéaux de ces enfants les portent donc tout naturellement à vouloir gagner des millions ou à exister sous le regard des médias qui font et défont une identité.

À l’époque où l’échographie dès trois mois a révélé l’intimité de celui qui a été vu urinant, pédalant, suçant son pouce, il n’y a plus de secret dans le ventre maternel. Les bénéfices médicaux de l’échographie ne sont pas à discuter. Au moment où cette jeune mère, ce jeune père sont confrontés à la réalité de leur bébé, celle-ci peut être traumatique. Si ce bébé n’est pas conforme au désir de ses parents, ils pourraient bien l’éjecter du loft…

Une telle confrontation avec ce petit automate ravive des fantasmes archaïques et œdipiens. Si émouvante qu’elle soit, la rencontre avec l’intimité de l’autre laisse parfois une impression d’inquiétante étrangeté. Parce que le bébé, aussi normal qu’il soit, n’est pas conforme à leurs attentes imaginaires, la mère, les parents peuvent le vivre comme incontrôlable, échappant à leur désir d’emprise, et décider de l’évacuer du loft utérin, même si ce n’est qu’au plan fantasmatique. Exister dans le regard des parents a fonction structurante. Exister dans le regard des médias présente trop souvent un risque déstructurant.

C’est en croisant le regard fascinant de son double que Narcisse s’est noyé. Il n’est pas si sûr qu’en se reflétant dans l’eau médiatique, le reflet soit aussi beau. Car, à se mirer dans l’eau trouble, on se retrouve parfois troublé soi-même.

C. L.
Lyon

 

 

 

 

 

Comme les auteurs le précisent, c’est un pré-rapport, mais il est si largement diffusé que "tout le monde en parle" ! Nous avons à l’AFP proposé de rencontrer les auteurs soit au Ministère, soit au siège, pour une discussion large, approfondie et scientifique.

Tel quel, c’est un pré-projet ; il est donc "ni fait, ni à faire". Mais s’il était proposé ainsi, il serait l’occasion d’un débat d’idées et de fond sur la psychiatrie et la santé publique, par les psychiatres enfin convoqués, ou plutôt provoqués, à des États généraux dont ils seraient décideurs et acteurs.

Alors ce pré-rapport, peut-être une secousse salutaire ?…

A suivre...

C. V.
Président AFP

 

 

 

 

 

Le Collège de FMC des Psychiatres de Basse-Normandie est (presque) mort, à l’âge de 4 ans, d’aplasie politique… En avril dernier, une AG extraordinaire a permis de surseoir encore quelque peu...

Rompus à des pratiques vitales, les médecins se sont trop longtemps persuadés, aidés en cela par la vénération de leurs patients, qu’ils étaient sans failles et n’avaient à recevoir de leçon de personne. Et là où d’autres disciplines, certes plus proches du somatique, se sont organisées pour travailler ensemble (dont les pédiatres, nos plus proches frères de misère pour les revenus), les psychiatres se sont éparpillés dans des pratiques solitaires, voire secrètes.

1996, un coup de tonnerre… : vingt ans après les Ordonnances de Giscard d’Estaing, que les médecins avaient vécues comme une trahison entre gens de bonne compagnie, un gouvernement de droite récidive générant, en plus, l’amertume d’une discrimination. En imposant une FMC aux seuls praticiens d’exercice libéral, le plan Juppé donnait l’impression d’emprunter au socialisme honni : les libéraux seraient suspects d’une moindre formation, alors que leurs confrères " publics " seraient assurément formés ! En toutcas, l’alerte fut assez chaude pour que, en Basse-Normandie, 40 des 70 psychiatres d’exercice libéral assistent, en janvier 97, à la réunion d’information qui, à l’initiative de quelques-uns d’entre eux, présida à la création du Collège de FMC. Comment une entreprise si prometteuse a-t-elle pu ensuite capoter ? C’est la navrante histoire que je veux vous conter.

Organisation et prestations

… Et par (ces) prompts renforts…, le Collège démarra dans un souci de respect des textes et de ce qu’ils permettaient d’innovations. Doté d’un CA de onze membres, il a fonctionné pendant quatre ans grâce à quatre ou cinq d’entre nous, et essentiellement sur deux : le Président et le Secrétaire général. Le premier a assumé en particulier la rédaction des contenus pédagogiques ; le second a insisté sur la rigueur de l’administration (ne serait-ce qu’à travers des votes à bulletin secret), sur l’information via des comptes rendus et sur le maintien du côté convivial des actions. Quant aux initiateurs de la première heure, une fois le coup d’envoi donné, ils se replièrent implicitement selon la formule des lanceurs d’Exocet : "Jet and forget".

FMC, pour qui ?

Une des questions les plus discutées, rendue aiguë par un manque de finances lié à une faible fréquentation, a été de préciser à quels psychiatres s’adressait le Collège. Nous avons supposé que nous avions une chance de sortir de la verticalité " maître-élève " en devenant les maîtres d’œuvre de mises en commun de nos pratiques et de nos interrogations, dans un cadre à la fois prégnant et souple. Cela supposait une organisation exigeante avec l’espoir qu’une réussite nous conférerait un crédit auprès de nos confrères et des instances concernées, et que nous serions alors à parité pour prendre part aux enjeux si complexes de la formation, même si nous n’oublions pas que les psychiatres restent des marginaux toujours un peu inquiétants. La folie reste la folie et ce besoin contra-phobique de la réduire par des organisations de politique de santé, plus qu’en tout autre domaine, renforce chez les administratifs et chez nos confrères hospitaliers des raccourcis caricaturaux peu amènes. Enfin, la modélisation européenne qui incite la médecine libérale française à se justifier sur des critères objectivables d’efficacité, et le remue-ménage actuel autour des psychothérapies, les désignent comme une sous-population quasi parasite. Las, nous avons pendant trois ans invité nos confrères à nous rejoindre aux AG, aux Journées, aux Soirées (dans un engagement financier conséquent pour nous : mailings, comptes rendus, etc.), pour un rendement… d’environ 0,5 % ! À méditer.

Quelle FMC ?

Une autre question a porté sur la quadrature du cercle entre les types d’actions et les motivations dans un cadre d’obligation. Nous nous sommes attachés au dénominateur commun qui justifie la FMC, en proposant des thèmes cliniques, thérapeutiques, intégrant les thèmes des actions nationales et ceux du "terroir", soit des expériences locales, individuelles, et aussi l’appartenance des intervenants à de multiples écoles. Nous avons vite perçu comment l’animation même d’une action avait son importance pour soutenir l’intervention et motiver le public. Intervenants universitaires, intervenants parisiens, nationaux ? Nous avons tout tenté mais sans le recul ni les volumes suffisants pour en tirer des leçons. Nous avons créé une Commission de Formation pour ne pas la confondre avec le CA et ne pas l’envahir de préoccupations administratives. Elle se voulait ouverte à tout intervenant désirant prêter son concours à tel ou tel thème, à chaque membre pour ses expériences personnelles, pour préparer formellement les actions et, ce faisant, développer au sein du Collège une fibre enseignante.

Le coût

Nous avons tenu à ce que le Collège ne dépende que de lui-même, avons refusé toute idée de sponsorisation, et défini nos coûts en unités CNPsy : deux pour la cotisation annuelle, deux pour une journée, un seul pour une soirée, et des formules d’abonnement. Façonné au cours de vingt-cinq réunions du CA (en moyenne, cinq présents) et dix de la Commission de Formation (quatre présents…), le programme a compté trente et une actions dont la fréquentation n’a cessé de baisser progressivement, sauf un pic pour une soirée autour d’un intervenant de niveau national.

Analyse

L’échec de la mise en place de la FMC pose questions, même s’il peut être banalisé, compte tenu notamment du vide préexistant. Pour ma part, je l’interprète comme un échec structuré à trois niveaux : une résistance aux injonctions administratives, une déception quant aux prestations, et surtout un refus lié à une culture médicale doublée du particularisme des psychiatres.

La résistance aux injonctions administratives s’inscrit dans une tradition gauloise et de carabins, doublée du plaisir à mettre l’Administration en contradiction, ici avec la transcendance des soins : verrait-on des patients privés de soins pour cause de sanctions à l’encontre de médecins administrativement incorrects ? Cette exigence de normes "communes" valait la peine d’être tournée parce que les médecins ne sont pas n’importe qui, qu’ils n’ont d’ordres à recevoir de personne et que leur réticence à faire grève trouvait ici l’occasion de se faire entendre en résistant, alors même que les réformes en cours et le blocage durable des honoraires depuis 1996 ne présageaient rien de bon. En outre la FMC, inscrite de facto dans le code de déontologie, se pouvait ici être dénoncée non en tant que telle mais comme élément constitutif de l’Accréditation, pierre angulaire d’une médecine codée, technocratique, industrielle, inhumaine… Ceux qui ont eu le courage de ne pas bouger (soit près de la moitié des confrères) s’en sont trouvés confortés : les textes sans décret d’application sont une spécialité française.

Par ailleurs, il est vrai que les prestations servies ont été décevantes car, faute de véritable expérience préalable, nous avons tâtonné ! Nous sommes devenus tour à tour rapporteurs et auditeurs pour nous imprégner de nos différences. Une seule soirée, "À chacun sa pratique, la première consultation", a été l’occasion d’échanges authentiques dans la convivialité. Nous voulions débattre sur notre profession, sur la relation entre sa dimension médicale et les multiples orientations des uns et des autres. Nous avons innové, nous avons infléchi nos projets, limité nos ambitions, adapté nos productions mais la bonne volonté ne suffit pas et nous avons offert des productions " de patronage ". Lorsque les thèmes se voulaient plus proches de nos pratiques, nous avons manqué de savoir-faire pour intervenir et animer : un exercice difficile car il s’agit alors de reprendre sur son propre terrain l’intervenant parfois éloigné de nos préoccupations et de faire s’exprimer le public. Nous n’avons reçu ni quolibets ni tomates, mais ce serait presque à le regretter car les questionnaires de satisfaction auraient pu favoriser des ajustements.

Mais l’échec de cette expérience doit être cherché, avant tout, dans notre culture médicale et psychiatrique. Le seul argument avancé localement était que les psychiatres se forment, même mieux que leurs confrères, mais ailleurs et surtout à Paris. Mais alors pourquoi l’inquiétude du début puis la désaffection, si ce n’est parce que les psychiatres ne le seraient pour beaucoup qu’a minima, en façade et en couverture d’autres activités plus valorisantes, peut-être plus lucratives et pourquoi pas plus "protégeantes" ? Entraînés de longue date au colloque singulier, je crains que nous n’ayons pris l’habitude – bien que nous nous en défendions – de nous confondre avec le tiers extérieur que représente la Loi, au bénéfice du patient dont la souffrance primerait sur toute autre considération.

Alors quand la Loi nous rattrape, faute d’organisation et de contre-propositions, un sursaut de résistance passive…

Aplasie du sens politique ?

A supposer que le temps gagné sur la FMC ait servi à soigner, je pense que nous serions encore plus à côté de la plaque. Cette expérience m’a appris combien – moi y compris, bien sûr ! – les psychiatres vivent en dehors de la réalité, économique et même sociale mais surtout politique.

Les temps ont changé. La population a débridé ses appétits de consommation et, si la souffrance et la violence sur lesquelles porte notre travail restent présentes, les "mises" politiques ont évolué. Non plus seulement de droite à gauche, ou le contraire, mais dans tous les domaines y compris celui de la santé. Que vingt ans de socialisme aient privilégié des options peu prisées par l’ensemble des médecins, c’est certain ; mais l’essentiel est ailleurs, dans un remodelage de l’humain et de la société, en interdépendance avec des instances qui glanent toujours plus de pouvoir, comme nous-mêmes en avons usé et abusé en des temps meilleurs, maintenant révolus. C’est cette confrontation avec le monde extérieur que nous refusons, nous repliant dans notre coquille au nom de valeurs à défendre (la souffrance d’autrui en particulier, qui est l’essentiel de notre travail) et persuadés que ce crédo suffirait à nous maintenir en l’état.

Notre passé de thaumaturges nous chatouille encore : que penser, en effet, de la tendance répandue de cures interminables pseudo-psychanalytiques avec feuilles de remboursement, ou de celle du "DSM" qui promet le ciel sur terre par l’application infaillible d’une molécule sur un symptôme ? Il est vrai que le blocage de nos honoraires depuis plus de six ans nous met à l’épreuve de la tentation de rogner sur le temps des séances…

Contrôle Qualité

Formation, accréditation, et maintenant contrôle Qualité : voilà des apocalypses programmées en cascade. Bien sûr, des risques de perversion du système existent, à vouloir tout contrôler aseptiquement, aux antipodes de notre réalité professionnelle, mais condamne-t-on les autoroutes au nom des excès qu’elles suscitent ? Mais nous n’avons pas la possibilité d’échapper à une formation de qualité ni à une qualité par la formation. D’autres professions (les avocats, par exemple) s’y mettent, ne serait-ce que parce que certains de leurs clients y sont passés eux-mêmes et l’exigent. Pourquoi pas nous ? Parce que, plongés dans le subjectif, nous aurions encore plus besoin d’annoncer qui nous sommes puis ce que nous proposons ? L’hétérogénéité de nos pratiques, gage de liberté de paroles et de pensées, est devenue, par mauvaise théorisation, notre plus mauvaise couverture. Dépossédés par les généralistes de la prescription des psychotropes (que nous avons parfois tenus pour méprisables, au nom de la psychanalyse), " opposables " bientôt officiellement à des psychothérapeutes non médecins (souvent de qualité), nous voilà effarés de devoir nous définir comme psychiatres. En grande ville, les patients trouvent plus facilement chaussure à leur pied (psychiatres à leur botte ?) mais ils se plaignent d’accompagnements chaotiques, de contradictions, sans que nous ne puissions plus les renvoyer à leurs seules défenses névrotiques.

Et encore, eux aussi ont une majorité silencieuse qui nous facilite le travail ou supposé tel. Nous avons tort de penser que les contrôles Qualité seraient pour nous superflus parce que la qualité est inscrite dans notre code de déontologie ; ils auraient même l’avantage de lever certains tabous :

Aurait-on déjà vu un système se réformer de l’intérieur ? Dans tout groupe constitué, les rangs se resserrent contre ceux qui osent se démarquer…

Reste une hypothèse sur le silence des agneaux (de Panurge ?) ; dans le paradoxe. Rompus à la contestation par l’action et par la parole, les psychiatres se sont distingués en laïcisant les soins de l’esprit, en les démédicalisant, en desserrant les camisoles de force puis chimiques puis du "conventionnel", en enrichissant un humanisme traditionnel des voies de l’inconscient. Lassitude, désillusion ? Peut-être sont-ce les mêmes qui travaillent maintenant dans le silence, repliés, voire recroquevillés, résistant passivement au nappage suffoquant du consensus-mou/guimauve, que dénonce Philippe Muray dans L’Empire du bien ? Préoccupation que développait également, fin 1999, notre confrère A. Le Dorze (Lorient) dans une remarquable étude : L’héritage psychique, une ringardise ? Silence dans le paradoxe, disais-je, car la nouvelle Vérité d’une adéquation étroite entre symptômes et médicaments veut se suffire à elle-même. En se fondant dans l’air du temps, en adhérant au message dominant du retour au positivisme, sans états d’âme, les nouveaux thaumaturges sont fiers et soulagés d’être apolitiques. Air connu.

Pour le numéro d’avril dernier de La Lettre de Psychiatrie Française (p. 1, 1re ligne), nous n’avions pas besoin de l’injonction de notre ministre d’avoir à nous secouer. Cependant, il est sûr que l’injonction "Secouons-nous !", sans décret d’application, vaudra toujours vœu pieu. Notre seule chance est, dans l’urgence, de reconnaître notre pouvoir comme déliquescent, d’en entendre

l’interpellation par les contre-pouvoirs – c’est ça la politique, au moins en démocratie ! –, et d’accepter de l’extérieur cette injonction :

"Secouez-vous, les psychiatres !"

D. S.
Cherbourg

 

 

 

 

 


Devant l’accroissement de l’alcoolisme chez les jeunes de moins de 13 ans, notamment dans les pays anglo-saxons, scandinaves et en France, le Parlement européen vient d’adopter une recommandation invitant les États à développer une politique de prévention dans les domaines de l’éducation, de la publicité, de la vente de produits alcoolisés aux mineurs (y compris les "alcopos"), et sur les risques d’accidents.

Pour renforcer ce dispositif, le Parlement européen propose des sanctions contre les débits de boissons qui ne respecteraient pas la loi et ne délivreraient pas de boissons non alcoolisées à un prix inférieur à celui de l’alcool le moins cher. Cette recommandation de bon sens, très modérée, n’est cependant pas applicable en l’état, car la Santé reste du domaine privilégié de chaque État et en dehors de la libre circulation des biens.

La Suède, par exemple, pour se conformer à ces directives européennes qui interdisent les monopoles sur la distribution, se voit contrainte de modifier profondément la législation très stricte qu’elle avait mise en place pour éradiquer ce fléau de l’alcoolisme. En effet, se procurer de l’alcool en Suède est extrêmement difficile, les magasins appartenant à l’État (Vinmonopolet ou, en traduction libre, monopole du vin), les heures d’ouverture et de fermeture étant contraignantes (pas d’ouverture le week-end) et surtout les prix prohibitifs (une bouteille de gin vendue 90 F en France, y vaut 240 F). La consommation annuelle d’un adulte se chiffrait à 49 litres il y a environ soixante ans alors qu’elle est maintenant tombée à moins de 9,5 litres. Ces contraintes étaient liées à une politique de lutte contre l’alcool menée par le gouvernement socialiste depuis les années 1950, avec un rationnement puis une consommation sous surveillance car, au XIXe et au début du XXe siècles, l’alcool avait fait des ravages (la Norvège connaît le même problème car, n’ayant pas adhéré à l’Union européenne, les contraintes de vente d’alcools sont les mêmes).

Pour essayer de maintenir le plus longtemps possible cette législation tout en s’ouvrant progressivement aux contraintes de l’U.E., la Suède a obtenu un délai jusqu’en 2004 et mis en place, d’ici là, un nouveau programme de lutte contre l’alcoolisme (fondé sur la prévention, sur des sanctions plus lourdes contre l’alcool au volant et contre la vente aux mineurs, ainsi que l’interdiction de toute publicité pour les spiritueux). Il y a fort à parier que cette mesure risque d’être refusée par la Cour européenne de Justice de Luxembourg, au prétexte qu’il s’agit d’une entrave à la libre circulation.

On ne peut que déplorer que, dans ce cas d’espèce, la législation européenne aille à l’encontre de l’intérêt général, même s’il faut souhaiter moins de contrainte dans un domaine qui devrait concerner le libre choix de chacun (mais les méfaits de l’alcoolisme retombent sur toute la communauté). Il serait intéressant de voir, d’ici quelques années, ce qui se passera en Norvège qui, nous l’avons vu, conserve sa législation stricte.

H. S.
Strasbourg

 

 

 

 

 

 

Céleste n’a pas que de longues cornes, organes offensifs, elle a aussi de longues oreilles qui servent à son entendement. Et comme cela se sait, elle reçoit confidences et doléances.

La dernière est celle d’une de ses compagnes fort affligée d’un tenace mal de dos qui la conduisit chez son vétérinaire habituel. Là, elle reçut prescription d’une scintigraphie osseuse à peu près générale. Elle y passa la demi-journée, manqua l’heure de la traite et s’interrogea sur la nécessité et le coût d’un tel examen. Le résultat, pourtant, méritait assurément la dépense.

Le spécialiste commença par s’exclamer : " Ça alors !… Jamais vu un truc pareil… " Ce qui fit bondir le cœur de la pauvrette et l’incita à sommer l’homme de l’art de s’expliquer. Celui-ci finit par lâcher : " Avec un tel ostéophyte, qu’est-ce que vous devez avoir mal ! " À la fois soulagée et furieuse, elle fit valoir que c’était précisément cette douleur qui lui valait d’être là…

Céleste lui représenta qu’elle était fort irrespectueuse d’une science si perspicace qu’elle pouvait non seulement lui dire qu’elle avait mal mais que, en outre, c’était à bon droit…, bref qu’elle aurait dû remercier de la savante autorisation à souffrir… Céleste a ceci de particulier qu’on n’est jamais tout à fait sûr qu’elle se moque. Souvent elle commence par là, puis médite… Elle songea donc que c’était un fort étrange vétérinaire que celui-là qui avait la chance de vivre en un temps où les animaux parlaient mais qui ne s’en souciait pas et remettait au compte, au nombre, qui préside au fonctionnement des appareils, le soin de révéler ce qu’il ne voulait pas entendre de la bouche des dolents. Il lui revint aussi que c’était précisément de cette fureur d’ignorer le verbe que naquit la pratique déjà centenaire du " ramonage par la parole ". Celui-ci avait certes restauré l’usage du verbe chez l’animal portant sa plainte, mais avait mis en évidence, du coup, que cette dignité de sujet parlant dont il se targuait si fort n’était rien d’autre que l’effet de cette parole. Cette découverte avait été si douloureuse que même les praticiens du ramonage n’avaient rien de plus pressé que d’en oublier les fondements qui devaient sans cesse êtres restaurés, recommencés. Ce qui avait pu faire dire à certains que le ramoneur avait horreur de son acte.

Or, songeait encore Céleste, pour que cette pratique du ramonage eût lieu, il fallait que le patient soit persuadé que le ramoneur savait quelque chose de lui-même, de son désir. Ce pourquoi l’amour flottait entre eux et permettait que se développe la cure. Mais alors, se disait-elle, ce ramoneur, venu à son métier par l’égarement dénombreur du vétérinaire, ne voyait donc venir à lui les bovidés que du même mouvement dont ils allaient chez le vétérinaire auquel ils supposaient aussi ce savoir ? Et Céleste en venait à penser que la révélation de ces choses par le ramonage faisait que le vétérinaire avait à son tour pris son acte en horreur. Il ne voulait surtout pas que cet acte soit engendré par l’amour, automatique, qui faisait que le patient lui croyait un savoir sur son propre désir. Cette horreur l’avait fait alors se précipiter derechef dans le compte. Et le ramonage, né du compte pour le combattre, n’avait peut-être fait que le renforcer, comme jadis un certain fils irreligieux de rabbin avait permis que se renforce le capitalisme par l’examen et la dénonciation qu’il en avait fait.

Et tout cela, songeait enfin Céleste, amenait le vétérinaire à se joindre à l’éleveur alors même qu’il lui reprochait, à juste titre, de ne s’intéresser au troupeau que sur le mode comptable. L’éleveur, lui, avait de bonnes raisons de ne pas vouloir entendre parler du savoir supposé et de l’amour, car c’est précisément de ces deux mamelles qu’il alimentait ses prestiges : " Je sais ce qui est bon pour vous ", disait-il au troupeau, et aussi : " Vous m’aimerez pour cela ". " Le troupeau dit, le troupeau veut ", répétait-il encore. Et le troupeau d’acquiescer. Jusqu’à l’abattoir...

L’éleveur, pour parer à tout risque, entreprit alors d’amalgamer le ramoneur avec tous ceux qui assuraient le troupeau de son bonheur prochain, chacun au moyen de sa propre méthode : moines illuminés, yogis ascétiques, champions de la maîtrise de soi, apôtres de l’assomption du " moi profond ", thuriféraires du sexe guérisseur (le leur, de préférence).

Quant au vétérinaire, on s’assura qu’il soit définitivement mis à l’abri des tentations de réintégrer le ramonage dans son art. On lui dit ainsi qu’il était coûteux, peu instruit, qu’il n’entretenait pas ses connaissances, qu’il vivait sur le dos du troupeau cotisant et qu’on allait l’évaluer puis le recertifier, l’accréditer si toutefois il était comptabilisable, sinon le déchoir encore un peu plus. Le vétérinaire baissa la tête, se réunit avec ses collègues et, ensemble, ils définirent les critères de leur indignité qu’ils portèrent à l’éleveur, pieds nus, en chemise et la corde au cou. Quelques-uns devinrent professeurs et enseignèrent conformément.

Ces réflexions avaient fort assombri l’humeur de Céleste qui, pour se consoler, se serait bien trouvé de tondre du pré un peu plus que la largeur de sa langue. Elle s’abstint pourtant, considérant qu’il n’était pas nécessaire de trop contribuer à la teneur en méthane d’une ambiance déjà " smuffisamment " méphitique.

Anghjula-Maria
vacca corsa

Comité de Rédaction : Jacques-David BEIGBEDER, Jean-Yves COZIC, Gilbert DIEBOLD, Jean-Yves FEBEREY, Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET, François KAMMERER, Christine LAMOTHE, Jean-Pierre RUMEN, Christian VASSEUR.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes hallucinations matinales me disent que des collègues commencent à s’agiter les manettes à propos de l’application du PMSI à la psychiatrie. Cela me rassure car je me sentais un peu seul sur ce dossier, non faute de réactions individuelles positives, mais faute de mobilisation collective comme si la méthodologie proposée pour l’évaluation et l’accréditation était inéluctable...

Dans un rapport collectif du Vinatier de 1955, la plume de Paul Balvet avait précisé un programme d’action comportant :

À cette époque, nous partagions l’illusion de pouvoir transformer en outil thérapeutique un ancien asile immense. Nous n’avions pas encore perçu que la protection de la santé mentale était l’affaire de tous, de la société dans son ensemble, le développement d’un réseau de travail pour la santé mentale dans la cité étant prioritaire par rapport à l’hôpital.

Mais, aujourd’hui, après de nombreux progrès suivis des effets fâcheux d’une période économique difficile, pouvons-nous ne pas crier que faire rapport de tout en tous lieux et en tous temps pour les soumettre à Big Brother consomme un temps qualifié déjà trop rare et tue les relations humaines entre l’ensemble des soignants et des soignés, si nécessaires cependant à la pratique des psychothérapies de groupe et individuelles dans tous les services de santé mentale ?

P.

 

 

 

 

 


Code de la santé publique, de l’action sociale et des familles, 2001 -
(15e éd.), Dalloz, 328 F (50  ).

Van Gogh le suicidé de la société -
Antonin ARTAUD (réed., avant-propos d’E. Grossman),
Gallimard, 42 F (6,40  ).

La théorie kantienne de l’expérience -
Hermann COHEN, Cerf, 350 F (53,36  ).

En découvrant l’existence avant Husserl et Heidegger -
Vrin, 65 F (9,91  ).

La personne âgée : son accompagnement médical et psychologique et la question de la démence -
Louis PLOTON (préface de G. Laroque), (5e éd.),
Lyon, Chronique sociale, 158 F (24,09  ).

Qu’est-ce qui guérit dans la psychothérapie ? -
Dominique CLERC-MAUGENDRE, Jean COURNUT, Pierre FEDIDA et al.,
PUF, 79 F (12,04  ).

Dépression et tentative de suicide à l’adolescence -
Daniel MARCELLI, Élise BERTHAUT,
Masson, 160 F (24,39  ).

Les schizophrènes -
Paul-Claude RACAMIER (réed., dessins J. Messagier),
Payot, 59 F (8,99  ).

Filiations : l’avenir du complexe d’Œdipe -
Wladimir GRANOFF,
Gallimard, 70 F (10,67  ).

Lacan, Ferenczi et Freud -
Wladimir GRANOFF (préface de J-C. Lavie),
Gallimard, 115 F (17,53  ).

Un psychanalyste engagé : conversations avec Manuel Macias -
André GREEN, Manuel MACIAS,
Hachette Littératures, 45 F (6,86  ).

Figures de la possession : actualité psychanalytique du démoniaque -
Anne JURANVILLE, Saint-Martin-d’Hères,
PUG, 120 F (18,29  )

 

 

 

 

 

(1)

Psychanalyser est le titre d’un livre, publié un an après la mort de son auteur, Didier Anzieu, qui rassemble des textes parus de son vivant, entre les années 1966 et 1976, et montrant le trajet qu’il effectua alors et ce qu’était pour lui "psychanalyser", c’est-à-dire "être analyste". Au demeurant, le titre est bien venu aujourd’hui où l’usage du terme et la référence à la fonction sont largement divulgués, altérés, vulgarisés. Ce titre recouvre donc avec bonheur ce que fut la chose pour D. Anzieu, pendant cinquante ans, des années 50 jusqu’à ses derniers instants.

Ces textes ont été repris, remaniés ou seulement reproduits, selon le désir de l’auteur qui en avait eu le projet et entrepris la préparation.

Psychanalyser, pour D. Anzieu, c’est faire retour aux mythes, à "Œdipe d’avant le complexe" et à la fonction d’interprète que donne S. Freud à ce complexe.

Psychanalyser, c’est s’appuyer sur l’origine même de la psychanalyse, c’est-à-dire se référer à la découverte par S. Freud, à travers le rêve et l’auto-analyse, de la bisexualité et de l’inconscient. Ce fut pour D. Anzieu l’édification d’une thèse importante sur "l’auto-analyse de S. Freud et la découverte de la psychanalyse". Et c’est aussi une remise à l’œuvre permanente de cette élaboration première, à la lumière de l’expérience acquise et des constructions théoriques nouvelles(2).

Car Psychanalyser c’est aussi proposer sans cesse de nouvelles théories induites par la pratique dans le champ du fonctionnement psychique et de l’appareil psychique. Le "Moi-peau" –qui sera proposé plus tard par D. Anzieu–, en est un exemple remarquable, à la fois par la représentation du fonctionnement de la psyché qu’il propose et par les prolongements qui l’ont suivi en différents champs du savoir et de l’expérience.

Psychanalyser, c’est "être psychanalyste", c’est-à-dire, au-delà des cures conduites par l’analyste, rencontrer et se confronter aux autres analystes et à leurs travaux. Cela :

Rencontrer les autres, c’est aussi en l’occurrence se référer à D. Lagache, premier psychanalyste professeur en Sorbonne et enseignant de psychologie ; mais c’est aussi relater les apports théorico-cliniques des contemporains les plus novateurs pour en enrichir ses propres constructions originales. Ainsi fut-il un lecteur attentif de M. Klein, de W. Bion et de M. Khan.

Psychanalyser, pour D. Anzieu, c’est aussi revenir –encore et toujours– sur la transformation psychique personnelle qu’implique le devenir du psychanalyse.

Psychanalyser, c’est en effet continuer à devenir psychanalyste, sans fin, c’est découvrir aussi la psychanalyse aujourd’hui ; mais c’est encore avoir en soi la trace en relief de ce que l’on a découvert dans sa propre analyse et que l’on retrouve dans la cure de certains patients.

Psychanalyser, aujourd’hui, c’est aussi ouvrir l’éventail de ses investissements en des domaines nouveaux où le psychanalyste peut être présent : psychoses, pathologie psychosomatique, enfants, nourrissons, groupes (certains types de groupes), institutions soignantes.

Devenir/être psychanalyste aujourd’hui (la dernière partie du livre), c’est aussi aménager la cure en fonction des structures qui actuellement viennent à l’analyse, c’est-à-dire mobiliser sa psyché et son attitude pour permettre que la cure se poursuive, modifiée et continuement psychanalytique. Aujourd’hui, c’est aussi affirmer " la psychanalyse encore ", c’est considérer et mesurer la place de l’analyste dans la société, c’est-à-dire ce à quoi il contribue par son travail et ses cures, et aussi... ne pas oublier les incertitudes de son " destin social ".

En 2001, on appréciera – à travers ce livre – la précision et la rigueur qu’exige pour D. Anzieu l’exercice de ce qui n’est pas seulement une profession – en est-ce une, d’ailleurs ? – mais une activité aux multiples faces qui engage l’analyste lui-même, aux différents niveaux de sa psyché, autant que ceux qu’il accueille et dont il va longuement parfois partager les vicissitudes du chemin.

A. M.
Paris

(1) Ce livre paraît sous l’égide de René Kaës et d’Annie Anzieu. René Kaës est directeur de la collection " Inconscient et culture " chez Dunod, qu’il codirigeait précédemment avec Didier Anzieu.

(2) La thèse de D. Anzieu, 1959, fut remaniée et refondue en 1975, puis en 1988.

 

 

 

 

Parution au 20 septembre 2001

L’édition 2001-2002 est très renouvelée, ayant bénéficié de recherches et de relances particulièrement nombreuses et fouillées. Merci à tous ceux qui ont accepté de nous répondre.

Le premier objectif de l’Annuaire demeure LA COMMUNICATION. C’est ainsi que vous trouverez les coordonnées professionnelles (et éventuellement personnelles) de 12 823 confrères puis, pour chaque département :

• les listes de psychiatres par villes selon leur mode d’exercice prépondérant : libéral, salarié associatif, universitaire, public, ou bien n’exerçant plus ;

• la mention de chaque secteur avec son hôpital de rattachement, ses cantons desservis et son équipe psychiatrique aussi complète que possible, ainsi qu’un numéro de téléphone où peuvent être trouvés les renseignements sur le fonctionnement du secteur ;

• enfin, les coordonnées de la plupart des associations et des groupements médicaux internationaux parfois, nationaux et régionaux, touchant notre discipline.

L’AFP et le SPF souhaitent que l’Annuaire reste un instrument de travail utile pour tous puisqu’il donne une image précise de notre profession : diverse dans ses pratiques et dans ses évolutions, et qu’il soit aussi un outil de communication entre tous les psychiatres.

La Rédaction

 

 

 

 

 

 

à CANNES, du 4 au 7 : 2e Congrès Européen Sciences de l’Homme et Sociétés sur Différences dans la civilisation. Renseignements : Cultures en mouvement, Sciences de l’Homme et Sociétés, 14 rue du 24 Août, 06600 ANTIBES - Tél : 04 92 90 44 10 - Fax : 04 92 90 44 11- E.mail : cultures.en.mouvement@wanadoo.fr

Dans la vallée de LA ROYA (Nice), les 7 et 8 : Colloque de l’Association Piotr-Tchaadaev sur Les utopies thérapeutiques. Renseignements : Dr J-Y. Feberey - Tél : 04 93 89 86 95 - E.mail : jean-yves.feberey@wanadoo.fr

à NICE, du 9 au 14 : 10e Congrès International de l’Ass. Psychogériatrique Intern. sur Les récompenses des recherches en psychogériatrie. Renseignements : Nice Acropolis Congress Secretariat, 1 esplanade Kennedy, BP 4083, 06302 NICE Cedex 04 - Tél : 04 93 92 81 61 - Fax : 04 93 92 83 38 - E.mail : ipa2001@nice-acropolis.com

à GRASSE, du 11 au 15 : 5e Colloque International Toxicomanies, Hépatites, Sida sur De l’humanisme au bio-comportementalisme ? Renseignements : SETHS, Le Vieux Mûrier, Rte de Tahiti, 83990 SAINT-TROPEZ - Tél : 04 94 97 09 56 - Fax : 04 94 97 75 80 - E.mail : seths@nova.fr

à MONTPELLIER, les 13 et 14 : Journées Montpelliéraines de Psychiatrie de l’Enfant et des Professions associées sur Institutions et développement de l’enfant. Renseignements : Médecine Psychol. enfants, Hôp. St-Éloi, 34295 MONTPELLIER Cedex 5 - Tél : 04 67 33 60 09 E.mail : m-maury@chu-montpellier.fr

à LYON, les 21 et 22 : 44e Colloque de la Société de Psychologie Médicale et de Psychiatrie de Liaison de Langue Française sur Médecins somaticiens et psychiatres : la nécessaire alliance. Renseignements : Pr M. Marie-Cardine, 95 bld Pinel, 69677 BRON Cedex - Tél : 04 37 91 51 20 - Fax : 04 37 91 51 22 - E.mail : yamina.lagha@ch-le-vinatier.fr

à PONT-L’ABBÉ, du 21 au 23 : Journées bretonnes de Psychothérapies d’Enfants et d’Adolescents avec le Professeur Jeammet. Exposé théorique et discussion de cas cliniques. Renseignements : Dr Babault, CMPI N° 1, 8 rue du Stade, 29000 QUIMPER - Tél : 02 98 98 66 75

à NANTES, du 24 au 26 : 50es Journées Nationales de la Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine sur 2001 : Pertinence de l’associatif en santé mentale. Renseignements : FASMCM, 31 rue d’Amsterdam, 75008 PARIS - Tél : 01 45 96 06 36 - Fax : 01 45 96 06 05 - E.mail : croix-marine@wanadoo.fr - Site internet : www.croixmarine.com

à CAEN, du 28 au 30 : Congrès International de la Fédération Européenne de Psychothérapie Psychanalytique dans le Secteur Public sur L’enfant et l’adolescent psychotiques et leur famille. Renseignements : BCA, 6 bld Gal Leclerc, 92115 CLICHY Cedex - Tél : 01 41 06 67 70 - Fax : 01 41 06 67 79 - E.mail : b-c-a@worldnet.fr -Site internet : www.b-c-a.fr

à LILLE, le 4 : Journée Scientifique de l’Institut Collégial de Psychiatrie de Lille sur Hystérie et mode. Renseignements : ICPL, CHU de Lille, Clin. M. Fontan, 6 rue du Pr Laguesse, 59037 LILLE CEDEX - Tél : 03 20 44 45 84 - Fax : 03 20 44 62 65 - E.mail : ocottencin@chru-lille.fr

à LORIENT, du 4 au 7 : XXXes Journées Nationales de la Psychiatrie Privée sur Le métier de psychiatre. Renseignements : AFPEP, 141 rue de Charenton, 75012 PARIS - Tél : 01 43 46 25 55 - Fax : 01 43 46 25 56 - E.mail : info@afpep-snpp.org

à CLERMONT-FERRAND, les 5 et 6 : Journées d’Etudes sur Europ adolescence. Renseignements : Cahiers de l’Enf. et de l’Ado., 36 rue Jacques Kellner, 75017 PARIS - Tél : 01 58 60 25 35 - Fax : 01 58 60 25 40 E.mail : sborg@wanadoo.fr

à PARIS, du 5 au 7 : Congrès du Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale sur Les perversions de l’individu au groupe. Renseignements : Coll. de Psychan. Group. et Fam., 23 rue Ste Croix de la Bretonnerie, 75004 PARIS - Tél : 01 48 04 05 95 - Fax : 01 48 04 79 82 E.mail : col.psychanalyse@worldnet.fr

à MONTROUGE, les 6 et 7 : Colloque de la Cause des Bébés sur Le bébé et la séparation. Renseignements : Cause des Bébés, 23 rue Gutenberg, 92120 MONTROUGE - Tél & Fax : 01 43 21 03 41 - E.mail : cdbebe@aol.com

à PARIS, le 15 : Conférence de l’Hôtel de Lamoignon, L’homme qui parle. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

à LILLE, du 19 au 21 : Congrès de l’Association Septentrionale d’Epidémiologie Psychiatrique sur Résiliences, facteurs de santé ; à l’école, au travail, au lendemain du geste suicidaire. Renseignements : Mme S. Sueur - Tél : 03 20 62 07 28 - E.mail : ssueur@epsm-lille-metropole.fr

à STRASBOURG, le 27 : Symposium d’automne de l’Association Européenne de Psychiatrie sur Hospitalisation involontaire des maladies psychiatriques - Traitements et recherches - Traitements contraints en ambulatoires. Renseignements : Mme A. Martin, AEP, Clin. Psychiatrique, Hôp. Univers., 67091 STRASBOURG Cedex - Tél : 03 88 11 54 06 - Fax : 03 88 11 61 89 - E.mail : aep.strasbourg@ wanadoo.fr

à BERLIN (Allemagne), du 1er au 6 : 7e Congrès mondial de La Fédération Mondiale des Sociétés de Psychiatrie Biologique sur Entrée de la psychiatrie biologique dans le nouveau millénaire. Renseignements : CPO HANSER SERVICE GmbH, Schaumburgallee 12, D-14052 BERLIN, GERMANY - Tél : +49 30 300 66 90 - Fax : +49 30 305 73 91 - E.mail : berlin@cpo-hanser.de - Site internet : www.biol-psychiat-berlin.de

à LONDRES (Royaume-Uni), du 9 au 13 : Congrès annuel du Collège Royal des psychiatres et l’Association Mondiale de Psychiatrie sur 2001, L’Odyssée de la pensée : Science et soins. Renseignements : Conference Office, The Royal College of Psychiatrists, 17 Belgrave Square, London, SW1X 8PG, UK - Tél : 44 (0) 20 7235 2351 ext. 168 - Fax : 44 (0) 20 7259 6507 - E.mail : mkerby@rcpsych.ac.uk - Site internet : www.rcpsych.ac.uk/2001

au QUÉBEC (Canada), du 4 au 8 : XXXIIe Congrès Annuel de la Sté Intern. de Psycho-neuro-endocrinologie. Renseignements : ISPNE 2001, Ctre de recherches du CHUL, RC-9800, 2705 boul. Laurier, Sainte-Foy, QUÉBEC GIV 4G2, Canada - E.mail : ISPNE2001@crchul.ulaval.ca

à MADRID (Espagne), du 30.09 au 4.10 : Congrès International de l’Association Mondiale de Psychiatrie sur Nouvelles obligations des psychiatres. Renseignements : WPA Section on the History of Psychiatry, Pr P. Hoff, Chair - Tél : (49-241) 808-9640 - Fax : (49-241) 888-8401 - E.mail : phoff@post.klinikum.rwth-aachen.de

à VARNA (Bulgarie), du 5 au 7 : Rencontres annuelles de l’Association Psychiatrique de Bulgarie sur Psychiatrie et mutation des soins. Renseignements : BPA, Room 27, 11th Floor, centre for Hygiene, 1431 Sofia, Bulgaria, 15 Dimitar Nestrorov Street - Tél : + 359 2 598039 - Fax : + 359 2 591119 - E.mail : mental@mbox.cit.bg

à AGRA (Inde), du 27 au 31 : XVIIe Congrès de l’Association Mondiale de Psychiatrie Sociale sur Science, société et psychiatrie : recherche d’une synergie. Renseignements : Institute of Human Behaviour and Allied Sciences, Post Box 9520, Dilshad Garden, DELHI 110095, INDIA - Fax : + 91 11 229 9227 - E.mail : wasp_congress@vsnl.com

 

La Lettre de Psychiatrie Française
147 rue Saint-Martin - 75003 Paris - Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr

Editeur : Association Française de Psychiatrie / Syndicat des Psychiatres Français (A.F.P. / S.P.F.)
Tirage 14.000 ex. - Dépôt légal Juin 2001 - Prix au n°20 F - Commission Paritaire N° 72689.

Directeur de la publication : Simon-Daniel Kipman - Rédacteurs en chef : Jean-Yves Cozic, Jean-Yves Feberey
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